Grasset : mort d'une principauté
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" Quand ils sont venus chercher les socialistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas socialiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes , je n'ai rien dit ,je n'étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs , je n'ai rien d(...)
Ca sent surtout le "panurgisme", il a fallu un mouvement de masse pour que quelque chose se déclenche. Je pense que Bolloré ne dérange pas tant que ça la plupart de ces gens (3 ans, vous l'avez dit) et que, individuellement, ils/elles sont assez peu (...)
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Je disais plus bas, en réponse à DS pour qui Bolloré a cassé son jouet (ce en quoi il se met le doigt dans l'œil jusqu'au coude), qu'aussi bien les journalistes (cf Itélé) que les écrivains sont interchangeables à partir du moment où ils produisent pour un patron tout puissant.
Bolloré le dit d'ailleurs lui-même dans un de ses journaux.
Cette affaire a toutefois eu le mérite de déboucher sur une revendication très intéressante : une clause de conscience pour les écrivains à l'instar de celle des journalistes.
Bien vu , c’est exactement ça ! J’ai eu la même impression que pour charlie , comment on peut être sur la même liste que begbedé et fourest et j’en passe …. le capitalisme est a l’agonie , il bouffe même ses cadres ...
Bizarre ordre alphabétique sur la liste au niveau des F :
V Faure
D Farah
S Faure
T Frémaux
B Fofana
C Fourest
P Franceschi
D Franck
Karl Kraus :
Je n'ai aucune idée sur Hitler
l'action Canal 2.7, Netflix 100, à part produire des fariboles avec des bénévoles, ça sent le sapin! j'ai beau me dire qu'il est aveuglé comme le commandant de bord avant le crash par son obsession fasciste j'ai du mal à comprendre son business plan! qu'il veuille faire taire les médias Woke, pourquoi pas! j'ai peur que ce soit contreproductif, le trumpisme va l'entrainer dans sa chute
Bah oui je me suis dis la même chose, trois ans sans avoir jamais songé à SE LEVER et SE BARRER.
Désolé mesdames messieurs Despentes, Dufresnes et autre Binet je vous aime bien mais c'est tardif...
Bon après vous n'êtes pas responsable d'être auc ôté de BHL, foureste, Springora... oulala y'a du lourd quand même
Sans surprise, Onfray n'est pas dans liste.
Reprocher aux auteurs leur manque de préscience est un peu sévère .
Le témoignage de Gabriel Pérez dans Libération aujourd'hui pose la question suivante : "pouvait-on critiquer ouvertement chez Grasset l'actionnaire majoritaire du groupe Hachette ,Vincent Bolloré.."
Pour Pérez , Grasset avec Nora "c'était le rempart" .
Mais l'intérêt de cet article de Libération réside dans son témoignage : il était aux côtés de Nora quand celui-ci a appris son licenciement .
On peut supposer que le Génial Vincent n'en a rien à foutre ...
Il pourra se lancer dans d'autres publications. Il a déjà en préparation :
- " La vie sexuelle contrariée de Marie Caroline " par Adolf Bardello
- " Le livre des coloriages de la fachosphère " par Pascal Prout
- " L'élevage des gorets " par Gauthier LeBrut
- ' Les vieilles guimbardes " par Lolo Ferrari
- " Etude scientifique du plagiat " par Rachel Khon"
- " Ma vie de Dépravé " par Bébert Sarah
- " Je n'ai pas la lumière à tous les étages " par Eteigner
- " J'apprends à lire " par Horror Bergé
et bien d'autres futurs bestsellers
"Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit." (Jacques Bénigne Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes, vol. I, livre IV, p. 149). Dit autrement : maudire les conséquences des causes qu'on vénère. Inconséquence ou complicité, à l'insu de leur plein gré ? De nombreux auteurs et autrices de Grasset "en exil" devraient méditer cette phrase de l'Aigle de Meaux.
Et pourtant, sous la contrainte, j'avais voté Macron au deuxième tour, censé qu'il était de faire barrage aux fachos.
Si tous les autres, à gauche ou à droite, sont bien dans leur rôle, c'est bien Macron et sa bande de menteurs pathologiques mafieux qui ont failli, qui ont trahi en laissant avec bienveillance, sinon en les initiant, les idées les plus nauséabondes engluer et miner ce qui faisait la devise de la République Française. Sous le regard attendri de François Hollande.
A propos du long délai (trois ans) à réagir, voici l'argument de Vanessa Springora, extrait d'un interview dans Libé :
"Nous [l'écosystème de l'édition], on a cette particularité française de céder nos droits pour la totalité de la propriété intellectuelle jusqu’à soixante-dix ans après notre mort. (...) C’est un peu facile de dire aux auteurs : «Pourquoi ne partez-vous pas ?» Sans comprendre que partir, ça veut dire abandonner une œuvre, grosse parfois de plusieurs dizaines de livres.
Partir, ça veut dire l’abandonner à un actionnaire qui peut ensuite très bien décider de la sous-exploiter. Ou maintenir une exploitation minimum pour ne pas être attaqué et être irréprochable selon la loi. Tout en faisant en sorte que cette œuvre meure à petit feu. C’est tout à fait possible de mettre des bâtons dans les pages d’un manuscrit, de compliquer toutes les possibles cessions en poche, en traduction, pour le cinéma et la scène. On sait très bien que le choix qu’on fait en conscience met en péril nos livres."
Source : [Libé 16 avril 2026] Interview - Vanessa Springora sur la fuite des auteurs de Grasset : On sait très bien que notre choix met en péril nos livres
Tout juste : " Ce que l'on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. "
il sont assez nombreux pour créer une coopérative à l'image de la SACEM, des labels indépendants, en prenant bien soin de ne pas pouvoir céder leurs parts à quiconque! les connaissant ils sont bien fichus de créer une holding!
Je ne connais pas Springora, ni sa vie ni son oeuvre.
Mais y'a (hélas) du vrai dans ce qu'elle expose.
Ma pomme, pour donner un petit bout d'expérience de vécu dans un monde relativement proche de celui de l'édition de bouquins, j'ai été rédacteur dans ce qu'on appelle la presse magazine. Un mensu dans mon cas.
On s'en cogne ici de ma vie perso, je vise uniquement à dire de l'intérieur, comment ça se passe parfois.
J'y ai passé vingt-cinq ans, sous divers statuts, pigiste avec plusieurs rubriques permanentes, pis permanent à la rédac chef de rubrique, des contrats de six, neuf, et douze mois, la
Chié, (clavier) je poursuis.
la rédac est en RP, moi je n'aime pas ça, donc je bosse à la rédac en RP par tranches de trois / six / ou parfois neufs mois. Pis je retourne dans ma pampa, en télé-travail.
Bast on s'en branle,; c 'est pour situer.
En 2008, a
…/. En 2008, arrive la grêve des scénaristes à Hollywood.
Plus personne ne s’en souvient ici, au pire, il y avait eu un mois sans l’épisode suivant d’une série ?
Or ce qui se passait, était fondamental : ça parlait tout simplement, des droits futurs sur la création, sur les textes, sur les images créées, à qui tout ça appartient au final, selon le contrat que tu as passé avec le commanditaire ?
Bibi à ce moment, je passais régulièrement, de rédacteur salarié, à pigiste régulier, tout ça pour le même canard, et pigiste régulier, a
Eh merde, j'ai dû cliquer Return...
Bref, j'avais divers statuts d'un mois sur l'autre, et même dans mes phases de pigiste avec rubrique permanente, y'a la convention collective qui dit que tu as comme un boulot régulier, que le mag doit prolonger.
Et là arrive donc la grève des scénaristes à Hollywood, fin 2008.
Ça fait des vagues dans notre canard à 45 permanents, plus une bonne vingtaine d'extérieurs réguliers, et le gérant en profite pour tenter de nous faire signer un dédit complet sur tout ce que nous avons déjà fourni au canard, et que nous fournirons par la suite.
Une fourberie immonde. Car en indépendant, tu es payé pour une parution unique de ce que tu livres au canard. Le boulot que tu as fait, il t'appartient toujours : si le canard veut s'en resservir, ça existe, ça s'appelle " une repasse ", et ça t'est généralement repayé après ton accord, dans les 25 à 30% du taro initial. Et mieux : tu as droit de regard sur le texte re-publié, si jamais le canard veut le modifier.
C'est une règle du journalisme.
Là en 2008, plein de journaux se sont engouffrés dans un truc qu'ils pensaient acquis : tous les textes / dessins / photo / publiés, y compris commandés à des indépendants, sont maintenant à nous.
C'était y'a dix-huit ans, j'avais lutté pied-à-pied, puis quitté ce journal.
Depuis, on voit l'état de la Presse.
Merci pour le retour d'expérience.
2008, j'ai du probablement attendre un peu des épisodes en effet... Je suis passé à côté de ce qui a vraiment été négocié. Je ne lisait pas autant la presse qu'aujourd'hui.
Mais ça me parle. La question des droits existe aussi dans mon métier de graphiste. Je me retrouve obligé par mes clients à calculer un tarif horaire, alors que mon taf est une œuvre de l'esprit, pas une quantité de boulons à serrer. Ce qui est officiellement payé est une cession de droits sur les images que je transmet à mon client. J'ai pris l'habitude de tout céder, pour toujours et pour le monde entier, surtout parce que je photoshope des trucs sans grand intérêt (boutons d'interfaces, retouches de portraits, inserts de pub...) et pas des illustrations qui ont de la gueule, encore moins des œuvres d'art.
Il y a clairement un manque de respect — par méconnaissance de ce que c'est — pour le travail de l'esprit, l'expérience graphique, la fibre artistique. Tout est ramené au travail manuel, celui qu'un comptable peut compter dans des petites cases. Vous avez remarqué comme elles sont toujours super étriquées ces petites cases ?
À mon tour de ramener un vieux souvenir : L'indemnité pour le COVID avait été calculée par notre ministère sur la base d'un système à revenu mensuel. Alors que nous ne sommes pas salariés ! Nos rémunérations sont comme celles des pigistes : payées à la fin des projets, qui dans nos cas peuvent durer plusieurs mois. Pas de chance à l'époque, mon calcul a été simple : sur la période covid j'ai encaissé zéro, car le confinement à tout ralenti. Et sur la période clef de l'année d'avant, j'ai encaissé zéro aussi, car je trimais sur un long projet qui n'a été rémunéré qu'une fois terminé. Pour le ministère : zéro moins zéro égale zéro ; donc pas de perte de rémunération ; donc pas d'aide.
Le travail de l'esprit, créatif, est moins considéré que le travail musculaire, bêtement mécanique. Mais si je devais refaire ma vie, je resterai malgré tout dans le domaine de l'esprit. Parce qu'au final, l'esprit c'est vivant.
Pour l’aide covid c’était vraiment dégueulasse : si en 2019 on avait gagné moins de 3000 €, on pouvait s’assoir dessus. Alors qu'ils auraient pu faire la moyenne des 3 années précédentes par exemple. Ou tout simplement ne pas mettre de plancher (tout à fait arbitraire, pourquoi 3000 ??).
Donc parce que l’année précédente t’avais pas eu Le marché céramique à paname, déjà t’as fait une mauvaise année, mais du coup on te donne que dalle en 2020-21 où on t’a supprimé les expos. Double peine.
Au lieu de filer au moins les 150 balles par mois auxquels j’aurais eu droit sur la base de mon revenu 2019 s'ils n’avaient pas mis ce débile revenu plancher.
Alors ça m’a pas plu et j’ai dit si c’est comme ça je vais demander le Rmi et ça va coûter plus cher. Ils sont restés raide sur l’aide covid, mais pour le dossier rsa ça leur a pris encore plus d’un an, hallucinant (ils me demandaient par ex. tous mes avis d’impôt sur le revenu depuis mes 18 ans, plus de 40 donc...).
Mais ainsi, en janvier 2023, j’ai eu la surprise d’avoir la prime d’activité (que comme plein de gens j’avais pas eu depuis des années qu’il fallait demander par internet au lieu de juste cocher la case prime pour l’emploi sur ta déclaration), et ce tous les mois. Mais là encore double peine : pour une année à 4000 ils filaient 230, l’année suivante à 5000 ça montait à 280, mais celle d’après à 1500 ben ils ont sucré 200 balles (comme si c’était de ma faute que les gens n’ont plus de sous pour s’acheter des bols, ou qu’on ne t’invite plus à st sulpice à paname parce qu'il faut laisser la place aux jeunes)
Par contre je dois dire quand ils ne m’ont filé plus que 77 € de prime d’activité, ils ont mis du rsa au bout d’un moment
En Allemagne, les artistes grands ou petits ont tous reçu 5000€ d’aide, sans condition, pour couvrir l’ensemble du manque lié au Covid. (info à vérifier quand même, je ne sais plus si ma source était officielle ou un simple tweet)
"le travail musculaire, bêtement mécanique"
ah qu'en termes élégants ces choses-là sont mises !
c'est marrant tous ces Germanopratins qui ne voyait ni problème ni danger jusqu'à ce que la foudre ne tombe à leurs pieds
Et Erner de demander le matin d 16 avril 26, à la défenseuse des Droits de se prononcer sur le cas Grasset; qui semble chez lui plus important que le racisme, les discriminations, l'état des prisons etc...
Bruckner, Fourest, Malka, Bhl, Enthoven, Venner... Manifestement ces auteurs sont plus attachés au PDG de Grassetqu'à la lute contre le fascisme.
Bolloré n'a pas cassé son jouet: d'autres attendent à la porte que la maison Grasset soit enfin livrée aux mains de la droite réactionnaire et raciste, afin d'être publiés sous le nom d'une grande maison reconnue
Nul doute que les 115 seront bien vite remplacés, et que Bolloré continuera sa prédation sur tout ce qui permettra la poursuite de la croisade (ou bataille culturelle, si vous préférez)
« Il y a une morale : Bolloré a cassé son jouet. »
Avec I-Télé et le JDD, cette méthode lui a plutôt réussi. Pourquoi pas cette fois encore ?
Oh non oh flûte je ne voulais pas poster cet article-ci dans ce forum-là ça n'a aucun rapport c'est un tout autre sujet qui ne ressemble pas du tout parce que ça n'a rien à voir je me suis trompé quel malheur.
la principauté... sans Bardella, mais avec des princesses, , je pense au Guépard de Visconti...
Nota Bene
Voici le verbatim de la lettre ouverte signée, mercredi 15 avril au soir, par plus d’une centaine d’auteurs qui annoncent leur décision de quitter les éditions Grasset pour dénoncer le « licenciement » de son PDG, Olivier Nora.
Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.
Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.
Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.
Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.
Chasse les intellos, ils reviendront au galop.
(c'est un peu cavalier — il y a des autrices et auteurs que j'apprécie dans la liste)
(mais c'était juste pour caser galop et cavalier, huhuhu)
Pourquoi casser une maison qu'on possède ?
Cette question me turlupine bien plus.
Pour séduire les idiots qui se sentiront vengés des intellos ?
Pour s'afficher en croisé luttant contre des moulins d'infidèles ?
Parce que le proprio a mis trois ans — oui c'est long — à se rendre compte qu'il payait des autrices et auteurs qui n'œuvraient pas à fond dans son sens ?
Ca sent surtout le "panurgisme", il a fallu un mouvement de masse pour que quelque chose se déclenche. Je pense que Bolloré ne dérange pas tant que ça la plupart de ces gens (3 ans, vous l'avez dit) et que, individuellement, ils/elles sont assez peu courageux.ses, c'était le risque de se griller de partir en claquant la porte. Là, le risque était de rester, de passer pour le/la faillot.te. Bref... 3 ans quoi...
Je conchie Bolloré pour l'ensemble de son oeuvre...
Mais , j'ai un grief supplémentaire contre lui : " qui aurait pu prévoir " que ce malfaisant m'oblige à être d'accord, une fois, une seule fois avec BHL, cet autre malfaisant.
Et , reconnaissons que la plupart des écrivains sont des être assez égocentriques : l'amour de soi laisse peu de place à l'amour d'autrui : on attend longtemps le moindre élan de solidarité fraternelle....
Excellent ! ;-)
Toujours intéressant de voir par quelles limites se distinguent ceux qu'on ne distingue pas, les tous-les-mêmes et les co-constructeurs. La vision du monde de Bolloré, vue de l'autre bout, vue de la gauche (enfin d'une gauche), elle n'est pas loin de l'univers moral d'un BHL ou d'une Fourest. Tout comme l'univers de l'Aube Dorée n'est pas très différent de l'univers de la Nea Demokratia. Tout comme le lepénisme n'est pas très distinct de la droite décomplexée post-sarkozienne.
Et puis paf, tout à coup un "ah bah non, là ça va trop loin pour moi". Inattendu. À l'époque du front républicain anti-lepen, c'était une question d'image (le pen caca, moi pas caca, beeeh, cela dit les immigrés quand même faut avouer...). Mais Bolloré, tout comme le RN qu'il adoube, n'ont pas le même stigmate que le FN de beaux jours. Il y a eu dédiabolisation et normalisation. Non ? Si ? La marque Bolloré n'est pas respectable ?
Elle est où la limite des labels, et elle est où la limite des contenus ? Elle semble exister, à un endroit nécessairement ridicule, mais intéressant et utile : c'est l'endroit qui, actuellement, scinde le camp Républicain aux USA, où il est aussi intéressant et rigolo de voir quand, et pour qui, ah là là mon Trump il exagère maintenant (manifestement, ça se joue autour du virilisme badaboum à l'étranger, alors que le virilisme pan pan à l'interne c'est super). Il y a des sortes de strates géologiques pas très simples à déceler, mais qui occasionnent des glissements. Il faut dissocier les bruns des beiges, comme dans, disons, un gâteau au chocolat. On va dire ça.
C'est fragile (on passe vite de la respectabilité à l'infréquentabilité, sur des critères capricieux). C'est ambivalent (certes c'est positif d'avoir tout de même un degré de fascisme jugé répulsif, mais ça absoud facilement le degré qui le jouxte). C'est plaisant (les loups entre eux). C'est... bien ?
Ces jours, je m'autorise doucement, timidement, en tremblotant, à croire passée la crête de la vague fasciste (qui se déplace d'ouest en est, du moins pour "l'occident"). Trump cesse doucement d'être cool. Le fascisme cesse doucement d'être cool. Alors, est-ce un symptôme ? Le début français de la phase "les fachos ? je les ai jamais réellement beaucoup aimés" qui grossit lentement aux USA ?
Ou pas ?
" Quand ils sont venus chercher les socialistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas socialiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes , je n'ai rien dit ,je n'étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs , je n'ai rien dit , je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher , et il ne restait personne pour protester "
Et la foudre tomba sur le centre-droit-centre-gauche des lettres - ça fait penser au bon vieux et terrible poème de Yeats : "Things fall apart ; the centre cannot hold / Mere anarchy is loose upon the world" (The second coming, 1919)