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Commentaires

France 2 et le mort en montagne

C'est un reportage de saison sur les sauveteurs en montagne, diffusé par France 2 lundi 28 juillet.

Derniers commentaires

Un peu hors sujet, désolé, mais...

surtout, à ne pas manquer, cet article paru dans Bakchich au sujet du traitement des faits divers dans les médias :
http://www.bakchich.info/article4641.html
Faits divers : halte aux journalistes !
.........Alors que la ministre de la Justice, Rachida Dati, et la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie se sont rendues en Isère ce lundi 4 août pour rencontrer la famille du petit Valentin, « Bakchich » revient sur l’acharnement des journalistes......

Les commentaires sont aussi très interessants !
J'ai toujours eu un avis mitigé sur le voyeurisme. Grâce à France 2 maintenant c'est plus clair dans ma tête : je suis contre.
Ce message n'a rien à voir avec le deuil de ce malheureux couple, mais je ne savais pas où d'autre écrire l'énervement qui m'a prise en regardant une émission de France 2 hier soir.
Franchement, l'idée de casser mon poste m'est passée par la tête : chouette, me disais-je plus tôt dans l'après-midi en regardant mon programme TV (naïve que je suis...), une émission historique sur F2 ! Catherine de Médicis, les châteaux de la Loire, la Renaissance... pour moi qui aime l'Histoire, ça promettait d'être intéressant... malgré cette tête à claques de Stéphane Bern comme présentateur, dont on peut faire abstraction... Et voilà que, dans le sujet sur la reine d'Ecosse Mary Stuart, ces babaches interviewent très sérieusement... un médium qui traque son fantôme dans les lieux où elle a vécu et prétend qu'elle cherche à lui transmettre un message ! Dans une émission soit-disant culturelle du soit-disant service public ! Quelle connerie ! De qui se moque-t-on, bon sang de bonsoir ?! Je n'en revenais pas...
Le reste de l'émission était d'ailleurs assez moyen, les documentaires historiques d'Arte sont bien plus sérieux et consistants. J'en prends bonne note pour ne plus me faire piéger.
J'aurais mieux fait de bouquiner, j'ai justement emprunté un bon roman policier... Y a qu'ça de vrai !
Bof, rien de sensationnel dans ce reportage qui illustre une réalté quotidienne en montagne.
S./
d'accord avec Guillaume, je ne vois rien dans ce reportage qui justifie tous ces commentaires, rien de particulierement choquant dans ce reportage. Y a bien pire
Non vraiment, j'ai beau visionner encore et encore cette vidéo, je ne vois pas où est le voyeurisme : nul zoom sur le visage de la femme, comme a pu l'affirmer ici "alain b" ; surtout, la caméra reste bien en retrait quand la femme pleure (une bonne dizaine de mètres). Le seul but était d'illustrer la détresse de la famille, quel mal à cela ? Surtout que tout ceci a été fait de manière sobre : le caméraman étant sur place, que pouvait-il filmer d'autre ? La réanimation de cet homme ? Des plans de la montagne ? Son rôle est de rapporter à sa rédaction les événements qui se sont déroulés sous l'œil de sa caméra et le fait qu'il n'ait pas zoomé et qu'il soit resté bien en retrait de cette femme prouve selon moi que son parti-pris était d'être le plus neutre possible.

Je ne comprends pas cet article.
C'est un faux procès d'intention. L'image est extrêmement sobre. Article sans intérêt.
Moi j'ai une question: si le site était aussi dangereux et difficile d'accès (avec la météo pourrie et tout et tout), comment ont fait les journaleux pour se balader là avec la grosse caméra TV, les micros, les batteries et tout leur bataclan ?

Ca me fait penser à la Cahsse au Trésor avec feu Ph. de Dieuleveult dans les années 80 ... C'était bien du bidon, tout ca!
--
Laurent
François Toulouse a raison : C'est ignoble !

Une question François, c'est pour financer cette Trash-TV, la redevance ?

Ils n'ont pas de vergogne, dans le service public !

***
Bon c'est vrai encore du voyeurisme !!!
Et Sarko "Bling Bling" il était ou ??
C'était pas lui qui réanimais avec Kouchner et son sac de riz !!!!!!!
Bof. Si effectivement le sujet du reportage n'apprend pas grand chose, le sujet de cette chronique non plus. J'ai du mal à voir la dérive journalistique liée aux reality shows. Le reportage n'abuse pas des gros plans, il ne dramatise pas à outrance. En gros, le 20 h de l'été a besoin de remplir sa grille alors il comble comme il peut. Et @si aussi... ;-)
Montrer ? Ne rien montrer ?

Que penser, à ce sujet, du site www.boiretrop.fr, dont de nombreux spots font la promotion, mis en place par le Ministère de la Santé et l'INPES ?
Que penser de l'angle "second degré branché" choisi par EuroRSCG pour cette campagne ?
Et surtout, que songer des "mentions légales" qui stipulent que "tous les contenus présents sur le site boire Trop sont couverts par le droit d’auteur. Toute reprise est dès lors conditionnée à l’accord de l’auteur" ? Elle est où, la diffusion du message, là ? C'est un site d'info ou une oeuvre d'art ?
Ah ! Le marronnier de l'été !!! Le vaillant pompier sauvant les plus faibles
sous ses habits rutilants ! Le valeureux sauveteur des montagnes, le grand héros
des mers ! Qu'ils sont beaux et généreux ces hommes !
Chaque année, nous avons notre couche estivale sur ces métiers.

Rien à faire de tous ceux qui sauvent des vies, soignent, aident, accompagnent
les malades dans leur douleur tout au long de l'année. En même temps,
les infirmières sont en majorité des femmes, donc…

Et puis filmer un sauveteur est bien plus théâtral, quand même.
Alors, si en plus, on peut rajouter des larmes, ça vous fait le téléfilm de l'été.
Une caméra dans l'hélicoptère qui part en mission, en réponse à un appel d'urgence : c'est plausible pour un reportage sur le quotidien des services de sécurité civile.

Mais une autre caméra, déjà sur place, sur le lieu de l'accident , pour filmer l'arrivée de l'hélicoptère : ça sent la mise en scène ( ou la reconstitution)

De là, peut-être, l'impression que la veuve en rouge est assez mauvaise actrice ...
Ces journalistes qui se disent pas choqués , s'ils se posaient la question : "et si c'était ma mère , et si c'était ma femme ?"
Je n'ai pas regardé. Je n'en vois pas l'intérêt.
Filmer la détresse d'une personne sous prétexte de nous dire que "la montagne c'est dangereux", je trouve cela pitoyable.
ça rappelle le reportage du droit de savoir au sujet de l'affaire Marjorie...
quelle indécence
Merci pour ce court article. Je partage entièrement les mots de François T dans ce forum à propos des auteurs de ce genre de reportage

[quote=François T.]Ils sont sans doute sincères, les influences de ce style "pathos" passent peut-être par des canaux inconscients, ou implicites chez ces journalistes, un peu comme, dans un autre thème, le néo-libéralisme se porte comme seule solution à la mondialisation dans l'esprit de nombreux journalistes, sans qu'ils se posent de questions : ils en deviennent alors des vecteurs inconscients.


Personnellement, j'avais exprimé des interrogations semblables lors de la sur-médiatisation de la mort de Mme Chantal Sébire, où nous avons assisté à une mort en léger différé —avec une conclusion scénaristiquement bankable: le suicide (pardon pour le cynisme de cette dernière remarque). Je pense qu'il serait intéressant pour @si d'essayer de repérer quels mécanismes de la télé-réalité ont pu imprégner d'autres formes d'expression télévisuelle ou autres —du reportage du jité en passant par le téléfilm pourri de base jusqu'aux scénarios de films (ex: Battle Royale), ou aux jeux vidéos, etc .
Ouf, dans ce post je n'avais pas fait mes habituelles 36 fautes de français ou lourdeurs de style par phrase..

En fait, je me souviens d'un reportage qui m'avait encore plus dégoûté lors d'un JT, c'était peu après le tsunami - vous vous souvenez peut être de la débauche d'émotions et de cadavres filmés.

Il y avait eu un reportage lors d'un JT filmant la sortie d'une église après l'enterrement d'une victime. On voit une famille sortir de l'église. En commentaire, il est dit qu'il s'agit du décès d'un bébé, emporté par les eaux. Détail horrible, sa mère a vainement essayé de le retenir, sans succès, son bras s'est d'ailleurs cassé à cette occasion

Jusque là, ça passe encore.

Ce qui m'a choqué, c'est qu'un gros plan (ou un effet de zoom) a été effectué sur le plâtre que portait la jeune mère.
Plan inutile, car il n'apporte aucune information, sauf du pathos supplémentaire.

Comme la scène insistante de la femme qui apprend le décès de son compagnon : ça n'apprend rien, je trouve, sur le travail des sauveteurs en montagne. Un commentaire discret, sans images, aurait suffit, et je pense qu'une chaîne comme Arte aurait été plus pudique sur le sujet.


J'ai émis l'hypothèse que les reality shows des années 90 y sont pour quelque chose, et sans doute les loft et autre star academy des années 2000 ont fini de convaincre les journalistes qu'il fallait filmer ainsi.

L'article semble dire que les journalistes ne trouvent pas leur reportage choquant.
Ils sont sans doute sincères, les influences de ce style "pathos" passent peut-être par des canaux inconscients, ou implicites chez ces journalistes, un peu comme, dans un autre thème, le néo-libéralisme se porte comme seule solution à la mondialisation dans l'esprit de nombreux journalistes, sans qu'ils se posent de questions : ils en deviennent alors des vecteurs inconscients.


Pour en revenir à ce style pathos, je me pose une question : est ce qu'à force de le voir tous les jours (avec la nouvelle l'attention portée aux victimes) cela ne finit pas aussi par entrer de façon imperceptible dans nos consciences, dans nos choix, dans nos votes ? En ce cas, les différents spectacles qu'auront été des émissions de divertissements (reality-shows) finiraient par avoir des impacts sur la réalité
Tout ce cinéma, pour nous dire quoi : braves gens faites attention : les activités d'été sont dangereuses, et les pompiers sont débordés !

Ce qui me choque le plus dans ce "reportage", ce sont les sanglots de la dame, il est vrai je suis plus sensible de l'ouïe que de la vue,

Quant au loft, ou n'importe quelle fiction débile, c'est bidonné, on le sait, on le voit, on l'entend, c'est moins grave, si ce n'est que ça ne nous nourrit peu la cervelle ...

On ne devrait pas avoir à se rincer l'oeil sur le malheur des personnes, quelles qu'elles soient.

C'est hors sujet, tout le monde se souvient de cette petite fille filmée en train d'être avalée par des boues, ça fait un moment, c'était déjà d'un voyeurisme abject.

J'en ai encore froid dans le dos d'y penser ! Ces images qui nous serrent le coeur à jamais !


Il nous faut du sang et des larmes, ça me fait penser aux jeux du cirque, c'est pas vraiment nouveau ...
Boarf, je ne suis pas certain que cette séquence soit symptomatique d'une dérive télévisuelle, et je vois mal le rapport avec ces mystérieuses "émissions de reality shows" qu'il reste encore à nommer. Je me souviens de plusieurs émissions ces dix dernières années suivant les pompiers ou les policiers dans leur travail. Je me souviens par exemple d'un homme qui sautait de la Tour Eiffel alors que la caméra était à quelques mètres de lui et le pompier à quelques centimètres de le ceinturer. Le caméraman avait eu l'énergie et la présence d'esprit de ne pas panoter vers le bas... je me souviens également d'un accident sur un chantier parisien, ou un ouvrier avait fait une chute d'une quinzaine de mètres... je me souviens enfin du terrible documentaire des frères Naudet sur le 11 septembre qui ne montrait jamais un corps défénestré à l'image. Pourtant tous ces passages étaient choquants, dans leur filmage en temps réel, plus que dans leur supposée dérive voyeuriste. A vrai dire, je suis souvent bien plus choqué par les ellipses du montage qui nous épargnent le pire (ou ce que l'on juge comme étant le pire pour le public), et ainsi favorisent notre non-réaction, notre apathie devant le sort des gens filmés, notre léthargie aussi, affalés sur notre canapé.
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