Incendies dans le Sud-Ouest vus par les JT : une guerre contre le feu
La saison des grands feux commence, et près de 13 500 feux ou départs de feux ont déjà été recensés depuis le début de l’été. Sur les journaux télévisés, les pompier·es sont déguisés en soldats : un registre militaire aux accents sécuritaires qui propose un récit dépolitisé, privé de considération climatique. En un week-end et 221 minutes consacrées aux incendies, France 2 et TF1 n’abordent, chacun, qu’une seule fois le dérèglement climatique.
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"Belle illustration" ( expression comme "rire jaune") de ce que l'exploitation humaine peut provoquer : en 100~150 ans, on est passé d'une immense zone humide à une plantation de pins bien alignés, drainage de terrain, etc d'abord pour assainir, expl(...)
Il y a un point également de vocabulaire à noter :
on parle de la forêt des Landes qui brûle, mais ce n'est pas une forêt, c'est une zone cultivée, une monoculture de pin.
Avec tout les problèmes liés aux monocultures : assechement des sols, accumulati(...)
Je l'ai déjà écrit sous un autre article, mais je trouve que ces incendies sont une allégorie de la macronie finissante, la France en cendre...
Derniers commentaires
Oui vous avez tous.tes raisons. le problème c'est l'absence d'aménagement du territoire surtout après les incendies de 2022. Nous entrons dans une bascule civilisationnelle pour reprendre l'expression de Dominique Bourg. Et la réaction devrait être à la hauteur et donc changer de paradigme et notamment sortir de ce capitalisme néolibéral mortifère.
ces champs de pins à perte de vue sont devenus une aberration, ce sont des bombes à retardement! le pin est à la France ce que l'eucalyptus est au Portugal. une étude récente montre bien les contradictions engendrées par cette essence :
"L’eucalyptus, l’essence rentable et incendiaire du Portugal de Arhur Guerin-Turcq publiée récemment par Geoconfluences, cet article se termine ainsi : Les incendies récurrents dans les forêts d’eucalyptus portugaises illustrent une « urgence chronique », au sens d’Andreas Malm (2018) : une crise qui n’est pas exceptionnelle mais structurelle, inscrite dans la logique même d’un système économique productiviste. Héritage du reboisement autoritaire de l’Estado Novo et pilier d’une filière papetière mondialisée, l’eucalyptus est devenu à la fois moteur de prospérité et vecteur de catastrophe.
Comme dans le capitalisme fossile, cette dépendance ne résulte pas d’une nécessité naturelle mais de choix politiques et industriels visant l’accumulation du capital. Le feu qui consume les collines portugaises n’est donc pas un désastre seulement « naturel » : il est le symptôme d’un capitalocène où la mise en marché de la nature fabrique ses propres désastres.
Chaque mégafeu au Portugal réactive ainsi le même dilemme : protéger une ressource qui assure des emplois et des exportations, ou rompre avec un modèle productif qui transforme le territoire en poudrière. L’eucalyptus devient alors un révélateur : celui d’un régime socioécologique où le développement et la destruction avancent de concert."
Arthur Guérin-Turcq, « L’eucalyptus, l’essence rentable et incendiaire du Portugal », Géoconfluences , juin 2026.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiersthematiques/
changement-global/articles-scientifiques/eucalyptus-l-essence-rentable-etincendiaire-
du-portugal
On pourrait dire la même chose pour le pin des Landes. Là encore, et Olivier Hamant pourrait en parler beaucoup mieux, on a privilégié la rentabilité et la performance au détriment de la robustesse : une petite étincelle et toute la région brûle !
Question à brule pourpoint : peut-on encore s'étonner du traitement misérable, insignifiant, lamentable, apolitique de l'information des chaines telles que TF1 et France 2 ?
Elles ne vous donneront même pas l'heure exacte pourvu que l'Ordre Publique soit en rien dérangé.
"Faute de rails, le train s'est arrêté, on tire les rideaux aux fenêtres et on fait comme si de rien n'était"
Rage Against The Machine "Bombtrack"
Voté pour que l'article soit mis à disposition
Je l'ai déjà écrit sous un autre article, mais je trouve que ces incendies sont une allégorie de la macronie finissante, la France en cendre...
Il y a un point également de vocabulaire à noter :
on parle de la forêt des Landes qui brûle, mais ce n'est pas une forêt, c'est une zone cultivée, une monoculture de pin.
Avec tout les problèmes liés aux monocultures : assechement des sols, accumulation dans le sol de déchets de ladite culture, ici grande quantité d'épine de pin, de pomme de pin et de petit bois sec le tout s'avérant particulièrement combustible.
On verra si, après l'incendie, on replante une diversité de feuillus ou si on replante des alignements de pin. on parie combien qu'aucune leçon ne sera tirée et qu'on continu la monoculture ?
"Belle illustration" ( expression comme "rire jaune") de ce que l'exploitation humaine peut provoquer : en 100~150 ans, on est passé d'une immense zone humide à une plantation de pins bien alignés, drainage de terrain, etc d'abord pour assainir, exploiter la térébenthine des arbres (remplacée depuis par les dérivés du pétrole), puis la cellulose pour le papier... en même temps la construction de résidences de plus en plus imbriquées dans la plantation des pins... J'en passe, je ne suis pas spécialiste. C'est vrai qu'il y a 100 ans on ne pensait pas au dérèglement climatique , cette transformation du territoire semblait tellement bon pour la population locale... enfin, pour les possédants qui se sont garni les poches au présent et n'ont rien pensé pour le futur.
Aujourd'hui, c'est la faute au mieux à pas de chance, au pire à celui qui a commis une étincelle, pas défriché chez lui etc : au comportement des individus.
On économise sur la protection civile, la santé, l'éducation, la justice (à part pour le répressif)..
J'enrage. On continue de nous parler de PIB, profits financiers. Rien pour un projet de société durable.