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Commentaires

"Je n'enlève pas une ligne à mon article"

Eric Dussart est journaliste au quotidien régional La Voix du Nord. Le 4 février, il a rapporté les propos, controversés, de Didier Beauvais – conseiller à la Cour de Cassation – concernant des affaires de pédophilie dans le Pas-de-Calais. Son article a déclenché de nombreuses réactions de politiques locaux.

Derniers commentaires

J'ai rien compris
Ben moi, c'est surtout plus ces "soirées-bières", qui me dérangent un brin.
Mais bon quand il s'agit de gosses subissant des saloperies infligées par des adultes, je n'ai plus les idées trop claires non plus et rien qu'y penser me fait réaliser que si j'avais des super-pouvoirs, ces salauds se retrouveraient avec le don éphémère de voler très haut, très loin, et d'atterrir très fort.
Merci Justine pour ce nécessaire article. Un de plus à votre actif.
Ce que le journaliste ne précise pas, c'est qu'une autre magistrate, elle aussi présente à ce moment, a démenti avec beaucoup de véhémence l'interprétation qu'il a fait des propos en questions.

Les témoins ont du mal à se mettre d'accord sur ce qu'ils ont entendu, apparemment. Peut-être la version de bon sens (un magistrat n'a pas pu dire un truc aussi stupide dans de telles circonstances, donc le journaliste a entendu ce qu'il voulait) finira-t-elle par émerger de ce cloaque...
"Peut-être la version de bon sens (un magistrat n'a pas pu dire un truc aussi stupide dans de telles circonstances, donc le journaliste a entendu ce qu'il voulait) finira-t-elle par émerger de ce cloaque..."

Oui, c'est évident, un magistrat est forcément plein de bon sens, d'humanité et dépourvu de tout racisme, tandis que les journalistes sont tous des menteurs ou des sourds-dingues.
10 février 2009 - Communiqué
«Les journalistes de l'Association de la presse judiciaire qui ont assisté à la comparution de Fabrice Burgaud devant le Conseil supérieur de la magistrature, affirment avoir entendu, de la bouche de Didier Beauvais, et noté, exactement les mêmes mots que ceux qu'Eric Dussart a retranscrits dans "La voix du Nord".
Ils ont parfaitement saisi et le sens et le contexte dans lequel ils ont été tenus, contexte d'une manière générale propice au révisionnisme judiciaire. L'APJ exprime son plein soutien à Eric Dussart, journaliste scrupuleux et expérimenté, et dénonce le faux procès qui lui est intenté. »
ce sont ces gens là, "ces professionnels de la justice", qui nous jugent ?
"Lors d'une audience disciplinaire, et à la différence d'une audience pénale, on n'est pas obligé de prendre en note l'intégralité des propos tenus à l'audience."Dommage... On aurait évité des dizaines d'articles et de questionnements.
Il n'est jamais trop tard pour bien se conduire. Comme je le relevais dans un autre post sur un autre forum (il n'y a pas que Péan et le cosmopolitisme dans la vie, après tout), La Voix du Nord se rattrape, avec cette affaire Beauvais, de beaucoup d'années de laisser-faire où tout le monde et n'importe qui pouvait dire n'importe quoi sur le Nord-Pas de Calais sans que personne n'y trouve rien à redire. En 2004, par exemple, un journaliste du Nouvel Obs écrivait impunément : « Les six grandes affaires criminelles qui ont marqué le Nord-Pas-de-Calais depuis cent ans, et notamment celle d’Outreau, […] racontent à leur manière l’histoire de l’ordinaire et du quotidien de la région. » Jean-Michel Décugis dans Le Point frappait plus fort encore avec une sentence pas piquée des vers : « Faut-il trouver des explications sociologiques à cette horreur absolue ? On évoque le chômage endémique, la misère qui frappe le Nord-Pas-de-Calais, une des régions en tête au box-office de la mortalité infantile, de l’illettrisme, de l’alcoolisme. La cité du Renard est le quartier le plus pauvre d’Outreau. On y compte 40 % de familles monoparentales, 20 % de chômage. Le Nord-Pas-de-Calais est une des régions les plus affectées par les affaires d’inceste et de pédophilie ». Non seulement, La Voix du Nord n'a pas beaucoup réagi mais, à l'époque, elle a contribué, comme les autres, à ce que l'affaire s'emballe. « Pourquoi deux des plus sinistres faits divers de ces dix dernières années ont-ils eu pour cadre cette cité ouvrière de 15 000 habitants ? questionnait-elle dans son édition de Boulogne-sur-Mer [...] Il suffit de s'asseoir deux fois par semaine sur les bancs du tribunal correctionnel de Boulogne. Les affaires qui y sont évoquées et qui se déroulent dans un triangle formé par les arrondissements de Boulogne, Calais et Montreuil ont de quoi soulever le cœur des plus endurcis.» Face à toutes ces perles et pour expliquer la déclaration de Didier Beauvais, il faut écouter  Bernard Seitz, journaliste-reporter d'image à France 3 Nord-Pas de Calais, déclarant aux membres de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale constituée après Outreau : « Dans une telle cité, il ne peut se passer que des choses horribles. On est dans le cliché, dans la succession de clichés : Nord égale pauvreté, égale chômage, égale alcoolisme égale pédophilie égale coupables. »
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