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Grève des soignantes des Opalines : 109 jours de silence médiatique

L’une des plus longues grèves de France touche à sa fin. Ce vendredi, les salariés de l’Ehpad des Opalines peuvent enfin souffler. Pendant plus de quatre mois, ces aides soignantes d’une maison de retraite privée du Jura avaient cessé le travail pour protester contre l’insuffisance de personnel et les cadences infernales. Il aura fallu une enquête publiée en Une du Monde, le 19 juillet, pour que les médias nationaux s’intéressent à leur cri d’alerte, et qu’une mobilisation nationale se mette en place. Jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues.

Derniers commentaires

C'est que des pauvres pourquoi en parler?
Cet élément me semble imprécis ou confus: "trois semaines de congés payés supplémentaires."

...s'agit il du résultat de négociations des conditions de reprises ? N'est-ce pas plutôt le conversion de 3 semaines de grèves en congés afin de minorer les effets d'une perte de salaire importante ?

Un éclaircissement sur ce point serait utile car , c'est mal connu , une fin de grève ne signifie pas retourner au travail sans en négocier les conditions ...
Je vais juste ajouter une chose :
Le séjour dans ces Ehpad privés coûtent le double de celui dans les structures "non lucratives" et pour fréquenter les uns et les autres, je dois dire que ni du point de vue personnel, soins, animations, médical, je ne trouve de raison à cette disparité. J'irai même jusqu'à dire que l'espace commun est plus généreux dans les structures publiques et que ce ne sont pas les quelques mètres carrés en plus des chambres qui justifient la différence de prix.
Dans les ehpad , les aides-soignants(es) sont les premiers(ères) à subir la maltraitance . Et cette maltraitance ruisselle du sommet pour atteindre les résidents
Concernant le révélateur de cette situation, c'est à dire l'article de Florence Aubenas, il est dommage qu'il soit encore réservé aux abonnés du Monde (il faudrait le mentionner dans l'article de Manuel Vicuña)
Je voudrais souligner, au sujet de ce "révélateur", qu'il est rédigé par l'une des plumes les plus talentueuses que j'ai lues, Florence Aubenas. Cette femme est d'une humanité incroyable, et que ce soit en parlant d'Outreau ou de Ouistreham, elle fait allumer les projecteurs sur ces faits de société et sur les personnes en souffrance. Elle est vraiment, vraiment très douée, et la conjugaison "qualité/mise en une" de son article a permis cette prise de conscience.
Il y a longtemps que ça déraille terriblement dans de nombreuses maisons de vieux (ouais, c'est un mot grossier, interdit d'usage, mais j'assume). Une de mes amies, stagiaire, indignée par certaines méthodes -inacceptables mais liées à un épuisement au travail- a failli bouziller un de ses stages parce qu'elle en a parlé.

Pour avoir, avec une collègue psychologue, animé des groupes de paroles de soignants, il était déjà évident il y a une quinzaine d'années (et probablement plus), qu'on allait vers des scandales de maltraitance. Des filles jeunes, mini-formées, jetées là par le chômage, sont une partie de l'effectif. Heureusement, des femmes plus âgées, issues de différentes immigrations de pays où on s'occupe encore des vieux à la maison, étaient plus "solides". Et aussi des "jeunes" qui aiment les personnes âgées et pour qui ce boulot n'est pas qu'un gagne-pain. Mais comment résister à des conditions de travail épuisantes, inhumaines et dévalorisantes?

Allant rendre visite à mon oncle, je voyais ces vieux errer dans les couloirs, arpenter la salle de télé (?!) sans aucun intérêt pour l'écran et pour ceux qui, quand même, regardaient. Le mini album de photos que j'avais apporté pour parler avec lui de souvenirs enfuis était relégué dans un placard dont il n'avait aucune conscience. Effarant, on ne rencontrait aucun professionnel, comme si ces fantômes avaient été complètement livrés à eux-même. Un autre oncle, admis pour convalescence et qui lui avait toute sa tête a refusé de rester dans cette oubliette... à cause des cris, la nuit, de vieux en détresse que personne ne venait rassurer.

Et ne croyez pas que vous y échapperez: j'ai une retraite tout à fait suffisante pour vivre normalement, mais une expert comptable m'a mise en garde: on ne paie pas une maison de retraite correcte avec ça. Si vous ne vous occupez pas de votre vieillesse, d'autres s'en occupent pour vous. Et ça leur rapporte gros.
L'exploitation ne passe plus seulement par le travail à la chaîne , mais aussi par l'exploitation des travailleurs du secteur tertiaire. Cette lutte est tout fait justifiée .
Du temps des bonnes sœurs, ça se passait mieux. C'est intéressant, qu'on n'arrive pas vraiment à privatiser les bonnes sœurs. Ya rien à faire, la charité ( troisième vertu théologale après la foi et l'espérance) ne peut évacuer la Justice, et donc l' Etat, la Politique.
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