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La crise dans le rétroviseur médiatique

Derniers commentaires

"La France d'en bas": Et non, ce n'est pas Raffarin qui est le père de cette image mais Tocqueville!!
Y'a un fanclub de Judith par ici? Parce que franchement, c'est toujours aussi agréable à lire ses chroniques, très intéressants, pleins d'humour et de bons mots. Bon, ok, j'suis pas très littéraire et c'est peut être pas forcement un compliment venant de moi, mais c'est toujousr un plaisir de lire les chroniques de Judith :)
la suite au message deux messages au dessus
qu'est-ce que je suis touffu ! mais... le vieux devant son clavier, il se demande au milieu de son message "qu'est-ce que tu fais là ?" et il va le plus vite possible au bout en se disant "au diable la clarté ! - Ils l'ont voulu leur chef, ils l'ont eu !"
communiste/staline, c'est qu'à la TV, ON EXCUSE toutes les saloperies d'un camp par les saloperies d'un autre, comme si une saloperie ne restait pas une saloperie
(ex. type : hitler/staline - j'écrivais déjà ça à Polack au sujet d'un échange fog/andrieux, il y a déjà un 1/4 de siècle. Polack m'avait répondu en me disant qu'il veillerait à interdire ces sous-arguments - Je pense toujours que polack a été viré de la UNE (déjà) plutôt pour sa dénonciations des saloperies que pour une petit dessin de M..., au même titre que vous avez été viré de la cinq pour la même raison - Il est interdit de dire à la TV, "le président est un démagogue qui prend les électeurs pour des veaux" si on n'y ajoute pas "gauche et droite confondues et mittérand/pareil que sarko et lang/pareil que darcos et 35 heures opposé à travailler plus pour gagner plus(??????encore heureux)"
fn combattu pour deux phrases connes : c'est dieudonné et faurisson qui amusent la galerie sur le devant de la scène pendant que derrière israël bombarde 10 millions d'êtres humains parqués dans 40 km2 - Vous savez ce que c'est de se prendre une bombe sur la gueule, moi je sais, j'ai connu ça dans les années 40.
ps ne propose rien : en 50 ans de république actuelle : droite : 36 ans présidence, 35 ans députés 50 ans sénateurs - et depuis 7 ans : TOUT, président + députés + sénateurs + tous les autres pouvoirs et le culot de dire "la gauche ne... PROPOSERAIT RIEN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!",comme si elle avait le pouvoir de faire aboutir une seule proposition s'opposant au pouvoir totalitaire en place - Pour moi les 35 heures ce n'est pas une connerie mais en admettant que ça en soit une... ENORME - Qu'est-ce qui depuis 7 années a pu empêcher la droite de revenir sur cette loi ?
RIEN ! si ce n'est le fait de pouvoir continuer à l'utiliser comme argument électoral.
où ils sont passés les racistes de 2002 ? je n'ai toujours pas de réponse
Quelle démocratie accepterait de... revenir sur un référendum qui a passionné le Pays et fait gagner les petits sans voix contre les grands à la grande voix médiatique télévisuelle ? Quelle démocratie accepterait de revenir sur le choix du seul pays européen démocrate (demander aux citoyens plutôt qu'aux hiérarques) ? Quelle démocratie accepterait d'un président au dessus de la loi lorsqu'il insulte un citoyen et ensuite protégé par la loi lorsque le citoyen lui répond "toi de même" ?
Madame et notre petite équipe d'ASI : reprenez s'il vous plait les discours passés de notre chef à la TV et ses discours actuels plutôt que la reprise d'un journal d'une marionnette du pouvoir
Pourquoi je traite les journalistes de marionnettes ? Parce que en des dizaines d'années aucun n'a pu dire au grand chef précédent ce qui se dit tous les jours à SES simples citoyens lorsqu'ils sont pris en faute :
OU VOUS SAVIEZ ET VOUS COUVRIEZ DES MALVERSATIONS OU VOUS NE SAVIEZ PAS ET VOUS NE POUVIEZ PAS PRETENDRE A LA DIRECTION DE... (ici c'était Paris puis la France)
Dans le style de ce dossier
Voilà ce que je souhaiterais trouver REGULIEREMENT sur ASI : ce qui se passait et se disait, il y a disons 2 ans, sur les écrans de notre télévision. Je sais bien que vous êtes une petite équipe mais vous pourriez peut-être vous faire aider par des asinautes fidèles.
Pas besoin de commentaires sur les paroles des "marionnettes-présentateurs" (je n'arrive pas à écrire Journalistes), de toute façon qui peut encore penser qu'un présentateur de la 1 et la 2 peut être libre et indépendant, l'important n'est peut-être plus de décrypter le système pour nous rendre plus intelligent mais de le dénoncer pour nous rendre plus libre.
Qu'est-ce qu'on en a à faire des marionnettes, l'important pour un site comme le notre est de dénoncer l'arriviste-démagogue qui a tiré les ficelles pour "arriver" et qui continue de plus belle pour "rester" et "continuer".
Lorsque ASI de la cinq a été supprimé, en personne trop âgée pour raisonner de "traviole", j'ai envoyé la même lettre à une dizaine de très très hauts dirigeants avec notamment cette phrase : "...dans un régime où les forces de l'argent vont nous imposer un Président ayant 1/la finance 2/ le législatif (parlement, sénat) 3/l'exécutif (1er ministre, armée, justice et tout le reste...) 4/ organismes de contrôle choisis par eux dans leurs plus proches amis (conseil constitutionnel, CSA, etc...) 5/ les medias privés. Dans ce régime qui par la force des choses va obligatoirement devenir "totalitaire", je comprends qu'il ne peut être question de laisser une petite et riche émission de 55 mn... décrypter les turpitudes du futur... chef-conducteur."
Plutôt que ton (excuses le tutoiement, c'est l'âge) très instructif Pujadas et son "marronnier", je préfèrerais que votre équipe nous aide dans par exemples :
Communistes se font encore démolir pour... staline/mort - Le FN s'est fait démolir pour deux phrases cons d'un vieillard mort politiquement. Le ps en prend plein la gueule pour mitterand/mort et puis il n'a pas d'idées... même s'ils en avaient comment feraient-ils pour les appliquer dans ce système "totalitaire" ? - Besancenot se fait démolir par tous parce qu'il va peut-être accepter dans un parti qui n'existe pas encore, un terroriste qui finit de payer sa peine (je ne parle pas ici de papon, mort lui aussi.
Et pendant ce temps : mr Chirac coule une retraite heureuse, Mr Pasqua profite d'une immunité donnée par le parti du chef à qui il avait laissé la garde de son département, Mr le Préfet vient de gagner -6 mois de prison (ils n'étaient soupçonnés que d'avoir confondu notre caisse avec leur caisse et puis merde ! c'était par exemple pour donner ou plutôt vendre à ces povr africains des... armes.
D'après les médias les socialistes à la droite de la gauche se disputent comme des ânes (c'est vrai ânes) pendant que la vraie droite se lance des serments d'amour (il faut voir les baisers avec la langue entre le n°1 et le n°2 du précédent gouvernement quel amour torride entre dominique et nicolas)
un exemple :
Mr notre chef fait une connerie terrible "casse toi povr con" - Existe-t-il une démocratie qui puisse accepter çà ?
Nous sommes dans un pays où si a)tu chantes faux la Marseillaise, b)sous un drapeau tricolore, c)en mini-jupe (racolage passif), d)en répondant au chef "cass toi toi aussi !), tu es bon pour le moins pour une année difficile et pour le plus à un retour en afrique pour peu que tu aies eu un ancêtre légèrement coloré sous... vercingétorix.
Et bien non, là, l'insulte elle passe comme une lettre à la poste dans notre poste (le grand Charles, il nommait le chef de la TV mais au moins il n'insultait pas ses concitoyens lui)
Qu'un citoyen reprennent cette phrase et il se trouve un juge (rappel : le chef est le chef de la justice) pour juger et punir ce pâle imitateur de notre impunissable chef !
C'est ce permanent deux poids deux mesures qu'il faut dénoncer et redénoncer dans les médias
les médias disent notre chef devenu le chef de l'europe a sauvé le monde en georgie, et pas de Journaliste sur la une ou la deux pour dire qu'est-ce qu'il attend en palestine (il n'a pas le téléphone au brésil ?)
le chef a allumé le feu de la crise en ...2005, 2006, 2007 et en 2008, il s'agite pour nous faire croire qu'il peut l'éteindre et qu'il va nous sauver - ASI montre-nous qu'il y a au moins un chef tout à la fois pompier et... pyromane. (tu prends Mermet : 5 fois il a repassé "le français n'est pas assez endetté, il va falloir que ça change" et zéro fois sur les écrans ASI montre-nous cette absence.
Moi, j'ai mes journaux de 2005, 2006, 2007, je lis ce que le chef disait alors pour avoir le pouvoir, l'équipe d'ASI, il faut que VOUS NOUS MONTRIEZ aussi ce qu'il disait.
Depuis 74, "ILS" élisent des démagogues, moi j'ai toujours voté contre le chef élu, tout en m'en foutant parce que je n'ai rien à perdre, mais IL VOUS FAUT LEUR MONTRER à ces "ILS" qu'on les prend pour des billes. J'en ai mare d'entendre 70 % des électeurs me dire le mois suivant l'élection, "tu as vu pour qui ils ont voté à 70%"
Si je prends 70 %, c'est que c'est dans mon coin le nombre de ceux qui votent pour ceux qui ont peur qui donc n'aiment pas l'ETRANGER :
Montrez-nous quà la TV, ces 70% de "considérés racistes 2002", sont devenus des "considérés pas racistes en 2007", alors qu'ils n'ont pas changé ! Ils sont toujours là.
Je pourrais témoigner à la TV que, en 2002, alors que je redescendais de bricoler de la "terre d'en haut", j'en ai vu un qui écrivait à la peinture blanche en grosse lettre "1 PS + 1 PC = 2 PD"... et bien, même s'il a certes voté pour le chef en 2007, je peux assurer qu'il est bien toujours là et même encore plus... couillon qu'avant.
Merci de ce sujet très intéressant.

En fait, il est bon que vous continuiiez à regarder les journaux télévisés pour nous, qui avons perdu la patience de regarder ces inepties.
Quel dommage que cette analyse n'ait été faite qu'avec vos élèves (et avec nous à présent) et que le public de ces JT ne soit pas averti.

Comme les indications -16 ou -18, il devrait y avoir une alerte "fausse enquête" ou "faux journal" à la télévision.

En vous lisant, je ne regrette pas de l'avoir abandonnée au profit d'internet.

Merci encore, et joyeuses fêtes
Faut prendre des vacances, Madame Le Roscouët, c'est mauvais de rester toujours sur la brèche, comme çà. Vous allez nous faire un brekdoune !
Joyeux réveillon, Madame Bernard.
Les vacances en hiver à la plage, ben, c'est moins cher que la montagne, trois fois, d'après une personne interviewée dans le JT de midi de F3 d'aujourd'hui.

Bref, à écouter ce reportage, c'est toujours une seule raison, négative, par défaut, d'aller à la plage en hiver, le manque d'argent.

Auquel est associé indirectement le fait que c'est moins loin de Paris, 200 km au lieu de 600, soit implicitement du temps de gagné et encore... de l'argent.

Merde alors, suis-je le seul à avoir passé le meilleur réveillon de ma vie, avec plein plein de potes, il y a une douzaine d'année, dans une charmante bicoque sur le bassin d'Arcachon, sans regretter une seule seconde de ne pas être à la montagne (tout aussi lointaine depuis chez moi).

Les plages de l'Atlantique sous un soleil hivernal, mais avec un bon manteau, c'est le top pour la promenade digestive.

;) yG
Géniale chronique, comme souvent.

Même si je ne partage pas votre avis, vous mettez bien le doigt là où ça fait mal.

Je la trouve d'autant plus intéressante qu'en mars dernier, j'avais eu une conversation sur la crise économique avec une collègue.
Moi, toujours cassandre, j'affirmais qu'une crise s'annonçait. En janvier, les bourses asiatiques avaient décroché, et depuis cette période, les banques centrales prêtaient à très court terme des sommes colossales à des banques diverses qui étaient terrifiées, connaissant leur propre implication dans les subprimes, et les dénis qui allaient avec, à l'idée de prêter à d'autres qu'elles soupçonnaient des mêmes turpitudes. Mais la rareté de liquidités commençait à gripper la machine économique.
Les USA avaient une croissance négative, et j'avais lu dans Alter Eco des articles qui présageaient que ça s'annonçait assez mal, que le risque était important d'un décrochement économique.
Dans Politis il était déjà question de crise financière globale.
Et la hausse des prix était phénoménale.

Je guettais chaque jour la baisse de la bourse sur le site des Echos, et je pouvais y constater l'érosion lente mais régulière des indices des bourses du monde entier.

Ma collègue, elle, qui connaît des personnes dans le milieu boursier affichait un scepticisme certain en disant que tout ce que je pensais était inutilement pessimiste. Qu'il s'agissait juste d'un petit accident de parcours, et qu'il fallait attendre, que la hausse de la bourse allait reprendre, que c'était l'intérêt de tous. Son travail l'avait amenée à connaître en détail ces merveilleux nouveaux produits financiers construits mathématiquement, et tous ces traders qui gagnaient des millions et c'était une chose si merveilleuse que rien ne pouvait arriver.
Et quand je lui fis remarquer qu'on ne pouvait pas être en expansion continue, que tout avait des limites, que les ressources étaient limitées et l'argent correspondant aussi, elle m'avait regardée de l'air de celle qui ne comprend pas de quoi il est question.

C'était une époque où les nuages s'amoncelaient, mais on ne pouvait pas être sûrs. La seule chose qui était certaine, c'était l'inflation galopante, qui d'ailleurs s'est un peu stabilisée entretemps. Mais à cette époque, les autorités refusaient d'admettre qu'elle était aussi importante. L'INSEE prétendait que les prix n'augmentaient pas autant que nous le ressentions.
Et quand le reportage qui fait l'objet de votre chronique était sorti, il était le premier qui confirmait l'importance de l'inflation, et cela explique son côté simili-clandestin. Cette hausse ahurissante des prix, tout le monde l'admet aujourd'hui, peut-être parce qu'elle s'est calmée.

La Société Générale, en janvier, était restée encore bénéficiaire en perdant les 5 milliards de l'affaire Kerviel, et quelques autres milliards à cause des subprimes. La citadelle capitaliste semblait inexpugnable et jonglait avec des milliards d'euros, des sommes que nous ne pouvions même pas imaginer au vu de notre salaire. Mais c'était une citadelle volante qui avait commencé à avancer en rase-mottes en emportant pas mal de choses sur son passage, et menaçait de s'écraser.

Oui, je me souviens bien de la situation en mars 2008, parce que les résultats de la variation du PIB du 1er trimestre aux Etats-Unis allaient sortir quelques jours plus tard et que j'en avais discuté avec cette collègue. Mais c'est en avril qu'Alter Eco, qui a toujours été sur le pont en ce qui concerne cette crise, a tiré la sonnette d'alarme.

Je trouve cela important de restituer le contexte. Crise ou pas crise, on pouvait encore se voiler la face dans les jités. Parce que jusque là, on était du bon côté du manche et qu'on pouvait toujours se persuader que cela durerait toujours.

Mais je voudrais en revenir sur ce sur lequel je ne suis pas d'accord.

Haine verticale ou haine horizontale ?
Vous avez, Judith, extrêmement bien résumé en deux expressions deux tendances centrifuges de la société aujourd'hui, française et sans doute mondiale.
Le premier est la coupure à la limite de type insurrectionnel qui sépare les « élites » (pardonnez-moi ces guillemets mais ce terme d'élite me semble de plus en plus inapproprié) de la masse des « autres ».

La seconde est celle qui fait que pour pallier à cet inconvénient sans se remettre en cause, et pour « diviser pour régner » et ainsi asseoir leur position de dominants, la tactique purement éthologique d'une partie de ces élites est de dresser les groupes sociaux les uns contre les autres : les travailleurs contre les chômeurs, les travailleurs du privé contre les fonctionnaires, tous ceux-là contre les immigrés, et les immigrés contre les clandestins, les bien-portants contre les malades......j'en passe et des meilleures.

Ces deux tendances sont extrêmement délétères car elles font subir à la société civile des tensions désintégratrices très fortes dans un pays qui passe son temps depuis la Révolution à se tricoter une suite de compromis qui a produit une nation forte et stable.

Comment s'inscrit d'après moi ce « les clients cherchent systématiquement les plus petits prix quand c'est pour offrir. Quand c'est pour eux, ils sont moins regardants ! » ?
Outre que cette considération est purement gratuite car après tout, comment en est-elle sûre ?, je ferai remarquer que je fais la même chose et sans honte aucune. Pour les gens que je connais, c'est l'intention qui compte et pas la quantité d'argent que je dépense.

En tout état de cause, il vaut mieux juger et faire juger que réfléchir et faire réfléchir, je suis persuadée que c'est la devise écrite aux frontons des écoles de journalisme.

Mais je voulais en venir à ce qui motive exactement ce genre de phrase assassine dans un sujet de ce type.
Je ne pense en aucun cas qu'il s'agit d'une manière de dresser les gens les uns contre les autres, parce que c'est l'intérêt des politiques, pas directement celui des journalistes.

Il s'agit pour moi d'une autre storytelling.
Je vais ressortir une vieille lune, mais vous faites vous-même référence au référendum sur la Constitution Européenne.
Dans « Propos sur le champ politique », Bourdieu explique comment fonctionne le monde politique. En simplifiant, il explique à propos des médias et des journalistes que ce milieu enserre le petit monde politique dans une symbiose qui ressemble à celle de la cellule biologique et sa paroi.
En fait, c'est comme si le domaine politique était enkysté souplement dans le territoire journalistique qui le délimite et le protège. Et il sert d'interface avec le reste de la population. En aucun cas, il s'agit de mondes séparés, ils sont étroitement liés.

Avec le temps, mais en a-t-il jamais été autrement, l'interface s'est faite seulement de l'intérieur de la cellule vers l'extérieur, c'est-à-dire que la communication n'allait que dans le sens de la communication des politiques vers leurs mandants aux élections, puisque c'est quand même de cela qu'il s'agit, en régime républicain, se faire élire est une condition sine qua non.
Plus ce phénomène s'est accentué, avec l'alliance des puissances économiques, (qui ont pris le contrôle de ces médias) et des politiques dans un monde néo-libéral, plus les journalistes se sont trouvés en situation de devoir faire allégeance au pouvoir politique sans que ça se voie trop.

Et de plus en plus, les modèles économiques se modifiant avec l'arrivée d'Internet et de nouveaux moyens de communication et de nouveaux médias, ils se trouvent de plus en plus en position de devoir justifier leur existence vis-à-vis de ces deux pouvoirs conjugués. Cette situation est devenue patente ces derniers temps avec les Etats Généraux et les évènements autour de la Télé Publique.

Ce processus étant déjà puissamment à l'œuvre, est arrivé le référendum du traité européen.
Au début, et c'est pourquoi Chirac avait choisi de faire un référendum, le oui devait l'emporter haut la main. A terme, ce traité était prévu pour asseoir encore plus la position de dominant.

Patatras, un mouvement de contestation à l'intérieur du peuple de gauche se fait jour, et par internet sape totalement cette majorité écrasante au début. On explique, on argumente, on se prend la tête, mais par internet, parce que dans les médias, le oui est omniprésent, et ce n'est même pas la peine d'en parler, on y est voué aux gémonies parce qu'on serait contre l'Europe (Cette technique avait excellemment fonctionné pour le traité de Maastricht, il faut savoir faire avec les vieilles gamelles).
Mauvaise pioche ! Cela exacerbe le punch des partisans du non ! Lesquels en représailles sont traités de xénophobes et autres noms d'oiseaux par les médias oui-ouistes.
Et je crois que vous connaissez cette histoire : le non l'emporte à une écrasante majorité.

Cela a deux effets sur les journalistes qui n'ont pas argumenté mais ont condamné les tenants du non a priori. D'une part, ils sont très vexés, et en plus, ils ont le problème de leur utilité : il ne faut pas seulement faire allégeance, il faut aussi être des prescripteurs d'opinion efficaces, sinon pourquoi Rotschild et Lagardère dépenseraient tous ces millions pour au bout du compte se trouver avec une nation dont les électeurs ne voteraient pas comme ils le veulent ?

Pour l'allégeance, on fait élire Sarkozy qui s'est prononcé dès le départ pour le déni du résultat au référendum. Pour cela, si on se prétend média de gauche, on détourne négligemment la tête sur ses défauts les plus prononcés, on tait quelques petits éléments gênants.
Problème réglé.
Tout de suite après la décision prise à propos du référendum, Joffrin peut reprocher en conférence de vœux son bonapartisme à l'Hyper. Il l'a lui-même en partie initié, et en a tiré profit dans son rôle de prescripteur d'opinion.

Mince ! Les Irlandais nous ont eus ! Mais pourquoi devons-nous nous taper des peuples pareils, c'est un scandale. Il ne voient pas notre intérêt à nous. Seulement le leur. Bande d'égoïstes !
Allez, encore un petit peu de lèche ! Le temps qu'il fasse revoter l'Irlande....
Neverending story !

Devons-nous changer de médias ou de gouvernants ? La question reste entière.

Et le deuxième volet, c'est que les éditorialistes sont vexés, on s'emporte, on traite ce peuple de « moisi » et de plein de noms d'oiseaux que j'ai personnellement adorés, parce que ça a vraiment exaspéré tout le monde.
Dès lors, tous les prétextes sont bons pour faire comprendre l'égoïsme de tous ces gens.
Il détestaient les plombiers polonais, les noirs, les étrangers. Horreur, ils pourraient même préférer secourir les clochards dans la rue ou leurs ouvriers dans les usines qui délocalisent plutôt que des pauvres serviles (en tout cas perçus comme tels, les autres peuples sont toujours plus dociles) à l'autre bout du monde. Bande d'égoïstes !

Et alors, suprême scandale, en temps de crise, ils préfèrent offrir des cadeaux moins chers à leurs amis. C'est quelqu'un du peuple qui l'a dit elle-même. Vous imaginez cet égoïsme ! Je n'en reviens pas.
Tout est bon pour brocarder ce peuple idiot qui préfère ses intérêts aux nôtres.
Et les petites piques, ça fait tellement de bien.
C'est dommage, on pourrait bien les traiter d'antisémitisme, mais là, c'est quand même délicat.

Je suis désolée, Judith, de me servir du forum d'une de vos brillantes chroniques, vous une partisane sincère du oui, et une marxiste, pour développer mes explications nonistes et bassement éthologico-politiques, mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'en empêcher.

C'est comme le chocolat.

Cela ne m'empêche pas de vous souhaiter tous mes bons vœux à vous et à @SI. Vous m'avez permis tous de continuer à respirer intellectuellement cette année dans ce climat triste, pluvieux et délétère.
Et cela, c'est un exploit par les temps qui courent.
Punaise, les gros bras du “Service Economique”, tous sortis d'HEC et grassement payés grâce à la redevance… On pourrait peut-être suggèrer à France 2 de faire appel à des élèves de CM2 !

Ce serait beaucoup moins cher pour un résultat bien meilleur !
Le 4 mars... de quelle année ?

Je pose la question, car l'impression que j'ai, c'est qu'il s'agit là d'un marronnier... sans date fixe. Seuls quelques détails, dont la caméra cachée très à la mode cette année dans le milieu journalistique après l'avoir été dans celui du divertissement dans ma jeunesse, permettent de rattacher ce reportage à l'actualité de 2008, et encore.

yG
Puisqu'on cause de la crise...

Objectivement, le seul impact notable sur ma petite vie à ce jour, c'est la baisse du carburant. Le reste, le plus effrayant, ne m'est communiqué que par les média.
Vive la crise.(*)

-nikoteen.
(*) cela n'oblitère en rien la solidarité que j'exprime envers ceux qui, victimes de directions bien moisies, perdent leur boulot parce que leur boite ferme.
Ha, si je vous avais eu comme prof, j'aurais certainement fait de longues études.
C'est puant ce puejadas. Merci quand même pour ces images et cette analyse. C'est la condescendance des princes, non ?
Je regarde pas trop la télé.
Pour le reste, chaque année depuis 2006, on baisse les budgets... comme les autres. Les supermarchés c'est maintenant trop cher, le saviez-vous ? Pas de bombance, on se fera des abdos. Faut bien se trouver des raisons de vivre : l'espoir de voir tout cela s'écrouler que la résistance des peuples finira par reconquérir les droits perdus, que 2009 verra des millions devant le parlement ou l'Élysée, que nous pourrons prendre en main nos affaires et notre avenir... On va pas se laisser farcir !
Ce qui me rend dingue dans le premier extrait du JT, c'est que le journaliste critique le fait que les prix ne soient pas les mêmes dans différents supermarchés.
Pourtant, quand les prix sont identiques, on a vu plusieurs fois des journalistes s'en indigner, car cela signifie que les enseignes alignent leurs prix et donc qu'il n'y a pas de concurrence !
Excellent décryptage, merci pour cette chronique.
Et de nous régaler régulièrement.

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Merci pour cette chronique éclairante, une fois encore, Judith.

Ce "nous" qu'utilise Pujadas est d'une condescendance incroyable. Se la jouer "France d'en bas" de la part d'un homme exerçant l'un des métiers les plus payés en France, à savoir présentateur de JT, est le comble du snobisme.

Je ne sais pas trop quoi penser de la réflexion de cette vendeuse au sujet des clients qui dépenseraient plus pour eux-mêmes que pour offrir, à part qu'il jure dans ce reportage, il n'est pas à sa place, il cloche. S'il y a un contenu informatif dans ce passage, il s'agit d'une contre-vérité, les Français étant ceux qui dépensent le plus en Europe, justement, pour les cadeaux de Noël.

Bonnes fêtes à vous, Judith, ainsi qu'à tous les @sinautes.

CJ
Amusant en effet le coup de la caméra cachée pour filmer un emballage de jambon et un paquet de yaourt. Surtout à l'époque des téléphones que certains clients trimbalent dans les supermarchés et avec lesquels ils peuvent désormais filmer aux vues de tout à chacun.

Encore de l'illustration, histoire de prouver que "j'ai" mouillé ma chemise, "j'ai" fais les courses en vrai, je ne me suis pas contenté d'aller sur internet, moi, comme il fut reproché un temps au magazine ayant initialisé l'enquête, je crois me souvenir.

Mais alors pourquoi ne pas filmer le même caddie sur le parking, au moment de mettre dans la voiture de fonction de F2... Quoi, cela fait moins infiltré... Ah ben oui, pour le coup, cela fait vidéo de vacances avec le p'tit dernier qui s'amuse avec le caméscope... Les prix des produits sont tellement cachés aux yeux de tous, qu'un ministre doit se déplacer pour vérifier les prix lui-même, il faut croire que les tickets de caisses sont truqués.

En ce concerne la vendeuse avec son discours, genre, "vous comprenez vous pourquoi ils prennent le moins cher alors que j'ai le même au double du prix ?", on entre dans un monde ubuesque, le comportement normal/rationnel nous étant vendu comme complètement aberrant. Merde alors, c'est quoi ces consommateurs qui comparent les prix et prennent le moins cher... certainement des internautes habitués à comparer les prix, des abonnées d'asi@ qui ne s'arrêtent pas à ce qu'indique l'étiquette.
Allez savoir.

yG
Thank's Judith !
Et je vais reprendre le petit refrain du forum : un peu plus d'analyses des jités, par vous, par d'autres.
Histoire que les archives servent un peu, histoire qu'on sache à quoi s'abreuvent nos chers compatriotes.
C'est réjouissant, et sidérant...
Et, une petite question : est-ce que, vraiment, les gens qui ont le courage de regarder le jité le regardent pour voir de belles images ?
Le jité marcherait moins sans belles images, avec de vraies analyses et de vrais sujets ?
Quand Ferrari a voulu faire plus d'international, plus d'info (à ce qu'il paraît, je ne suis pas allée vérifier), les gens ont-ils vraiment désapprouvé ?
Est-ce qu'il y a une demande de sujets débiles et non-informatifs ??!?!?


Au passage, il manque (en tous cas pour moi), la première vidéo dans votre chronique !

Joyeuses fêtes à toute l'équipe d'@si, notamment à Judith, Gilles et Daniel, nos pères Noël du jour, et à tous les @sinautes.
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