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François Fillon et ses motifs de satisfaction

Lundi matin, c’est la rentrée : sortir de la douche, dans le babil quotidien de France Info, et reconnaître entre serviette et buée la voix de notre premier Ministre, François Fillon.

Derniers commentaires

Pourquoi "douloureux et affigeant" cet exercice de décryptage que vous pratiquez, Judith? Je le crois nécessaire, salutaire et tonique pour vos lecteurs. Je ne me lasse pas de vos chroniques. Merci.
Bravo Judith pour vos chroniques.

On peut reprocher beaucoup de choses à François Fillon mais on peut et on doit le remercier de sa franchise. Effectivement, le libéralisme (économique) règne en maître dans notre belle démocratie jusqu'à avoir contaminé les esprits et ce, depuis bien longtemps déjà. Il exerce sa domination grâce à la plupart des politiques et de soi-disant journalistes qui ont décidé de travailler moins pour gagner autant ou plus et qui n'ont plus de journalistes que le nom.
Cette idéologie est propagée par la langue qu'ils emploient d'une manière assez habile : c'est par le biais de l'implicite (le présupposé et le sous-entendu) que ces valeurs libérales sont transmises. Or, comment lutter contre ces dernières lorsqu'elles avancent cachées ? Eh bien, en essayant autant que possible de les démasquer en décryptant la langue qui les porte. Vous voulez un exemple ? Prenez le mot "réforme". Ce terme est exclusivement utilisé par tous ou presque avec une connotation positive, la réforme devient une amélioration apportée dans un domaine ou un autre. A partir de là, il suffit d'appeler toute modification opérée,fût-elle génératrice de régression sociale, "réforme" et le tour est joué ! Si vos interlocuteurs s'opposent à ce changement, il s'oppose à la réforme, à ce qui est bien, bon et vrai, ils deviennent "réformicides" ! Tiens, j'y pense, voilà une idée pour Rachida Dati, qui doit s'ennuyer depuis qu'elle ne passe plus son temps en séances d'essayage chez Dior : modifier à nouveau le code pénal pour prendre en compte ce nouveau délit. J'en profite pour livrer à votre réflexion une autre expression que je trouve tout aussi savoureuse : la fameuse "modernisation du marché du travail".


Pour finir, si vous aussi, vous trouvez tout cela "jubilatoire", je vous conseille la lecture d'un petit livre (122 pages, seulement 6€ !) accessible à tous d'Eric Hazan publié en février 2006 aux éditions Raisons d'agir intitulé LQR et sous titré Lingua Quintae Respublicae, La propagande du quotidien dont je permets de reproduire ici la quatrième de couverture.

"De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les "20 heures" des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s'installe : plus est parlée, et plus ce qu'elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l'une des armes les plus efficaces du maintien de l'ordre.
Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d'essorer les mots jusqu'à ce qu'ils en perdent leur sens, son exploitation des "valeurs universelles" et de la "lutte antiterroriste". Désormais, il n'y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d'exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C'est ainsi que la LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission."

Bonne lecture à tous et bon courage à Judith Bernard qui ne risque pas de manquer de travail (conservez toutefois de l'énergie pour la création artistique...).
Vi(r)gile
Aucun commentaire (sic) à cette chronique brillante qui se suffit à elle même dans l'éclat de sa lucidité (n'en jetez plus!)…
Vous n´êtes pas la seule, Judith, je vous assure. Merci encore une fois pour crier votre effroi, que moi et bien des autres qui m´entourent partageons.

Amicalement
Susana
Et bien je suis rassuré, je ne suis pas le seul à prendre une douche le matin et écouter france info en me séchant.
Surtout, je me sens moins seul à trouver hallucinant les discours politiques/médiatiques (je finis par ne plus trop savoir ce qui relève de quoi) tant le discours médiatique relaye bien l'idéologie politique dominante. C'est d'autant plus balot quand on n'y adhère pas, car même si je n'ai pas la télé, ce discours, cette idéologie se répand au delà des média, peut-être aussi parce que le public n'est pas assez éduqué, et que la télévision n'ose pas s'avouer orienté politiquement, et à force de se répéter neutre les spectateurs passifs ont fini par y croire (tiens, comme Apathie qui n'est neutre qu'à la télé mais qui a une opinion en dehors comme le montre la chronique avec JFK). Enfin le pire, c'est exactement ce que Judith souligne, admirablement, c'est que c'était bien là un objectif du gouvernement, "laver" le cerveau des gens pour les amener sur le terrain idéologique souhaité. Si encore c'était involontairement, à cause d'un système défaillant, mal expliqué, imprévu que le fait d'avoir le pouvoir médiatique entrainait une adhésion de masse à l'idéologie exprimée mécaniquement. Mais là non, ils ont travaillé pour puisque ce ne sont pas les français qui l'on fait spontanément et activement (oui oui, nous, là pour le coup nous sommes tous français, sauf ceux qui avaient déjà cette idéologie bien ancrée dans la cabosse puisque les "français" ont été "emmené "par ces gens au dessus qui savaient comment penser).

Bref, comme je disais avant l'élection, vigilance ! Toujours être vigilant avec ces gens qui savent et qui ont des solutions avant même de prendre connaissance des problèmes... il n'y a qu'une chose à la fois rassurante et effrayante, c'est que ces personnes politiques n'ont que les pouvoirs qu'on leur accorde.
Vous voyez déjà au moins , qu'ici vous n'êtes pas la seule à l'avoir ressenti , cet effroi. Je signale aussi que Laurent Joffrin , dans son éditorial de ce matin reprend exactement ce passage de l'interview de Fillon sur France-Info . Peut-être qu'il vous avait lue ...
J'ai eu un coup d'effroi du même ordre en entendant des jeunes militants de l'UMP à la radio déclarer(à peu près) : "aujourd'hui, s'il y en a qui sont proches des révolutionnaires de 68 c'est bien nous car c'est nous qui sommes pour les libertés".
Si ça c'est pas un retournement idéologique aussi. La gauche serait devenue réac. J'avais envie de lui répondre : la liberté de quoi ? d'exploiter sans scrupules son prochain ?
l´ideologie que nous voulons,
voir ici quelques exemples ump notoires
http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid1830-c-zapping.html?
S'il en était encore besoin, voici un renfort de taille, Judith, en la personne de M. SZAFRAN, directeur de Marianne, qui, dans son dernier édito, épingle à son tour le PM sur cette question de l'idéologie.
Il écrit notamment : [... La semaine dernière, Fillon nous a annoncé sa "victoire idéologique" car il a su entraîner "les Français sur le terrain de la droite" Rien que ça !]

Ce n'est pas la phrase prononcée sur france-info mais c'est la même idée. Je suppose que Fillon a déjà utilisé cet argument ailleurs, avant, mais j'ignore dans quelles circonstances. N'étant pas adhérent de son fan-club, je ne suis pas non plus sa tournée des "popottes" avec assiduité.
Glacée comme Judith et du coup je relie sa chronique à un merveilleux petit texte sur la grenouille cuite, dû à Olivier Clerc, écrivain et philosophe, qui a écrit en 2005 plusieurs petits contes d'une bien bonne richesse d'enseignement.



Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite.

Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.
Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons. Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisés, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.

Au nom du progrès et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.

Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire dramatique. Le gavage permanent d'informations de la part des média sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses... Lorsque j'ai annoncé ces choses pour la première fois, c'était pour demain, là, c'est pour aujourd'hui.

Alors si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuite, donnez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard.
Merci Judith pour votre décryptage (et au delà merci pour votre chronique)
Comme disait ma grand-mère on lui donnerait le bon dieu sans confession à ce cher premier ministre tant le ton est calme et serein... à condition de n'être pas trop attentif à ce qu'il dit...
Seulement voilà...
Idéologie et débat, quelle étrange association !...
Et où sont les débats effectivement !... Dans les "face à face" qu'on nous impose tout azimut et dont on voit bien que l'effet est d'opposer les uns aux autres (les profs et les non profs, les "sans papiers" et les demandeurs d'emploi, entre autres ? "A tout jamais" cette opposition imposée et stérile ?
Non Judith vous n'êtes pas la seule à avoir frissonné !
bonjour

Mr Fillon fait référence à son idéologie dans son vomi propre étalé sur France Info
1- quelle est précisément cette idéologie?
2- si c'est nouveau, qui vient-il de rencontrer?

Ce lundi je me rappelle avoir ouvert le poste sur Farce Info loin d'être hypnotisé je suis passé sur France Cul. Là, sévissait l'oeil de Moscofmi se lavant les dents pour son prochain rendez-vous avec le peuple.Le peuple aillant une commission urgente, à éteint le poste et s'est exécuté

Si j'ose dire, votre "papier" est excellent Judith
est-ce que j'ai bien compris? J'ai l'impression que Judith vient de découvrir qu'une part importante de l'activité des politiques consiste à faire ce qui s'appelle en anglais "to frame the debate"

Mais cette histoire me fait penser à un article sur l'admistration Bush qui avait révélé bien pire (ils sont toujours en avance les américains): ils n'ont même pas besoin de manipuler l'opinion parcequ'ils créent leur propore réalité:

In the summer of 2002, after I had written an article in Esquire that the White House didn't like about Bush's former communications director, Karen Hughes, I had a meeting with a senior adviser to Bush. He expressed the White House's displeasure, and then he told me something that at the time I didn't fully comprehend -- but which I now believe gets to the very heart of the Bush presidency.

The aide said that guys like me were ''in what we call the reality-based community,'' which he defined as people who ''believe that solutions emerge from your judicious study of discernible reality.'' I nodded and murmured something about enlightenment principles and empiricism. He cut me off. ''That's not the way the world really works anymore,'' he continued. ''We're an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you're studying that reality -- judiciously, as you will -- we'll act again, creating other new realities, which you can study too, and that's how things will sort out. We're history's actors . . . and you, all of you, will be left to just study what we do.''


cet article est devenu célèbre
Alors n'y a-t-il que des bobos de gauche à ASi?
Bon sang! De comprendre maintenant que les politiques n'ont plus le pouvoir parce que dans le monde libéral et mondialisé l'économie dirige le politique par l'Europe et les lobbies comme aux USA, c'est franchement être un peu en retard! Comme quoi vous préféreriez qu'il n'avoue pas qu'il ne peut plus faire que de l'idéologie, vous préféreriez une droite complexée et une gauche muette mais à l'étiquette progressiste, vous ne voulez même pas de sa sincérité car c'est la seule chose qu'il peut promettre : assumer sa position de politique qui a gagné aux élections sur le terrain idéologique anti-mai68 et réactionnaire!

Que l'opinion publique soit amenée à plus de libéralisme, je ne crois pas que ce soit un mal, dans la mesure où les médias sont fondamentalement à gauche, d'espérer équilibrer la donne des désirs et préoccupations véhiculées à la TV, radio et presse du peuple (les médias ne sont à gauche que par clientèlisme; l'émotion pour les victimes, etc.). Cela permet d'aborder les problèmes avec plus de lucidité et de tempérament, d'aborder ce qui reste de politique dans l'optique d'une gestion sans passion. Regardez seulement comment la gauche va se dissocier : les plus à gauche vont retrouver le siège confortable de leader de l'opposition réolutionnaire, les sociaux démocrates vont appeler à la responsabilisation réformiste mais pas trop, exactement comme la droite! Ils sont poussés à prendre en compte la réalité de la mondialisation et n'ont pas de réponses non plus.
Qu'après il faille se méfier de là où cela nous emmène, je suis d'accord mais il s'agit alors d'opinions politiques sur les méthodes à suivre : comment ne pas tomber dans l'ultra-libéralisme, peut-être ne faut-il pas se rapprocher trop des américains, etc... Chacun a son point de vue, mais que ce soit clair : ce gouvernement qui communique plus, semble être en mesure de pouvoir en faire plus grâce à la victoire idéologique, condition nécessaire. Pour autant, tous ceux de droite convaincus par les discours de campagne se mordent les doigts du bling bling, de la shoah en cm2, de la lettre de guy moquet, et du feuilleton sentimental d'un président surexcité... sur place. A droite, ils devaient apporter une réponse et permettre l'application concrète de cette réponse idéologique à un monopole gauchiste de trente ans et rien ne se passe correctement, beaucoup s'en désolent.

Mais votre effroi, dans une anaphore beaucoup moins rassurante, n'est pour moi que l'expression de votre difficulté à admettre la défaite du politique face à l'économie, la peur de la décomplexion de vos adversaires idéologiques et surtout l'impression d'être dépassée par ce nouvel argument consistant à avouer ses techniques politiques comme une faiblesse réelle devant un échec à venir inéluctable. Vous voulez nous faire nous en méfier comme de la peste : trop facile de s'en sortir comme cela, ils n'avaient qu'à ne pas prendre le pouvoir si ce n'est pas pour réussir, etc... Mais finalement, vous ne faites que préservez votre opinion d'opposante au gouvernement, préservant la lutte idéologique en expliquant qu'il ne fait que se réjouir des débats déplacés sur son terrrain : mais déjà tous, toujours, ne se sont jamais réjouis que de participer et d'influencer les débats! Ce sont des politiciens!
Pour mener une politique et pouvoir la faire voter, de toutes façon il faut gagner sur le plan idéologique. Pendant l'exercice du pouvoir, il faut ensuite conserver l'opinion. Regardez comment Lagarde supprime des avantages fiscaux aux classes moyennes par exemple, pour compenser le paquet fiscal donné aux très riches ; pour ce faire, ils sont obligés de se contredire : attali le copain de Mitterrand a fait trois cents propositions quasi-ultralibérales! Et vous les blâmez d'un cynisme nouveau? Mais si vous êtes d'aussi mauvaise foi qu'eux, il ne reste à Fillon que la vérité comme argument de vente!! Chacun tente de se démarquer!

La fin du story telling correspond à la fin du politique en temps que pouvoir dominant. D'autre part, c'est la presse et non le politique qui fait l'opinion dominante.
Sérieusement, votre effroi résulte du fait que s'il se trouve des excuses, vous ne savez plus contre qui vous positionner alors qu'il y a des chances que cette honnêteté soit bien plus l'aveu d'une perte de pouvoir que l'assurance d'un super pouvoir ! Ils peuvent avouer leurs ficelles parce qu'ils perdent de l'importance, et qu'ils doivent jouer contre des nouveaux qui en prennent et qui se mettent à utiliser ces mêmes ficelles avec un moindre soupçon du peuple : les patrons, un peu comme Michel E. Leclerc qui se dit proche du peuple, qui critique l'Etat... Un supermarché dans l'opposition, voilà le comble du cynisme aujourd'hui. Contre ceux qui n'ont pas la responsabilité politique, qui ne seront jamais décrétés responsables devant l'opinion, les politiques ne peuvent qu'être sincères... Aujourd'hui ils sont contents car demain sera pire.
Absolument d'accord avec vous Judith.

Ce gouvernement est idéologique, je le pensais depuis longtemps, mais ici vous montrez qu'il l'assume, qu'il s'assume comme droitier, libéral, n'agissant pas au nom du bien public, mais au nom d'un corps de doctrines qu'il revendique.

Et nous sommes bien au pied du mur de la confrontation, de la frontale confrontation. En tout cas pour moi, la guerre est déclarée aux pauvres et non à la misère, aux chômeurs et non au chômage, aux sans papiers et non à la condition clandestine.

Et plus que jamais, je sais que je suis dans le camp de l'opposition.

Quand à Sarkozy, son inconscient n'a-t-il pas parlé très fort en disant que les gens pensent qu'il fait la politique pour certains, et qu'ils ont raison de le croire....

La boucle est bouclée, c'est en cela que la droite est décomplexée, elle peut tranquillement enfiler un coin dans la solidarité nationale, démanteler la politique sociale, parce qu'elle en veut aux individus qui n'ont pas réussi, elle leur en fait grief, elle veut les éradiquer, les culpabiliser, les mettre au banc de la société des "bien-pensants", c'est-à-dire à ceux qui pensent comme elle.


http://anthropia.blogg.org
C'est vrai que Fillon révèle ici quelque chose de très important : son idéologie de droite. D'une certaine façon , il place désormais la politique dans un domaine assez inédit : la mystique.
Car tout ça me sonne aux oreilles comme si il était maintenant question de croyance , qui peut éventuellement libérer les hommes de leur quotidien terre à terre. La politique devient une sorte de mystique républicaine. Et le plus fort , c'est que maintenant , c'est la social-démocratie qui apparait comme pragmatique, logique et gestionnaire !!!

Il y a là hic...
Merci Judith pour ce texte
et rassurez-vous vous n'êtes pas la seule à avoir relevé la chose
http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2008/05/franois-fillon-raison.html
C'est en cela qu'il est plus fort que Sarkozy : il conceptualise. Là où le président parle en images ou lit des discours déjà machés (rappelez-vous de la politique-de-civilisation) son "ex-collaborateur" fait rager certains auditeurs, dont je fait partie.

Je me dit : Comment ose-t-il jubiler ! Comment ose-t-il faire un bilan "idéologique" à défaut de bilan opérationnel !

Et j'espère pour sa tête, qu'il saura la baisser au passage du boomerang.
Etre paralysé par ces Chien de Garde ( Fillon et ses fils), ? Vous leur donnez plus d'importance qu'ils n'en ont...Oui, je ne comprends pas votre effroi, chère Judith. Continuez vos bricolages dans la Solitude de pensée, accumulez les grains de sable. Et l'effroi sera de l'autre côté.
La douche froide dès le matin moi non plus je n'aime pas, mais pas du tout,. En regardant bien Fillion, je me demande s'il est aussi à l'aise de sa réussite (nous roulez dans la farine). N'avez-vous pas remarqué qu'il se trémousse sur sa chaise (peut-être du fluide glacial), son visage n'est pas si serein, il pourrait avoir des doutes ? C'est ce que j'aime à croire. Je résumerais comme ca : du passé faisons table rase, je sais c'est pas de droite, Vive nous Fillion et Sarko, il nous suffit de vous convaincre chers Français, à notre blabla seul possible, objectif, on vous l'a déjà bien enfoncé dans le crâne et maintenant exécution. Nous continuerons dans la même voie à droite toute, nous n'avons pas été assez vite dans les réformes, c'est pour ça que la Gauche s'en est plutôt bien sorti aux municipales, parce que nous n'allons pas assez vite, Français, vous n'avez pas encore constaté le résultat de l'application de nos brillantes idées dans votre quotidien; nous allons mettre le turbo et vous allez voir ce que vous allez voir ! Nous avons encore 4 ans avant le bilan, un an c'est trop court même pour Zorro.


Deux choses très pragmatiques : GDF va encore augmenté ses prix en juillet, et les retraites vont prendre 0,8 % d'augmentation en septembre. Franchement que quoi pourrions -nous nous plaindre ?
Chère Judith,
Ces propos de Fillon ne sont-ils pas aussi le reflet d'une conception de l'éducation à la mode l'UMP ?
Cela me semble tellement proche des discours tenus continuellement par les membres du gouvernement. vous savez les : "Nous devons expliquer aux Français le sens de cette réforme..."; "Il nous faut être pédagogiques car les Français ne comprendraient pas que ..."; "Nous n'avons pas été assez clairs sur ce sujet..."
Du prêt à penser, en somme.
.. étant que la libre-expression puisse exister sans censure ni modération injustifiées; ce qui permettrait, grâce au journalisme de bonne volonté, de réduire cette idéologie réactionnaire à une soupe qui finira bien par être recrachée en bloc par les aveuglés prétendument décomplexés. Ce qui impliquerait des questions posées d'un autre ordre, et leur redondance jusqu'à obtenir une réponse claire; ainsi que des arguments s'appuyant sur des faits, détruisant des allégations vaillamment énoncées par notre petit de soldat de service qui fit tant pour l'éducation nationale pendant son temps.
Qu'en pensez-vous ? (bis) ;-)
L'idéologie réactionnaire est donc de plus en plus décomplexée : c'est en effet une belle victoire pour la droite, pas si récente qu'on veut bien le croire hélas ; pire c'est loin d'être la seule. J'ai bien peur qu'au lieu d'être un constat d'échec, cette petite phrase sonne comme une fanfaronnade : "On fait tout ce qu'on veut et en plus, personne ne n'ose plus nous opposer d'argument de crainte d'être ringardisé. En prime nous pouvons même nous permettre de dévoiler notre dispositif idéologique pour ce qu'il est sans aucun risque".
Pas très optimiste je sais...
Merci de cette chronique Judith, même si j'aurais employé le terme de propagande plutôt que storytelling (un terme moins précis et trop à la mode)
Bon, il ne reste plus à Arrêt sur Images qu'à mettre ses analyses des médias au diapason des idées que vous développez, à savoir se mettre à décrypter en quoi le discours médiatique vient en appui de l'hégémonique idéologique de la droite aujourd'hui, plutôt que de faire de la critique diluée et purement cosmétique comme c'est le cas actuellement.
Vive la propagande!!

ça Marche!!! incroyable... Goebbels avait raison!! Faisons comme lui. (et un point Godwin, Un).

Mais en fait il y a d'autres inventeurs de la propagande (cf l'excellente emission "là-bas si j'y suis" de daniel Mermet sur là-bas.org, plus precisément l'emission sur un quebecois qui explique l'invention de la propagande, en gros, mais je ne me rappelle plus du titre de l'emission, désolé)

Bref, quand Nicolas the First (et non pas the fist) déclare "oui, j'ai fait des erreurs : sur le paquet fiscal, on a pas su bien communiquer" (ou quelque chose dans le genre), pour moi ça veut dire : "la propagande n'a pas bien fonctionné". Et dire cela est très grave, bien que ça paraisse une évidence (plus c'est gros, mieux ça passe), car nous sommes censés etre en démocratie, c'est à dire une société où les opinions sont libres, et les débats honnetes. Or la propagande, c'est malhonnete, c'est profiter de l'ignorance, de la credulité, et de la confiance naturelle qu'ont les gens envers leurs semblables (et notamment envers ceux à qui les gens, le peuple DONNE le pouvoir).

Donc aujourd'hui, on peut dire trankillou devant des millions de gens : oui cette fois lapropagande n'a pas marché (mais pour tout le reste du temps, la propagande marche du tonnerre).

Bientot les gouvernants diront : vous etes vraiment débiles, on vous entube completement (mais avec le sourire), bossez bande d'esclaves, et surtout ne dites rien.

Et aucune réaction (vu que finallement c'est eux qui réagissent).
Enfin il faudrait mieux définir le "eux", les "gouvernants" : moi j'ai une vison plutot sociologique de la société, à la Bourdieu. En fait, le champs social (qui peut être décomposé en différents champs : artistique, journalistique, scientifique, etc) est un champs de forces où les agents agissent en grande partie en fonction de leur position sociale, et non par un raisonnement 100% rationnel visant à satisfaire des interets personnels consciemment. Les gens agissent inconsciemment du fait de leur position sociale. Pour schematiser, le riche (en capital, qui peut etre culturel ou economique) agira plutot dans l'interet des riches, pour perpetuer le champs tel quel en quelque sorte. En plus, une personne d'un certain rang social visera toujours le rang au dessus : il voudra imiter les us, coutumes et valeurs de la" classe" superieur pour y acceder. Entre parenthèses, comme les très riches gaspillent enormément -tout en polluant à l'extreme-, c'est toute la société qui gaspille par l'effet décrit juste avant, et le monde entier qui court à sa perte (plus de ressources, plus de nourriture, plus d'eau potable, etc).

Donc, pour en revenir à nos moutons, les journalistes, qui sont juste en dessous des politichiens, sont en fait très proches les uns des autres. Il y a beaucoup plus de liens entre journaliste et politiciens, qu'entre journaliste et ouvrier (cela me parait evident, mais cette evidence merite d'etre soulignée). Les journalistes, en fait, défendent les interets des politiciens, c'est un peu comme s'ils etaient du même coté, par opposition au coté du peuple.
Ainsi la boucle est bouclée : les politiciens lancent des idées, les journalistes les mettent à leur sauce, ils font le lien entre les politiciens et le peuple (par les medias), ils "font l'opinions" ou, autrement dit : ils "manipulent le peuple" dans l'interet de ceux qui ont le pouvoir (car ils en font un peu partie, ou voudraient en faire partie). Ainsi, l'information de nos chers journaleux, n'est que de la propagande déguisée, car c'est un phenomène inconscient : les journalistes n'en ont pas conscience, ils croient agir pour le bien, en fait ils agissent pour LEUR bien.

mais je ne les blame pas, je blame la betise et l'ignorance : "Haïs le pêché, et non le pêcheur"

Bon j'ai beaucoup d'autres choses à dire, mais je ne saurais les dire convenablement.
ils ont bien l´intention de nous les faire rentrer leurs réformes " nécessaires et indispensables" qu´on le veuille ou non, et de façon idéologique, sans discussion. ce qui a été fait avec le traité européen en est une démonstration.
nous pauvres bougres ne savons pas ce qui est bon pour nous, merci au gouvernement de nous le montrer tous les jours et par leurs mesures si populaires.
les colons en Afrique ne se comportaien pas différemment envers "ces pov´nèg" qui avaient besoin qu´on leur explique tout.

Les prolétaires de Liverpool ont fait un magnifique raccourci en choisissant un chant d´esclave américain "Swing low, sweet charriot", il y a près d´un siècle. aujourd´hui chant de supporters du XV d´angleterre.

We shall overcome
Dans votre article sur la rhétorique du rapport Attali vous démanteliez déjà ce que les "idéologues" de droite présentant comme un "pragmatisme objectif" : l'ultra libéralisme.

A la lecture de ce papier j'avais compris ce qui rendait toute conversation avec la plupart de mes semblables impossible : tandis que les autres m'inscrivent d'office dans une position idéologique, posture sans valeur à une époque nihiliste, eux, bien évidemment, font preuve de pragmatisme.

Nulle part trace avouée d'idéologie dans leur discours, malgré une tendance marquée pour la déclamation d'idées toutes faites concernant les questions économiques, ou sociales. Tout ceci étant le fruit des jités pépéjadesques, mais aussi de l'imprégnation de ce qu'un certain enseignement supérieur, de type écoles et IEP, enseigne aujourd'hui aux étudiants (j'enseigne dans un IEP de province, et le constat est criant) : le libéralisme serait un pragmatisme, l'atlantisme la voie de la prospérité, la culture un relativisme et la l'humanisme un concept pour débiles attardés à tendance communiste. Autrement dit, une idée pour les vieux réactionnaires qui ont oublié que pour être moderne, il faut notamment jeter les livres à la poubelle.

Je caricature à dessein, tant le discours dominant est caricatural : il ne fait que refléter le vide de notre époque, l'absence horrifiante de l'homme dans le discours politique.

Vos articles sont comme des bouées de décryptage dans le naufrage de la pensée, et je vous en remercie.
PROPAGANDE et MANIPULATIONS... Insupportables de morgue et de fiel ! Où sont les journalistes ? Les petits étrons vichystes et nauséabonds qui servent le monarque président me donne envie de tirer la chasse...
Se sentir seul, c'est peut-être l'objectif d'un tel discour...

"tu vois homme/femme de gauche, tu es seul, une personne du passée qui ne peut t'adapter aux citoyens modernes".

Et ça marche, moi aussi je me suis soudain senti seul, déprimé... Puis j'ai zappé cette phrase d'homme politique en pensant qu'il restait encore au moins 4 ans. Dûr.

Mais non, nous ne sommes pas seuls, témoins ces @sinautes avides d'informations et de décryptages.

Courage :-)
Non Judith, vous n'êtes pas seule! :-)

je n'ai pas entendu notre cher Fillon mais j'avais vu cette dépêche :http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/05/05/francois-fillon-se-felicite-d-avoir-fait-basculer-l-ideologie-de-la-france-a-droite_1041114_823448.html

Pour moi ça ressemble à une autosatisfaction: on a a mené le débat où on voulait sans avoir à (dé)montrer que ces idées étaient les bonnes!

On a souvent vu ça durant la campagne sur les thèmes dits clivant: immigration et identité nationale, franchises médicales, loi de sûreté etc...

Les débats étaient biaisés afin de cliver et non pas de s'interroger sur les remèdes apportés à de vraies questions...

Merci pour cette chronique car j'étais épaté que personne n'ait soulevé une telle autosatisfaction!

Cela en dit lond sur l'opposition ce silence ...
J'ai cru rêver en voyant ces images.
Arrêt sur images, c'est du décryptage de texte mais aussi d'images: En regardant cette interview, j'ai été capté par le titre subliminal affiché en haut à gauche de l'écran: rance-info.fr.
Je ne sais pas si le cadreur a fait exprès mais pendant les 8 premières minutes, le cadrage monte ce "titre': rance-info.fr. Plus tard le cadrage change et l’on voit bien france-info.fr. C'est sans doute le virus d'arrêt qui m'a atteint et il n'y avait sans doute là rien d'intentionnel
Au lieu de
"francois fillon emploie l'adjectif ideologique dans le sens de ton interpretation"

il fallait lire

"francois fillon n'emploie pas l'adjectif ideologique dans le sens de ton interpretation

.... beau lapsus, j'avoue. Mais je ne change rien au raisonnement ;)

A propos de lapsus, un tres joli semi-lapsus de jospin il y a quelques semaines interview par JM Apathie sur l'afghanistan, sur RTL, quand il a evoque les "attentats terribles, meurtriers, du vingt et ... du 11 septembre 2001"
Joli, non?
Bonjour Judith,

Non seulement ca ne me glace pas, mais je ne comprends pas pourquoi une victoire ideologique ne serait pas un motif de satisfaction pour quelqu'un qui a des convictions politiques. Si ce n'etait pas vraiment trop pedant, je parlerais de logos et remonterait aux grecs, mais peu importe le mot: le fait est qu'en politique, les batailles d'idees sont essentielles.

On commemore ces jours ci mai-68. Mai 68 s'est acheve par une considerable defaite politique, par l'election de juin qui a donne une ecrasante majorite a de gaulle. Les militants de mai qui se sont engage en politique l'ont fait dans des structures qui ont du attendre 13 ans (1981) pour participer au pouvoir. Est-ce pour autant qu'ils n'ont pas transforme la societe, peut-etre davantage que ceux qui ont vote les lois qui decoulent directement de ce mouvement: liberation des femmes, liberte d'orientation et de pratique sexuelle, diversite des modeles familiaux, modification des rapports d'autorite, autonomie de l'enfant, etc... beaucoup vient de la. Et effectivement, tout cela s'est traduit dans les faits parce qu'apres mai 68, il etait devenu impossible de parler de certains sujets comme on le faisait avant, ou de les ignorer.

Et puis, si on a raison de se mefier du mot ideologie, l'adjectif ideologique n'est pas lui synonyme de manipulation, ni de sectarisme. D'autant que si on veut etre precis, francois fillon emploie l'adjectif ideologique dans le sens de ton interpretation. Avoir une ideologie, ou un raisonnement ideologique, et mener une bataille ideologique, ce n'est pas du tout la meme chose. Un raisonnement ideologique, c'est vouloir plier la realite a des principes, ou a des idees qu'on pose en axiome, On peut aussi avoir analyse un probleme le plus honnetement du monde, avoir formule un diagnostic, formuler des propositions (necessairement a partir d'un socle de convictions) et avoir besoin de convaincre ideologiquement de la justesse du diagnostic et de la pertinence des solutions. Les batailles ideologiques sont et restent la realite profonde de la politique, et la condition de tout, meme dans une politique reduite au spectacle, et meme dans un spectacle reduit au storitelling. D'ailleurs, la vie politique tourne autour de batailles d'idees (normalement!), menees essentiellement verbalement (par exemple en campagne). En revanche, c'est vrai que tout le monde mene des batailles d'idees, mais du coup l'Ideologue c'est toujours l'Autre. La droite ne s'est pas privee d'utiliser cet argument pour renvoyer eternellement la gauche a l'echec du marxisme; mais la gauche (a partir de la gauche du PS) utilise aussi sans vergogne cet argument a travers la denonciation d'une ideologie-pensee-unique dont l'existence reste a prouver.

En tous cas, si francois fillon pense, par exemple, que la retention de surete est une mesure essentielle a la securite des francais, et bien je le dis sans ironie, il a le droit de se rejouir que ce que j'ai le droit moi de qualifier de monstruosite juridique, passe comme une lettre a la poste parce que sur le terrain de la securite, sa famille politique a pu "changer les termes du debat". C'est indeniable que ca cree les conditions de l'action. Pour expliciter ma pensee, supposons un instant (je ne pense pas que ce soit sa volonte) que sarkozy veuille retablir la peine de mort. Meme si une majorite de francais l'approuverait peut-etre, je crois que l'ampleur des manifestations, l'ampleur de la mobilisation nationale et internationale, l'ampleur du rejet en somme, le contraindraient a renoncer. Parce que la-dessus, les partisans du retablissement de la peine de mort n'ont pas gagne la bataille ideologique.

Inversement, on a le droit de penser que l'autonomie des universites est monstrueuse, et on a le droit de penser, c'est mon cas, qu'elle est essentielle pour la survie de l'universite francaise. Et quand francois fillon se rejouit de la faiblesse de la resistance ideologique a ce projet, et estime que "jadis", ca n'aurait pas ete possible, je ne suis pas tres sensible a l'ironie avec laquelle tu evacues cet argument, parce que je suis convaincu que c'est vrai.

Alors j'admets que cette conviction n'est pas scientifiquement prouvable, mais ce ne serait pas juste de ne pas reconnaitre que francois fillon a raison de son point de vue de se rejouir de la victoire d'idees de son camp sur un grand nombre de champs du debat politique. C'est tout simplement vrai, et ce ne serait pas non plus juste de ne pas reconnaitre que les batailles ideologiques sont nobles en politique.

Bref, je suis juste venu plaider la noblesse du debat, et du discours, en politique. Oui, on peut se flatter quand on a un engagement politique, d'avoir change le discours des gens - etre d'accord ou non avec ce discours n'empeche pas de le reconnaitre - et non ce n'est pas moins important quand on croit a la politique que la politique generale, economique et sociale effective du gouvernement du jour.
Depuis que le bushiste accoleur de poutine et de kadhafi est aux manettes depuis qu'il est ministre de l'intérieur, on frissonne d'effroi. Mais aussi souvent de rage d'entendre toujours comme maintenant ces questions de pure forme qui s'appuient sur des sondages représentatifs de rien du tout, qui permettent au marchand de sable invité d'œuvrer sans être inquiété.
De ne pas entendre de riposte aux mensonges successifs de Fillon ("amélioration de grande importance des résultats pour le chômage... retard imputable aux 20 années passées d'immobilisme... c'est nous qui avons tiré l'Europe de l'impasse [en particulier le président], ce dont savent gré les autres pays européens..."...).. mince, les "journalistes" présentes, faute de temps sans doute, n'ont pas pensé à lui parler du retard en matière d'application des directives européennes ne serait-ce qu'en matière d'écologie.
De consternation, en entendant les questions stériles ("il y aurait donc des courtisans dans l'entourage [pas vous bien sûr, monsieur Fillon]"... et surtout celle-ci: "La France va prendre bientôt la présidence de l'Union Européenne... est-ce-que c'est bon pour ça.. pour notre pays ?"... j'ai eu du mal à recracher mon morceau de clavier.

Autant son discours me glace (mais bon sang, c'est quoi leur idéologie avouée ? les actes parlent d'eux-mêmes), autant le fait qu'il soit validé tacitement par ce genre d'interview complaisante (et qui domine depuis tellement longtemps) dans le style lissage de poils, me fout vraiment en pétard (va bientôt falloir que je me rachète une souris). Bonjour "l'amélioration du débat en France", que salue notre pantin ministériel.

Vous êtes glacée d'effroi ? alors ne lisez pas cette page !

propagande officielle, surtout en milieu de page

Quant à savoir si les droiteux (dans leurs bottes) savent prendre du recul vis-à-vis de leur Dieu vivant, voici la véritable réponse à l'angoissante question des journaleuses de France-Info au sujet des courtisans, déterminante pour la France cela va de soi.

le choc des maux, le poids des ré(d)actions

Comment, les intervieweuses ne lisent pas le Nouvel Obs ? Elles avaient une réponse toute faite à leur question, et un gain de temps potentiel pour une vraie question ou une rectification improbable du (bas) débit fillonesque.
Vous noterez la réaction de pure forme de Manuel Valls; même le sage Chérèque et le Modem, sont plus explicites (mais bon, comme l'a dit Manu, il ne fait pas partie de la "gauche compassionnelle". Ça explique tout). Même Le Pen et Saint-Aignan, les extrêmeux de service, sont plus virulents. Surtout l'amoureux récidiviste du détail, binaire à défaut d'être binoculaire.

Alors en définitive, autant d'effroi à l'écoute de la soupe transgénique servie depuis les années sarko, qu'au vu des (non) réactions de la majorité des Français qui continuent de s'abreuver aux jités et rien d'autre, et des journalistes qui se font endormir comme ici.

Bravo pour votre article, Judith. Du courage aussi d'étaler ainsi votre lucidité aux @sinautes en construisant une feuille que je vote d'utilité publique.

Et salutations aussi à YG, votre disciple de tous vos forums, pour ses interventions, et ses mouchages occasionnels de l'incontinent GB qui continue de sévir sur le BBB.
ah judith, vous m'avez manquée ! je vais imprimer votre articile et l'apprendre par coeur ;) Judith powaa !!
Chut, Fillon, il croit qu'il a emmené les français sur un terrain idéologique à lui qu'il a... Les journalistes lui répondent rien, chut, ils ont peur qu'il se retourne et s'aperçoive que l'idéologie n'a pas poussé sur son terrain.. et que sur son terrain, ils ne sont plus qu'une petite poignée, à vaporiser des OGM comme ils peuvent, les braves petits.
Finalement on avait tous un sanglier sur le feu, on avait piscine, on supporte plus Zygoto les talonnettes, et puis on regarde arte, on va sur internet, alors on n'a pas pu rester sur le terrain, tant pis, hein? pas grave, Ha, ha, Fillon n'y a rien vu.

Pour moi son discours est un aveu d'impuissance.

Ils voudraient prouver qu'on leur met des bâtons dans les roues pour réformer qu'ils ne s'y prendraient pas autrement. Réformer l'Éducation nationale : c'est supprimer des postes et faire faire des divisions en CP. Pour sûr, pour sûr. On est subjugué par tant de puissance de réflexion. Waah comment on est drapés dans une idéologie avec ça. C'est fabriqué avec des canettes recyclés au moins, du solide, de l'éthique, de l'idée à mailles serrées, cette ideologie de terrain...
Franchement, le nombre d'enseignants augmente, diminue, on n'y voit que du feu. Pour faire plaisir à qui, le ministre se doit de le crier haut et fort? Pour gagner les élections en faisant plaisir à la masse? Que nenni, si il l'annonce, c'est pour faire réagir. Et qu'il y ait blocage.
Si un jour, il y en a un, de ministre, qui dit on va mettre des cours en amphi en terminale (quand les élèves aiment à révasser pendant les cours, et rattrapent à la maison) et pas plus de quinze élèves dans les classes où on apprend à lire (quand les élèves aiment à accaparer l'attention et souffrent d'être oublié au fond), là, parents, profs, élèves, on devrait réfléchir avant de réagir, ça serait inhabituel... Pas de risque..

Ils se préparent la posture de l'irresponsabilité, face à la crise qui se prépare, si ils ne veulent pas qu'on leur mette tout sur le dos, c'est e qu'ils ont de mieux à faire...
Ce petit papier mériterait bien un article dans un journal à grand tirage (Monsieur Schneidermann ?), voire plus... On est en mai, non ?
J'ai envie de dire :
"Judith dans le métro", "Judith dans sa salle de bain"..., Judith, une fille de son temps, drôle de temps pour Judith, mauvais temps, très mauvais temps !
Mais après la pluie le beau temps !
Merci Judith.
Madeleine
Je suis à mon tour sidéré !
L'indignation, le frisson citoyen sont rares, remplacés par des sentiments tout fabriqués, mis à disposition par le masse média.
Je n'avais pas entendu Fillon ce matin, ce rattrapage me glace aussi Judith !
Et votre analyse est encore une fois très aiguisé.
Frissonner ? A quoi bon !
C'est quand même une évidence absolue que dans tout affrontement, on cherche à se placer sur le terrain qui nous est le plus favorable, ou à choisir son moment ( les echecs, la corrida, la drague, etc....)
Frissonner devant cette "découverte" ?

Lorsque Jospin remporte des élections, en 1997, voila trois ans qu'il développait un corps de doctrine cohérent.
Aujourd'hui, à gauche, la guerre des chefs et des cheftaines , avec les résultats que l'on sait.

Quelle que soit l'opinion qu'on ait de Fillon, il se borne à constater la réalité : faute d'interlocuteur cohérent en face, c'est la droite qui a le choix du terrain, des armes et du moment.

Si cette réalité effraie, on risque de bouffer du Fillon pendant un moment ...
Ils sont bien , ces @sinautes , et la chronique de Judith est superbe .

Mais non , Judith "t'es pas toute seule " !
Les commentaires ont dù vous mettre du baume au coeur ,
en tout cas , moi , je suis réconfortée .
Je constate que "tout le monde ici" est d'accord avec Judith.
"Tout le monde ici" m'englobant, je suis d'accord aussi.

Je propose qu'on aille tous dans la rue exprimer nos frissons,
portant sur nos épaules la belle Judith qui brandira le drapeau de notre colère,
telle une Caroline de Bendern de l'an 2008.

(voir la dernière chronique d'Alain Korkos pour savoir qui est Caroline de Bendern)
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=700

Je ne suis pas partisan de la révolution,
mais si on pouvait tous descendre dans la rue juste pour dire merde,
le pays ne s'en porterait pas plus mal...
Je n'ai peut être pas frissoné, mais j'étais ... révolté. En tout cas, chez moi, chauqe jour qui passe, chaque discours de la droite que j'entends, la pression monte, monte, monte... Un jour, je vais exploser devant autant d'hypocrisie et de simagrées. François FILLON, le pire de tous, assurément !! Le fossoyeur des derniers acquis sociaux arrachés par nos ainés lors de luttes acharnées. Ce n'est pas pour rien qu'il a une femme aglosaxonne. Il a surement aussi épousé la jungle sociale de ses contrées. Ca ne m'étonne pas qu'ii s'entende aussi bien avec Nicolas SARKOZY.
Et pourtant... Vous connaissez beaucoup de sarkozystes ( ou qui ont voté Sarkozy, du moins) repentis, vous ? (En laissant de côté les résultats fluctuants des sondages d'opinion)

C'est nécessaire, de démonter ce genre de discours qui, très habilement, fait avaler des couleuvres, mais enfin, j'ai quand même l'impression que c'est prêcher des convertis, ici.

*frissonne aussi*
Moi je ne frissonne pas, grâce à mes poils abondants de mon époque d'ancien singe d'avant la bifurcation, je frémis, je frémis de rage. Depuis le temps que je le dis : il y a du Juppé l'Ancien chez ce Fillon-là !

Méfillons-nous ! Méfillons-nous ! Ce type est un tueur. Idéologiquement parlant, bien sûr.


PS : Mais faut pas frissonner un jour de fête, Judith ! Faut danser, faut chanter "Ah ça ira, ça ira, ça ira ..."
Vous frissonnez, Judith, ce doit être le manque de chauffage de votre salle de bains et un peu de déprime printanière.

Parce que contrairement à vous, je vois surtout Calimero ter (le bis est au-dessus de lui) qui tente de se persuader lui-même. Son idéologie à lui, c'est le rien.
L'absence de pensée. Yaka. Yaka.
Juste faire pression sur ce qui est facile pour le politique, faire obéir des fonctionnaires dont c'est le boulot et le statut, et régler leur organisation et leur nombre, ce qu'un haut fonctionnaire un peu compétent et dégourdi serait à même de faire tout seul. Et sans déclaration tonitruante et sans faire le paon. Et en réglant cela doucement, sans accroc.
Alors que le rôle d'un politique, c'est de parler le vivre-ensemble, et de décider après débat si nous voulons collectivement ceci ou cela. Et après, confier cette organisation aux fonctionnaires, de préférence en ne les rabaissant pas préalablement (triste temps....), et en leur en donnant les moyens.
Et l'image que vous nous soumettez parle d'elle-même littéralement : tous ces liens d'oganigramme de l'info qui convergent vers le Premier, des bulles qui disent "info", alors qu'il ne s'agit que de communication, puisque toute cette organisation ramène à son discours vide à lui.
S'il le reconnaît, qu'il a une idéologie, c'est que déjà le vide n'est pas que dans sa pensée, c'est autour de lui.
Alors qu'en fait, la cohérence de sa pensée, ce n'est que du vide, la "guerre de tous contre tous" chère à Hobbes, qui générerait toute seule de la société et du lien social,

Il parle devant un parterre vide où souffle un vent muet qui fait ployer des herbes folles. Et la tristesse au fond de ses yeux me l'annonce.
Votre analyse est certainement exacte, mais l'émetteur ne fait pas le récepteur. Le récepteur est autonome.
Totalement.
La seule chose qui doit vous glacer, c'est l'écho de ces paroles dans une salle vide que seuls des journalistes daignent écouter. Pour combien de temps encore ?
Je frissonne aussi à l'audition de ces mots.

Je frissonne plus encore de savoir que peu d'auditeurs vont réagir parce que peu vont seulement comprendre ce qui est réellement dit. Depuis quelques mois, on a l'impression que plus ce qui est dit est énorme plus cela passe, non dans le silence (on entend ce qui se dit quand tout se tait autour), mais noyé dans la masse de la bouillie tonitruante de toutes les idioties médiatiques actuelles.

Mais je frissonne un peu moi à la lecture de la chronique de Judith et des messages de ce forum, de découvrir que je ne suis pas la seule à frissonner. C'est peut-être peu mais je trouve personnellement que c'est déjà beaucoup, tant il est vrai qu'on ne peut se battre seul face au déferlement idéologique de la Droite décomplexée (ce qui la rend d'autant plus atroce) .
Je suis aussi co-frissoneur! Et un peu plus encore, quand j'entends les gens dire : c'est comme ça, on y peut rien.
pourtant, la quasi-totalité des actions gouvernementales sont idéologiques, la plus flagrante étant la suppression de la fonction publique... Pour quel intérêt économique ? aucun... Juste que la droite libérale, par essence, est contre l'Etat providence, contre la fonction publique, contre les impôts, et contre la rerépartition égalitaire des richesses...

« On a emmené les Français sur le terrain idéologique que nous souhaitions et je pense que c’est une grande satisfaction. »


D’effroi surtout de sentir que je serai la seule, peut-être, qu’un tel aveu fasse encore frissonner ?

Pas frissonner, non, mais je me suis dit qu'il était gonflé de lâcher ça. Sur le coup, j'ai même pensé que ça lui avait échappé.
Et puis je me suis souvenu de la formule que l'on prête à Sarkozy en privé : « on va s'gêner, tiens ».

Ben, non, effectivement, ils ne se gênent plus. Faut dire que vu l'état dans lequel est « l'idéologie d'en face », ils auraient tort de se priver.
Il y a aujourd'hui beaucoup de raisons objectives de douter de la Politique, ou tout au moins de nos politiciens.

PatriceNoDRM
peut être le début de la fin cet aveu, faut espérer en tout cas!!!
L’idéologie de droite, encore un exemple, concernant l’école primaire, le ministre de l’éducation a décidé de faire travailler les élèves en difficulté en petit groupe, ce qui va de soi, et donc, ce que tout le monde pourrait apprécier…

Là, de prime abord, nulle idéologie de droite.

Toutefois, celle-ci apparaît immédiatement, lorsqu’il ajoute que ce n’est pas dans le cadre du temps scolaire que cette organisation pédagogique pourra pleinement se développer, mais... pendant les vacances scolaires.

Outre que l’enfant ayant des lacunes sera doublement pénalisé et stigmatisé, d’une part, par ses résultats scolaires passés et d’autre part, par la perte d’une partie de ses vacances, il est ainsi entériné à l’usage des plus petits un principe idéologique de droite fort à la mode.

A savoir que l’effort n’est pas à faire par la collectivité pour aider les plus faibles (pour cela, il faudrait réduire le nombre d’élève par classe, donc augmenter le nombre d’enseignant), mais c’est au plus faible eux-mêmes d’accentuer leurs efforts pour s’en sortir en travaillant plus.

Le travailler plus pour gagner plus que ces idéologues de droite ont vendu aux parents (et hélas, bien souvent, à nombres de ces élèves en difficulté), ils l’imposent maintenant à leurs enfants.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas de gagner plus (d’argent de l’heure de travail pour les adultes ou de connaissance de l’heure de cours pour les enfants), mais juste de travailler plus longtemps et surtout chacun pour soi, en impliquant la société, et donc l'état le moins possible.

yG
Chère Judith,

Vous n'êtes pas la seule à frissonner. Vous n'êtes pas la seule non plus à pouvoir vous indigner, qualité qui se perd.

François Fillon se réjouit que les sujets de conversation des français aient changé : le gouvernement ne fait rien, mais qu'importe, on en parle. On se croirait dans un sketche de Raymond Devos. Pire, une pièce de Beckett, où les personnages se font écho dans des répliques creuses pour mieux soulever l'absurdité du monde.

l'UMP, parti unique du royaume de France. La gauche est réduite au silence. Le débat est lancé mais il s'agit d'une absence de débat. Comment débattre (le débat est par définition une confrontation d'idées) quand une seule ligne politique est possible?

Alors les gens parlent. Dans le 1984 d'Orwell, la société de Big Brother empêche tout débat. "On ne parle pas avec l'autre, on parle devant l'autre," dit Winston. Les conversations aux terrasses des cafés français sont donc des monologues en écho, qui émettent la pensée dominante dans un conformisme partagé et finalement très confortable. Alors tout va bien, puisque tout le monde est d'accord.

On commence par monopoliser le discours (on se souvient des télécrans de Big brother qui passent en boucle l'idéologie établie) puis on finit par monopoliser la pensée, puisque parler, c'est exprimer sa pensée, c'est, en somme, dire le monde. Le discours unique, relayé dans les médias, sert à fabriquer une pensée unique chez les citoyens.

Un discours unique pour une pensée unique. Vous frissonnez, Judith? C'est rassurant. Espérons qu'à l'avenir, nous ayons encore le droit, et la capacité, de frissonner.
... aprés un samedi Korkos, un dimanche Bolher, voilà un lundi Judith au sortir de la douche glacée d'effroi malgré son peignoir (blanc c'est ça ?).
Non vous n'êtes pas la seule dans l'effroi. Tiens, pour casser l'idéologie de droite en trois minutes.
ben alors; "la fin de l'Hisoire", "la fin des idéologies" proclamées victorieusement à la chute du mur de Berlin, ça n'était qu'un mensonge? les bras m'en tombent

et encore un grand bravo à cet article brillant d'intelligence
J’ai entendu ce matin sur France Culture un économiste patenté se réjouir d’un Premier ministre réaliste, dans le droit fil du « les caisses sont vides ».

Le discours fonctionne très bien !
Malheureusement, ce discours de Fillon que vous décryptez très justement construit son chemin depuis que le Nicolas Sarkozy était en campagne électorale, c'est à dire depuis 2002. La rhétorique est toujours la même : pour casser les services publics, pour casser la solidarité entre les français (sécurité sociale...), on utilise des non arguments qui laissent à croire que c'est la faute de l'opposition & que eux seuls ont le courage d'apporter une alternative... qui elle... est sans alternative.
Que nous a-t-on parlé de démographie pour passer à 40 annuités les retraites... qui passent aujourd'hui à 41 annuités sans reparler de démographie (entre temps, elle a évolué...) ?
On pourrait multiplier les exemples par dizaines !
Ce sont toujours des attaques contre le consensus issu du Conseil National de la Résistance, qui reliait tous les républicains de l'époque... Fillon Sarko & consors proposent un retour en arrière,... jusqu'au 19ème siècle, à l'époque de la vraie libre concurrence... où il n'y avait pas de grève autorisée... !
Quel bonheur !!!!
Vous frissonez ? Je pleure !
Talasrum
http://thalasrum.over-blog.com
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