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La Chine, bouc émissaire de la campagne électorale américaine

A la veille des élections américaines du 2 novembre, la Chine est au coeur de la campagne. Les candidats démocrates ou républicains attaquent leurs rivaux qui soutiendraient les délocalisations en Chine, et augmenteraient le chômage américain, souligne le New York Times.

Derniers commentaires

cette schizophrénie est une très mauvaise base pour envisager la réalité... se sentir trahis des conséquences directes, publiques et annoncées, du système économique supporté avec enthousiasme montre une capacité de déni stupéfiante.
Un prix Nobel de la paix à un dissident chinois après un prix Nobel de la paix à un président américain, c'est de la dynamite.
Emmanuel Todd l'avait prévu dans apres la démocratie, seul le protectionnisme peut sauver la démocratie. Les Républicains sont pas cons, ils savent que ce que les gens veulent, c'est la fin du libre-échange généralisé. Par contre ils n'en feront rien une fois élus.
Une bonne nouvelle que ce pays mette en question sa relation commerciale si malsaine avec la Chine. Espérons que les USA vont enfin sortir de leur politique de libre-échange.
Merci beaucoup à gilles Klein pour ce collector.

Plusieurs choses.

D'abord sur la réalisation de ces spots. C'est un superbe travail sur les couleurs qu'ils ont fait là, tous. Dans ces spots on voit bien sûr le drapeau chinois rouge, mais en plus tous les spots utilisent cette couleur sur ou en association avec ceux qu'ils dénoncent comme ayant "vendu" les emplois américains au profits de la Chine, qu'ils soient démocrates ou républicains. Cela correspond souvent à l'association traditionnelle "bleu = Démocrate", "rouge = républicain", mais pas toujours (Nick Rahall, Ed Perlmutter).
Pour:

- Bob Gibbs: sa cravate rouge, la structure portuaire rouge, l'usine désaffectée rouge, la proue du porte containers est rouge, par contre "what about Ohio" est gris et vert, et le tout début (prise de responsabilité du spot) est dans un champ vert, le démocrate est tout en bleu.

- Nick Rahall: là, pas photo, tout est rouge (dont le fond flottant comme un drapeau) et jaune (police de caractères), sauf la première image de Spike Maynard, qui bien que républicain a une cravate bleu et un logo bleu, dont seule la "frontière" (tiens, tiens...) est rouge. La cravate de Nick Rahall est jaune au début et à la fin, et rouge au milieu du spot.
Pareil presque pour Pat Toomey.

- pour le spot contre Sharron Angle, là la correspondance (fond où s'incruste les images) classique est utilisée "bleu = Démocrate", "rouge = républicain", avec l'effet fort que le rouge républicain utilisé est le même que celui de la Chine.

- Pareil pour Carly Fiorina, qui se voit affublé d'un halo rouge autour de la tête, comme une visualisation de ses arrières pensées, et sa superbe robe rouge dans l'image où on dit qu'elle a pris 100 million de dollars. Par contre cette fois ce n'est pas la candidate démocrate qui est en bleu ou avec un halo bleu, mais les travailleurs: celui désespéré au milieu du spot (30000 workers gone), et ceux derrière sa photo à la fin du spot, qui ont un bleu de travail. Ce qui est intéressant aussi, c'est que les deux mentions du drapeau américain (en vis-à-vis d'image de chinois et de leur drapeau) montrent surtout la partie avec les étoiles blanches sur fond bleu... Par contre tout ce qui est HP est gris ou grisé, comme si le spot voulait insister pour dissocier HP de son ancienne CEO, et le rendre neutre.
Ce spot est mon préféré, aussi parce que j'en veux depuis très longtemps à Carly Fiorina d'avoir détruit cette superbe entreprise, Hewlett-Packard (et d'avoir interrompu notamment les calculatrices en RPL).

- démocrate Ed Perlmutter (rappel: théoriquement "bleu"): fond jaunâtre et police rouge. J'aime beaucoup les petits ballons "debt", rouges comme la Chine. Qui a des dettes envers qui ? Le spot indique le montant, mais (sauf erreur de ma part) ne dit pas que ce sont les chinois qui ont cette masse monumentale de bons du trésor américains dans leur compte, et donc la dette est bien du coté américain, et à rembourser aux chinois (c'est les américains qui se sont goinfrés de produits chinois pour sustenter leur croissance, mais à crédit, en faisant fonctionner la planche à billets). Est-ce à dire que la symbolique des ballons veut dire que les chinois doivent s'attendre à voir tout cet argent "éclater" ou s'envoler ?

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voici pour le contenu: je me souvient très bien d'un "Dessous des cartes" qui parlaient de la "délocalisation". L'information extrêmement intéressante qui y était révélée était que bien plus que la délocalisation, c'est la fusion/acquisition des entreprises qui fait perdre des emplois, par la suppression des services doublons.
A méditer quand on entend que les entreprises du CAC 40 ont un beau matelas (90M ?) qu'ils vont bientôt utiliser pour s'acheter entre elles.

Ainsi à mon avis le bouc émissaire chinois ne sert pas seulement à taper sur la politique commerciale avec les Chinois dans le but d'enclencher un protectionnisme américain, car ce serait suicidaire compte tenu des bons du trésor détenus par les Chinois, mais aussi cela a pour but de cacher d'autres vrais raisons du chômage américain dont la première : la spéculation financière (à la fois par les subprimes et par les fusions/acquisitions).

Bref, tous hypocrites, ces politiciens américains.
C'est marrant comme maintenant que les règles du libéralisme à tous crins ne profitent plus aux Etats-Unis (et au monde occidental en général) on essaie de les changer... Les USA vont redécouvrir les bienfaits de la triche maintenant que les règles ne leur profitent plus.
Merci pour ce zoom bien réussi ! Il y a aussi une grande partie de la campagne républicaine consacrée aux immigrés, menaçants bien sûr, clandestins et pas blancs de surcroît. Pourtant, ils ne sont plus que trois ! Les autres aiment la vie de famille et le barbecue...

Si vous en avez le temps (et les compétences linguistiques), pourriez-vous nous parler de l'Équateur et du Brésil s'il vous plait ? (je ne lis ni le portugais ni l'espagnol et c'est agaçant de ne connaître les nouvelles que de 2e, 3e, voire 4e main - les journalistes français en cour lisant les journaux américains sur la question...)

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