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Commentaires

Lanzmann sur Wiesel, carambolage dans les hommages

Carambolage dans les hommages. Journaliste à France Inter, Laetitia Gayet

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"Mépris radical des convenances radio-nécrologiques élémentaires ?"

Je suis encore plus sensible à son mépris des convenances radio tout court :

Au bout de 5mn55 :
Laetitia Gayet: "Claude Lanzmann, est-ce que je peux me permettre de vous couper ?" [rire gêné]
Claude Lanzmann [sérieux]: "Non je n'ai pas envie que vous me coupiez"

La suite n'est pas mal non plus.
Ce pauvre Lanzmann ne s'arrange pas en vieillissant. Son aptitude à évaluer la portée de ses propos tend vers le zéro. Mais bon, je verrai où j'en serai quand j'aurai son âge. Avec l'avantage, cependant, qu'il ne viendra à l'esprit d'aucun journaliste débutant (et n'ayant pas travaillé son sujet) de m'appeler pour me demander mon avis sur la mort de mon pire ennemi.

Dans l'ensemble c'était plutôt cocasse :
- On a pu admirer la transformation progressive d'une question idiote en question débile pour cause de surdité de l'interviewé.
- On a eu l'occasion d'entendre Lanzmann reprocher à Wiesel de se considérer comme seule autorité compétente sur la Shoah. L'hôpital qui se fout de la charité.
- On a eu la joie d'entendre un entretien déraper dans le bizarre alors qu'il était censé ronronner gentiment, comme d'habitude.

Mais je reconnais qu'au delà de la cocasserie je m'inquiète de l'usage que les négationnistes de tout poil vont faire des vacheries que Lanzmann a déversées sur le cadavre encore chaud de son vieil ennemi.
pour "Shoah", il lui sera beaucoup pardonné.
Chez D.S. , l'obscénité de l'ego concerne Lanzmann , pas Wiesel .

Lanzmann , chez D.S. est un nonagénaire , mais ce n'est pas qu'un nombre , c'est un jugement de valeur , qui n'as rien d'obscène , bien-sur .

Dure de manipuler lanzmann , même en direct , sur radio pravda .

Lisez nicolas grüner , encore un odieux complotiste , sans oublier [ledesk.ma]
L'interview a disparu du site de France Inter! Sinon sur son rôle par rapport aux Palestiniens https://ledesk.ma/2016/07/03/le-monde-rend-hommage-a-elie-wiesel-en-jetant-un-voile-pudique-sur-ses-derives! Et enfin avec Asimov: http://blog.mondediplo.net/2010-01-18-Isaac-Asimov-Elie-Wiesel-et-l-antisemitisme
Comme l'espace est miné, je vais juste dire une chose entre deux ogives : j'ai entendu cette interview en direct, et ce furent de ces rares moments où l'on est mal à l'aise pour les autres, l’intervieweuse et l'interviewé et les auditeurs comme moi. Je n'en croyais pas mes oreilles et en effet les minutes me parurent un siècle (sans exagérer puisqu'il s'agissait du siècle dernier dont on parlait).

PS : il faut vraiment faire quelque chose pour résoudre le placement des commentaires.
[quote=Al1un vieil acariâtre qui a derrière lui une vie de travail et de recherche sur le sujet]

Comment ne pas s'affliger de la mauvaise colère qui a saisi Claude Lanzmann et lui a "inspiré" le contre-hommage attristant dont fait état Daniel Schneidermann? Mais, s'en aperçoit-on en même temps, la figure du si bien prénommé Élie Wiesel, ne risque aucunement d'en être entachée, de sorte que l'on peut sans danger pardonner à l'actuel "directeur des Temps Modernes" une embardée dont à la réflexion il apparaît comme le seul accidenté de la célébrité.

À qui, en tout cas, ne saurait trop le remercier de son premier engagement dans la revue fondée par Sartre* (voir le n° consacré au conflit israélo-palestinien en particulier, si consonant avec ce que nous lui devons s'agissant de Fanon**), le devoir s'impose de saluer ce qui me semble constituer un retour à cet initial enseignement. Je suis en effet en train de lire le n° spécial de juillet-octobre 2015: OUVRIERS VOLONTAIRES***LES ANNÉES 68 L'"établissement" en usine dont, au-delà (pour moi) de la contemporaine sainte figure de Robert Linhart, je pense devoir présenter ces citations de deux de ses féminines-précurseurs:

La première est de Marcelle Capy, expliquant avoir "expérimenté toutes sortes de métiers, afin de me rendre compte. Car une chose est de regarder et une autre de mettre la main à la pâte. On ne connaît bien que ce que l'on a vécu." (Avec les travailleurs de France, édité par l'auteur, Paris 1937, p.55.)

Et la seconde de Michèle Aumont: "Je suis devenue ouvrière de façon définitive, en novembre 1947, sans encore rien rien présumer de l'avenir, simplement parce qu'aimer conduit à partager et à "être avec" (En usine, pourquoi?, Fayard 1958, pp. 11 et 50)

Ces citations**** me paraissent ainsi démontrer que Simone Weil (cf.La condition ouvrière) ne fut pas seule en cet épuisant engagement: mais un peu moins seulement d'une dizaine l'ont aussi partagé semble-t-il, d'après ce que j'ai lu du n° jusqu'ici.



*À laquelle personnellement je dois mon éducation politique.
**Il faut rappeler, en effet, que le n° s'ouvrait sur l'article de Maxime Rodinson intitulé "Israël, fait colonial"!
*** Le rouge est celui du titre.
****On les trouvera p. 189 et p. 193 du n° des Temps Modernes.
On peut s'intéresser, comme vous le faites à une querelle d'égos ressassant de vielles inimitiés personnelles et réveiller les négationnistes qui ne dorment que d'un œil...mais si Elie Wiesel a été et restera sûrement dans les panégyriques à venir comme un pilier de la mémoire de la shoah il a pris dans ses dernières années des positions politiques qui n'incitent plus à lui témoigner le respect qu'il pouvait penser lui être éternellement dû. Son soutien, affirmé par un engagement formel This morning, Elad’s public council ran an ad in Haaretz congratulating the settlers who entered the Palestinian neighborhood. The ad is signed by the chairman of the public council, Nobel Prize Laureat Elie Weisel. Weisel, a Holocaust survivor, is known for his support of Israel’s effort to settle Palestinian East Jerusalem. In the past, he has confronted the Obama administration for its criticism of government projects beyond the Green Line. (+972 10/10/2014), à la colonisation forcenée de Jérusalem-Est basé sur des arguments purement religieux (voir Jerusalem is above politics. It is mentioned more than six hundred times in Scripture -- and not a single time in the Koran. aussi publié dans l'International Herald Tribune), montre qu'il s'est laissé embrigader au service de l'extrémisme religieux qui a pris le dessus dans la gouvernance israélienne. Tant pis pour l'image qu'il aurait pu laisser.
Que dit wikipedia ?

Selon l'écrivain Michaël de Saint-Cheron, Elie Wiesel est critiqué par des « personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale » qu'il incarne, et dont certaines remettent en cause la réalité de sa déportation. Il mentionne l'Américaine Carolyn Yeager et le juif hongrois Miklos Grüner. Ce dernier, rescapé d'Auschwitz, accuse Wiesel d'avoir « usurpé le numéro matricule A-7713 d'un certain Lazar Wiesel et [de s'être] approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz ». Cette thèse se trouve soutenue par des négationnistes et par l'éditeur et journaliste Jean Robin, qui se dit « anti-antisémite » et qui aurait reçu des archives du Musée national Auschwitz-Birkenau un courriel selon lequel le déporté immatriculé A-7713 était nommé Lazar Wiesel et avait pour année de naissance 1913 (alors qu'Elie Wiesel est né en 1928). Michaël de Saint-Cheron met en question la fiabilité de ces archives, affirme que Wiesel a progressivement changé l'orthographe de son prénom (Lazar étant le diminutif yiddish d’Eliezer), et signale avoir vu par lui-même son tatouage69.


Qu'on en sait rien.

Y a-t-il un journaliste non négationniste ou d'extrême droit pour enquêter de bonne foi.

Non parce que les articles de ce genre ne sont pas satisfaisant http://laregledujeu.org/2013/03/11/12685/quel-proces-pour-ceux-qui-mettent-elie-wiesel-en-proces/ comme le signale un commentaire dont je salue le bon sens



Bonjour,

Au hasard d’une recherche (qui n’avait rien à voir) je découvre cette polémique. Tout en constatant qu’elle n’est relayée sur les premières pages de google que par des révisionnistes ou des sites ou auteurs que rien ne permet de supposer grands défenseurs des Juifs, je ne comprend pas l’absence de réaction de la part de Monsieur WIESEL. Car l’affaire est trop grave pour qu’on puisse se dispenser d’une réponse judiciaire. D’autant que les arguments que vous exposez sont insuffisants pour lever tout doute. En effet, évoquer le possible manque de fiabilité des archives d’Auschwitz-Birkenau est pis que court. Et que dire de l’absence de réponse à l’interrogation quant à l’âge apparent de la personne de la photo du baraquement dans laquelle Monsieur WIESEL se reconnaitrait. Et de celle d’une photo qui, à défaut de prouver quoique ce soit, aurait au moins le mérite de discréditer la vidéo prétendant prouver l’absence de tatouage. Le sujet est trop grave pour se draper dans un silence indigné. Ne pas lutter pied à pied contre le révisionnisme c’est lui laisser le champs libre !
Sincèrement à vous avec l’espoir de vous avoir convaincu de la nécessité de réagir
.
J'ai lu en une fois, sans retour, sans attention particulière (on est sur internet)...
Ce que j'en retiens:
Lanzmann est un nonagénaire, un invité déraillant, en roue libre, à l'égo obscène et proverbial, qui fait le lit du négationnisme...
Un personnage détestable de toute évidence pour moi qui n'en sait pas beaucoup plus sur lui..
Mais bon, je viens d'apprendre qu'il existe des "convenances radio-nécrologiques élémentaires", qui reviennent à ne pas dire des choses qui pourraient être reprises par des mauvais esprits.
Manque juste, comme il est fait état des exagérations naufragesques de Lanzmann, une évocation des prises de positions de l'autre vieillard sur la politique israelienne actuelle.
Eh oui, j'ai entendu ça, séquence phénoménale d'incurie journalistique (euh...sont-ils informés de rien, ignorants ou incompétents?) et de gâtisme égocentrique (l'affaire date tout de même, Lanzmann aurait peut être pu avoir un peu de mise en perspective sur ce sujet. Aucun pardon, c'est ahurissant)
A eux deux, quelle brochette! un morceau d'anthologie.
Je cite un paragraphe de l'article que vous donnez en lien dans le vôtre :

"L’hostilité que Lanzmann essuie depuis dimanche pour son refus bourru de «rendre hommage» illustre tragiquement notre incapacité à être sereins face à la mémoire du génocide. Notre réflexe, de plus en plus, est de nous comporter comme si nous avions affaire à une matière sacrée, indigne d’être effleurée par les imperfections du caractère humain, même par la mauvaise humeur d'un vieil acariâtre qui a derrière lui une vie de travail et de recherche sur le sujet. Nous avons peur du moindre mot prononcé qui ne soit pas une pure homélie."
Etonnant moment, en tout cas. Comique par bien des côtés. Mais le grand comique est proche du tragique... air connu.

Ce qu'on peut retenir, c'est ce refus de Wiesel de figurer comme "protagoniste" dans le Shoah de Lanzmann. En bon mégalo-égocentrique, celui-ci met ce refus sur le compte de la volonté de Wiesel de s'accaparer l'Histoire. Une affaire d'ego, en somme, puisqu'il parle de lèse-majesté.

Ne peut-on pas plutôt lire dans ce refus aussi catégorique et brutal la crainte de se voir confronté à certaines vérités ? Il y a vraiment beaucoup de choses troublantes dans les rapports de Wiesel à la vérité. Il est regrettable de laisser cet espace aux négationnistes et de jouer la censure comme l'a fait France Inter, ou l'apologétique sans nuances comme la quasi unanimité de la presse.

Nous crèverons de refuser de voir les choses en face. Toutes les choses, aussi dérangeantes soient-elles.
Etrange de supprimer cette vidéo du site d'Inter ...
Grand moment de radio en effet . La journaliste ne s'en tire pas trop mal ....
Yup.
Ah la pauvre journaliste qui avait pas consulté ses fiches: " tiens, ce matin j'ai Lanzmann au programme pour lui parler de la mort de Rocard. Oh, mais y a Wiesel qu'est mort aussi. Vu que Lanzmann est juif comme Wiesel et vieux comme Wiesel, sûrement qu'il en dira du bien aussi ! Allez hop, dès qu'il a balancé une phrase sur le Rocard j'enchaîne sur le Wiesel. Pas d'autre vieux juif mort récemment ? Dommage, j'aurais pu faire du 3en1."
Hélas...
Impossible de retrouver ce grand moment de confusion radiophonique sur le site de France Inter. Effacé comme par magie.
Mais pourquoi ont-ils téléphoné à Lanzmann, Wiesel est mort, la logique veut qu'on fasse appel à Lanzmann, c'est assez drôle, enfin moi j'ai bien ri. Personne n'a rappelé que Wiesel avait été "victime" de Madoff, épisode peu glorieux mais qui en dit assez long..
J'ai écouté l'entretien en direct dimanche matin . On s'attendait à un hommage et l'entretien a tourné à la polémique. Il m'a surtout semblé que Lanzmann était mal réveillé et qu'il n'avait pas préparé l'entretien. Il a dit d'ailleurs qu'il s'attendait à ce qu'il parle de Michel Rocard.
Je ne connais pas assez cette dame Gayet pour savoir si c'est une novice ou non (et si elle est de la famille de Madame Hollande III). Si c'est elle qui "fait son plateau".

Car enfin, inviter Lanzmann sur Wiesel, c'était l'assurance du désastre.

Moralité : gardons-nous d'avoir des icônes. Tiens, une belle qui vient de tomber de son piédestal : l'austère Rocard qui exige un hommage national. Que n'a-t-il imité Mongénéral :

« Je veux que mes obsèques aient lieu à Colombey-les-Deux-Églises. Si je meurs ailleurs, il faudra transporter mon corps chez moi, sans la moindre cérémonie publique.

Ma tombe sera celle où repose déjà ma fille Anne et où, un jour reposera ma femme. Inscription : Charles de Gaulle (1890-….). Rien d’autre.

La cérémonie sera réglée par mon fils, ma fille, mon gendre, ma belle-fille, aidés par mon cabinet, de telle sorte qu'elle soit extrêmement simple. Je ne veux pas d'obsèques nationales"

http://misentrop2.canalblog.com/
La journaliste a certainement béni les petites mains qui lui ont savonné la planche en vendant à Lanzmann un hommage à Rocard
C'est beau. Vous voudriez pas la recopier à la main? Que je l'encadre à côté de la télé/radio qu'on accroche au mur maintenant, comme un vulgaire tableau.
Wiesel aurait passé à Auschwitz "en tout et pour tout 3 ou 4 nuits et jours"

Même pas le temps de se faire tatouer un matricule.
Mépris radical des convenances radio-nécrologiques élémentaires ?
Je dirais plutôt gâtisme. Vieilles querelles ressassées, remâchées. Pitoyables rancunes de vieillard sénile.
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