150
Commentaires

Gauche de gouvernement contre patronat : les médias jouent la guerre

Si l’on en croit les médias, le temps est revenu de la guerre entre patronat et gauche de gouvernement… Ça cogne, ça aboie, ça se fâche tout rouge et ça ressemblerait presque à un revival de la lutte des classes. Presque… parce que passé le spectacle mis en scène dans les pages, on ne voit pas très bien comment pourrait s’organiser un quelconque rapport de forces - lequel suppose qu’il y ait, des deux côtés (et non pas d’un seul), quelque chose qui soit structuré comme une force…

Derniers commentaires

Mais si l’expression voulait désigner le très vif ressentiment que j’entretiens à l’égard du Parti Socialiste en particulier, et de la Social-Démocratie en général, ne leur pardonnant pas d’avoir livré l’économie à la finance prédatrice et aux intérêts du capital, par voie de dérégulation massive dans les décennies passées, et de faire mine d’être tout étonné du funeste piège où l’on se trouve pris aujourd’hui, alors oui : je suis de cette gauche-là

J'adore.
Vous chipotez avec vos formule à la con.
rien à cirer des formules sous les ponts...
gamma
Utile rappel à ceux qui auraient tendance à l'oublier : @SI roule pour Mélenchon.

Je propose, en conséquence de transformer l'intitulé de "Arrêt sur images" en "Arrêt mélenchoniste sur images."

[techniquement : votre texte démarre par une analyse fort pertinente des manipulations de textes chères aux médias ; puis se transforme en éditorial de la "vraie" gauche critiquant la molle social-démocratie hollandaise]
Mise à jour du 5 novembre : réponse de la chroniqueuse au journaliste dans la suite de l'article...
Guerre, pas guerre ?
François Hollande va, dès le 15 novembre, mettre en perspective son action.
Très vite Alain Korkos nous tracera alors sur le tableau les lignes qui mettront subtilement en valeur toutes les directions (haut, bas, droite (!) gauche , travers etc..;) que nous n'avons pas perçues et qui lui serviront de repère pour les cinq ans à venir. Bon courage Alain et merci d'avance.
Heulo !

Un jour, ASI fera en sorte que nous soyons informé(e)s des mises à jour des articles, chroniques.
Ce sera sympa pour nous, hein !

Pas merci…
Je viens de lire un article de Laurent Mauduit, sur Mediapart, qui fait écho à la chronique de Judith. Article payant, donc malheureusement inaccessible aux non-abonné(e)s mediapartistes.

Voici un bref aperçu cependant :

- l'intro : "C’est une faute majeure qu’a commise François Hollande en annonçant, le 9 juillet, en ouverture de la Conférence sociale (lire Sur la pente dangereuse du social-libéralisme), que la première des priorités de son quinquennat serait le dossier de la compétitivité des entreprises. Il s’agit d’une faute politique, car le chef de l’État enfourche ainsi le cheval de bataille de la droite et des milieux patronaux. Et depuis, il ne cesse de payer le prix de cette embardée sur un terrain où la gauche avait tout à perdre – jusqu’à ses valeurs. Il s’agit aussi d’une faute économique et sociale car en vérité les études les plus sérieuses, à commencer par celle publiée cette semaine par le Haut conseil du financement de la protection sociale, mettent en valeur la mauvaise foi des campagnes patronales sur cette affaire de la compétitivité..."

- la conclusion : "... constamment, la droite et les milieux patronaux – et maintenant le gouvernement – font référence au modèle allemand, en rappelant le recours à la TVA pour financer la protection sociale. Mais le rapport (*) note bien que l’effet de cette réforme de la TVA n’a été que marginal et que la vraie raison de l’avantage compétitif pris par l’Allemagne, c'est une politique salariale tirée vers le bas.

Au total, c’est donc le mérite de ce rapport que de souligner, en creux, les arrière-pensées de ce débat sur la compétitivité. Pour beaucoup, il s’agit de remettre en cause jusqu’aux fondements du modèle social français et, de surcroît, de promouvoir une politique d’austérité salariale renforcée. Le « choc » que préconise Louis Gallois, c’est celui-là."
(in MP Laurent Mauduit)

(*) il s'agit du rapport du Haut conseil du financement de la protection sociale, instance mise en place par J-M Ayrault le 26 sept dernier.
C'est totalement vrai et totalement faux à la fois.
merci, Judith, super chronique...
avant je pensais que l'ennemi était le patronat et que le rapport de force se jouait entre salarié et patron par le recours à la grève.
ensuite j'ai cru que l'ennemi était l'état et les politiques et que le rapport de force se jouait entre le peuple et les gouvernement par le recours à la manifestation et la désobéissance civile non violente ou par le recours à l'insurrection pour les plus acharnés.
Ensuite j'ai cru que l'ennemi était la finance et que le rapport de force se jouait entre les états soutenus par leurs peuples et les banques, les multinationales, actionnaires, traders, fonds de pensions par le recours à la loi et éventuellement le recours militaire contre les paradis fiscaux.
En fait l'ennemi c'est la presse qui est devenu l'organe de propagande du patronat, des politiques et de la finance, que le rapport de force se joue entre humanistes et ploutocrates par le recours aux fourches, aux pioches et aux piques ou bien par une transformation radicale et profonde de l'école et bien sur des médias et tout particulièrement des Jités et des toquechauds où on peut pas parler plus de 10 secondes. L'école doit donner au peuple cette capacité à raisonner sur la base d'axiomes et d'hypothèses c'est à dire l'aptitude à changer de cadre et à prendre en compte exclusivement ce nouveau cadre pour raisonner, analyser, comprendre et imaginer.

décidément l'obscurantisme fait des petits de jour en jour et le véritable levier restera la bataille sémantique sur les ondes.
Il est bien tôt dix heures, et pas de chronique du matinaute, et pas de réponse aux questions sur la stagiaire furtive.

Patrick Guyot aurait-il kidnappé Daniel Schneirdermann ? Celui-ci serait-il parti faire acte de solidarité avec les résisteurs de NDDL ?

Vite, une réponse !
Ah .Judith,je n'en finirais pas de chanter vos louanges, la grammaire, la sémantique ne sont pas fascistes (pauvre Barthes, ou peut être Foucault ... j'ai un trou.), c'est la clef de tout, prenons les mots au sérieux,contexte et connotations compris, et tout s'éclaire.

Merveilleuse Judith
Excellente analyse. Merci, Judith.
Bob Ricard (très joli chapeau), Judith ! Tout est dit, comme toujours, avec les mots justes et précis, frappés au coin de la pertinence. C'est pas juste pour les autres d'analyser et d'écrire aussi chouettement. Vous devriez avoir honte, mais merci quand même.
Pour ceusses qui n'auraient pas vu Judith couper en deux les réalistes, les tièdes et l'insupportable Onfray, 3 minutes de CSOJ.
Pan !
Chronique intéressante, sauf que, sauf que...
...
Vous n'êtes pas étudiante en école de commerce, Judith. C'est mon cas.

Comment dire? Depuis l'élection d'Hollande, les chevaux sont lâchés. Pour mes camarades, toute annonce, tout "couac" est prétexte à un procès en incompétence et/ou "mais ils veulent détruire la France". Chez les étudiants du master en "entrepreneuriat", j'entends tous les jours : "de toute façon je ne monterai pas ma boîte en France". À force de le dire, je m'étonne même qu'ils n'aient toujours pas fait 15 kilomètres (l'école est à Roubaix) pour déposer leurs statuts à Tournai ou Courtrai.

Alors non, ce n'est pas un état de guerre, loin de là. On peut même parler de l'expression démocratique et normale de l'opposition. Sauf que, sauf que, à titre personnel quand je m'oppose à quelque chose, j'essaie d'y apporter des réponses rationnelles et factuelles. Ici, non. Tout est réflexe, basé sur un certain nombre de croyances (en gros, l'impôt et l'État sont adverses à l'efficacité économique), et aucune argumentation n'est basée sur des faits. Puisque c'est "la gauche française", alors c'est mal.

Vous avez raison, toujours pas d'état de guerre. Mais l'omniprésence du discours irrationnel et la critique systématique émanant du milieu patronal peuvent parfois donner envie de se cacher dans une tranchée.
Rappel :

Principal actionnaire de Libé : Rothschild,
Principal actionnaire du JDD : Lagardère,

Rothschild et Lagardère, membres de l’Afep qui signe l'appel dans le JDD.

La boucle est bouclée.
Merci Judith !
Juste une remarque : vous ne soulignez à aucun moment que la Une de Libé utilise l'iconographie de la manifestation.
Banderole (c'est pour cela que leurs mains dépassent sur la typographie), point levé, porte-voix, nous sommes dans le registre
de la revendication de rue (tendance communiste).
C'est une inversion de sens, une espèce de « novimage » (une novlangue de l'image) qui me rappelle la menace de manifs des pigeons
et des anti-mariage pour tous (de droite).
un bel exemple de société du spectacle dénoncé par guy Debord il y aura bientôt 50 ans;
Après avoir remplacé la nature par le spectacle d'une pseudo nature recomposée artificiellement dans nos jardin.
voici le temps de la lutte des classes remplacé par le spectacle d'une lutte pour de faux où les posture se succèdent sans action authentique ...

Dans les autres champs de la vie cela s'appelle une escroquerie
En politique c'est une trahison !

à quand un comité de salut publique ?
que le les socialistes français soient devenus à ce point Girondin
est également une trahison de leur Histoire
cela dépasse l'entendement ...
Excellent article... Merci ;-)
Au journal de 18h à France Inter, grand moment de patinage artistique de Jean-Vincent Placé sur les sujets sur lesquels il ne pouvait pas transiger (je le cite) : Flamanville… et NDDL !

Il dit se battre pour que cet aéroport n’ait pas d’existence.. mais ne fait rien pour que les arbres et les humains qui vivent à NDDL y continuent leur existence !

Lui et sa bande d’élus écorigolos ont intérêt à rouler jour et nuit dans leurs belles voitures de fonction : ils ne sont pas à la veille d’être réélus !
parce qu’avoir un ennemi donne l’illusion d’avoir une identité

Bon article Judith, mais si vous pouviez le faire lire a votre capitaine, je pense qu'il y a matière à réflexion pour lui aussi...
Ouch, le croc-en-jambe, hey...
Ou comment faire d'une pierre deux coups.
Moi?? J'ai rien fait!!!
Ouais, en même temps, moi, je ne vois même pas à quel ennemi vous pensez... Chuis naïve, hein. Mais sûre d'une chose : le Capitaine a lu (sinon il n'aurait pas validé).
Je ne prétends pas que le capitaine joue consciemment un double jeu... sûr que votre article lui a plu... Je dis simplement que "l'adversaire" d'@si pourrait être la médiacratie... Et que d'une certaine manière, taper sur pujadas, Libé et consort... peut aussi donner une identité...
Après, je ne vais pas vous refaire le film, j'écris comme un pied... Pierre Carles, Bourdieu... vous connaissez la musique...
Et ne me volez pas ma réplique s'il vous plaît... C'est moi le naïf, le grognon... comme tous les râleurs de ce forum...

Au fait! Le débat est vraiment possible?
Il lit tout ?
Alors, il peut remplacer Mireille par un(e) stagiaire FaceBook.
Analyse pertinente que je partage complètement. Cependant je rajouterai deux points.

1- Il ne faut pas oublier le rôle de l'UMP qui, contre toute évidence, tient à peu près le même discours, à savoir que les français aurait élu un gouvernement de dangereux gauchistes. C'était d'ailleurs l'un des arguments de campagne de Sarkozy, parfaitement ridicule lorsque l'on avait lu le "projet" de Hollande. Malheureusement cette évidence n'avait manifestement pas sauté aux yeux des journalistes qui monopolisaient le "débat".
Lors du débat Fillon/Copé pour la présidence de l'UMP, ces derniers ont même affirmé pour étayer ce point de vue que le PS était de toute façon "allié" au Front de gauche assimilé bien entendu à l'extrême gauche. Là aussi il faut une certaine myopie politique (ou une volonté de désinformation) pour soutenir cette thèse. D'ailleurs les votes récents des députés FdG (http://www.mediapart.fr/journal/france/311012/le-chiffon-rouge-brule-entre-ps-et-front-de-gauche) prouvent que ces gens ne comprennent rien à la scène politique actuelle. Ou alors, hypothèse qui a ma préférence, qu'ils cherchent par tous les moyens à manipuler l'opinion en créant un clivage fictif entre les deux partis principaux, qui malheureusement s'abreuvent à la même source idéologique. Lorsque la droite et la "gauche" officielle disent la même chose, sur le plan économique en particulier, comment faire pour médiatiser cela sans offrir un boulevard au FdG? Créer une opposition artificielle, que les membres des deux partis protagonistes sont trop heureux de jouer avec le maximum de dramatisation.


2- Il me semble quand même que Libération a infléchi son discours hollandolâtre. J'ai lu dans ce journal une critique assez sévère de la politique fiscale du gouvernement, et l'attaque contre B.Arnaud en une était assez surprenante. L'attaque des patrons et des ultra-riches étant jusque-là réservée aux "extrémistes" du Front de gauche et à leurs divers soutiens. Cela prouve selon moi une pseudo-radicalisation qui aurait été impossible à imaginer il y a encore quelques mois. Je pense que, telle une girouette, la rédaction sent que l'opinion de gauche se détache de la politique gouvernementale, elle suit le vent et légitime ainsi des positions politiques qui jusque là étaient considérées comme ridicules. Autrement dit les idées du FdG sont en train d'infuser tranquillement dans le peuple de gauche, et paradoxalement cette mise en scène grotesque sur la forme, révèle cet état de fait plus profond. II s'agit maintenant pour le FdG de réussir à capter ce mécontentement grandissant, en évitant que celui-ci ne se réfugie dans l'abstention ou pire dans l'extrême droite.
C'est vrai que quand les patrons du CAC40 disent
"nous sommes arrivés au bout de ce qui est supportable" Le JDD manipule le nous de cette déclaration.

Mais lorsque François Hollande déclare, lui :
« Il est clair que la crise de la zone euro n’est pas terminée, mais nous commençons à en voir “le début de la fin” on se demande de qui, à part lui, ce nous est le substantif.
« Le paradoxe qui veut qu’ayant tous les pouvoirs, la gauche de gouvernement paraît n’avoir jamais autant manqué de force. »

Elle manque de force pour une bonne raison : ces pouvoirs ne sont pas le pouvoir, celui de l’argent qui commande, et contre lequel la Hollande n’a envisagé que des mesurettes qui tiennent moins du vrai remède que de la pommade Debré (inventée, si je me souviens bien, par des paysans manifestant contre le PM de De Gaulle)
Comme les autres, j'ai voté. Ça mérite même d'être encadré tant la démonstration défroque les socialos en peau de lapin et leurs organes de presse qui relaient propagande et effets de manche avec complaisance.
Faut dire aussi qu'après avoir roulé Chavez dans le lisier pendant 3 semaines dans leurs colonnes (ça devrait reprendre avec Correa en 2013), certains ont une virginité de gauche à se refaire...
Qu'on puisse être de droite, j'arrive (encore) à comprendre le cheminement mais social-démocrate... Ah si, c'est la Drauche !

(Sinon, deux mini-fautes de frappe : "parce que le "surjeu"", "s'étrangle Vincent Giré")
"Mais à cette évidence, Libération ne saurait se résoudre tout à fait – car cette gauche de gouvernement est celle que le journal a soutenue et appelée de ses vœux, et reconnaître le total dégonflage de celle-ci serait admettre sa propre déconfiture idéologique."

Ah tiens ?
J'aurais eu plutôt tendance à croire qu'elle s'y était bien résolue... mais pas résolue à l'afficher austensiblement.
Ou plutôt bien résolue à maintenir le brouillage sur ce en quoi consiste la social-démocratie aujourd'hui. Pas un déni de réalité donc mais un exercice de camouflage, en toute (bonne) conscience.
En somme, fabriquer du leurre encore et toujours, même si de moins en moins en sont dupes...

Merci en tout cas Judith, de tenir aussi bien la barre lorsque vient votre tour d'être de quart.
En effet, plus le gouvernement s'aligne sur les positions du grand patronat, plus il a intérêt à ce qu'on fasse semblant que c'est la guerre, et Libé lui rend un fier service en dramatisant les relations. Le grand patronat aussi a intérêt à ce qu'on le croie en guerre contre le gouvernement, cela valorise une partie de ses victoires et masque l'autre. Possible que la "une" du JDD ne lui déplaise pas tant que ça. Ainsi, nous avons deux larrons en foire, qui feignent d'être ennemis pour mieux duper les gogos (nous).

Merci Judith de rendre tout ça tellement clair.

Et pendant ce temps là, à Notre Dame des Landes, les occupants sans titres s'accrochent aux branches, et les gendarmes en tombent. Tiens, au fait, ils en pensent quoi, les gendarmes de ce boulot qui consiste à écraser la forêt, déloger des cabanes perchées des occupants pacifiques, détruire des maisons, et même risquer leur vie pour avoir mal ajusté leur harnais, tout ça au service... d'un très grand patron, précisément: Vinci, qui escompte de fameux profits pour une mise énorme mais somme toute modeste, puisque l'état paiera la moitié des investissements directs, et la totalité des investissements indirects. Heureusement que c'est pour rire, leur "ultimatum", ils seraient sacrément ingrats de se plaindre. Car aujourd'hui c'est Vinci, mais les autres attendent leur tour et ne seront pas déçus, je gage.
bravo !
voté du nez ( ça rime )
gamma
J'applaudis des deux mains, j'ai voté pour la chronique (j'y pense pas souvent).
A part la curieuse crédulité concernant le patriotisme des grands patrons, tout est dit.
Y manquent pas d'air, chez Libé !
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.