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Fractures Françaises, la deuxième vie "d'un livre de gauche qui inspire la droite"

Après la fracture sociale de 1995, les "fractures françaises" de 2012 ? Libération raconte ce vendredi 30 mars comment un livre paru fin 2010, et écrit par un géographe qui se revendique à gauche, a fortement inspiré la stratégie de campagne... de Nicolas Sarkozy. C'est Le Figaro qui a révélé le 18 mars cette nouvelle source d'inspiration. Enjeu central pour Sarkozy : capter les voix des nouvelles classes populaires de la "France périphérique".

Derniers commentaires

j'ai pas lu ce bouquin-là, mais un précédent ouvrage publié chez Autrement il y a quelques années (Guilly, Christophe & Noyé, Christophe, Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Autrement, 2004.), et qui décrivait déjà l'émergence de cette "France périphérique", avec la montée en puissance des zones pavillonnaires pauvres en périphérie des villes moyennes, liée à la bulle immobilière.
Cette nouvelle pauvreté (paupérisation des classes moyennes à cause, essentiellement, de l'explosion du coût du logement et de son impact sur le revenu disponible des ménages, et de la pulvérisation de l'emploi —précarisation/morcellement—) concerne près de la moitié de la population française, et c'est terrible à dire, mais aujourd'hui les cités de banlieue ne sont pas forcément les espaces les plus défavorisés, en terme d'accès aux services publics, de solidarité (par exemple l'allocation logement est quasi systématique dans l'habitat social, mais lorsque l'habitat social est pratiquement inexistant, l'accès à l'allocation est nettement plus aléatoire. D'autre part l'absence de transports en commun limite considérablement l'accès à l'emploi, et délimite des bassins d'emploi encore plus contraints que ceux des banlieues).
À cette époque j'ai pu vérifier "sur le terrain" la pertinence de l'analyse, par exemple par l'inquiétude des travailleurs sociaux très inquiets de l'explosion du surendettement dans ces secteurs...

C'est pour être passée à côté de cette évolution que Royal a loupé une partie importante de son électorat potentiel : c'est dans ces zones qu'elle a fait le plus mauvais score. Et qu'on ne s'imagine pas qu'elle les aurait touchés uniquement avec un discours protectionniste et xénophobe : en particulier, dans ces secteurs, les gens ne sont pas du tout sur la ligne "trop d'assistanat", au contraire ils sont très inquiets de la disparition des services publics de proximité, et ils estiment (à juste titre) qu'ils sont plutôt oubliés par la solidarité nationale, et que celle-ci devrait être renforcée : on y trouve les retraités pauvres, les exploités de "l'accession à la propriété par l'endettement faute d'offre locative", et tous ceux qui doivent faire des kilomètres par leur propres moyens pour brasser la paperasserie délirante qui permet l'accès aux droits les plus élémentaires. Aussi, le discours du donnant-donnant tombe à plat, pour eux : ils donnent beaucoup (de temps, d'effort, de courage pour tenir bon...) et reçoivent peu.

Ajoutons que les ouvriers y sont sur-représentés par rapport à la moyenne nationale, presque autant que les agriculteurs : car aujourd'hui l'emploi ouvrier se trouve essentiellement dans les PME, et pas dans les sièges sociaux des métropoles.
Les cadres sup et prof libérales, en revanche, désertent ces zones : leur pouvoir d'achat leur permet de résider au plus près des meilleurs équipements publics.
A propos de "trouille"...
Cette affaire de coup de filet dans les "milieux islamistes"...

On apprend que ces dangereux terroristes possédaient des armes démilitarisées (c'est a dire inutilisables...)
Vous ne trouvez pas qu'il y a là dedans comme une drôle d'odeur?

Une odeur de Tarnac?

(un peu hors sujet, pardon, mais personne ne semble suivre sérieusement cette affaire, un peu comme cela avait ét le cas pour Coupat.)
Bonjour,
Coïncidence, je suis en train de lire le bouquin de François Ruffin "Leur grande trouille", qui montre abondamment ce qui se passe à Amiens (c'est son coin). Et de la classe populaire blanche oubliée, il s'en trouve un paquet dans cette ville petite-moyenne. Jusque là il semblerait plutôt donner raison au géographe.
Par contre, "protectionnisme" a l'air d'être resté un gros mot, au moins juqu'à l'an dernier. Y compris chez les militants politiques et syndicaux. Bourrage de crâne... Aujourd'hui, avec la campagne, les choses se sont peut-être un peu améliorées?
C'est étrange .... Il prend conscience seulement maintenant que le Président de la République (les majuscules, parce que je pense que ce ne sera pas Sarkozy) doit être le Président de TOUS les Français ? Je crains, non j'espère que son réveil soit trop tardif !
" Chuis là,chuis là...chuis président de la république..." Les premiers mots entendus ce matin au réveil.Bien sûr,monsieur Sarkozy,c'est vrai encore pour 36 jours. Après,pour cela,il faudra que vos combines fonctionnent,que vous ayez enfin sorti un programme,que les médias fassent leur boulot et que la majorité des électeurs aient perdu la mémoire.
La cynique utilisation d'un ouvrage quel qu'il soit n'y changera rien.
En même temps, le chevènementisme est-il réellement de gauche ?
youpi je fais partie de la France périphérique.
En développant une analyse reprise par Sarkozy, Guilluy ne serait-il pas "le Todd de Nicolas Sarkozy" (à l'image de celui qui restera, à tort, comme celui qui inspira la fracture sociale de Chirac) ?
Todd n'est pas resté comme celui qui inspira la fracture sociale à Chirac, ça a toujours été Guaino.
Les périphéries oubliées : ces fins stratèges de l'UMP qui enfoncent des portes ouvertes ...
La mise en lumière de ce bouquin ne participerait-elle pas de la méthode Coué à laquelle nous sommes soumis ces dernières semaines ? Parce que pour ce qui est de l'efficacité réelle de la campagne de Sarko ça reste à prouver compte tenu du Barnum médiatique auquel on assiste, le retour sur investissement n'est pas flagrant. Il paraît que lundi il en remet une couche avec une annonce fracassante. La seule vraie surprise serait qu'il se retire de l'élection.
Ce matin j'ai bien aimé l'image de Renaud Dély chez P. Clark : "Sarkozy est le Rémy Bricka de la politique".
perso, ce qui me fascine, c'est quand meme le manque de memoire d'un peu tout le monde : Il faut reconnaitre que Sarkozy est doue pour une chose ( certainement la seule ) : Prendre le pouvoir. Le fait qu'il soit la ou il est aujourd'hui devrait suffir a nous le rappeler.

Or, on s'etonne de ses succes successifs de campagne presidentielle en cours...

Je vais jouer madame Soleil, mais je suis absolument persuade ( et je veux bein prendre des paris ) qu'entre Melenchon, Hollande, Bayrou, Sarkozy et Le pen, le seul qui n'a aucune chance d'etre au second tour c'est Hollande, et que tous les autres ont a peu pres les meme chance de s'y retrouver.
Marrant, je viens juste de lire ça :

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sarkozy-ne-seduit-plus-les-periurbains-et-les-ruraux_1099249.html

Pas vraiment l’idée que Guilly bosse pour Sarko…

« Un enjeu de campagne donc, bien compris par Sarkozy ». Ce que Cynique le Cynique a bien compris, c’est qu’il doit rebaiser les classes populaires avec son triptyque islamisme-immigration-insécurité.

Et bien aidé par les granmédias, il va réussir à trouver un nouveau Merah, un nouveau Papy Voise. Au besoin, une petite provoc policière genre Villiers-le-Bel…
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