Guillaume Cizeron, l’or et les oeillères médiatiques
Sacré champion olympique le 11 février dernier avec sa partenaire Laurence Fournier Beaudry, ovationné pour la perfection de la prestation, Guillaume Cizeron a été célébré en héros, éclipsant les accusations de violences psychologiques de son ex-partenaire, Gabriella Papadakis. Le fort capital symbolique de l’athlète fait-il lever les boucliers éditoriaux ?
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L'article est focalisé sur les questions de violences, et particulièrement de violences sexuelles. Je crois qu'il faudrait élargir l'angle. La véritable question, c'est celle de la primauté des titres et des médailles, qui fait oublier tout le reste.(...)
vivant aux US j'ai vécu une expérience inverse, un véritable barrage médiatique contre le couple Francais, dépeignant les 2 compétiteurs comme des monstres absolus limite des mangeurs d'enfants.
On pourrait bien sûr s'arrêter à une context(...)
Il est médaillé d'or aux JO. Moi je m'en fous comme de ma première paire de chaussettes, mais pour les médias, c'est la grandeur de LA FRANCE qui est en jeu. L'aspect patriotique l'emporte sur toute autre considération. Alors, silence sur le reste.
(...)Derniers commentaires
C'est toujours le classique "faut il séparer l’œuvre de l'artiste". Comme si les personnes qui s'illustraient dans un domaine pouvaient gagner des totem d'immunité. Spoiler, non, on ne vit pas dans Kohlanta, nous sommes censé être tous égaux face à la loi.
Cette article montre que la violence faîte aux femmes cessera avec la disparition d’une presse cocorico et franchouillarde. Les JO sont du nationalisme déguisé et les athlètes ses idiots utiles. Le sport est une activité promu par et au service de la guerre. D’autre part, voir des journalistes aussi raz de la moquette après des études supérieures pour en être à ce niveau de bêtise interroge et inquiète. Bête a mqnger du foin et à marcher au pas. C’est raccord avec l’actualité politique.
certains journaux ne parlent jamais d'environnement, par contre ils ne sont pas avares de faits divers et de sport! ça fait vendre! et si en plus ils ont un suprémaciste blanc ou une national-féministe à mettre à l'honneur!
les verts viennent de gagner Gordon et Denton, ils se sentent le vent en poupe chez les grands bretons, les nôtres devraient s'en inspirer
vivant aux US j'ai vécu une expérience inverse, un véritable barrage médiatique contre le couple Francais, dépeignant les 2 compétiteurs comme des monstres absolus limite des mangeurs d'enfants.
On pourrait bien sûr s'arrêter à une contextualisation chauvine, patriotique voir nationaliste mais l'enjeu est en fait avant tout financier. la chaine americaine NBC paye quasiment 1,5 milliards pour les droits exclusifs de diffusion des jeux ce qui est difficile a rentabiliser surtout lorsque les jeux se déroulent dans des fuseaux horaires incompatibles avec le prime time américain.
Pour s'assurer une audience maximale NBC joue bien sur a fond la carte du patriotisme et elle a besoin également de récits médiatiques suffisamment captivants pour vendre les jeux, quitte a les inventer ou les amplifier.
Cette année on a donc eu droit a :
- un gentil couple de patineurs américains bien propre sur eux (ce qui résiste difficilement a l'analyse quand on apprend qu'ils ont invités le patineur accusé de viol Sørensen a leur mariage) disputant le titre olympique aux horribles patineurs francais
- une skieuse américaine héroïque car blessée tentant de défier le destin et de décrocher une médaille d'or a 41 ans
- une snowboardeuse américaine elle aussi blessée (pas vraiment quand on creuse) tentant de décrocher l'or olympique pour la 3eme fois, fait inédit, face à une nouvelle génération nippone talentueuse à qui elle a servi de mentor.
- une sino américaine triple championnes olympiques et donc pourvoyeuse de titres dépeinte en traitre a la nation car ayant choisi de concourir pour la chine pour des raisons financières plutôt que pour les etats unis où elle réside.
- le petite génie du patinage sensé battre tous les scores en exécutant des figures jusque là inédites aux JO.
- le valeureux combat de l'équipe américaine de hockey, microscopique david face au goliath survitaminé Canadien pour remporter un titre qui leur échappe depuis un demi siècle.
...etc...etc...etc
Et la effectivement les journalistes et commentateurs n'ont pas manqué de prendre fait et cause pour Gabriella Papadakis et de nous rappeler non pas une fois mais littéralement a chaque prise d'antenne les faits ou plutôt la version des faits de Gabriella.
En tout cas le contraste était absolu entre le silence complaisant des journalistes français et l'inquisition vengeresse des journalistes américains.
De la même manière ils ont parlé en large et en travers de la biathlonienne francaise Julia Simon et de son vol de carte bleu non pas parce qu'il y avait des intérêts à défendre (les US sont nuls en biathlon) mais parce que c'est un scénario typique de rédemption dont les américains raffolent. "au fond du trou elle revient plus forte que jamais et se rachete en gagnant 3 médailles d'or".
le "cela ne nous regarde pas" des inconnus n'a pas pris une ride de ce point de vue.
Je sais pas si Sherlock parle anglais mais il aurait pu faire facile 4-5 de ses chroniques acides sur les lives olympiens de NBC. Barres de rires assurees.
Plutôt putassier l’article dans la mesure où il est publié une fois les festivités olympiques passées, d’autant qu’à écouter les commentatrices durant les épreuves, il y avait pas mal d’activités sur les réseaux sociaux à l’encontre de ce jeune homme, et il n’était pas le seul à se faire dézinguer si bien compris.
Par ailleurs, faut-il comprendre que sa nouvelle partenaire - amie de longue date à ce qu’ils répètent dans les interviews - fait preuve non seulement d’une absence de sororité mais aussi de soumission à ce jeune garçon ?
Bonjour Claire. Je n'ai trouvé aucun lien ou formulaire de contact pour vous écrire directement. Je voulais juste savoir si vous êtes parente avec Yves, que j'ai bien connu à La Voix du Nord dans une autre vie.
Quelqu'un a-t-il lu le livre pour eclairer tout le monde sur exactement quelles sont les accusations? Guillaume Cizeron a-t-il lu le livre? Ou a-t-il lancé ses avocats sur le sujet sans savoir de quoi il s'agit ? visiblement si on a reussi plus ou moins a quantifier partiellement les performances des patineurs artistiques c'est plus compliqué pour la danse ou tout compte du maquillage aux vêtements portés et il demble que les jugements posent question, si une majorité de juges mettent un couple devant pour cela ne compte-t-il pas (plus) et pourquoi la juge française a-t-elle mis une note si basse a la concurrence, sans que ça pose probleme ( ce n'est pas le seul sport et on supprime les meilleurs et plus mauvauses notes) ... Si Laurence Fournier Baudry est si bonne pourquoi elle et son partenaire n'etaient ils pas au moins le 2e couple canadien? Et sur quoi se base-t-on pour attribuer la nationalité française dans son cas? ça ne me gene pas, mais pourquoi des gens qui vivent en France depuis goujours doivent ils faire des pieds et des mains pour l'aquerir? Au dela des gens, pourquoi ne pas poser la question de la representation du sport dans le recit national et les risques que ça comporte, y compris le fait que ça facilite beaucoup les abius de comportement? Évidemment j'ai vu tout ça sur netflix, dans les reseaux sociaux, youtube et la presse américaine).
Qu'en pense Annick Dumont, accusée d'avoir connu les agissements de son ex mari Gilles Beyer par la patineuse Agnes Gosselin ? Bon, elle dément. Après Beyer elle était mariée à Didier Gailhaguet, président indéboulonnable de la FFSG, qui a finit par sauter suite à l'affaire Sarah Abitbol, qui l'a accusé d'avoir su et laissé agir Beyer pendant des années. A minima, vraiment pas de bol. Mais si on en croit la parole de l'accusatrice, alors Dumont excelle en pirouette avec oeillères. Pas un problème pour le service public (qui continue à employer le pseudo-historien d'extrême-droite Frank Ferrand tous les été et lui permet de servir sa soupe pendant le Tour de France).
Il est médaillé d'or aux JO. Moi je m'en fous comme de ma première paire de chaussettes, mais pour les médias, c'est la grandeur de LA FRANCE qui est en jeu. L'aspect patriotique l'emporte sur toute autre considération. Alors, silence sur le reste.
L'article est focalisé sur les questions de violences, et particulièrement de violences sexuelles. Je crois qu'il faudrait élargir l'angle. La véritable question, c'est celle de la primauté des titres et des médailles, qui fait oublier tout le reste. Un autre exemple le montre très bien, celui de la biathlète Julia Simon. Il y a 3 ans, elle a escroqué une de ses coéquipières, Justine Braisaz-Bouchet, ainsi que la kiné de l'équipe de France. Pendant plus de deux ans, elle a nié, a prétendu être victime d'une usurpation d'identité avant de devoir avouer devant le tribunal car elle était confrontée à des preuves irréfutables. Condamnée à 3 mois de prison avec sursis, la sanction sportive qui a suivi a été particulièrement légère (elle a simplement manqué une épreuve de coupe du monde) car Julia Simon est une immense championne susceptible de ramener des médailles aux Jeux Olympiques. Ce qu'elle a d'ailleurs fait en remportant 3 médailles d'or et une médaille d'argent. À aucun moment, pendant les JO, cette affaire n'a été rappelée alors que l'équipe de France a vécu pendant deux ans dans une ambiance épouvantable. Dans n'importe quelle entreprise, le responsable d'un tel acte aurait été exclu sans autre forme de procès, mais dans le milieu sportif, les questions de moralité sont accessoires. Le comble, c'est que cet état d'esprit contamine le public. Pour avoir suivi ce qui se disait sur les réseaux sociaux, j'ai pu mesurer que le poids des médailles a fini par entrainer l'opinion publique du côté de Julia Simon. Au point que Julia Simon elle-même, quand elle a gagné sa première épreuve lors des J.O. a mis le doigt sur la bouche pour bien montrer que ses performances sportives devaient faire fermer les bouches.
Un autre exemple montrant que les supporters ne veulent pas qu'on les emmerde avec toutes les problématiques extra-sportives. Les œillères médiatiques reflètent celles du public.
C'est les fameuses "valeurs" du sport ça. Le classement des individus, la célébration des "winners" au dessus de tout, le drapeau, la larmichette pendant l'hymne national, le décompte des médailles pour savoir c'est qui qu'aura la plus grosse. Le Comité Olympique, cet organe de corruption et de lavage plus blanc de tout régime qui file le plus gros chèque, le deux poids deux mesures (Russie pas bien, pas le droit à la représentation nationale, Israël aucun problème, génocide en cours nonobstant).
Vivement la coupe du Monde de foot, cette fois entre les USA de ICE et le Mexique où on sait pas trop si les cartels vont pas foutre un bordel monstre (ah oui et le Canada, cet espèce de Suisse des Amériques), 6 semaines de propagande inévitable dans toutes les villes et villages de France où il sera tenu de "vibrer" (c'est le mot préféré des commentateurs sportifs) pour "nos bleus". Et la moindre incartade sera traité par les droitards invétérés de sentiment anti-français (ouin ouin) et par nos gauchistes préféré de mépris de classe (ouin ouin aussi)
No sport.
D'accord pour le no sport DANS LES MEDIAS ! Sinon à chacun selon ses envies ...
Je suis effarée par la place prise dans les médias publics avec effet-diversion garanti.
C'est pas nouveau. Écoutez "le sport" par Philippe Val chanson qu'il a écrite il y a 50 ans (bien avant qu'il transforme Charlie en torchon réac).
(mon dieu, qu'est-ce qu'on vieillit, j'allais voir Font et Val sur scène à l'époque)
Quitte à écouter des vieilleries, autant écouter ça plutôt que n'importe quoi avec le nom de Val (yuck) dessus : https://www.youtube.com/watch?v=81sR7I6HMdo
Ouais, ça c'est un souci ces jours-ci. Pas mal de choses qui renvoient à des chouettes chansons de Font & Val ("on lui a dit choisis entre la justice et l'ordre, c'est l'ordre qu'il préfère il est au RPR", ai-je failli citer l'autre jour), mais... ça coince parce que d'un côté Val et pis de l'autre Font et ouaip toutes les références vieillissent pas super très beaucoup très bien.
Même si les oeuvres ont leur propres vies, instantanés d'une phase quand les gens en traversent tant, il reste un sale goût qui s'y est accroché et ne s'en détache plus. Et c'est plus simple quand les reprochent portent sur les antécédents d'un artiste que sur ses évolutions ultérieures...
Toujours le même problème. Est-ce qu'il faut se laver les yeux après avoir vu les beaux films de Claude Autant-Lara, qui a fini négationniste et élu FN ?
...ou les beaux films antifascistes de Granier-Deferre, adaptés de Drieu La Rochelle.
L'oeuvre cinématographique étant très collective, je laisse aux conservateurs leur "one drop rule" (la théorie raciale selon laquelle "une goutte" ancestrale de sang "inférieur" définit à elle seule le porteur ou la porteuse comme "de race inférieure"), et j'apprécie des oeuvres qui sont des mélanges de composantes positives et négatives. Je n'ai plus le besoin adolescent d'adhésion totale ou de rejet total (où tout est soit génial soit haïssable). Maintenant, ça se complique sur l'individuel. Quand un individu est lui-même composite, avec du bon et du mauvais, soit synchrone soit en séquence. Et quand les oeuvres lui sont intimement rattachées. La poésie, l'écriture...
Pas beaucoup de "il faut". À part "il faut savoir", "il faut être conscient". Et à partir de là, les tripes. Il n'y a pas à contrôler les déplaisirs personnels, juste à savoir d'où ils viennent et plus ou moins pourquoi. Et accepter leur arbitraire. Je constate que je n'écoute plus de Font et que j'écoute toujours du Ferré. Les deux voyaient sans doute pareillement la pédophilie comme un élan noble opprimé par les bourgeois. Si je creuse sans intention de rationaliser, de découvrirai peut-être les raisons, bonnes et/ou mauvaises, justes et/ou injustes, de cette différentiation entre les deux. Mais sans injonction aux autres, et leurs propres arbitraires. Surtout quand ce ne sont plus des enjeux de pouvoir (c'est-à-dire qu'il ne s'agit plus d'enrichir ou non l'artiste).
Les humains étant les humains, à sabrer les oeuvres "impures" il ne resterait plus grand chose.
« L'article est focalisé sur les questions de violences, et particulièrement de violences sexuelles. Je crois qu'il faudrait élargir l'angle. La véritable question, c'est celle de la primauté des titres et des médailles, qui fait oublier tout le reste. »
Probable que ça vienne renforcer des schémas existants en fournissant l’excuse rêvée pour se donner bonne conscience, mais il n’y a jamais eu besoin d’un athlète médaillé en face pour que la parole des femmes soit minorée.
Loin de moi l'idée de défendre l'athlète (le "mais" arrive), ou les athlètes cités, MAIS... Les propos de l' ex compagne n'indiquent rien de reprehensible aux yeux de la loi (quelqu'un de exigeant contrôlant froid terrorisant ....). Je pourrais dire la même chose de mon ex sauf qu'elle sera pas championne olympique heureusement pour elle. On peut critiquer ses prises de tête de position en faveur du compagnon de sa partenaire de danse, certes. Et surtout la tentative de minimiser des médias pour laver de tout soupçon l'athlète couvert d'or et d'honneur olympique.