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Foot/Quotas : Mediapart et Jouanno sur deux terrains différents

Chacun son terrain. Dans le match entre Chantal Jouanno, Laurent Blanc et la FFF d'une part, et Mediapart de l'autre, les adversaires semblent vouloir chacun se situer sur le terrain qui l'avantage. En présentant mardi 10 mai les conclusions d'une mission d'inspection menée par son ministère dans l'affaire des quotas dans le foot révélée par Mediapart, Jouanno dédouane le sélectionneur Laurent Blanc et les cadres de la FFF de tout fait susceptible d'entrainer des poursuites. Elle considère que si l'on a bien parlé de quotas, cette idée n'a pas connu de début de réalisation concrète.

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Très bon article, merci

[quote=L'enquête commence ce soir sur mediapart]

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Je précise d'emblée que j'ai plutôt de la sympathie pour Laurent Blanc, du moins pour ce que je perçois du bonhomme (homme et footballeur). Les propos qu'il a tenus à partir d'une question posée sur les Roms sont en effet intéressants car ils me semblent aider à mieux comprendre pourquoi ce garçon, certainement pas raciste, s'est retrouvé dans l'embarras (pour ne pas dire plus) en s'exprimant si maladroitement sur les binationaux. Je reproduis le passage concerné ci-dessous :
"Les Roms ne sont qu'un élément déclencheur qui a fait resurgir des problèmes liés à l'immigration en France. En France, il y a un gros problème d'identification. Peut-être plus qu'ailleurs en Europe. Quand on choisit la nationalité française, il faut en être digne et fier (…) Beaucoup de jeunes Français issus de l'immigration, notamment dans le milieu du football, souffrent d'un réel problème identitaire. Ce qui me désole c'est que certains jeunes joueurs jouent en équipe de France dès 16-18 ans, puis, comme ils possèdent la double nationalité, optent tout d'un coup pour leur pays d'origine".

Il me semble que la phrase clé est celle-ci : "Quand on choisit la nationalité française, il faut en être digne et fier " Lorsque je lis ça je me dis "Voilà, Laurent Blanc n'est pas raciste mais il m'a l'air passablement nationaliste (comme Sarkozy, Hortefeux, Besson, Guéant ...) et donc, à partir de là, je crois que bon ... tout est possible ... ou pas ...
Alors j'ai envie de dire "Laurent, fais attention ! fais attention Laurent ! muscle ta réflexion à propos des binationaux. Ne te laisse pas trop influencer par ton amour du maillot parce qu'à force de le mouiller ça finit par transpirer sur le drapeau tricolore ; or, tu n'ignores pas qu'il y a des odeurs de transpiration qui n'expriment pas vraiment l'humanisme et la fraternité."

Je ne crois pas qu'un brave type comme Laurent Blanc apprécie particulièrement les manifestations nationalistes auxquelles se livrent certains supporteurs dans nombre de clubs européens, y compris français. Ces mauvais exemples devraient l'aider à y voir plus clair. C'est du moins ce que j'espère.
Non pas que cette série d'articles de médiapart soit inutile, mais ça me laisse un goût de "faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais".
http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1326
(Désolé d'être si long, mais j'ai rajouté des paragraphes au cours des trois derniers jours, et voilà, je ne sais trop quoi trancher sinon ne rien publier. Ceux qui sont d'accord avec cette option radicale passeront, je les en remercie, ils m'éviteront la critique.)



Je reviens Tout d'abord sur la déclaration de Yannick Noah à propos des quotas et de l'absence de personnes catégorisées comme non blanches à la direction des instances sportives du pays.

""En équipe de France sur 30 joueurs, il va y avoir, allez 20 blacks, 7 beurs et 3 blancs. Mais je vois aussi qu'il n'y a quasiment aucun entraîneur black, et qu'à la fédération, il n'y a -à peu près- personne parmi les dirigeants. Forcément, à un moment, il y a un problème d'équilibre".

Le discours de Noah est analysé par exemple ici (un blog, pas un travail universitaire) : 

http://footcaviar.football.fr/post/2011/05/04/faut-il-des-quotas-anti-blanc-a-la-tete-de-la-federation-francaise-de-football

C'est un cas classique de double bind ou double contrainte paradoxale, sous sa forme faible (il n'y a pas obligation de s'exprimer), posé ici par la juxtaposition de deux nécessités opposées :

La première est de condamner la catégorisation.
La seconde est de désigner des catégories.

Il n'y a aucun moyen de s'en sortir. Puisque Noah doit catégoriser pour montrer combien la catégorisation est malfaisante. 
Il fait donc du racialisme (catégorisation selon des critères physiques attribués à tort ou à raison à des origines ethniques), afin de démontrer que ce racialisme, voire du racisme (le racialisme assorti d'un jugement de valeur lié à ces critères) est pratiqué à de hauts niveaux de responsabilité des instances dirigeantes de la FFF.

En gros, cela donne : "ceux qui distinguent les individus fonction de leur couleur de peau sont tous blancs. Et il faut que ça change."

Un cas classique Et authentique, de double bind, si l'on oublie le super-contexte où aucune obligation n'est faite d'agir. Le terme est très souvent employé comme synonyme de "dilemme" ou "double contrainte". Mais le paradoxe est condition sine qua non. Le choix cornélien, déjà présent chez Sophocle, peut être un faux double bind, par l'absence de paradoxe. Or dans le cas qui nous occupe, ce paradoxe est au coeur de la problématique. Tout discours ayant pour thème le racisme ou les racismes et racialismes, la ségrégation, la sélection, la stigmatisation, sont infestés par elle. Il n'y a d'autre solution que de se pencher vraiment sur elle, cette double contrainte, et les moyens possibles de la résoudre.

Comment en sortir de cette double contrainte cornélienne, s'exprimer malgré ce paradoxe ? Comment réussir à dire que les dirigeants de la FFF sont tous blancs sans racialiser les hommes, ce qui est le but poursuivi par Noah ? Comment évoquer ce "déséquilibre" sans condamner son propre discours au même procès ? 

En répondant à cette question, nous répondrions à toutes les objections de ce type qui pleuvent tant cet Ouroboros, ce cercle vicieux facilite la vie du racialiste décomplexé comme du cynique dont l'antiraciste est un des mets de choix. Il faut dire qu'anti est un délicieux hors-d'oeuvre que presque aucun terme lui étant accolé ne sait gâcher. Il n'y a pas d'antidote. L'anti est une inversion, un miroir, un double. Même Antigone a fini par partir de ce palais des glaces en feu.

Castoriadis fustigeant également les anti comme inopérants, citons son mot "ensidique" pour qualifier la nécessité identitaire, son "chaos" le double bind et son "magma" humain contextuel, l'ontologie qui préside ce sinistre paradoxe, typique de cette architecture de termite fou, ce labyrinthe vertical qu'est la condition humaine, dont les briques sont ces paradoxes dissimulés en trompe-l'oeil avec du je-sais, et collés avec un mortier salivaire qui est sécrété par tous avec une inépuisable énergie quand il s'agit non de résoudre mais de justifier. Pour coller, ça colle.

Que justifie-t'on ici ? La fatigue, la paresse, le confort du bain de boue de ceux qui au minimum ne savent pas un millimètre comment gérer les conséquences sociales du libéralisme, du népotisme lié et donc du racisme social qui est toujours le premier à frapper, c'est un enchainement - combattant ce racisme social, on a presque accompli le travail tout entier - et au maximum, de ceux pour qui la solution est la poubelle, le mur, le couperet, le charter, dégage. T'es nul puisque tu es pauvre donc illettré et voleur potentiel. Sinon t'as pas de bol tu portes la poisse. Il y a toujours quelque chose.

 La dernière c'est "t'es trop nombreux". Dire cela à un homme, avouez que c'est tout de même un rien absurde, mais comme on a l'habitude, on ne se rend plus bien compte. On laisse passer des énormités. On vit chez Buzzati ou Jarry ou Kafka ou Ionesco. il y en a d'autres. Ils n'ont pas arrêté de nous prévenir mais on ne retient rien. De la flotte, floc floc. La boite à pub a tout détruit. Le plus drôle dans notre malheur, c'est qu'on se pense plus intelligent avec les réseaux. Alors qu'on ne fait qu'épidémie de nos justifications personnelles, de nos projections actives, de nos schèmes. Ce sera un autre chapitre, pas se fâcher avec tout le monde d'un coup.

Que nous disent Palo-Alto et ses enfants de tout ceci ? Que d'un tel labyrinthe, on sort soit par le haut, soit en en détruisant tout ou partie des murs. Il peut s'agir d'élargir le champ (arrêt sur image, élargissement du cadre), démonstration de l'absurdité ou par l'absurde, l'ironie, décontextualisation, fuite, acceptation. 

On voit bien tout de suite qu'il y a deux sortes de double bind : celui du discours, du logos, et celui de la praxis, de l'arbitrage, du jugement, le plus cruel, étant du concret, le fameux choix de Sophie qui doit sauver un de ses enfants, mais lequel au détriment duquel. Même si au plan de l'exemple, il n'y a pas réellement double-bind mais simplement arbitrage de deux choix terribles mais sans qu'il y ait une injonction interdisant chaque choix par l'autre.

Dans le réel, tout choix est possible non en fonction de ses conséquences futures, mais des conditions de sa mise en oeuvre. Le double bind met justement en relief ce qui fait la condition humaine : la matérialisation par les conséquences de nos choix des contradictions inhérentes au contexte de la décision. Ce contexte peut être naturel et la double contrainte, celle des aléas. Il peut également être psychologique, social, culturel. La double contrainte peut alors être la manifestation, la projection de quelque contradiction liée à la complexité de notre condition et l'inachèvement de nos constructions.

Le tour que nous jouent les dieux est que le plus souvent, c'est de l'interaction du pur aléa (la catastrophe naturelle) et de nos contradictions (nos interprétations des éléments dits naturels) que jaillit l'obligation d'un arbitrage absurde, et qui autorise la fuite corticale (le double-bind est très étudié comme cause de schizophrénie) ou la justification de Crésus (démerdez-vous, je suis en plein repas).

Jeu de mots, jeu de marmot. Alors, pour sortir de ce puits, essayons d'en comprendre la forme, la profondeur, les mécanismes, ce qui glisse, ce qui agrippe, comment rejoindre le petit disque bleu qui là-haut nargue notre zénith. Avant que le ciel se couvre. Que la nuit tombe et que de disque il n'y ait plus, pas davantage que de direction. 
Ah si, la gravité nous tirerait vers l'enfer, le paradis serait la récompense de l'alpiniste. Il y a pourtant peu de société en haut des montagnes, juste quelques individus que l'on salue moins pour leur égoïsme que la liberté, l'audace, et la réussite dont ils témoignent à leur unique crédit. Inversons l'image et elle devient très intéressante. 

Combien de noirs sur la neige ? Moins que de roses sous les cocotiers - j'anticipe l'argument géo-climato-ethnique. 
Mais voici que je catégorise, petit sacripant. Et justement, c'est ce que nous aimerions éviter. 
Par exemple cherchons qui n'est pas noir, qui n'est pas rose, qui n'est pas métis, ni jaune, ni rouge, ni bleu. Pas arabe, pas juif, pas dravidien, pas basque, pas espagnol, pas catalan, pas galicien, pas inuit, pas sicilien, pas corse du nord, du centre, du sud, pas japonais, pas utu, pas taino, pas jivaro, pas mongol, pas inca, pas yaki, pas pygmée, pas watusi, pas femme, pas homme, pas jeune, pas vieux, pas gros, pas maigre, pas laid, pas beau, pas handicapé, pas géant, pas nain, pas vairon, pas poilu, pas imberbe, pas blond, pas brun, pas roux, pas con, pas intelligent, cherchons un être humain, c'est tout.

Lorsque chacun aura trouvé au moins un être humain - en plus de lui-même, petits sacripants vous aussi -, nous serons sur la bonne voie pour commencer à voir par quel bout prendre cette tourbière du double bind dans laquelle Noah chute, à mon instar révulsé par la méthode zemmourienne, cette désolante abdication devant une problématique qui quoi qu'il en pense le dépasse, et que l'opposition maladroite qui lui est proposée depuis des années ne fait que nourrir, comme si la balle n'était pas assez chargée, même lorsqu'il s'agit de discours structurés et argumentés tel celui de Christiane Taubira - il est vrai honteusement tronqué par les ZZ (zélateurs zemmouriens) et autres FDS (du site Français de souche) sur YouTube. Malheureusement, car si le procédé est détestable, le résultat est lui sans appel.

C'est un signe. Le ralliement de Bilger en est un autre. Le discours de Grenoble, Les propos d'Hortefeux, de Gueant, de Guaino, et je le répète, la faiblesse de l'argumentaire de leurs opposants, cette terrible sinusoïde médiatique oscillant entre la cécité et le tir groupé des amateurs si peu armés que les rangs des sceptiques s'étoffent, que les racismes, avides, s'en nourrissent goulument. 

Mais aussi cette curée contre Plenel qui ici ne fait que son métier. Et les arguments qu'on lui oppose ne valent pas un clou. Regardez bien les yeux de Noah ou de Thuram. Ils ont donné des victoires magnifiques à ce Stade dont je pense tant de mal parce qu'il masque, étouffe, ralentit, détourne. Regardez leur regard, vous qui n'êtes ni noirs, ni arabes, ni roms, ni au RSA, ni tout ce qu'il ne faut pas être sous le soleil de Centreville-sur-pleinsauxas. Sont-ils susceptibles ? Se sentent-ils visés, ces deux personnalités adorées par beaucoup de français ? 

Le racisme nait d'une tension de la différence, d'abord. Après l'argent montre l'étendue de son immense pouvoir, de son tropisme, jusqu'à l'inversion du sens. Mais le blond aux yeux bleus sait, sent, lorsqu'il vient dans une cité, qu'il est plus regardé, scruté, que le brun de type méditerranéen. Cette tension existe dans tous les sens. Et rien n'est fait pour que d'autres tropismes interviennent. L'humain régresse des deux cotés. Différemment mais la tension n'a pas de centre.

Travailler cette question du discours et ses contraintes paradoxales est vital. Je n'ai pas de solution simple, et ce que je lis, ce à quoi j'assiste  est déprimant ou puissamment frustrant. Que cela se joue sur la scène médiatique ou dans la cour des gouvernants. Les plumes saignent, les voix éructent, la radio gueule, la télé piaille pleurniche braille vagit hurle tandis que je brame et c'est merveille que ce silence lorsqu'on éteint tout cette chienlit. Un moment de grâce.

Au loin, la ruche bourdonne, et sa voix doucement revient, toujours là, à l'intérieur, la civilisation qui n'est que des millions de toi et moi. Quel est ce fluide qui nourrit nos vies ? O+. AB-. B+. catégories pour catégories, transversales, invisibles, vitales. Quelles strates ? Quels ensembles ? Quelles définitions ? Quelles souscriptions ? Quelles interprétations ? Quels schèmes ? Quelle anthropologie ? Pour quoi faire ? 

En tout cas, bravo les gars qui avez entendu que le trio Blaquart Mombaerts Blanc ne cause pas quotas, équipe reblanchie et extinction des feux pour le gamin des cités qui n'est pas de la bonne route, si tôt dans sa vie, du bon quartier. Douze ans. 

Vous rappelez-vous vos douze ans ? Saviez-vous qui vous seriez, ce que vous feriez ?
Et que Mombaerts n'use pas du jeu espagnol comme d'un paravent pour glisser son idée sur les rails ("Le Jeu, tout se tient, tout se tient !" Rappelez-vous qu'ils veulent passer un truc interdit par la loi, en douce) ? Et que tout ceci n'est pas ce qui leur est hurlé par la commandantur suprême après la débâcle de Knysna, car en plus le cadre historique est vite oublié ? Et la récupération honteuse qui suit. Bachelot et les autres qui se gardent bien de dire que c'est la Toule, le Toulalan, qui a participé avec son avocat à la fameuse lettre lue par Domenech...

Je me rappelle les journalistes sportifs tous interloqués : mais comment se fait-il que la Toule n'ait pas réagi ? Gourcuff il a peur de Ribery (jamais prouvé) mais la Toule (Jéremy Toulalan) ?
Qui est venu depuis dire que les meneurs n'étaient pas ceux que l'on imaginait, mais tous, ou quasiment, ulcérés par la une de l'Equipe et le coup de poignard tranchant ce noeud gordien du silence qui lie les hommes dans un vestiaire, le lieu religieux, le liant, où tout se dit et rien ne sort ? Personne. Même pas vous, ici.

Non, c'était forcement la faute des cités, et de ces barbares qui nous effraient tant. 
Qui vous effraient. J'en suis, d'une de ces cités, et je n'ai pas honte d'eux, mais de la mollesse de ceux qui prétendent comprendre notre monde et ses médias, ceux-là même qui sont incapables de saisir ce qu'elles sont, qui les habitent, ce qu'elles signifient, comment on peut seulement les habiter, et bien sûr que ne pas les comprendre est le chemin le plus court vers l'implosion de notre société. 

Pas être anti, non, mais pro, au minimum. De toute façon tout est là. Après, il y a ce que l'on comprend, et ce que l'on ne comprend pas. Ce que je ne comprends pas, moi, c'est ce qu'il faut de plus pour comprendre qu'à petits coups d'être allés trop loin, nous sommes tombés, nous chutons, et rien ne semble en mesure de nous arrêter. Double blind, qui pensent que l'on possède des ailes, cachées dans notre dos, et que nous allons les déployer, il suffit de quelques bonhommes. Vu d'ici, la perspective est très différente. Vous devriez venir. Les plus petits atermoiements sont déjà d'immenses cruautés. Alors la cécité des gentils... 

Mais il faut dire que l'espoir y est perdu. Une sorte d'entre-deux mondes, de warp zone, à la fois presque campagnarde et bandée de libido, la corde d'un arc dont on ne sait si elle va chanter ou tuer. De la place pour l'existentiel. Sinon, il la prendra, n'importe comment. Pas de murs. Les dépossédés grimpent plus vite que vous ne les construirez. Ils ont la télé. Ils savent ce qui est planqué derrière et qui brille.

Une autre, après. Pour dire le prix impossible de ce qui brille. Brillent les étoiles, et les grains de soleil sur les vagues. Brille ce qui fuit les doigts, brillent les yeux dans le noir.
S'il n'y a pas eu de mise en place effective de quotas cela en prenait à l'évidence le chemin. Sans la révélation de l'affaire par Médiapart tout laisse supposer que la réflexion aurait abouti. Il semble qu'il soit reproché à ce journal en ligne tout simplement d'avoir révélé l'affaire trop tôt. Aurait-il fallu qu'ils attendent d'en arriver à constater l'infamie, d'obtenir la preuve d'une infraction avec la constitution pour avoir raison. Si l'auteur a jugé bon de procéder à cet enregistrement c'est qu'il assistait depuis longtemps à ce type de propos, à ce projet. Il a voulu agir au plus vite, détenir des preuves car ses révélations auraient été démenties. Si Médiapart n'a pas de preuves, comme vous dites, c'est que l'enregistrement a été fait à temps. Est-il pour autant répréhensible d'avoir informé, alerté. Sans doute pas. Faut-il attendre qu'un meurtre soit commis pour appeler la police où est-il préférable d'avertir à temps. Pour ce qui me concerne il me semble préférable d'alerter au plus vite.
Il suffit d'écouter les bandes : un participant annonce clairement qu'il faudra agir sans que cela se sache. Aucun des présents ne protestent. Ils savent parfaitement que leur projet est nauséabond et contraire à la loi. Il s'agit la d'un faux procès fait à Médiapart qui était dans son rôle d'information, d'alerte, fondement du rôle de la presse. Il n'y a que la presse française pour avoir de ces pudeurs et inutile de rappeler qu'elle n'est pas un exemple dans le monde. Tous les médias étrangers saluent le travail de Médiapart. Oui ce genre de dérives doit être rélèvé quand c'est possible.
Que plénel se méfie, il est en train de se faire piquer son fond de commerce, dans son obsession maladive - voire mortifère - du racisme (et de tous les trucs en isme), par un autre demeuré, le dénommé barbier de l'Express, qui se met à délirer régulièrement : après avoir crevé les plafonds de la connerie en écrivant il y a quelques mois que antisarkozysme = antisémitisme, il récidive sur DSK. Il est facile à reconnaitre, même quand il ferme sa gueule : il a une écharpe rouge, et un sac de couchage chez Calvi.
Bien sûr que Médiapart en fait trop. Bien sûr que Plenel est meilleur représentant de commerce que journaliste. Mais quand des dirigeants décomplexés disent dans une réunion officielle qu'il faut mener une politique de discrimination de gosses de 12 ans, en mélangeant tout (la suspicion de double nationalité, les caractéristiques physiques, l'intelligence de jeu, plutôt du côté des petits blancs) et qui plus en disant qu'il fallait faire cette nouvelle politique de recrutement "dans le non-dit", "sous le coude", qu'est-ce qu'il faut de plus pour conclure qu'il y a bel et bien des dérives inacceptables ?
Bon ! Le point de vue de Mediapart, s'il n'est pas dénué d'un certain bon sens, a quand même fait chou blanc.

Ce n'est pas tant les paroles de Jouanno qui ont éteint les flammèches timides qui menaçaient d'incendie que l'intervention de Zinedine Zidane.
L'idole d'origine algérienne qui avait tapé sur Materazzi en finale de coupe du monde, ce qui avait oblitéré les chances de l'équipe de France avait été pardonné illico. Il est clair qu'il a un charisme au-dessus de la moyenne, et qu'il est un ami de Blanc.

Il est temps d'arrêter les frais avec cette histoire qui ne peut que porter ombrage au foot qui n'a pas besoin de ça. C'est quasiment le seul domaine où il y a autant de noirs et d'Arabes qui sont appréciés, et on veut revenir sur ça en disant qu'il y a du racisme, alors qu'il s'agit de binationalité.

Même si les instances de décision ne sont pas du tout mélangées, ça devrait venir, car ce sont certains des bons joueurs qui deviennent les entraîneurs puis décideurs. Il faut un certain temps.
"et on veut revenir sur ça en disant qu'il y a du racisme, alors qu'il s'agit de binationalité"

Les bras m'en tombent !

Restreindre l'accès à quoi ce soit à un français (fût-il binational) pour quelque raison que ce soit c'est de la ségrégation. Comme le racisme, le but est l'exclusion de l'autre de notre propre champ parce qu'il nous dérange. Je ne vois pas en quoi la ségrégation est moi grave que le racisme, le sexisme, ...

Et je crois que la ligne de fracture (pour employer une expression à la mode), y compris dans la société, est là dans la réponse à la question : Peut-on exclure?
Restreindre l'accès à quoi ce soit à un français (fût-il binational) pour quelque raison que ce soit c'est de la ségrégation. Comme le racisme, le but est l'exclusion de l'autre de notre propre champ parce qu'il nous dérange. Je ne vois pas en quoi la ségrégation est moi grave que le racisme, le sexisme, ...

Mais de toutes façons, il faut faire des choix, et pour faire des choix, il faut des critères, subjectifs ou pas, je vous l'accorde, et à regarder l'équipe de France actuelle, il ne me semble pas que les noirs soient discriminés et exclus des sélections.

Et je crois que la ligne de fracture (pour employer une expression à la mode), y compris dans la société, est là dans la réponse à la question : Peut-on exclure?

Exclure quoi ou qui ?

Quand mon fils était petit, on lui a organisé sa fête d'anniversaire, toutes les familles sont venues prendre leur enfant à 18 heures, comme c'était convenu, sauf un, dont le père est venu le chercher à 22 heures 30, parce que visiblement, il ne s'entendait pas avec sa bonne femme et ils avaient joué le truc aux nerfs. Comme l'enfant était déjà en pyjama pour dormir à la maison, il a demandé à rester dormir.
Et le lendemain, on n'a pu les joindre avant l'après-midi pour le ramener. On avait tous leurs numéros de téléphone, mais ils avaient fait la fiesta et ne répondaient à rien. Et quand on l'a ramené la première fois en pensant qu'il y avait un problème avec le téléphone, il n'y avait personne chez eux pour répondre.
Et donc j'ai exclu cet enfant, que j'aime beaucoup, des fêtes d'anniversaire.

Le critère, ce n'était pas lui, mais son père et sa belle-mère ne voyaient pas du tout où était le problème. Quand je leur ai dit que ça ne se faisait pas, ils n'ont même pas fait attention, et pourtant ils sont de la deuxième génération.

Et le fait que lui était français n'a rien changé au fait qu'il n'a pas été réinvité aux fêtes d'anniversaire ou d'Halloween. D'autres enfants d'origine africaine ont été réinvités, mais pas lui.

Il y a des critères d'exclusion, ça se fait ou ça ne se fait pas.

Et risquer de voir partir les gens à la concurrence quand on bosse dur à former les gens, ça peut être un critère, à mon avis.
Bonjour Yanne.
Jusqu'a "Le critère, ce n'était pas lui, mais son père et sa belle-mère ne voyaient pas du tout où était le problème. ", je vous suis bien.
Par contre.... je ne vois pas le rapport avec la "deuxieme generation" ?!? Comme j'imagine que vous ne parlez pas de la "deuxieme generation de cordonniers", j'en deduis que vous liez ce comportement incivil aux origines de ces gens -d'ailleurs vous l'auriez trouve normal si ils etaient de "premiere generation" ?
Si je lie cela a votre commentaire plus haut expliquant que le principe d'une selection, c'est de discriminer (je suis d'accord), j'en arrive facilement au fait qu'en fait vous jugez normale une selection sur des criteres d'origine plutot que sportifs...ce qui pour le coup m'atterre...
Peut-etre devriez-vous preciser, je suis persuade d'avoir mal compris.
Bonne journee !
Restreindre l'accès à quoi ce soit à un français (fût-il binational) pour quelque raison que ce soit c'est de la ségrégation.


oui
restreindre l'entrée à l'IEP Paris aux jeunes qui ont passé le concours sous prétexte de réserver des places aux jeunes issus de zones difficiles, c'est de la ségrégation.


Je ne vois pas en quoi la ségrégation est moi grave que le racisme, le sexisme, ...

vous ne voyez toujours pas?
Oui, ça c'est un vrai problème : comment défendre la discrimination lorsqu'elle est positive ? En fait comment prouver que là y'a besoin de discrimination positive et pas là ?

En foot y'a déjà un grand brassage ethnique : pas besoin.

En politique, dans les médias, dans les grandes écoles, les portes sont fermées : y'en a besoin.

Et je rappelle que pour l'IEP, la discrimination est pas sur base ethnique mais sur base de revenus !!!!

restreindre l'entrée à l'IEP Paris aux jeunes qui ont passé le concours sous prétexte de réserver des places aux jeunes issus de zones difficiles, c'est de la ségrégation.
Le truc c'est qu'en France, la discrimination sur des critères sociales n'est pas interdite par la loi; ce n'est pas le cas des discriminations basée sur les origines, couleurs de peau et religion. Faudrait faire voter une loi, ou pas.
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