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Hadopi, nouvelle saison

On en découvre tous les jours, sur le futur projet de loi sur "l'égalité hommes femmes", dont devrait débattre le Sénat la semaine prochaine.

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Ah ben voilà, c'est tellement simple ! Les Députés qui n'y connaissent rien, c'est bien connu, veulent mettre ensemble tous les censeurs, tous les fauteurs de contrôle de la Liberté d'Expression, tous les méchants dinosaures.

Sauf que cette histoire de rapprochement entre le CSA et HADOPI n'est pas nouvelle. Et il y a un acteur essentiel de ce mécano qui semble être passé sous vos radars : l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes. Et puis cette histoire n'est qu'un clou de plus planté dans le cercueil d'une haute autorité qu'on cherche à dissoudre dans quelque chose d'autre.

Une première objection avant de rentrer dans le vif du sujet. Oui, le CSA régule des entitées verticales et oligopolistiques. De moins en moins verticales (en témoigne l'irruption des téléspectateurs et des auditeurs de radio sur les antennes, le croisement des contenus) et de moins en moins oligopolistiques (en témoigne la multiplication des acteurs de marchés). Avec la télévision connectée, tout ça va exploser. La télé, la radio ne seront rien d'autre que des producteurs de contenus au même titre que arretsurimage.net, en plus gros, bien sûr (quoi que TF1 fait figure de nain, à côté de google/youtube et bientôt de l'app-store). C'est d'ailleurs ça qui a attiré l'attention de Pierre Lescure, lequel freine des quatre fers, milite pour que chacun reste chez soi avec son régulateur. Vieux médias d'un côté, nouveaux de l'autre. Bien entendu, il fume la moquette, il écope la mer avec une passoire.

N'oublions donc pas le troisième larron de ce paysage : l'ARCEP. Les contenus de TF1 seraient régulés par le CSA, les tuyaux (internet et téléphonie mobile) par l'ARCEP et HADOPI (ce qu'il en reste) s'occuperait du flicage des internautes, et chacun ferait ce boulot dans son coin ? Ca n'est pas réaliste et ça n'est pas souhaitable. La neutralité du net est attaquée par le biais des producteurs de contenus alliés aux propriétaires de tuyaux. Deezer, ça "passe" mieux quand votre FAI est Orange parce que Orange est actionnaire de Deezer et a noué un partenariat. Le voilà, le flicage, la voilà, l'atteinte à la neutralité du net, la voilà, la vilaine vilaine censure. Contenus et tuyaux sont indémerdables et vont l'être de plus en plus.

La mission de l'ARCEP est essentiellement de veiller à l'application des directives Européennes de libéralisation. C'est très bien expliqué par feue l'Autorité de Régulation des Télécoms (pdf) : la pierre angulaire de la concurence libre et non faussée, c'est l'indépendance du régulateur. "Indépendance" doit s'entendre par indépendance du pouvoir politique et mise hors de portée du bulletin de vote des décideurs réels au profit des industriels.
Qu'est-ce que ces autorités "indépendantes" produisent ?
Cet été, l'opérateur historique Néerlandais a été définitivement démantelé. Ca n'a pris que quelques années pour que le groupe soit démantelé et finalement vendu à la multinationale de l'homme le plus riche du monde (non, ce n'est plus Bill Gates, c'est Carlos Slim, un magna de la tuyauterie électronique).

La fusion des régulateurs qui s'esquisse n'est pas au premier chef une question de contrôle de l'internet, c'est une question de politique industrielle. La Commission Européenne interdit la tutelle politique sur l'organisme chargée de réguler les tuyaux. La précédente majorité avait tenté d'y faire rentrer un Commissaire du gouvernement et s'y était cassé les dents.
Grâce à l'Exception culturelle (et concepts assimilés), la Commission reste à distance de la question des contenus. Fusionner les trois autorités de régulation - ARCEP, CSA, HADOPI (quitte à dissoudre cette dernière dans les deux autres) est un moyen de reprendre politiquement la main sur un secteur essentiel. Il suffit pour ça de disteinguer le collège qui au sein de cet organisme, aurait à connaitre des contenus et celui qui s'occuperait des contenants. Ca tombe bien, on ne veut pas d'un machin du type Fédéral Communication Commission. Ce qu'il faut, c'est pouvoir dire au régulateur des télécoms "halte là, telle ou telle décision influe sur la diffusion de tel ou tel contenu".

Après, si vous croyez que c'est le marché libre et non faussé le meilleur garant de la liberté d'expression, de la neutralité des réseaux, c'est votre affaire.
Peut-être serait-t-il temps, si lutte anti piratage, d'arrêter de tout faire à l'envers ?
Et de sortir un peu des hypocrisies geekesques du genre "p2p ya pas de centres ! " ? :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/
Et pour l'offre légale, pourquoi ne pas sortir du "fétichisme fichier et copie", pour passer à licence ou, "si j'ai acheté ça, ça marche et puis c'est tout, je ne m'occupe d'aucun fichier" ?
Ce pourquoi il manque un plus un rôle et séparation des rôles, que des aspects techniques :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

Ou autrement dit il serait urgent de comprendre que ce qu'il manque pour une offre légale est avant tout un nouveau rôle et séparation des rôles autour des bibliothèques personnelles, pour un environnement vraiment atawad (any time any where any device) ,pas du "cloud", des références sur profils utilisateurs, et ceci en mode non monopolistique (à l'inverse des trois ou quatre monstres se mettant en place).
Les sites tendancieux, culpabilisateurs, menteurs existent hélas, et sont (hélas aussi) consultés par les plus démunies. Les faire taire me semble vain, référencer les "bons" sites me semble bien... normatif, allons-nous avoir, sur la question de l'avortement, une nouvelle religion d'État?

Ma foi, si les conditions de respect de la loi qui nous a donné ce droit étaient correctes, s'il était facile d'obtenir des informations fiables, des rendez vous rapides, dans les lieux officiellement destinés à ça, qui irait consulter des sites bidon? Qui serait, autrefois, allé voir les faiseuses d'ange plus ou moins fiables si d'autres solutions avaient été facilement accessibles?

Le gouvernement serait bien inspiré de... simplement faire son boulot, et de le faire faire aux structures concernées, de faire taire les réciteurs de rosaire qui polluent (physiquement) les portes de nos hôpitaux pour tenter d'imposer à tous/toutes leurs choix politico-religieux. Plutôt que de faire, sur le net, la chasse aux faux prophètes.

Pour le reste, liberté d'expression aux menteurs et aux salopards, et utilisons la nôtre au lieu de déléguer la mission de les faire taire à une autorité qui, demain, nous fera taire NOUS.
Cette nouvelle saison de la Hadopi est assez décevante.
On espérait qu'ils allaient se relancer un peu avec le changement de scénariste l'année dernière mais on est plutôt restés sur notre faim.
On est loin du feu du bel hommage au spectacle vivant des débuts, avec les députés planqués dernière les rideaux, ou les effets comiques à multiples niveaux sur le logo, par exemple.
Modeste requête, un peu HS : non à l'usage du terme "génétiquement" à tout bout de champ. On comprend bien l'idée, mais c'est un terme disqualificatoire, qui sous-entend ici que toute discussion sur le sujet est inutile. Or, en l'espèce, il semble que l'on peut débattre si le CSA est compétent ou non, ou, pourquoi pas, pourrait le devenir (impossible si c'est "génétique"!). Surtout sur un site d'analyse des médias. C'est donc une facilité.
Je réagis un peu à fleur de peau mais j'ai l'impression que de plus en plus souvent, on utilise ce genre de terme "scientifique" pour napalmer des pans de débats. Hier matin, sur France Inter, un professeur d'économie ultralibéral a qualifié l'action de l'Etat de "créationniste", parce qu'elle s'oppose au laisser-faire du marché, supposé "darwinien" (ce qui en soit est une caricature du darwinisme).
Soit, assez haut la main, l'analogie la plus foireuse depuis pas mal de temps. Venant en plus d'un universitaire, dont on espère qu'il apprend à peser ses mots, c'était consternant.

Bref, il se trouve que je suis généticien (personne n'est parfait) et que tout ça me gonfle un peu

Merci pour le billet cependant !
Cordialement
Thomas
J'adhère complètement à ce billet, surtout sur sa conclusion.
Encore une belle connerie en perspective...

Je pense qu'une personne normalement constitué ira se renseigner auprës de son médecin, voir d'un médecin scolaire, voir d'un planning familiale..... plutôt qu'internet pour ce genre de sujet.

Il m'est arrivé de me poser des questions médicales. Après quelques recherches sur des sites sérieux, je demandais son avis à mon médecin traitant !!!

C'est à croire que nos dirigeants sont complètement stupides !
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