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La caissière, et le monde schumpeterien de Macron

20 pages d'interview de Macron dans Le Point, 200 pages d'ordonnances

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Que vous en veuillez à Sarkozy, on peut le comprendre. Mais le gars qui a créé son activité par ce biais, la plupart du temps, n'avait pas d'autre choix. Faut pas confondre.
Par ailleurs, vous croyez que c'est Sarkozy, avec ses petits bras musclés, qui a créé ce statut? Vous le surestimez, je le crains.
C'est [s]un ukase[/s] une suggestion de l'EU dont on voit les effets dans tous les pays.
Schumpeter, destruction créatrice.
Quittez votre boulot et devenez auto-entrepreneur!
Mais combien d'entreprises créées pour une qui réussi?
Combien d'entrepreneurs qui vivotent des années avec un quasi RSA?
Combien d'autoentrepreneurs qui servent de coussins aux grosses boites: on fait appel à eux en cas de croissance, on les vire- pardon- on supprime leur contrat en période de crise où ils vont bouffer dans la joie à la soupe populaire.
Macron, Jupiter dans les nuages s'en fout bien. Le cul posé sur son trône, en attendant de troquer celui de président pour celui de banquier, il ne sera jamais concerné par les conneries qu'il sort.
Schumpeter ou le capitalisme triomphant. Le président en chute se cherche des maîtres à penser. Inutile, on sait qu'il n'a rien compris à ce pays, le petit prétentieux. Il ne nous étonnera plus jamais. Malfaisant il est et restera. Pauvre de nous qui l'avons élu!
Je ne vois pas ce que vient faire la conclusion ici .....
Bonjour,

Vous avez bien dit schum-pitérien ???..... Pouah !!!.....
Par rapport à ça :
« On imagine le dialogue, aux prudhommes macronisés. Madame la caissière, vous n'aviez pas remarqué que nous entrons dans un monde schumpeterien ? Et même, de plus en plus schumpeterien, confinant au schumpeterissime ! Et vous avez le culot de demander des indemnités de licenciement ? »

Ne pas négliger le fait que quand on va devant les prud'hommes ce n'est pas pour demander une indemnité de licenciement, mais pour obtenir la réparation d'un préjudice (par exemple en effet le fait que l'indemnité légale de licenciement n'a pas été versée) et quand le patron doit verser en plus une indemnité prudhommale c'est qu'il est condamné, donc coupable, donc c'est un délinquant. Le conseil des prud'hommes est une juridiction.
SCHUMPETER or not SCHUMPETER, ÇA DOIT PÉTER C'EST SÛR!

Comme le dit G. ORWELL:
" Il est vain de vouloir être antifasciste tout en essayant de préserver le capitalisme.
Le fascisme après tout n'est qu'un développement du capitalisme, et la démocratie la plus libérale- comme on dit-,
est prête à tourner au fascisme à la première difficulté"
Mais il est littéralement inculte le bonhomme. ..Je l'ai déjà entendu étaler sa confiture sur France cul cul une fois sur "le fétichisme marchandisant du marxisme" et maintenant "le shumpeterisme destructeur de création". Fascinant, le teubé ! A chaque fois qu'il parle ou se montre c'en est malaisant...mais fascinant d'un point de vu oligarco-antrhopologique.
C'est drôle de vous lire, Daniel. Il et désormais tellement criant que vous êtes complètement à l'Ouest, totalement déconnecté des réalités, que dis-je, de la réalité du monde d'aujourd'hui. Autant dire que celui qui vient vous est étranger à jamais. Je voudrais faire partager au lecteur d’extrême extrême gauche vénézuélienne qui entrave ici la marche du progrès la manière dont en Suisse nous abordons et réglons ces questions, dans la bonne humeur démocratique en citant un bout d'article du quotidien 24 Heures :

"Les employés devraient pouvoir travailler jusqu'à 60 heures par semaine ou 15 heures par jour, moyennant une répartition annuelle flexible. Les associations des employés ont présenté lundi un compromis dans le débat sur la flexibilisation du temps de travail.

«Il s'agit d'une offre que nous faisons à la commission de l'économie du Conseil des Etats (qui traite le dossier), afin que la discussion s'ouvre», a expliqué Daniel Jositsch, président de la société des employés de commerce.

Travailler plus, sans contrôle

La commission prépare en effet un projet de loi pour mettre en oeuvre deux initiatives parlementaires. Déposée par Karin Keller-Sutter (PLR/SG), la première veut libérer de l'obligation de saisir leur temps de travail les salariés exerçant une fonction dirigeante ou de spécialiste.

Le deuxième texte, de Konrad Graber (PDC/LU), réclame pour ces catégories de personnel une flexibilité en matière de durée du travail hebdomadaire et de temps de repos. Certaines branches pourraient en outre être libérées, sous certaines conditions, de l'obligation de ne pas dépasser une durée de travail hebdomadaire.

Moins de repos

Enfin, la durée de repos pourrait être réduite une ou plusieurs fois à huit heures par semaine si la moyenne est de onze heures sur respectivement deux et quatre semaines.

Et ça continue ici : https://www.24heures.ch/suisse/flexibilisation-travail-franchit-etape/story/13206125 . A lire peut-être pour ceux qui ne sont pas déjà en route en Tesla vers leur résidence secondaire l'article en relation intitulé "En route vers la semaine de 70 heures de travail?" point d'interrogation. Il y a quand même des gauchisses qui se posent de curieuses questions.
Je ne sais pas pour la caissière, mais un employé de banque se verra plafonné ses indemnités à quelques dizaines de milliers d'euros, tandis que sa banque pourra lui réclamer des milliards de dommages et intérêts.

Elle est pas belle la vie ?
Comme j'ai souvent l'impression que Macron a une culture à base de fiches pour concours, que je ne suis pas sûr qu'il ait lu Schumpeter et se contente de l'habillage techno-économiste, extrait de "Capitalisme, socialisme et démocratie", 1942, faisant des analyses intéressantes sur la fin du capitalisme, la possibilité d'un socialisme ( partie 2 du bouquin ici, malgré que Actes Sud ait demandé au site de le retirer pour une question de droits, et, au cas où, j'ai retrouvé le bouquin reconstitué par ici (site d'enseignants libéraux ai-je l'impression)) :

"Pour résumer cette partie de notre thèse : si l'évolution capitaliste - le « progrès » - ou bien prend fin, ou bien devient complètement automatique, le support économique de la bourgeoisie industrielle sera finalement réduit à des salaires analogues à ceux qui rémunèrent la besogne administrative courante, exception faite pour les résidus de quasi-rentes et de bénéfices monopolistiques dont l'on peut s'attendre à ce qu'ils persisteront en décroissant pendant un certain temps. Comme l'initiative capitaliste, de par ses réussites mêmes, tend à automatiser les progrès, nous conclurons qu'elle tend à se rendre elle-même superflue - à éclater en morceaux sous la pression même de son propre succès. L'unité industrielle géante parfaitement bureaucratisée n'élimine pas seulement, en « expropriant » leurs possesseurs, les firmes de taille petite ou moyenne, mais, en fin de compte, elle élimine également l'entrepreneur et exproprie la bourgeoisie en tant que classe appelée à perdre, de par ce processus, non seulement son revenu, mais encore, ce qui est infiniment plus grave, sa raison d'être.
(...)
L'évolution capitaliste, en substituant un simple paquet d'actions aux murs et aux machines d'une usine, dévitalise la notion de propriété. Elle relâche l'emprise, naguère si forte, du propriétaire sur son bien, d'abord en affaiblissant son droit légal et en limitant sa possibilité effective d'en jouir comme il l'entend ; ensuite, parce que le possesseur d'un titre abstrait perd la volonté de combattre économiquement, politiquement, physiquement pour « son » usine, pour le contrôle direct de cette usine et, s'il le faut, de mourir sur son seuil. Or, cette évaporation de ce que nous pouvons appeler la substance matérielle de la propriété -sa réalité visible et palpable - affecte, non seulement l'attitude des possédants, mais encore celle des travailleurs et du public en général.
L'appropriation dématérialisée, défonctionnalisée et absentéiste ne provoque pas et n'impose pas, comme le faisait la propriété vécue de naguère, une allégeance morale. Finalement, il ne restera personne pour se soucier réellement de la défendre - personne à l'intérieur et personne à l'extérieur des enceintes des sociétés géantes."


Mise à mal des classes moyennes ("bourgeoisie"), financiarisation, dés-appropriation et plus personne pour s'intéresser vraiment à la marche d'une entreprise, la marche du "progrès" d'un capitalisme tournant en roue libre.
Schumpeter écrivait ça en 42, il avait vu l'échec de gouvernements "bourgeois" finissant en révolutions socialistes et fascistes. Il écrit ainsi "à défaut d'être protégée par quelque groupe non-bourgeois, la bourgeoisie est politiquement désarmée et incapable, non seulement de diriger la nation, mais même de défendre ses propres intérêts de classe : ce qui revient à dire qu'elle a besoin d'un maître".
Pour lui, la bourgeoisie peut gérer une commune (bourg-bourgeois...) mais quand il est question d'Etat, de nation, d'armée, elle n'a pas les ressorts symboliques, le prestige pour ça : classe pragmatique, anti-héroïque, apte tout au plus à la gestion communale, elle a besoin de rois, de saints, de soldats pour lui assurer un milieu vivable.

Et à y réfléchir, si l'Europe peut se référer à son historique monarchique, parler de "monarchie républicaine" pour la Ve République, on peut aussi voir comment les USA ont mis en place un substitut par l'armée, le drapeau, la Constitution, le poids qu'a chez eux ce patriotisme, le sentiment d'une mission, par-delà le business. Que seraient les USA réduits au business, sans son appareil militaro-industriel et ses guerres pour "libérer" le monde ?
D'ailleurs, internet :né d'ARPANET fait par la Darpa, Defense Advanced Research Projects Agency.

Autre passage sur la question des monopoles ou oligopoles : "Dans le cas général de l'oligopole, il n'existe en fait aucun équilibre déterminé et la possibilité apparaît d'une série indéfinie de marches et de contremarches, d'un état de guerre perpétuel entre les firmes concurrentes. Certes, il se trouve beaucoup de cas spéciaux pour lesquels un état d'équilibre existe théoriquement. Cependant, en second lieu, même dans de tels cas, non seulement l'équilibre est beaucoup plus difficile à atteindre que dans celui de la concurrence parfaite (et encore plus difficile à maintenir), mais de plus il y a beaucoup de chances, semble-t-il, pour que la concurrence « bienfaisante » du type classique fasse place à une concurrence destructrice, à une « guerre au couteau » ou, simplement, à des luttes pour prise de contrôle, menées sur le terrain financier.
Or, de telles manœuvres constituent autant de sources de gaspillage social, auxquelles s'en ajoutent bien d'autres telles que
les frais des campagnes de publicité, l'étouffement des nouvelles méthodes de production (achats de brevets pour ne pas les exploiter) et ainsi de suite. Enfin, et ce point est le plus important de tous : dans les conditions envisagées, l'équilibre, même s'il est finalement atteint en usant de procédés extrêmement onéreux, cesse de garantir soit le plein emploi, soit la production maximum au sens de la concurrence parfaite.

L'équilibre peut exister sans plein emploi; il doit, semble-t-il, s'établir à un niveau de production inférieur au maximum réalisable, car la stratégie visant à défendre le profit, inapplicable dans des conditions de concurrence parfaite, non seulement devient alors possible, mais encore s'impose d'elle-même.
"

La mythique concurrence libre et non faussée est pour lui imaginaire, l'économie produit des concentrations capitalistiques à tendance monopolistique, il a vu la crise de 29 et ne nous étonnons pas que l'informatique ait créée Microsoft, le web Google etc., tout ça dans une ambiance d'OPA hostile, de marketing dominant et de chômage.
Il semble que le petit Emmanuel à sa Brigitte ait lu les textes économiques comme d'autres ont lu le Coran, la Thora ou la Bible : pour y trouver une justification hindiiiscutâââbleu à leurs petites turpitudes.

Parce qu'Aloys Joseph a écrit tellement de pages que chacun peut y trouver ce qu'il lui semble adapté à son propos.

Il y a dans les milliers de pages des oeuvres de Schumpeter beaucoup plus de critiques (désespérées ?) de la financiarisation de l'économie que de justifications du massacre systématique des emplois au nom du sacro-saint profit.

Pour les avides des sources :Théorie de l'évolution économique (1911) et Capitalisme et Socialisme (1942).

disponibles ICI
Je propose d'aller repeindre l'élysée en rouge et noir, pour commencer l'oeuvre de "création destructrice"...


Ou alors partageons le travail : eux s'occupent de la destruction, nous nous occupons de la création. Alors, endant qu'ils cassent nos droits, nos libertés et notre environnement, occupons nous de créer notre propre monnaie, notre propre assemblée et notre propre justice, et qu'ils se détruisent eux mêmes !
jupiter
schumpeter
çavapéter
Bravo DS pour cette chronique qui met bien en évidence la mentalité de l' [s]Entrepreneur[/s] Empereur Macron Ier chez qui ceux qui [s]entreprennent[/s] réussissent sont tout et les autres sont rien.
Déjà lors de la campagne présidentielle, il me faisait peur (son regard surtout)... depuis il nous donne de bonnes raisons de craindre ce qui peut suivre, à savoir, une forme d'orgueil qui n'admettra aucune contestation, le réarmement massif de la police en bombes lacrymogènes faisant foi.
C'est pas la peine d'avoir fait tous ces efforts pour devenir président si on peut même pas schoumpeter tranquillement après.

PS: Le Spiegel, qui devrait en premier lieu informer et analyser, se confond en éloges pour les "réformes" de not' nouveau président. Is ont même repris "Sozialpartner" alors que c'est un terme qui n'est pas utilisé en Allemand. C'est dire s'ils sont chauds.
C'est toujours la même chose: détruire crée, certes, mais crée quoi? Transformer, oui, mais en quoi? Pour un crapaud transformé en prince charmant, combien de princes charmants transformés en crapaud? Sans compter tout le respect que je dois aux crapauds, quelle idée d'en faire des princes charmants, alors qu'il y a tant de limaces dans mon jardin?

Comme quoi, tout se transforme, même les contes de fées.
C'est de la manipulation, on appelle ca aussi de la langue de bois et c'est un véritable cas d'école:
le monde schumpeterien c'est très beau comme formule ça technicise à mort! comment vous voulez manifester contre ça: "non au monde schumpe....schump....et merde!"

C'est exactement la même chose que lorsque les socialistes avaient désindexés les salaires sur l'inflation, ils avaient appelés ça la désinflation compétitive, c'est inaudible et c'est fait pour ca.

Et enfin le délicieux "destruction créatrice" si c'est pas beau ca: péter le code c'est pas violent ni scandaleusement pourri, non c'est créateur!
à l'époque c'est Sarko qui avait dit "croissance négative" la croissance négative c'est pas de la récession messieurs dame, non non non la croissance négative c'est quand même de la croissance!

Ca a l'air con comme ca mais ce sont des mécanismes mentaux connus des linguistes, lorsqu'on met deux mots comme ca l'un après l'autre le cerveau à toujours tendance à retenir le second.

Prenons un autre exemple, les frappes chirurgicales. C'est pas beau ca? c'est pas des meurtres de masses, c'est chi-rur-gi-cal magique!
Tous le monde prends la chose pour un acte précis et sans violence alors qu'on parle de milliers de morts.

On est dans de l'enfumage catégorie professionnel, faut prendre ce gouvernement comme il est: une boite à insulte comme dirait besancenot.

Entre les gens qui ne sont rien, la start-up nation, la destruction créatrice, les costards et j'en passe on se fout de notre gueule à un niveau rarement atteint.
Le capital est lâché et avec Macron au pouvoir il se croit tout permis, espérons que la contestation soit au niveau.
Gabriela Manzoni est battue !
Schumpeter, Jupiter... De deux choses l'une. Ou bien notre président surévalue nos capacités intellectuelles, ou bien au contraire, il nous prend pour des crétins absolus. En tout cas, une chose qu'il sait mettre en valeur : les effets de verbe.
Je ne connais pas exactement la pensée de Schumpeter, mais je suis de plus en plus agacé par ces gens qui en déduisent que détruire des emplois va forcément en créer d'autres... ça s'est observé par la passé mais ça ne signifie pas que ça va continuer comme ça jusqu'à la fin des temps comme si c'était une loi naturelle (à rapprocher de la vision de la croissance économique comme horizon indépassable).

Sinon très bonne chronique, les vacances ont fait du bien ;)
Le moment le plus "schumpeterien" du XXe siècle aura été la Seconde Guerre Mondiale où la destruction de 60 millions de nos semblables, de leurs maisons et de leurs usines est à l'origine des "regrettées" Trente glorieuses.
Vive le prochain moment "schumpeterien" !
Et comme toujours c'est le propriétaire des moyens de productions qui est de plus en plus un financier et non un industriel qui détermine ce qui est dans la vague schumpeterienne ou celui qui est out .
Moi j'appelle ça loi du plus fort , lutte des classe , mais c'est trop simple ..... schumpeterien ça c'est "complexe" !
À la fin de la tribune de Jean-Marc Daniel, écrite en 2000, que vous proposez en lien hypertexte :

"Aujourd'hui, l'économie mondiale connaît de nouveau une forte croissance grâce au dynamisme de quelques jeunes gens férus de nouvelles technologies que les professeurs d'économie qualifient doctement d'" entrepreneurs schumpétériens ", redonnant toute leur actualité à ses premières intuitions."

Et là, il parle de la bulle Internet. Ahem. "Économie" et "certitudes" se marient bien mal.
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