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Glyphosate : "Envoyé spécial" contre des journalistes, étape... au Sri-Lanka

Trois semaines après sa diffusion, le numéro d'Envoyé spécial sur le glyphosate, est à nouveau au cœur d'une polémique. Au centre : la suspension d'un prix prestigieux au bénéfice d'un chercheur sri lankais interrogé dans l'émission France 2, et dont la légitimité a été vivement contestée par des journalistes.

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En faisant volontairement le simpliste, n'importe quel "cide" (fongi-, herbi-, insecti-, etc.) est nécessairement mauvais pour la santé, à des degrés variés. Croire que l'homo sapiens est une espèce qui fonctionne en dehors du monde et différemment d(...)

sinon pour montrer que le service public peut quand même parler de ce sujet de manière plus rigoureuse scientifiquement quand il le veut :)
La Méthode scientifique : Glyphosate, un débat empoisonné

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C'est là où le problème d'une décision fondée sur la science pose problème. A t'on réellement besoin de preuves scientifiques pour faire preuve de prudence  ?  Les agissements de monsento en tant qu'entreprise ne sont ils pas répréhensible en soi  ?  Leur éthique douteuse et leur économie de monopole ne sont-elles pas suffisantes pour limiter leur pouvoir d'agir  ? Bref.

Sinon ça ressemble quand même à de l'agnotologie 101. L'industrie a appris de ses batailles. Et Nous  ?  

sinon pour montrer que le service public peut quand même parler de ce sujet de manière plus rigoureuse scientifiquement quand il le veut :)
La Méthode scientifique : Glyphosate, un débat empoisonné

En faisant volontairement le simpliste, n'importe quel "cide" (fongi-, herbi-, insecti-, etc.) est nécessairement mauvais pour la santé, à des degrés variés. Croire que l'homo sapiens est une espèce qui fonctionne en dehors du monde et différemment du reste du vivant est une connerie dangereuse, bien ancrée dans trop de têtes.  

Si "le prix AAAS de la liberté et de la responsabilité scientifique" ne tient pas vraiment compte de la qualité des travaux des chercheurs récompensés, ça serait peut-être plus clair (pour le grand public... mais aussi pour les journalistes !) si ce n'était pas une organisation scientifique qui le décernait, non ?

J'ai l'impression que la situation actuelle maximise le plus le biais cognitif 'Effet de halo' ; c'est en tout cas, mon interprétation du tweet d'Elise Lucet : elle fait le raisonnement "prix de la part d'une société savante prestigieuse => résultats scientifiques fiables"... mais sans tenir compte de la nature du prix :(

Avec ces polémiques, je m'inquiète de l'état de la science. Le temps et l'argent nécessaires aux études d'impact semblent manquer cruellement, d'autant que les risques à évaluer se diversifient avec les progrès. Ce temps n'est pas compatible avec le temps du journalisme à sensation, qui vulgarise et déforme chaque publication scientifique.

Récemment, la sortie du président Macron sur le chlordecone me rappelle furieusement le débat biaisé du glyphosate. On peut retrouver une interview de Luc Multigner qui expliquait en 2013 (après leur fameuse étude scientifique de 2010) qu'il n'y avait pas de lien encore avéré entre le chlordecone et les cancers de la prostate. Les mêmes viennent ensuite dire le contraire en 2019 dans un communiqué de presse. Et le président rétropédale dans la semoule...

Pour ceux qui connaissent le glyphosate, le chlordechone est dans la même catégorie, celle des viandes rouges, celle des probablement cancérigènes, celle pour laquelle on attend plus d'études pour sceller le sort. L'étude de Multigner et Blanchet n'était que la première pierre du consensus scientifique. C'est d'ailleurs la conclusion de l'article. Une controverse dans le milieu scientifique à l'époque (confessée dans le communiqué de presse) mais aucune contre-étude n'aura suivi. La construction s'est arrêtée là. Malheureusement, les chercheurs se sont convaincus que la fin de la construction était anecdotique, tant pis pour les réplications.

Cette spirale est infernale: article scientifique préliminaire, téléphone arabe des médias, validation par l'opinion, et finalement, des scientifiques qui se satisfont du ramdam qui confirme leur travail initial. Et le politique n'a plus d'autre choix que de courber l'échine. C'est pratique pour lui, il économise sur le budget recherche.


En vérité, je vous le dis, le monde scientifique va mal.

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