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Indifférence à la mort de deux fillettes roms, sur une plage italienne ?

Que s'est-il exactement passé, sur une plage de la région napolitaine, le samedi 19 juillet ?

Derniers commentaires

« La police, des gens expulsés et une gare, ça ne rappelle rien ? »
L’expulsion des Roms qui habitaient sur le parking de la gare de Massy-Palaiseau était prévue pour le 16 septembre. La préfecture, pudique, a-t-elle voulu attendre la fin du premier sommet européen sur les Roms pour déclencher son opération ? Toujours est-il que l’expulsion a lieu le lendemain, le 17 septembre 2008.
L'indifférence n'a vraiment pas de frontières...
Mais où sont lémédias pour dénoncer les agissements illégaux d'élus du Var contre les Roms
Tziganes: un maire donne des leçons d'illégalité à ses pairs

Où sont tous ces donneurs de leçons, prompts à voir de l'antisémitisme là ou ça nous aurait échappé, ces vigiles de la société bien-pensante ? Ceux qui n'ont pas hésité à mettre tout un pays au pilori ?
Ces "intellos" gardiens de la morale et de la politesse pourfendant de leur glaive ceux qui n'ont pas le goût de leur plaire et leur font savoir.
Où sont-ils quand dans notre belle République qui part en lambeaux, des éus du peuple partent en croisade contre les "indésirables", n'appliquent pas la lois et stigmatisent toute une population ?
L'indifférence aurait-elle aussi son camp ?
Pourquoi cette vidéo n'a-t-elle pas eu le même écho ??
vidéo accablante dans un hôpital de Brooklyn
Et enfin, pour nous rafraichir la mémoire : http://www.acrimed.org/article1996.html.
Une autre info :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/341154.FR.php
Finalement, cette histoire me fait penser que nous sommes devenu une société à l'affût du "mauvais" comportement de nos voisins. Tout le monde veut être irréprochable, la seule chose qui me dérange là-dedans c'est que tout cela n'est qu'un mécanisme destiné à se mettre en avant dans une société indifférente à la MASSE.

J'ai évidemment un recul important puisque l'on sait aujourd'hui que toute cette histoire est un gros canular (l'indifférence des gens, pas la mort des deux gamines), mais on aurait pu le savoir en réfléchissant deux secondes, pensez-vous que les gens soient indifférents à la mort ? Aucun européen ne l'est.
"[...] bien des mesures" pas "toutes les mesures".
Je ne vois pas l'utilité d'ouvrir un forum sur ce sujet. On pérore sur des photographies ou des vidéos dont on peut faire dire tout et son contraire ; il n'y a pas de preuve par l'image, il n'y a pas de vérité de l'image. Les donneurs de leçon s'en tirent à bon compte et les politologues du dimanche nous expliquent ce que visiblement ils ne connaissent pas.

Ces images sont censées illustrer la montée xénophobe en Italie (contrairement à ce que dit un @sinaute, l'immigration est un problème électoral relativement récent en Italie - quand Le Pen faisait 15% les doigts dans le nez, la Ligue du Nord plafonnait à 2 ou 3% et l'Alleanza Nazionale défendait le droit de vote aux immigrés) : c'est très bien, mais ça ne montre, démontre, prouve rien du tout. Ça favorise même une certaine forme de condescendance chauvine. A quand un vrai sujet sur la politique berlusconienne plutôt que des critiques sur ses mauvaises manières ? On se rendrait compte que bien des mesures prises par Berlusconi - et qu'on critique avec véhémence ici (à juste titre) - sont déjà et depuis de longues années en vigueur en France.
Je viens de lire les commentaires et je dois dire que je suis consternée par certains d'entre eux !!!! Je vis en Italie et j'en ai assez de voir comment les journaux francais et autres se permettent de juger les italiens comme si ils étaient tous racistes, voleurs, stupides et pro-Berlusconi . Dans la tete de pas mal de gens Berlusconi est certainement aussi responsable de ce drame. Cela ne vole vraiment pas bien haut. J'ai vécu exactement la meme situation au Sénégal. J'étais avec mon frère et des amis sénégalais sur une plage à Dakar, on se prélassait et soudain un hurlement d'une jeune fille nous a tiré de notre somnolence. Le cadavre d'un homme venait d'etre rejeté sur la plage juste parmi les baigneurs. On a su après que l'homme faisait partit de l'équipage d'une barque de pecheurs qui avait chaviré la veille entre Dakar et Gorée. Nous n'avons pas fuit. Nous sommes restés à discuter sur la plage en attendant l'ambulance avec les autres personnes. On était triste, mal, mais si une photo de nous avait été prise à ce moment là, je doute que l'effet aurait été différent de ce que nous pouvons voir sur les photos de cette plage d'Italie. Non !!! je précise pour ceux qui en doutent encore, les italiens ne sont pas, dans leur très grandes majorité, des salauds qui ont rien à foutre de voir deux gamines mortes sur une plage ou ailleurs. Merci.
oh mon Dieu comment peux ton être indifférent à ce point....... deux enfants... je viens bien croire qu'il n'y avait plus rien à faire, mais de là à rester là à regarder en maillot de bain, il y a des limites. Je crois que j'aurais vomi de rage et de désespoir et je ne serais pas restée là.
Puisqu'on parle de fichage, j'en profite pour laisser le lien de la pétition Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE
Celui-là est bien français, quoique certains auront sans doute l'envie de l'étendre à l'Europe.
Le fichage est très à la mode ces derniers temps comme le fichage sauvage à Pau : le “programme de réussite éducative", une initiative lancée par différentes autorités locales : Préfet, Maire, Inspecteur d’académie et Président du Conseil général.
Mais parfois, si on s'y met à plusieurs, ça peut marcher : Ecole : le naufrage de la "base élèves"
Cet article me réfléchir surtout à l'importance des images : pris autrement (on le voit bien), la photo voulait dire tout à fait autre chose.

Et que font les médias ? ils interprètent des faits à partir d'une photo, sans chercher plus loin ?
est-ce ça le boulot d'un journaliste ?
Comment tous les gens qui sont restés sur la plage auraient-ils pu savoir que les victimes étaient Roms ? Tous ne les ont sans doute pas vues de près vendre leurs colifichets ou mendier (on ne sait, au juste) .
Thuar souligne très justement le rôle de la Croix-Rouge auprès des Roms à Rome, après Naples et Milan.

Pour ceux intéressés, voici un lien vers le site ouebe du Monde qui annonçait la couleur le 16 juillet : http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/07/15/la-croix-rouge-est-chargee-du-fichage-des-roms-dans-la-capitale-italienne_1073503_3214.html
Depuis ce soir, il y a aussi un court reportage
ça me donne la nausée.
Quel respect pour les morts!

Pauvres petites RIP
Comme tous, j'ai d'abords été choquée par ces photos, et les vidéos n'atténuent que légèrement cette impression, même si l'on voit mieux que les gens restent à distance "raisonnable" des corps. Je serais bien incapable de dire comment j'aurais réagi en telle situation, mais je peux comprendre que faire face à la mort passe par une phase d'incomprehension doublée d'immobilisme.

J'ai passé l'an dernier trois mois de stage en Italie et le racisme des Italiens m'a frappée: une co-stagiaire de Naples était presque choquée losrque je lui ai dit qu'il y a des Français de toutes les couleurs de peau par exemple. Pour elle, seuls les blancs peuvent être de "vrais" français... Et elle se considérait "modérée politiquement" ! De manière générale, j'ai eu l'impression que les Italiens aiment leur Italie et se sentent très concernés par ce qui les touchent "directement", avec leur famille et leurs possessions en premier plan. Ceux que j'ai pu rencontrer connaissaient peu l'étranger et étaient plutôt négatifs à ce sujet. Un exemple flagrant est la nourriture: pour beaucoup il n'y que en Italie que l'on mange bien. Encore une fois, je veux pas dire que tous les Italiens pensent comme ça, mais ça donne une idée des mentalités là-bas.

J'ai encore juste une petite question, même si c'est un détail: dans la deuxième vidéo, la journaliste rapporte que les jeunes filles ont 14 et 16 ans. Qui a fait une erreur ?
La question est de savoir si l'indifférence marquée par les touristes est accentuée parce que les 2 petites sont Roms . Sans doute que non.

Bien sûr moi aussi j'aurais pris mes mômes sous le bras et je serais parti ( ... manger une glace ? ), c'est à dire que j'aurai détourné le regard.
Ce que je ne vois pas n'existe pas, c'est pratique.

Allez lire le message Francès Perance plus haut, l'indifférence aux malheurs des autres nous guette tous.
Après avoir regardé les photos et les deux vidéos, je dois avouer que je ne suis pas non plus convaincue de "l'indifference" des vacanciers. Je vois des gens assis, debouts, qui dans l'ensemble bougent peu et semblent plus sous le choc qu'autre chose.

Une scène d'indifférence pour moi aurait été une scène de plage normale, c'est a dire des baigneurs sur la rive, des jeunes faisant du beach voley, un couple se passant de la crème solaire que sais je...là je ne vois rien de tout cela. Je ne vois que des personnes immobiles -en maillot de bain, et alors?- contemplant deux petits corps cachés sous des serviettes de plage. On peut appeller cela du voyeurisme -ou pas-, mais pas de l'indifférence.

Ce qui choque certains est peut être le calme apparent de la scène, mais il faut quand même remarquer que les enfants sont à ce moment déjà recouvertes. Il a du se passer un certain temps entre leur mort et la prise des photos, sans doute pas une heure, mais assez de minutes pour que personne ne soit à ce moment là en train de courir ou hurler.

Après il y a la réaction face à la mort....un intervenant dit qu'il serait parti avec ses enfants, j'aurais fait de même si j'en avait, pour les préserver d'images trop dures. Mais dans le cas contraire, je serais restée, et je rejoins cette intervenante qui parle du besoin de "veiller" un mort. Pour avoir déjà assisté à ce type de tragédie sur les bords de Seine, je peux dire qu'il est parfois difficile "d'abandonner" le corps de celui qui vient de mourir, même si on ne le connaissait pas. On peut avoir envie de rester, pas pour le regarder, mais par respect pour lui. Parce que quand on assiste aux derniers moments d'un être, on a pas forcemment envie de remballer ses affaires genre "bon allez c'est fini, on se casse" (je n'accuse pas l'intervenant d'avoir ce type d'idées, c'est juste que si JE l'avais fait, je l'aurais ressenti comme ça).
Vous allez dire que je suis de parti pris, parce que j'adore l'Italie et les Italiens. D'ailleurs, j'ai fait le coucou dans une famille milanaise où je suis la deuxième fille de la maison.
Donc je prétends bien connaître, même si mon Italien est approximatif, car les gens que j'y fréquente sont très bons en langues étrangères, et le Français est très parlé. Et je sais fort bien m'exprimer par gestes, condition indispensable pour converser en Italie.
Je déplore hautement la réélection de Berlu, mais rien en comparaison des Italiens que je connais pour qui ça a été une catastrophe pure et simple. Le langage italien est constamment émaillé de signes de contentement genre "Bello" beau, Bellissimo (très beau) et autres fioritures. Tout est toujours très optimiste, et contrairement aux Français, ils ont très bon esprit. Je me demande d'ailleurs si quelquefois cette mentalité ne les dessert pas dans leurs choix politiques. Le terme de catastrophe (pour nous, Français, c'est toujours la cata) n'appartient pas à leur vocabulaire d'habitude, mais il a été clairement employé par mes amis ce soir-là. Mais quand vous constatez comment l'élection de Sarko nous a tous mis sur le c.l, vous imaginez ce que la réelection de Berlu a pu leur faire.

La dernière fois que je me suis rendue à Milan, aux congés de la Toussaint 2007, l'assassinat de cette femme par deux Roms datait de ma nuit dans le train, et je me suis rendue compte de l'ébullition que cela provoquait. Et notamment chez les gens de gôche qui étaient furieux parce les journaux et la télé se déchainaient contre les roms, alors que c'était une troisième rom qui avait alerté la police, ce qui avait presque permis de sauver la victime. Malheureusement, la victime était morte pendant son transport à l'hôpital, l'Italie n'ayant pas de système de SAMU qui soigne les victimes dans l'ambulance. Mais évidemment, le problème n'était pas les soins en Italie sur lesquels il y aurait beaucoup à redire, ni les médias, mais les Roms.
Il faut savoir aussi que l'immigration en Italie ne date que du début des années 90. Jusqu'à cette période, c'était l'Italie du Sud qui fournissait des bataillons de main-d'oeuvre serviles et sous-payée à la riche Italie du Nord. Quand les frontières des pays d'immigration en Europe se sont refermées, les extra-Européens ont eu la ressource de venir en Italie qui n'avait pas légiféré et ne s'était pas posé de question parce que les étrangers n'y étaient pas très visibles.

Quand les Italiens, en pleine crise économique, se sont aperçus qu'ils avaient des étrangers en grand nombre, des Roms principalement, qui avaient fui la Roumanie (pas de problème énorme entre deux langues latines qui se ressemblent beaucoup. Roumain vient de Romain) après la chute de Ceaucescu, cela a réveillé chez eux comme partout en Europe (Le Pen, 20%, Sarko et Hortefeux, 53%) des réflexes xénophobes.
Tout cela pour expliquer le contexte politique.

D'ailleurs, je pense que cette projection de l'indifférence vis-à-vis du sort des Roms qui sont l'équivalent de nos sans-papiers, joue à plein dans la présentation de ces images par les médias, on projette le problème politique dans une symbolisation traumatisante : la mort de ces enfants. Fantasmatiquement, la "disparition" de l'avenir (les enfants) des Roms en Italie. Cela permet de s'en indigner de façon détournée, et in fine, d'accepter une action politique qu'a dénié la morale jusqu'ici.

Et il y a un autre contexte. Culturel.
Pour l'Italie en général : les Italiens sont gagas des enfants : ils n'en ont plus beaucoup, leur fécondité est presque aussi faible que celle de l'Allemagne, alors ça n'a fait qu'exagérer les choses.

Et pour Naples en particulier : Partout ailleurs en Italie, dans des lieux religieux, vous pouvez tomber sur des squelettes, des saints désséchés dans des cercueils de verre, des saintes momifiées assises sur des trônes baroques, ou au musée égyptien de Turin, sur des momies débandées oubliées dans un coin (je crois que le musée a été refait à neuf depuis ma visite). Les Italiens ont un rapport à la mort très différent du nôtre. Le cimetière de Milan (pas le beau Monumentale avec les jolies statues, l'autre, celui qui permet d'inhumer les morts d'une population de 2 000 000 d'habitants) est hallucinant. Les gigantesques murailles qui font un carré de plusieurs km sont en fait l'endroit dont on tapisse les niches fermées des urnes, sur trois ou quatre niveaux.
Et Naples est très connue pour être le summum de ces démonstrations de morts. Regardez sur un guide touristique, vous n'en reviendrez pas. Le fait d'être au pied d'un volcan (le Vésuve) qui peut vomir la mort à n'importe quel moment a littéralement sculpté leur perception de la mort.

Je ne justifie rien, j'explique. Même si je le répète, j'ai un parti pris émotionnel.

Alors ces images.

Pour moi, elles ne veulent pas dire grand-chose. C'est, et je vais reprendre mes vieilles antiennes, désolée, c'est le problème du récepteur qui regarde les images.
Et là, le phénomène culturel joue à plein dans le rapport à la mort.

Un @sinaute, David F, fait remarquer que lui aurait pris ses enfants sous le bras et serait parti.
Moi aussi ! J'aurais fait cela si j'avais été avec des enfants. Mais un Mexicain ne l'aurait pas fait.

Mais si j'avais été seule, je serais restée. Immobile, sans doute, si je le pouvais. Et même en maillot de bain (on ne s'habille pas devant les morts, ça ne se fait pas), peu importe. Parce que dans ma culture, on veille les morts. Si d'autres veillent, des plus proches que moi du défunt, je ne le fais pas. Mais ces petits corps étaient seuls. Visiblement, on n'avait pu contacter la famille et elle ne pouvait les accompagner là. Et les vivants, quels qu'ils soient, veillent les morts si personne d'autre n'est là pour les veiller. Le froid c'est dans la tombe. En attendant ce moment, les morts ont la chaleur des vivants à côté d'eux. On se recueille. On prie si on croit, ce qui n'est pas mon cas. Sans ostentation. C'est cela, pour moi, le B A BA de la civilisation. Mais peut-être n'est-ce que ma culture.

Si les autres occupants de la plage sont loin, c'est parce que les autorités les ont éloignées.

En plus, Naples étant une région extrêmement touristique (Pompéi), ce n'est pas sûr qu'il s'agissait tous d'Italiens. Je pense que si, mais nous ne pouvons pas le savoir.

Alors, après, les motivations réelles de ces gens qui restent, curiosité malsaine, indifférence, recueillement, rentabilisation de l'entrée en plage privée, exorbitante en Italie, besoin de rester pour se rassurer et se calmer après avoir vécu des évènements collectifs traumatisants, autre chose, je n'en sais rien, je ne suis pas dans leur tête. Mais je ne vois pas au nom de quoi je jugerais sans savoir.
Pour info
La Croix-Rouge recense des nomades à Rome
Je n'ai pas trouvé d'explication de la part de la croix rouge italienne
A suivre
J'avais lu hier ce papier et n'avait pas voulu laisser de commentaire tant il me semblait difficile de me faire
une opinion (comme le montrent les différents commentaires postés depuis).

En effet lisant l'info en diagonal hier (sur Libé.fr je crois) j'ai cru dans un premier temps que les gens présent sur cette plage
étaient rester tellement indifférent qu'ils avaient laisser les fillettes se noyer, pour m'apercevoir ensuite que non.
Puisque deux baigneurs s'étaient portés a leur secours (en sauvant 2 sur 4) pendant que d'autres avaient appelé les pompiers.

Mais bref ce n'est pas pour cela que j'écris aujourd'hui. Je suis très étonné que personne n'ai relevé dans cet article une info,
(dont j'aimerais avoir confirmation, et qui me choque particulièrement.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi, (...) a entrepris le même mois un fichage systématique des Roms, enfants compris, à Naples et à Milan. Dans la capitale, le recensement a commencé il y a quelques jours, avec la participation de la Croix Rouge.

Ainsi la croix rouge (italienne ou internationale ?) délaissant sa mission de secours et d'assistance aux populations fragilisées, se ferait auxiliaire de police ? Et ce dans l'indifférence généralisé même ici ?
Merci Francès Perance,

Vous avez exprimée exactement mes pensées.
J'ai vu récemment un documentaire de 1991 très intéressant et portant sur la censure, l'autocensure et la lecture des images relayées par les médias
Vérité sur les mensonges 1 - Vérité sur les mensonges 2 - Vérité sur les mensonges 3
Un des intervenants s'exprime sur la lecture d'image en ces termes :
"... la hiérarchie que l'image institue, c'est une hiérarchie de présence et de force... c'est les images fortes qu'on retient, même si les images fortes n'ont pas un sens d'exploitation global. L'image aboutit à un déplacement de l'analyse globale parce c'est le tragique de l'image qui hiérarchise nos impressions et qui nous donne une construction de l'histoire qui devient quelquefois totalement imprévisible, d'où la nécessité du décryptage de l'image..."
Dans ce drame, les images reprises par la presse ou diffusées sur vidéo sont extrêmement fortes et le premier sentiment est bien, dans le contexte de la présidence de Berlusconi, d’interpréter comme le fait The Independent : The picture that shames Italy
Mais pour autant, méfions-nous des raccourcis rapides qui reflètent l’impression première
Posons-nous simplement cette question : si cela c’était passé dans notre « beau pays », aurions-nous eu des photos différentes ?
Car si on peut dénoncer « la montée de la xénophobie des Italiens envers la communauté des Roms. » (j’aurai préféré « en Italie » ce qui permet de ne pas mettre tous les italiens dans le même sac), que dire de ce qui se passe ici :

1/ on enferme des enfants
Arselio, 5 ans, le jour de son anniversaire : Maman, tu pleures parce qu'on ne va pas nous libérer ? Blog libération – Sans papiers
Le 16 juillet, c’est la première fois que des enfants, des petits enfants (5 et 7 ans), sont internés dans ce centre (CRA de Hendaye).
Les cages de la République Blog libération – Sans papiers
Grille. C’est malheureusement le mot. De tous les dessins de Beslan (4 ans) accumulés pendant les 27 jours de rétention de la petite famille, il en est un qui bouleverse et révulse. Deux adultes et deux enfants dans une cage.

2/ on expulse des jeunes lycéens majeurs
expulsion réussie d'Ulrich - RESF
Sans doute un motif de grande fierté du ministre de la chasse à l'enfant : expulsion réussie d'Ulrich , 19 ans, élève du lycée professionnel Jacques de Flesselles à Lyon. BEP électrotechnique, entraîneur de foot bénévole pour des enfants dans 2 clubs. Renvoyé à Brazzaville où il n'a aucune famille et ne connait personne. Un beau succès pour le ministre. Encore bravo !

3/ on exerce une pression sur les couples mixtes
Couples binationaux. Les paparazzi d’Hortefeux flairent les petites culottes Charlie Hebdo
Les amoureux sans frontières face aux lois sur l'immigration Rue 89

4/ on exploite les travailleurs sans papiers
Sans-papiers : la révolte des serfs contre leur châtelain Rue 89
Depuis le 20 mai, quarante-six travailleurs sans papiers employés de BMS, une déchetterie des Hauts-de-Seine, réclament leur régularisation. Ils ont deux, cinq ou dix ans d’ancienneté dans cette entreprise de démolition nichée derrière les tours de la Défense.

5/ les sans papiers vivent dans la terreur des contrôles policiers et certains y ont laissé la vie

6/ et que dire du droit d’asile ?? des quotas d’expulsion ?? de la façon dont sont perçus les rom en France, etc…

Les lois hortefeux sont une honte pour la France et pour l’Europe toute entière de même que l’immigration choisie

Alors pour moi, ces photos ont le mérite de mettre le projecteur sur l’indifférence qui grandit non seulement en Italie mais en Europe tout entière et je ne me dédouanerai pas en me défoulant sur ces « salauds d’italiens »
Serait-ce différent, l'indifférence, sur un trottoir de Manille, de Paris ou d'Alger?
Je choisis la prudence à l'indignation mise en scène et rejoint les commentaires de sleepless et Hurluberlu.

Au premier abord, je suis choqué, emporté par mon extrême sensibilité, comme beaucoup. Après, je réfléchis, et je me dis que, décidément, pour émouvoir les foules, certains sont prêt à toutes les bassesses et exploitation mercantiles pour:
-détourner l'attention des gens.
-créer un choc psychologique.

Dans les deux cas, les arrière-pensées restent cachées.

Cela ne me choque pas plus que les bimbos-journalistes télés qui vous annoncent les horreurs du jour avec un presque sourire de contentement (tiens, tu vois comme je vais faire jaser dans les chaumières) puis passer à l'interview Ô combien importante de Carlita, ou les téléspectateurs qui les regardent et les écoutent en se pourléchant les babines de contentement (à cause du bifteak cuit et non de la viande froide).

Et en même temps, vous priez devant votre écran avant chaque journal? Pour se donner bonne conscience certainement.
Ou alors, vous pouvez éteindre votre télé et arrêter d'abreuver la bête. C'est ce que je fais. Je ne donne ni mes yeux ni ma voix à ces marchands de mort complices que sont les médias.

Bref, je me dis qu'il y aurait bien des choses à changer, et je ne sais pas toujours par où commencer... Commençons par être cohérent avec nous-même avant d'éxiger la perfection de l'autre.
Une pesante absence d'humanité de la part des vacanciers sur cette plage.

Comme est pesante l'absence d'humanité d'une partie de nos congénères.

E la nave va ! Va male ma va lo stesso !
À vrai dire, je ne suis pas complètement convaincu de l'indifférence ambiante. Ce n'est pas comme si personne n'avait tenté de sauver les fillettes, ou comme si les secours n'avaient pas été appelés. Je n'ai pas vu une seule personne en train de sourire. Et si, en prenant les mêmes images, on remplaçait "la foule indifférente" par "une foule consternée", on en aurait une lecture bien différente.

Je lis dans l'article :
"En dézoomant, on réalise la présence de deux pompiers, debout, que masquait le cadrage serré de la photo. Ainsi la passivité apparente des touristes semble-t-elle moins monstrueuse, les secours étant présents sur place."
Mais je ne comprends vraiment pas là ! En présence des secours, à moins que ces derniers demandent explicitement une aide quelconque, le mieux à faire est précisément de ne rien faire. Et donc je ne vois pas en quoi le qualificatif de "monstrueux" a sa place ici (même en précisant "moins" monstrueux).

Et du coup, on esquive le vrai problème des mesures xénophobes prises par le gouvernement italien vers cette histoire qui, selon moi, n'apporte absolument rien.
Je pense hélas que cette scène aurait pu être observée partout dans le monde...

Le contexte est particulier puisque faisant suite à des lois clairement racistes, mais les images font penser à ces américains biens nourris devisant gentiment une bière à la main ou se faisant bronzer, alors qu'on sortait encore de l'eau les corps des victimes du tsunami...

L'indifférence et la connerie humaine semblent bien n'avoir ni limites, ni frontières.
L'été est très meurtrier, le peril est partout, même à la plage.
On n'est jamais à l'abri d'un "accident".....
Qu'est ce qu'on aurais pu bien faire pour eux?
Le bouche à bouche ou le massage cardiaque? Ou les deux?
Spontanément, je pense à l'essai de Montaigne Que philosopher c'est apprendre à mourir :
"Et comme les Egyptiens apres leurs festins, faisoient presenter aux assistans une grande image de la mort, par un qui leur crioit : Boy, et t'esjouy, car mort tu seras tel : Aussi ay-je pris en coustume, d'avoir non seulement en l'imagination, mais continuellement la mort en la bouche. Et n'est rien dequoy je m'informe si volontiers, que de la mort des hommes : quelle parole, quel visage, quelle contenance ils y ont eu : ny endroit des histoires, que je remarque si attentifvement.

Il y paroist, à la farcissure de mes exemples : et que j'ay en particuliere affection cette matiere. Si j'estoy faiseur de livres, je feroy un registre commenté des morts diverses, qui apprendroit les hommes à mourir, leur apprendroit à vivre."

Le texte intégral

Et dans un petit coin de ma tête, il me reste une phrase que me confia avec douceur
un ami pendant un deuil : "il faut vivre avec les vivants".

Alors sincèrement, combien sommes-nous à passer à côté de personnes vivants parterre
sans même leur jeter un regard ? Vivants parterre.
il n'y a personne pour leur dire qu'il ne faut pas se baigner juste après avoir mangé

La fin tragique de ces pauvres petites filles ne devraient pas excuser le fait de diffuser des conneries: c'est une légende urbaine, on peut se baigner juste après avoir bouffé.

Plus généralement, et je dis ça sans avoir le moindre détail sur ce qui s'est passé, il faut garder à l'esprit une autre vérité qui va à l'encontre de l'intuition, mais on sait depuis quelques décennies déjà que plus il y a de personnes présentes, moins il y a de chance que quiconque intervienne si un inconnu est en détresse. Rien à voir avec du racisme, rien avoir avec la peur ou le je-m'en-foutisme; une simple dynamique de groupe qui fait que plus il y a de monde, plus chacun va faire comme tout le monde, et donc, dans ce cas, rien.

Mais à chaque fois qu'un incident se produit, les éditorialistes se déchainent, et on a droit à toujours la même litanie de clichés aussi éculés que réfutés.

Pour plus d'informations, lire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_du_t%C3%A9moin
C'est a force de trop regarder les experts il ont cru que les flics ricains allaient arrivés !
C'est scandaleux.
Mon sentiment vis-à-vis de ces touristes qui se bronze les nichons et le cul devant des cadavres est le dégout, la tristesse et il faut quand même que cela soit l'espérance...

SEMIR
La mort est-elle compatible avec l'dée de vacance? Finalement on a l'air très con en maillot de bain face a elle.
Mais derrièere mon écran loin de la mer ça me donne envie de plier les gaules et de partir loin..de ses images et de la peur de l'indifférence!...
Le monde de Berlusconi et de Sarkozy est décidément profondément ignoble...

Celui de Berlusconi c'est celui qui vient du fascisme Mussolinien, celui de Sarkozy du Vichysme de Petain,

De très brillantes références !

La population qui a élu ces braves gens est à leur image : totalement répugnante !

Bonne vacances les salauds !

***
Quelques remarques d'un ancien italianiste de bon niveau:

-Le reportage de la chaîne la 7 (une des rares chaînes privées qui ne soit pas aux mains de Berlusconi) dit que les jeunes filles étaient "venues à la plage pour demander l'aumône", et non pour "vendre des objets de pacotille" comme le déclare Libération (la nuance est cependant subtile, je vous l'accorde). Mais cet article (antérieur de trois jours à celui auquel renvoie Libé)de la Repubblica évoque "des petites tortues et des bracelets" qu'elles comptaient vendre. L'article se termine par ces détails glaçants: "le campement des nomades est derrière la prison de Secondigliano, et c'est là qu'a commencé le recensement du ministère de l'Intérieur nécessaire au fichage des mineures en Italie. Les empreintes digitales des deux noyées , pourtant, n'y sont pas: elles étaient trop petites pour entrer dans la base de données".

-la vidéo précédente, tirée de l'agence video comunicazioni dit que les corps des deux jeunes filles sont restés sur la plage, recouverts, plus de trois heures

- si j'en crois cette page, l'agence video comunicazioni est napolitaine, ce qui explique leur réactivité sur cette affaire, qui s'est produite dans la région napolitaine. De fait l'entièreté de leurs articles est relative à la région de Naples (la Campanie)— bon, je n'ai pas lu tous leurs articles, disons qu'une grande majorité de leurs articles concernent Naples et sa région. Ah non, cette page adressée aux publicitaires indique que le site est centré sur Naples et sa région...

-La page du site de la Repubblica que mentionne Libé est en fait tirée de la partie réservée à Naples (napoli.repubblica.it), comme celle que j'ai mentionné. Tous les grands journaux italiens ont quelques pages réservées aux grandes villes où chaque jour ils sont distribués: ainsi le napolitain peut-il lire sur quelques pages spécifiques des nouvelles de sa ville comme, le même jour et dans les mêmes pages, le milanais lira non pas les nouvelles de Naples (dont il se tamponne le coquillard), mais celles de Milan. Et de même pour le romain, le vénitien, le florentin, le turinois, etc. Il y a dans chaque grand quotidien national un espace local. Donc dire comme le fait l'Independent que ces images choquent l'Italie est exagéré: tout au plus choquent-elles les lecteurs napolitains de la Repubblica.

-Ça n'a peut-être rien à voir, mais La Stampa est un journal turinois appartenant à la famille Agnelli, principalement propriétaire du groupe Fiat. Quand on connaît la forte opposition culturelle entre le Nord et le Sud de l'Italie, cette information ne me paraît pas entièrement anodine.





PS: une faute: c'est the independent et non l'erreur orthographique, certes compréhensible, qui vous a échappé
Au risque de choquer, qu'auraient dû faire les baigneurs sur la plage?
Partir? On aurait alors critiqué leur indifférence autant que d'être resté.
Entourer les corps? Ça aurait été pire à mon avis, pour le coup, ça aurait été du voyeurisme... (Qui peut vraiment se targuer de n'avoir jamais cèdé à la curiosité maladive lorsqu'on passe près d'un accident de la route... Que celui qui n'a jamais fait ça, me jette la première pierre!)
S'habiller en noir et commencer à prier? Vous avez souvent de tels habits sur la plage?
Alors quoi?...
Qu'importe comment aurait pu agir la foule, de toute façon, ça aurait été critiqué et ça n'allait pas ramener à la vie ces jeunes filles...
Pour moi, prévenir les secours et laisser faire les pompiers est la seule chose à faire...
Et vous, qu'auriez-vous fait en pareille circonstance???
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