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Le gouvernement argentin tente de démanteler l'empire de presse Clarin

Bras de fer entre la présidente argentine Cristina Kirchner et le puissant groupe médias Clarin (éditeur du quotidien du même nom). Kirchner souhaite démanteler le groupe en s'appuyant sur une loi datant de 2009. En déplacement en Argentine, Jean-Luc Mélenchon évoque la confrontation sur son blog.

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J'avais lu , en diagonale, l'article de Mélenchon, qui aborde un autre sujet qui ne m'a pas semblé être abordé ici : les espagnols ont des billes dans l'affaire, et ont convaincu l'union européenne de mener campagne contre ce "démantèlement".
En dépit d'une réponse faite, il convient de savoir que El Pais, journal espagnol, est gros actionnaire chez Clarin.
Et aussi que la loi de presse actuelle en Argentine date pour l'essentiel de la dictature. Une bonne réforme ne saurait lui faire de mal, non?
La presse en Argentine se comporte avec Cristina Fernandez de Kirchner comme celle du Venezuela envers Hugo Chavez Frias. Ce n'est sans doute pas une sainte de vitrail, mais elle a été votée largement, et son mari et elle ont indiscutablement permis le redressement du pays après l'épouvantable faillite de 2002, de sinistre mémoire, en sortant des griffes du FMI mais aussi grâce à une économie discutable à base de soja transgénique et de mines à ciel ouvert qui mettent en danger la vie des habitants de nombreuses régions... Comme souvent il y a du bon et du moins bon, mais le matraquage médiatique imbécile qu'elle subit à longueur de temps est dû à la position hégémonique de ce groupe qui se permet de ne pas appliquer les nuances apportées à la loi du gouvernement militaire, toujours en vigueur. Il est normal et sain qu'elle cherche à sortir de cette situation.
La petite phrase qui tue à la fin, d'une perfidie bien calculée, sur la volonté de rester au pouvoir, n'a strictement rien à voir avec le reste de l'article, et abonde toujours la même version totalement partiale d'entrée. Le ton est bien le même dès qu'on parle de ces gens qui dirigent des pays où il n'est pas très facile de vivre mais où on va vers le haut. Et nous qui allons vers le bas, jouons les donneurs de leçons... c'est assez lassant et vain.
Je suis bien d'accord avec vous. Nous avons souvent protesté contre la manière dont les journaux de référence français se permettent de juger l'Argentine, alors même que l'Europe ne peut guère se poser comme modèle, ni économique, ni médiatique, ni politique. Je vous copie une tribune en réponse à un article indignant du Monde (qui, sans surprise, n'a pas daigné la publier), qui me semble suivre votre opinion mesurée sur la politique actuelle du pays:

Face à la crise que traverse l’Europe, et la Grèce en particulier, certains observateurs –journalistes, économistes ou hommes politiques - ont remarqué les similarités qu’il existe entre cette situation actuelle et celle qu’ont affronté différents pays de l’Amérique Latine une dizaine d’années auparavant. Le cas le plus souvent cité est l’Argentine, au triple titre de “meilleur élève du FMI” durant les années 90, du pays qui a subi la crise la plus spectaculaire au début des années 2000 et, enfin, qui a rompu avec l’orthodoxie économique depuis 2003 avec des effets jugés plutôt bénéfiques. Il s’agit donc généralement de souligner que la politique économique prônée par la troïka n’est pas la seule voie possible. Néanmoins, des journalistes de Le Monde ont publié une série d’articles, et non pas des tribunes, qui visent explicitement à décrédibiliser cette alternative. Nous saluons cet apport au débat mais voudrions cependant souligner le parti pris de ces articles, quelques approximations et, dans certains cas, de véritables confusions, tout en espérant apporter quelques éléments nouveaux à la compréhension de la complexe situation argentine.

En particulier, l’article intitulé « Le miracle argentin était en trompe-l’œil », publié le 25 juin sur la page web du quotidien, nous a interpellé. Il commence par laisser penser que la situation actuelle argentine ressemble à celle vécue dix ans auparavant, « un déjà-vu » du fait de la réapparition de cacerolazos. Ces derniers ont en effet été la modalité –consistant à taper sur des casseroles – la plus répandue durant la grande rébellion populaire qui a répondu au couvre-feu décrété par le président Fernándo de La Rúa le 19 décembre 2001. Les jours suivants, la police avait tiré à balles réelles sur les manifestants, provocant la mort d’une trentaine d’entre eux dans l’ensemble du pays. Difficile dans ces conditions de comparer cette révolte aux trois manifestations de ce mois-ci, circonscrites aux quartiers huppés de la capitale et réunissant quelques centaines de personnes. L’article ajoute certes que la CGT a appelé à une grève générale des camionneurs, ce qui accréditerait un grand mécontentement social. Il convient ici d’apporter quelques précisions. La CGT est bien la principale centrale syndicale du pays mais elle est aussi l’un des facteurs du pouvoir à l’intérieur du péronisme, qui s’articule sur de très nombreuses organisations politiques, culturelles et syndicales aux tendances très variées. Or, à la mort du leader incontesté du mouvement péroniste, l’ancien président Nestor Kirchner, survenue en octobre 2010, Hugo Moyano, le secrétaire général de la CGT, occupait une place prépondérante dans le complexe, et souvent obscure, organigramme du pouvoir péroniste, au point qu’il a pu être présenté comme le véritable dirigeant du pays. Mais, cible d’attaques répétées venues d’autres secteurs du péronisme, Moyano est aujourd’hui marginalisé au sein du mouvement. De sorte que le coup de force du syndicat des camionneurs peut aussi bien être interprété comme une revendication sociale que comme une tactique politique de son dirigeant, qui est d’ailleurs courtisé par différents membres de l’opposition. Dans tous les cas, nous sommes très loin de l’expression d’un ras-le-bol populaire. Il convient d’ailleurs de préciser que la CGT n’a joué aucun rôle dans la révolte de 2001.

L’autre point qui nous a particulièrement interpellé sont les experts que les journalistes citent. Mario Blejer et Guillermo Ortiz sont présentés comme des anciens dirigeants des banques centrales argentine et mexicaine. Il n’était peut-être pas inutile de préciser que M. Blejer fut aussi, avant son bref passage à la tête de la banque centrale argentine en 2002, assesseur du FMI durant une vingtaine d’années. A ce titre, il fut l’une des personnes qui a piloté l’économie argentine durant les années 90, lorsque le pays suivait les recommandations de l’institution internationale et était présenté comme vivant un « miracle » économique, d’où la confusion permanente qui traverse l’article : de quel miracle s’agit-il ? Celui de l’élève exemplaire du FMI des années 90 ? Ou celui de la sortie du marasme depuis 2003 ? La confusion est d’autant plus forte que le marasme est présenté comme une cause directe du défaut de paiement du pays :

« Ne serait-ce que parce que le miracle argentin a coûté cher au pays. Très cher. Avant que l’économie ne reparte, le produit intérieur brut (PIB) s’est effondré de 20 % l’année qui a suivi le défaut, quand l’inflation dépassait 23 %. »

Les auteurs semblent confondre causes et conséquences : le défaut est une conséquence de la crise et non pas son élément déclencheur. La crise, elle, est une conséquence de la politique économique des années 90. Cela est implacablement décrit dans le documentaire de Fernando “Pino” Solanas, Mémoire d’un saccage, que les journalistes citent pourtant, mais en le présentant comme une description du coût social du reniement de la dette, ce qui constitue une manipulation pure et simple.

Nous ne saurions dire si l’Argentine est un exemple à suivre, et sommes bien conscients que son embellie sociale repose sur des fondements économiques précaires et, peut-être, peu viables à long termes. Mais, pour autant, il nous semble indéniable que la catastrophe que les Argentins ont vécu a été le fruit de la politique économique des années 90, qui ressemble à s’y méprendre à celle recommandée par la troïka aujourd’hui. Inversement, nous avons été témoins des spectaculaires améliorations dans tous les domaines de la vie quotidienne –qui ne se résume pas au pouvoir d’achat – des Argentins durant ces dernières années. De sorte qu’il nous semble réducteur d’opposer la manne du soja argentin à « La Grèce [qui] n’a de matière première que le soleil ».

- Marianne González Alemán, Enseignante-chercheuse, spécialisée sur l’histoire contemporaine argentine.

- Damián Herkovits, Anthropologue, spécialisé en politiques publiques

- Heber Ostroviesky, enseignant-chercheur, politologue.

- Jérémy Rubenstein, doctorant, spécialisé sur l’histoire contemporaine argentine

- Nils Solaris, journaliste

http://jeremyrubenstein.wordpress.com/2012/07/09/quel-trompe-loeil/
La presidente Kirchner monopolise deux fois par semaine environ tous les moyens audiovisuels de l'Argentine (sauf quelque privés) pour repandre ses discours soporifiques et bêtifiant à la Chavez.
Personne oblige les Argentins à lire Le Clarin (le journal le plus lu) mais ils le font. Comme on dit dans la presse française "si les gens les votent ce sera pour quelque chose". Personne ignore la corruption de ce gouvernement. Personne ignore que le haine entre groupes sociaux est alimenté à partir de ce discours de la presidente et de sa chaîne audiovisuel.
Ce qu'on oublie ici c'est l'histoire pas très ancienne du social-nacionalisme. Relisez les recettes "fascistes-legalistes" de ces partis et vous trouverez l'inspiration de la presidente et de son mentor Peron. La gauche latinoamericaine est plus proche des années noire de l'Europe que des lendemains qui chantent.
Je trouve l'article très bien fait au contraire.
Le pays est tellement divisé qu’il est difficile de savoir où est l’information et quelle est la part de désinformation, que ce soit de la part du gouvernement ou de l’opposition (ou des lobbies étrangers ?). C’est un grand écart quotidien pour essayer de se forger une idée et de trancher : Sommes-nous dans une démocratie ou une « Démocrature » (démocratie + dictature) ? Sont-ce les lobbies (occidentaux ?) qui nous manipulent ? Y aurait-il des deux ? Dans quelle proportion ?

Voici un ensemble de détails qui me marque, en vivant ici :

- Présidente omniprésente : Affiches dans la rue et interventions télévisées quasi quotidiennes. Lorsqu’elle parle, toutes les chaines de télévision et radio la diffuse. => Impossible de la rater. K. annonce les lois et réformes.

- Il est absolument impossible de manger avec 6 pesos par jour comme nous l'a expliqué l'Etat. Le quotidien me le montre.
Qui me dira le vrai chiffre? Pourquoi cette désinformation?

- Les journaux (d’opposition) dénoncent les contrôles fiscaux subis par les personnes qui critiquent ouvertement le gouvernement dans les médias. Le dernier exemple serait les parents d’un étudiant qui avait posé une question pas dans le gout de K. lors de son tour aux States.
=> Le contrôle fiscal, arme de K. ? Vérité ou manipulation?

-La population est extrêmement divisée : Pro ou Contre K. Elle soit est adorée (dans le sens « Adoration » avec un grand A ; on a du mal à le concevoir en tant que Français) ou détestée. Quand on est argentin anti-K., on chuchote pour critiquer la politique dans la rue par peur de déclencher la haine d’un passant pro-K qui pourrait entendre (vu, vécu) => Un malaise quelque part ?

Une loi contre un lobby (pro américain) afin de favoriser la démocratie et la liberté de différents points de vue ? Intéressant.
Qui restera-t-il en face pour faire la critique dans ce pays après le démantèlement?
Juste pour dire que je trouve que cet article en fait un peu trop dans le "he said... she said..." sans prendre la peine de trancher. Par exemple sur la SIP. Est-ce que c'est un lobby au service de la bien pensance oui ou non. J'attends d'un journaliste qu'il ne se contente pas de me donner l'avis de deux personnes mais qu'il prenne aussi la peine de vérifier quels sont les faits qui justifient les différents points de vue.

D'ailleurs, Mélenchon en donne des faits sur la SIP que l'article ne reprend pas pour se contenter de retranscrire les invectives.
Si je me souviens bien, en 45, De Gaulle avec les communistes, avait fait une loi pour empêcher la concentration de la presse. Depuis, elle a dû être abrogée au profit des Boloré, Bouygues, Lagardère pour une information indépendante.... ouarf!
[quote=les partisans de Cristina Kirchner, "prônent une réforme de la Constitution permettant à la présidente argentine de briguer, en 2015, un troisième mandat consécutif de quatre ans."]

Décidément c'est une manie de vouloir s'accrocher au pouvoir en Amérique Latine en modifiant les constitutions...
Je me permets de vous conseiller un article que j'avais écris il y a près de deux ans:
http://jeremyrubenstein.wordpress.com/le-pouvoir-k-contre-lempire-clarin/

Entre temps, l'application de loi sur les médias est devenu un enjeu central, le "7D" (7 décembre) concentre toutes les appréhensions. Aldo Rico, un ancien leader "carapintada" (des militaires soulevés à la fin des années 80 qui ont sérieusement menacé le gouvernment d'Alfonsin), a appelé en termes à peine voilées à faire un coup d'Etat avant le 7D sur Radio Mitre (appartenant au Groupe Clarin), ce qui vous donne une idée de l'ambiance...

Ce que l'article d'ASI oublie de signaler est que la Ley de Medios est surtout interressante pour destiner un tiers des fréquences de radio et télévision à la "société civile" (soit des associations sans buts lucratifs, des universités ou des communautés, par exemple la chaine des Mapuches). L'application de cette très intéressante proposition risque d'être très compliquée mais elle ouvre véritablement le jeu médiatique (ou du moins elle offre une possibilité de le faire).
Sujet chaud bouillant, traité sans militantisme (ce que j'apprécie vraiment, malgré le mien!), genre si on schématise (mais le faut-il ? ;-)) vaut-il mieux une presse aux mais des rouges ou des grands groupes / multinationales…
J'avais lu , en diagonale, l'article de Mélenchon, qui aborde un autre sujet qui ne m'a pas semblé être abordé ici : les espagnols ont des billes dans l'affaire, et ont convaincu l'union européenne de mener campagne contre ce "démantèlement".

On l'aura compris, j'y connais rien, tout ça me dépasse, mais je suis curieux des différents avis (je pense que je vais être servi!) sur ce deuxième sujet.

Je suis d'accord, une émission @si serait la bienvenue
La Société interaméricaine de presse est comme par hasard présidée par un journaliste du Washington Post. Foreign Policy racheté en 2009 par... The Washington Post Company, comme la Carnegie Endowment for International Peace ! La blague !
On retrouve les mêmes critiques que pour le Vénézuela : favoritisme des médias alliés, atteinte à la liberté d'expression, du copier/coller en provenance directe des officines nord-américaines... Y'a plus qu'à répéter, en boucle.
Et la correspondante du Monde, qui pond une liste d'affreux (bizarre que l'Iran y échappe), elle peut en parallèle nous dresser la liste des pourritures qui ont semé le chaos, fait tirer sur la foule et destitué des présidents démocratiquement élus en Amérique du Sud ? Tant qu'elle y est, qu'elle interviewe son employeur qui se rendait à la Conférence de Bilderberg sans en informer ses lecteurs...
Le Monde est vraiment un torchon lamentable et quand on lit en effet le blog de Paulo Paranagua qui étale ses humeurs vinaîgreuses à longueur d'articulets diffamatoires, on se dit vraiment qu'ils sont descendus bien bas. Acrimed a d'ailleurs fait un très bon article sur les injonctions libérales de ce triste canard, et un autre sur la couverture de France 2 sur le Vénézuela où l'on constate que les incompétents n'ont pas fait toutes les rectifications nécessaires, loin s'en faut...
On devrait en France s'occuper du scandale de la TNT (un excellent reportage sur le sujet) où les grandes chaînes ont tout racheté, et de la concession à TF1 reconduite automatiquement alors qu'elle foule aux pieds ses engagements (voir les documentaires de Pierre Carles).
Bref, la paille la poutre...
C'est certain qu'on ne vérra pas ça en France. Le monde ,Libé le parisien ,figaro et consorts c'est blanc bonnet et bonnet blanc. Cristina Krichner a eté elue haut la main et a redressé son pays d'une manière remarquable. Clarin est un groupe de presse hégémonique ,il doit se plier à la loi. Quand a paulo Paranagua qui osé dire que Chavez et Pinochet c'est pareil, qu'Evo Morales est un illétré,etc.Et tout ça dans le monde a une haute estime de lui même .j'ai lu son pédigré a ce Paulo sur le net .Ancien Mao ,fils à papa a eté guerillerro en amerique latine,en envoyant de pauvres bougres au casse pipe. Donc terroriste.
Osons rêver!
Peut-être ce billet annonce-t-il le sujet de l'émission de vendredi prochain?
En espérant que Copé ne trouvera pas d'ici là le "sujet de la semaine".
J'ai aussi lu le truc de Mélenchon hier soir et puis je suis tombé sur ça, qui est vraiment pas mal. Le gars avait aussi co-signé un truc sur acrimed pour allumer une journaliste économique du Monde, toujours à propos de l'Argentine.

Intéressante aussi la guéguerre entre Mélenchon et le journaliste du Monde Paulo Chépakwa, que Mélenchon traite de criminel et d'ex-terroriste, avec sa finesse coutumière.
Attaquer la liberté de la presse est ce qu'il y a de plus ignoble et de plus significatif. Kirchner fait mine de ne pas comprendre que le succès de clarin est un succès démocratique: Acheter, c'est voter: Les Argentins plébiscitent la presse de droite, à la limite ça vaut élections. Une fois de plus, on voit la gauche sectaire, jacobine et règlementatrice refuser la libre démocratie du marché. ( j'ai pas dit du café du commerce ).

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