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Fins du monde et théorie de l'impuissance

Depuis quelques années les films mettant en scène la fin du monde se multiplient. Le plus souvent, c'est l'histoire d'un désastre écologique poussé à sa dernière extrêmité, qui met en péril l'espèce humaine (c'est tout l'intérêt). Mais que cache donc ce goût que nous avons pour le spectacle de notre fin ? Et est-ce bien la planète que de films en films, on assassine ?

Derniers commentaires

J'avais raté cet article !
Quand vous dites que "La guerre des mondes" parle d'un ennemi extérieur, il y a un point intéressant à noter : les adaptations qui ont été faites ne reprennent pas clairement le propos d'H.G. Wells, qui faisait un parallèle explicite entre cet ennemi extra-terrestre et les empires coloniaux de l'époque, dont la Grande-Bretagne. Je cite :
[quote=H.G.Wells]Avant de les juger trop sévèrement, il faut nous remettre en mémoire quelles entières et barbares destructions furent accomplies par notre propre race, non seulement sur des espèces animales, comme le bison et le dodo, mais sur les races humaines inférieures. Les Tasmaniens, en dépit de leur conformation humaine, furent en l’espace de cinquante ans entièrement balayés du monde dans une guerre d’extermination engagée par les immigrants européens. Sommes-nous de tels apôtres de miséricorde que nous puissions nous plaindre de ce que les Martiens aient fait la guerre dans ce même esprit ?
à part ça, auteur d'un livre sur le sujet de l'histoire des représentations de fin du monde, je pense qu'il existe de nombreuses raisons aux récits de ce genre, et plusieurs sentiments en apparence contradictoires : peur, espoir, plaisir d'imaginer une remise à plat sociale, politique, etc.
Cela me semble donc un thème important et intéressant.
Tiens c'est étrange, il semblerait que le monde "musical" s'y mette aussi ...version grande messe et nostalgie ...
http://www.foliesbergere.com/La-1ere-nuit-de-la-deprime-fid138.aspx

enfin vu le prix d'entrée....
on peut déjà commencer par en rire :)
C’est formidable la diversité humaine, l’un se place sur un promontoire et observe ce qui lui fait face, s’il est trop élevé , il ne voit que les nuages et le sommet d’autres cimes, son voisin regarde vers le haut et ne voit que les cieux, encore un autre assis à leurs côtés regarde vers le bas et évoque des vallées et pour trois autres placés à l’étage inférieur, le premier regarde vers le haut et décrit les cieux le sommet du promontoire et ses trois occupants, le second décrit la plaine bouchée, le troisième regarde le sol et les herbes à ses pieds.
Combien de réalités différentes et complémentaires d’un même objet d’étude se révèlent par les seuls choix des points et des angles d’observation ?

Judith nous engage à regarder une production cinématographique récente sur la fin du monde et s’interroge sur notre fascination à ce type de réalisations/condamnations dernières qui signerait selon elle notre impuissance à imaginer et agir pour un avenir meilleur, notre incapacité à « révolutionner ».

C’est amusant comme une idée fixe, ici deux idées fixes, révolution et impuissance politique, biaisent l’observation cinématographique de notre chère JB toute à ses engagements.

Sans gêne, je me place à l’étage au dessous et je regarde ce que décrit JB. Mais évidemment je vois aussi Judith. Personnellement, Judith m’intéresse plus que l’apocalypse…

Bon, sur le cinéma de fin du monde et j’ajouterai même sur les œuvres traitant de ce sujet, JB rétrécit l’espace temporel de son analyse à ces dernières années, (la rouerie de notre habile chroniqueuse ne peut en aucune façon être écartée de ce choix dans son étude.)
Ainsi, la » fin du monde » concerne –t-elle notre espèce toute entière ou encore celle de tous les vivants ou plus restrictivement celle d’une civilisation, la nôtre, voire celle de notre nation ? Quelle qu’elle soit, cette « fin » n’est pourtant pas une « création originale » de notre société moderne, mais évoquer ici le déluge, l’apocalypse de St jean, l’Atlantide, les Pascuans, les égyptiens… l’an mille…les témoins de Jehovah …plutôt que des films de science fiction rencontrent sûrement moins d’échos aujourd’hui en Occident qu’il y a un siècle. L’occident citadin d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec l’occident paysan d’autrefois et les réalités des existences d’un aïeul et d’un de ses descendants, notre contemporain né cent ans après lui, s’affronteraient sans rémission.
Ainsi en est il de la guerre, ou plutôt des guerres de « civilisations » en cours où s’affrontent les populations occidentales citadines de l’abondance et des gaspillages à des populations paysannes du moyen orient d’Afrique d’Asie ou d’Amérique du Sud, ces humains des pénuries et des disettes.
Ce constat n’a rien de révolutionnaire (ou de nouveau) non plus comme celui de faire remarquer que les détritus de nos aïeux sont moins embarrassants que les nôtres, comme celui de dire qu’un bédouin, un peul, un paysan andin ou népalais est beaucoup moins consommateur et pollueur qu’un citoyen américain allemand japonais ou français.
Constater notre détachement aux besoins premiers de notre existence terrestre et notre mépris à leurs « consommations raisonnables » pour des considérations « sociétales » jugées aujourd’hui « supérieures » et « fondamentales » par certains est pour une part extrême fruit de l’abondance qui caractérise notre société mais ne nous y trompons pas ce comportement spirituel n’est pas celui de milliards d’autres humains soumis aux pénuries ou aux disettes.
Ces réalités économiques et sociales qui s’opposent si violemment aujourd’hui et dont les effets désastreux pour les plus faibles des sociétés ne peuvent être dissimulés, sont emballées ici par les politiques et les relais médiatiques sous une multitude de vêtements comme le racisme, le fanatisme, le passé, le progrès la modernité qui travestissant les formes à fin de ne pas considérer les fonds, nous induisent à imaginer toutes sortes de silhouettes qui plus terrifiantes qui plus belles nous divisent et nous condamnent à l’inaction à l’impuissance ou aux révoltes vaines.

JB navigue en littérature et offre à voir plus régulièrement qu’elle ne l’imagine sans doute, des images de fin du monde que certains, j’en suis, constatent dans les romans ou les essais saturés de sexualités homo, sado-maso, incestueuses, d’une foule d’écrivaines et d’écrivains « médiatisés » porte paroles de la vacuité spirituelle et du narcissisme d'un pan majeur de la pensée occidentale contemporaine.

Alors quand JB à la conclusion de son étude cinématographique s’étonne du pantouflage de ses contemporains englués dans des visions apocalyptiques du futur et bien incapables de se révolter pour proposer d’autres avenirs plus optimistes, je n’y observe que l’aveu de la stérilité d’une élite engluée dans ses conformismes spirituels et ses pulsions égoïstes.
Placé au rdc, les cieux noirs d’un certain cinéma peuvent me divertir ou m’indifférer mais la contemplation d’autres « fins du monde » en cours filmées et présentées régulièrement à une société toute entière nourrissent mes révoltes. Ces fins du monde sont fruits de « révolutions scientifiques et technologiques » bien réels et touchent par exemple à la reproduction.

Qui ici dispose par exemple des moyens pour faire obstacle à la pensée « consommatrice et prédatrice » d’un riche homosexuel affirmant que le ventre d’une femme équivaut aux bras d‘un ouvrier. Qui peut encore être entendu d’élites aux pouvoirs pour faire obstacle à la marchandisation légalisée de la reproduction humaine dans une société ayant développé à l’extrême les rapports marchands amenuisant sans cesse l’expression de la démocratie, une société noyée dans une Europe du libre échange, du matérialisme et de l’abêtisation des peuples engagés à oublier leurs histoires humaines.

Je n’ai pas besoin de films catastrophes pour imaginer la fin de l’humanité « historique », il me suffit de suivre les méandres de nos lois toutes à destination de citoyens consommateurs, d'écouter des témoignages médiatisés de ceux qui dans leurs professions de foi ont déjà extraits les humains de leurs conditions naturelles pour des objets vivants et mécanistes.

Le développement des armes de destruction massive est interdit à la majorité des états par ceux qui placés au sommet de leur promontoire dispensent les bons et les mauvais points d’humanité, ceux qui pourtant transgressent dans leurs lois et leurs projets d’avenir, ces administrateurs d'états qui ont déjà, à maintes reprises, transgressé les frontières de l’humanité tout au long du XXè siècle…

Je peux manifester contre les élevages industriels des animaux, contre les gaspillages, la société, les élites médiatisées, je peux m’élever contre la loi du « droit à l’enfant » revendiqué par des homosexuels comme s'il existait le droit d'acheter ou de vendre un enfant sous prétexte que l'on est stérile ou que l'on est impuissant ou..., je peux manifester contre la PMA et toutes sortes de marchandisations légales des ventres, des ovules, des spermatozoïdes, je sais que cette « apocalypse de l’humanité » qui me sidère, je ne la vivrai pas dans son développement ultime, et quoique satisfait que « ma fin au monde » prenne place avant mes « visions » terrifiantes de cette « fin du monde », dans lesquelles je ne peux dire à quelles « humanités nouvelles » appartiendront mes arrière petits enfants ou leurs descendants, des « humanités de natures différentes » qui s’affronteront comme s’affrontent aujourd’hui les sociétés riches et pauvres du monde ?

L’île du docteur Moreau écrit par Wells, il y a plus d’un siècle me parle bien plus que les films évoqués par JB et je sais que les révolutions enfermées dans ma boîte crânienne ne sont certainement pas celles qu’elle imagine, les miennes n’ont aucune allure de kermesse joyeuse et de lendemains qui chantent, les révolutions en cours comme celles qui ont transformé régulièrement et profondément nos sociétés et les humains qui les composent, sont de plus en plus effrayantes, fruits de technologies nouvelles elles opposent et opposeront plus violemment encore les humains entre eux par leur conditions naturelles divergentes extrêmes.

Allez JB entendons nous au moins sur le fait que nous observons l'un et l'autre des révolutions technologiques qui révolutionnent nos existences, pour les révolutions politiques que nous imaginons l'un et l'autre, elles sont fruits des considérations morales que nous leur accordons.

Chère Judith, SVP, Pourriez vous inviter Axel Kahn à l'un de vos DLT ...
Un autre, On The Beach, de Stanley Kramer, avec Gregory Peck, Ava Gardner et Fred Astaire.
Sérieusement, vous êtes passé à autre chose. Votre précédente chronique a fait pfuittt.
Même ici. C'est à pleurer.
Dans les film récents hantés par la catastrophe, les plus saisissants sont Melancholia et A serious Man des frères Coen, variation bizarre et grinçante autour du Livre de Job; la fin du monde y est plutôt la fin de ce monde, échéance terrifiante mais potentiellement salvatrice, on peut y lire une invitation à ne pas croire aux rites sociaux ou aux Livres, un encouragement à tout brûler dans un grand feu de joie, geste poétique et nihiliste, davantage radicalité ultime que renoncement.

(Take Shelter me semble très surévalué; dans le genre fiction paranoïaque, préférer Bug de William Friedklin, avec le même M.Shannon et une Ashley Judd géniale, grand film romantique, désespéré, poignant).
Après une relecture plus attentive cette chronique est toujours aussi intéressante.
La question est de savoir si l'humanité à réellement pris conscience de ce qu'est la vie. Peut on dire que l'humanité en tant qu'entité se regarde est s'interroge sur son existence... Il y a des impressions, des sentiments mais en matière de conviction, pour l'instant c'est encore le religieux qui prime...
Des types font exploser des particules pour remonter le temps et tout le monde s'en fout. Un canular sur un calendrier maya, et ça fait un buzz.
Je pense surtout que les questions que vous soulevez (Judith Bernard) dans votre chronique ne sont pas (encore?) d'actualité. Les films catastrophe ne sont-ils pas aussi, tel des sauts en parachutes, une façon de se faire peur, un jeu?

On diagnostiquera alors un gros problème de culpabilité, qui l’aurait prédisposée (l’humanité) à des aspirations autodestructrices dont la problématique écologique est à la fois 1) la métaphore et 2) la solution – puisque 1) notre nuisance écologique figure notre tendance à l’autodestruction par destruction de notre biotope, et que 2) cette destruction de notre biotope, une fois devenue totale et irréversible, serait au fond la meilleure manière d’en finir avec nous-mêmes.

Les "pollueurs", pour aller vite, ont ils mauvaise conscience, ou n'ont ils pas conscience? Enfin, ils savent qu'ils polluent, mais ont-ils réellement conscience de leur impact sur l’environnement (on ne sait d’ailleurs toujours pas quel est notre impact sur notre écosystème)? Et surtout, cette tendance, à la pollution, n'est elle pas logique compte tenue de notre condition de mortels? Qui rangerait sa maison avant de mourir?
Je pense que la mort est la première des causes de notre sentiment d'impuissance.

je crois bien que le grand imaginaire collectif de la catastrophe, que nous avons tous contribué à forger par notre insatiable goût pour ce type de récit, est le liquide amniotique de notre impuissance.

Je dirais en fait que l'on a rien forgé, mais que ce type de goût est une façon de tromper la mort. Jouer à se faire peur.
C'est vrai que ce commentaire (le mien) peut sembler du chipotage, mais je sens dans votre chronique un arrière goût de volontarisme. L'homme a en lui les ressorts pour changer les choses. Alors que je crois moi complétement au déterminisme. L'homme n'a en lui aucun ressort, il est justement le problème. Enfin problème... je veux dire que c'est justement notre condition qui nous met dans cette situation. Une expression de notre animalité. Je ne crois pas que l'on puisse opposer les ressorts humains, les séparer en deux catégorie... d'un coté le courage, la passion, l'amour, le bien... de l'autre la paresse, la haine, l’égoïsme, le mal... tous ces ressorts font partie de nous et on ne peut s'en départir entièrement. On peut essayer de s'en libérer en se confrontant à la vérité. Mais en aucun cas une émotion ne peut faire réussir une révolution. C'est toujours la peur qui gagne à la fin. D’ailleurs, vous parlez de "narcissisme" pour accentuer le coté égoïste et vaniteux de certain individus. Mais ce narcissisme est encore une fois inhérent à notre condition. La vie est une aventure intérieure. Chacun sa bulle. Le problème, c'est notre cerveaux qui nous fait prendre conscience de choses, qui nous place devant des contradiction, qui rend insupportable le supportable...
Imaginons par exemple deux personnes qui se disputent pour des reproches qu'ils s'adressent l'un à l'autre. La vie de ces deux personnes les a conduit à cette état de désaccord, et la position de l'autre lui semble absurde ou du moins inapproprié. Le seul moyen de rapprocher ces deux personnes, n'est pas de chercher à les changer, mais de leur faire accepter leur non responsabilité dans les choix qui sont les leurs. De leur faire comprendre que leur position et celle de l'autre ne sont que deux facettes de notre humanité. Que s'accrocher à une facette pensant qu'elle nous défini, s'est être esclave. Regarder ces deux facettes et les accepter, c'est être libre.
C'est symptomatique d'une société en crise.

Pourquoi le goût à la fois de l'apocalypse et de la vie frénétique se retrouve chez des révolutionnaires se demandait Camus ?
Il y a aussi un joli petit film de 2012 : Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (Seeking a Friend for the End of the World) de Lorene Scafaria.
Ce qui me plait chez vous Judith c'est votre formidable appétit de vivre (me semble-t-il ?)
Excellente chronique à méditer pour regarder en face en effet notre pervers narcissisme sans négliger de repérer ceux qui l'entretiennent.
Excellente appel à agir plutôt que se coucher.
Merci.
Des fins du monde.
Des.
Tant qu'il y a le pluriel, ça va. Le cinéma a des thèmes qui se déclinent. Je n'ai vu aucun de ces films, donc c'est pour moi un thème parmi les autres, un thème qui ne colle pas tant que ça à notre époque (la tempête shakespearienne, le déluge biblique, l'apocalypse...). Pas si spécifique. Et le cinéma est spécialiste quand il s'agit d'exploiter à fond un filon, surtout si c'est l'occasion de tester les nouveaux effets spéciaux.
Que ça coupe les jambes à la révolte et que ça rende fatalistes et résignés les gens ne coule pas de source.
Ce sont des vanités, comme celles que des personnes raffinées mettaient dans leur entrée. Elles nous font la leçon: ne pas trop s'attacher aux biens (ne serait-ce qu'un petit chapeau de soleil qu'on est malade d'avoir perdu), aux richesses (n'en parlons même pas, s'attacher à des billets de banques: ridicule!), bien se mettre dans le crâne que tout est éphémère (fin du monde, fin du monde, c'est une façon de parler) et en prime une petite peur du jugement, celui des autres hommes tout simplement, pas besoin de dieu de paradis ou d'enfer, pensez-vous. Ce sont nos descendants perdus qui nous toisent et à qui on doit des comptes.
Que ça verrouille la réactivité et que ça explique pourquoi nous ne sommes pas dans la rue, je doute.
Car est-ce qu'il y a une seule analyse des causes dans ces films de fin du monde? Est-ce qu'il y a aucune prétention à dérouler un arbre des causes implacable qui annihilerait tout échappatoire? Rien n'est dit dans ces films d'autre que: c'est moche et qu'il faudrait éviter ce genre de chose.
Ce qui nous immobilise c'est que nous avons plus à perdre qu'à gagner. C'est que le gout du sacrifice s'est perdu. On a l'impression que sacrifiés ou pas, la question n'est pas là. On sait bien que le mur tiens il est tombé, un jour, qui peut nommer des morts, des émeutes violentes qui en seraient la cause? Quoi nous dit une nécessité de révolte pour un monde meilleur?
On n'est pas sidérés de peur de fin du monde. On est attentistes, un peu blasés. On veut mourir pour des idées de mort lente. Rien ne nous persuade de la nécessité de bouger. Mais ce ne sont pas les films de fin du monde qui nous en dissuadent.
Magistral !

J'ai beaucoup aimé celle-ci pour l'avoir moi-même pratiquée : [quote=Judith Bernard]se détester soi-même est encore une manière de ne s’occuper que de l’amour de soi, à travers sa perte ou son impossibilité, et d’être hanté par la question de sa propre valeur et de sa propre image :)
Je suis étonné que ne soit pas mentionné Jusqu'au bout du monde (Wim Wenders - 1991) à la fin duquel (si mon souvenir est bon) l'apocalypse prévue (d'ailleurs plus ou moins anecdotique) n'avait pas lieu (ou bien si, mais pas dans un ce sens-là). Ça m'a donné envie de le revoir.
Et je dirais même plus. Le monde évolue, il progresse et promet un avenir incroyablement positif. Mais seuls les groupes sociaux qui y croient vont en profiter. Ceux qui se laissent aller à une paresse mélancolique vont y laisser des plumes. C'est certain. Parce qu'ils ne pourront pas préparer et dicter leurs lois.

J'aimerais que l'humanité dans sa totalité prenne part à l'organisation d'un monde informatisé, à la production alimentaire, à la répartition des richesses, à la définition des droits d'accès aux nouvelles découvertes, aux progrès médicaux, aux brevets, à l'invention et à la mise en place de nouvelles organisations sociales ... Ce n'est pas en déprimant et en croyant à la fin du monde que chacun y prendra part. J'aimerais que l'aquoibonisme ne passe pas. Croire n'est jamais utopique, l'utopie c'est l'arme de ceux qui n'ont pas intérêt à voir les choses changer.
Dans les films ou séries post-apocalyptiques, par exemple, l’adaptation de la Route de Cormac McCarthy et The Walking Dead, où tout n’est pas foutu, mais où il ne s’agit que de survivre le plus longtemps possible à l’effondrement du monde actuel, le politique n’a pas davantage sa place.

Acculer, il faut sortir les crocs ou se résigner à mourir. C’est juste simple. Notre vie est réduite à sa stricte condition animale en milieu hostile.

Car, survivre n’est pas non plus un projet politique, c’est même le comble de l’individualisme (qui est le projet politique de la fin du politique, comme l’est d’ailleurs toute politique de droite), quant bien même, on survit mieux en groupe qu’isolément.

L’horizon est toujours à court terme et les projets limités à l’essentiel.

Ici aussi, un effet pervers peut-être engendré par ses oeuvres. La liberté de se battre, de lutter n'y est accordé qu'au prix du sacrifice du monde antérieur. Autrement dit, tant que le monde ne s'écroule pas sous le feu nucléaire ou une horde de zombie, ma foi, il fait bon y vivre et donc, il n'est pas nécessaire de prendre sa "sur"-vie en main, puisque nous ne sommes pas dans un contexte de "sur"-vie.

Cette précaution oratoire est-elle bien nécessaire ? On peut se le demander, tant le nombre de personnes qui n’ont "que" ce qui nous paraît être la survie comme horizon ne se risquent même pas à prendre leur sort en main.
Même pour eux, le politique, le collectif ne fait pas sens, hélas.

C’était le cas, hier où il suffisait d’un homme armé d’un simple fusil pour déporter des centaines d’adultes vers l’inconnu, mais un inconnu visiblement, ostensiblement des plus inconfortables, et in fine vers la mort, comme l’a parfaitement raconté Imre Kertész dans « Etre sans destin ».

L’espoir que tout va s’arranger comme par miracle dans la seconde qui suit est le meilleur moyen de nous mener jusqu’à l’abattoir où l’on finit par s’agenouiller tranquillement en espérant encore une fois qu’il ne s’agissait que d’un simulacre, qu’on ne va pas vraiment nous tirer une balle dans la tête, quant bien même on a abattu tous les autres avant nous...

Face à cet étalon tiré des pires des pages de l’histoire mondiale, il est vain de croire que nous sommes encore trop choyés, comme l’on écrit certains au début de la crise grecque, pour nous opposer « physiquement » à ce qui nous accable.
On a toujours trop à risquer au présent pour envisager de le sacrifier dans l’instant.

Même voter socialiste, une majorité de nos concitoyens n'y arrivent pas, alors...

yG
« Et pourtant il n’en est pas un dont je ne sorte en me disant : encore une belle figure de l’évitement. »: Judith

Dans les films suscités, il s’agit toujours des dernières heures de l’humanité.
Que ferions-nous si nous savions que nous vivions collectivement nos dernières heures ?

Il est fort à parier que nous enverrions au diable les conventions (notamment sexuelles) sociales, que nous réglerions nos comptes, que nous accomplirions nos dernières volontés, puisqu’après nous le déluge.

Cette toute puissance est celle qui accueille certaines étoiles mourantes, elle n’est évidemment pas d’ordre politique, elle ne vise pas à durer, à construire, mais à détruire ce que nous n’osions changer de notre vivant par peur des conséquences.

Il ne s’agit pas ici de se sacrifier pour un monde meilleur, il n’y a pas de monde nouveau à attendre. C’est juste un grand cri égotiste que nous pouvons pousser parce que de toute façon, il n’y en aura aucune conséquence, aucun après.

Il n’y a même pas l’injustice que nous ressentons lorsque la mort nous frappe bien avant notre heure ou touche un être que nous aimons, bien avant la sienne, puisque tout le monde est concerné simultanément.

L’évitement du politique est dans le fait que ces œuvres ne s’inscrivent ni dans la durée, puisqu’elle est absente, comme vous le rappelez Judith, ni dans le collectif, puisque nous sommes tous ramenés dans ce cas à notre nombril face à notre mort, une mort qui ne nous incite même pas à nous demander ce que nous allons laisser, suprême confort, suprême liberté, le néant.

yG
Bonjour et tous mes voeux, Judith. de bonnes chroniques pour 2013. Tout comme les années précédentes.

Je voulais par ailleurs vous faire remarquer que tous les films dont vous parlez sont des films occidentaux.

D'après moi, ce dont ils nous libèrent par la catharsis, ce n'est pas de la fin du monde réel, de la planète. Ce qu'ils nous jouent et nous rejouent, c'est la fin du monde occidental en tant que système prééminent qui vampirise la planète entière.
Une sorte de répétition générale de ce que nous sommes en train de vivre jour après jour, le déclin de l'occident, économique, politique, géostratégique, culturel.
Dans une variation métaphorique du complexe de Samson (si moi je dois être vaincu, alors tout doit se terminer par une mort collective) ou, plus moderne, de syndrome du Docteur Folamour, la catharsis concerne la fin de notre propre monde, celui de la société de consommation induite par l'exploitation du tiers monde et le gaspillage écologique, la prédation totale sur un monde de plus en plus dévasté.

Je ne prétends en rien que cette prédation va s'arrêter avec la chute de l'occident. Le capitalisme et la concurrence pour le contrôle des sources d'énergie et les ressources minières ne vont faire que se développer avec l'émergence d'autres grandes puissances industrielles. Mais notre temps en tant qu'entités dominantes est probablement révolu.

Tout indique que c'est l'avenir qui se dessine, en tout cas ce que nous sentons confusément qui se dessine. Même si tout peut arriver, car nous ignorons si notre chute va nous anéantir ou nous rendre plus forts. Nous faire trouver d'autres valeurs que celles de la consommation et de la supériorité. Mais effectivement, nous n'en trouvons pas le chemin.

Outre que ce souci écologique est vidé de sa substance par le marketing capitaliste, nous ne sommes pas en mesure d'effectuer un débat politique qui nous déterminerait aux choix réels que nous devons faire pour que personne ne soit lésé. Décroissance pure ou croissance écologique, tous ces débats n'existent pas. Le choix officiel est entre la croissance sans frein et la bougie.

Quel qu'il soit, le changement va être long, et risque de se terminer par un collapsus général.

Mais le changement est autour de nous, mais aussi en nous. C'est cette lente maturation de notre conscience de la fin d'un monde qui émerge à travers ces films.

La question , et elle est brûlante, est de savoir ce que signifie exactement la fin de ce monde, de notre monde, Est-ce la fin de notre rêve démocratique ? Est-ce la fin du régime capitaliste ? Est-ce l'espoir d'un monde plus juste ? Est-ce tout simplement le signal d'une autre phase de l'histoire humaine, une simple phase ni meilleure ni pire que les autres, mais tout simplement autre ? Une phase où l'occident sera balayé en tant que monde dominant, ou tout simplement, le vieillissement de la population aidant, en tant que monde tout court ?
Est-ce tout simplement un monde qui trébuche et se relève, ou reste mourir sur le bas-côté pendant que l'avenir passe près de lui, sans un regard ?

Peut-être !

En tout cas, ce questionnement, qui est difficile pour tout le monde, du moins consciemment, court dans nos productions culturelles comme elles courent dans celles du Japon, par exemple.
Et c'est la preuve que nous ne sommes pas encore tout-à-fait morts !
J.J. Abrams a fait le même raisonnement que vous, Judith.

Il est un habitué de la fiction post apocalyptique puisqu'il a contribué à La Guerre des Mondes de Spielberg, imaginé Cloverfield. Côté télé, c'est le producteur de Lost et de Fringe, qui se placent dans l'avant catastrophe et jouent beaucoup sur l'urgence imperceptible de la situation.

Bref, J.J. Abrams est le scénariste et créateur d'une fiction télé qui rassemble actuellement la moité des télé spectateur américains de fiction. La moitié, c'est énorme et c'est inédit depuis la multiplication des chaînes. C'est une histoire post apocalyptique dans laquelle l’électricité a disparu à cause semble-t-il d'une expérience qui a mal tourné. Le monde revient à ce qu'il était au XVIIIème siècle. La nature reprend ses droits (le générique montre ainsi en accéléré la végétation couvrir une station essence, une ville, etc) Et ça s'appelle... Revolution.

Revolution, n'est pas une charge contre-révolutionnaire primaire. La Révolution de J.J. Abrams n'est pas un "éteignons les lumières et revenons à l'age d'or". Au contraire, c'est une évocation de la guerre d'indépendance américaine. Les Révolutionnaires sont des "résistants" qui cherchent à renverser le tyran qui dirige la "République de Monroe" et à restaurer les Etats-Unis d'Amérique. Le couplet patriotique est un peu pénible, mais il faut en passer par là.

Spoiler

Le thème principal de la série, dans la première saison est la rédemption : si il n'y a plus d’électricité, c'est de la faute des héros ; si le pays est devenu un régime fasciste, c'est de la faute de l'un des deux personnages principaux. On rejoins la question de la culpabilité que vous soulignez dans vos développements sur la haine de soi. Le groupe de héros oscille sans cesse entre la poursuite de ses objectifs propres et celui d'entrer dans la lutte. Chaque épisode est construit de manière d'ailleurs un peu trop mécanique sur ce dilemme.

En revanche, la lecture de l'intention révolutionnaire de Abrams n'est pas la même que la vôtre. Il ne s'agit pas de se poser, de penser pour réfléchir et se projeter dans un autre souhaitable. Le personnage de révolutionnaire de la série s'appelle Nora et elle a rejoins la résistance par une sorte de Viva la muerte. Elle est persuadée que la lutte est perdue d'avance. Dans le troisième épisode, elle raconte la perte de son bébé à naître, l'a conduite à vouloir "donner un sens à tout ça". Les Révolutionnaires d'Abrams le deviennent à cause des circonstances. Pas vraiment par choix personnel. Celui qui a un plan global, qui cherche à civiliser la société par tous les moyens, y compris les pires, c'est le méchant de l'histoire.
Tiens une chronique sur le cinéma et le sentiment d'impuissance.... Votre avant dernière chronique vous a fait cogiter pendant les vacances?
En tout les cas je bénie @si de permettre à des non journalistes de nous triturer les méninges... C'est bien moins convenus. Une grande prise de risque pour un questionnement fondamental.
En voyant cette liste de films, j'ai repensé au film la route. Le livre surtout m'a marqué. Je l'ai lu quand mon premier fils avait 2 ans. L'angoisse. Un univers post apocalyptique. Les rares survivants sont pour la plupart anthropophage. Un père conduit son fils... vers nulle part... n'ayant pas le "courage" de le tuer.
Qu'on donne les clés d'@si à Mme Bernard!!!!
Je ne sais plus qui a dit: l'horizon d'attente du XIXe siècle était la Révolution, celui du XXe siècle la Guerre, celui du XXIe siècle est la Catastrophe.

Mais c'est tellement vrai.
Texte un peu réducteur je trouve, alors certes les films de fins du monde où on voit des humains se faire charcuter par une catastrophe au hasard, on est d'accord c'est nul et chiant (mais divertissant !). Ensuite, et c'est dommage que vous n'en parliez pas du tout dans votre article, il existe quand même des films appelés "post-apocalyptique" où certes la catastrophe et les charcutages d'humain sont aussi présents MAIS ne servent que de préambule au véritable fond du film, c'est à dire montrer comment l'humanité survit, reconstruit ou détruit encore plus. Bref là il n'est plus du tout question d'impuissance ni de résignation, dans ces films l'humanité se relève les manches et fait preuve du meilleur (ou du pire selon les visions des cinéastes) dont elle est capable. Et là ça devient nettement plus intéressant d'un coup.
Alors oui le sentiment de culpabilité est présent ... disons pendant 10 minutes du film quand la catastrophe survient, mais ensuite ça peut être tout l'inverse, vous deviendriez même fière de votre humanité en sortant de certain film post-apo.

A noter même que beaucoup de films post-apo ne montre même pas la catastrophe et débute directement après celle-ci en n'expliquant même pas ce qu'il s'est passé pour que le monde en arrive là. Le propos est résolument centré sur l'Humain et sur sa nature et non pas sur la catastrophe dont tout le monde se fiche éperdument. Forcément ce genre de film mise davantage sur la réflexion que sur le divertissement pur et dur.

Dans ces films on retrouve notamment pour les plus connus la "Planète des Singes" (original comme remake), "Matrix", "Je suis une légende", "Equilibrium", "La route", "Soleil vert", "Mad Max", "On the beach", "La machine à explorer le temps", "Terminator", "Malevil", .... la liste de ce genre de film est vraiment impressionnante donc je m'arrête là.

Voilà si le titre de l'article avait été "films catastrophes" je n'aurais rien écrit mais là il s'agit des films sur la fin du monde et dans ce contexte je me devais de faire du prosélytisme pour la grande cause de l'univers post-apocalyptique !

PS : Prometheus n'est pas la préquelle d'Alien, le film se déroule dans le même univers et possède de nombreux clins d'oeil avec la série Alien mais son but n'est pas du tout d'expliquer les origines d'Alien, ça a été dit et redit par l'équipe du film et c'est flagrant quand on le regarde tellement les incohérences sont là. De plus je doute fort que nos "créateurs" dans ce film veulent nous détruire parce qu'on est vilain, nous sommes je pense une race "rat de laboratoire" dans ce film et nous servons avant tout de crash test pour la seconde race créée par ces même créateurs, plus intéressante que nous et plus fortiche donc normal de s'en servir pour aller zigouiller la 1ère race (nous) qui ne sert plus à rien. Par la même occasion ça permet de voir ce que la 2ème race possède sous le capot, c'est ça la science.
Merci Judith,

Très beau texte, et tellement vrai, surtout la fin !
Il y a en effet beaucoup d'intérêts pour certaines puissances (ultra minoritaire mais très puissantes, comme les 1%) de nous endormir avec ce genres de scénarios. Les lobbys ne manquent pas d'ailleurs, pour le contrôle des énergies, de l'eau, des aliments, etc... Suivez l'argent !

[quote=Judith Bernard]c’est notre sentiment politique, et l’idée de notre puissance, qu’on assassine
Et puis nous détruire notre sentiment politique nous pousse aussi à consommer impulsivement, ou du moins sans réfléchir.

A quand un papier, qui alimentera un dossier complet dans @si, sur la montée (ou renaissance) de notre sentiment politique ? Avec des exemples des différentes actions et initiatives de par le monde, montrant qu'il existe encore, qu'il se renouvelle ? On se rendra compte qu'il existe plus que jamais, mais qu'il passe souvent sous les écrans radars des media de masse, mais sous celui de Anne-Sophie Jacques (ce n'est qu'un exemple).
Encore une fois Judith, vous touchez juste et on ne peut que constater que cette tendance á se dire "á quoi bon ?" est malheureusement rampante dans notre société. Et oui, l'apathie fait rage (l'expression n'est pas de moi mais résume très bien le sentiment autour de moi). Il n'y a qu'a voir la réaction des gens quand on leur explique les rouages pernicieux du système financier ou de la paresse des médias á analyser et diagnostiquer les vrais problèmes de notre société. J'ai tout entendu : "tu es négative", "qu'est ce qu'on peut y faire de toute façon ?", "Mais non ce n'est pas si grave"... On essaie de leur démontrer qu'on est les dindons de la farce, l'oeil se détourne, mieux vaut ne pas regarder la vérité en face puisqu'"on n'y peut rien de toute façon", c'est bien trop déprimant. Ils ne comprennent pas que s'éduquer est la clé, que la démocratie ça se mérite, que si on n'est pas vigilant et qu'on ne se bat pas pour elle, elle meurt.
La fin du monde est pour demain, mais le début des soldes c'est aujourd'hui. Profitez en.
vu :
pas vraiment fin du monde, plutôt thème " prophétie". Le héros est convaincu qu'un ouragan ( comme vous n'en avez jamais vu !) va tout dévaster. Personne ne le croit et c'est lui qui perd tout. Et puis....( suspense....)
La haine de soi combinée avec le sentiment du « no future », on l’observe dans l’augmentation des conduites à risques chez les adolescents. Quand on ne s’aime pas, l’envie de vivre disparaît. Conduites qui font courir autant sinon plus de risques aux autres, au nom du « je suis le centre du motif » d’enfants élevés pour devenir des rois sans royaume (voir la perversion du leit-motiv « l’élève au centre »), des individus noyés dans un narcissisme triste.

Autre haine, récurrente depuis quelques années : celle de la génération 68. Sans qu’on puisse démêler dans cette haine ce qui relève de la jalousie envers des gens qui ont cru à une utopie et se sont battu pour elle pendant au moins plusieurs années (allez, disons, jusqu’à l’arrivée du ps au pouvoir (j’ai pas écrit « la gauche ») ou du reproche que beaucoup dont les plus vus ont, avec le temps et les situations acquises, renié ce passé de luttes.

Aujourd’hui, sauf pour des minorités combattues comme celles de NDDL (un élu radical dit de gauche parle des « bruits des bottes vertes »), plus d’utopie, une résignation à TINA et un morose repli sur soi…
"Take Shelter" est une tuerie, un des plus beaux films de l'année qui vient de passer.
Dans le genre fin du monde-catastrophe, on trouve aussi "The Day After Tomorrow" du très mauvais tâcheron Emmerich mais c'est le seul film regardable qu'il a commis dans son hideuse et bêtifiante filmographie.
Melancholia j'ai aimé la première moitié mais la très mauvaise actrice Charlotte Gainsbourg flingue l'intérêt du film dès lors qu'elle apparaît trop à l'écran (quand on met deux soeurs côte à côte on fait au moins en sorte qu'elles soient anglophones sinon ce n'est pas crédible).
Pour le reste, si fin du monde il y a, j'espère qu'elle adviendra de mon vivant, pour ne rien rater de ce spectacle grandiose (quiconque a assisté à une éclipse en rase campagne en a eu un avant-goût, avec la luminosité et les températures qui tombent d'un coup, effets garantis).
Merci à Judith Bernard, le texte est beau et l'hypothèse intéressante, quoique versant gourmandement dans la paranoïa sur la fin. On peut penser aussi que toute hypothèse science-fictionnelle sur l'avenir nourrit au contraire la possibilité de prises de conscience individuelles et donc, in fine, la possibilité révolutionnaire.

Au fait, "Take shelter" est bel et bien caractérisé par le doute que vous évoquez (normal, c'est une pratique courante dans le registre fantastique, assez présent dans ce film), mais cela n'enlève rien au fait qu'il ressortit bel et bien à la thématique de la fin du monde.

Martin Carayol
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