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Commentaires

Et vous trouvez sabot ?

Il y a des mots qui coûtent cher en bâtons d'encens et en noix de cajou.

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Chère auteure,

Il se peut aussi très bien que le mot sabot vienne de l'arabe familier (voire même courant) "sabat" qui veut dire chaussure. D'autant plus qu'eu égard à la date que vous énoncez par rapport à l'apparition du mot sabot, au sens de chaussure, il y a lieu que cela coïncide (d'un point de vu historique) ?? Affaire à suivre.

Bien à vous.
Parfois l'éthymologie des mots peut se révéler obscure.
Manifestement le sabot est un élément qui sert à stabiliser d'autres éléments en termes de mécanique : ceux du chemin de fer en sont de parfaits exemples. On stabilise le rail en lui fournissant une surface d'appui adéquate en rapport avec la force que l'on va lui demander d'encaisser notamment au passage du train. Point commun avec l'autre sabot version animale qui est la surface d'appui forcément rigide et stable sur laquelle le poids de l'animal repose.
Le sabot est donc un élément stabilisateur.
En mécanique ce qui est désigné par le mot sabot est pour la plupart du temps une pièce dont la fonction est d'interdire certains mouvements, qui seraient néfastes à l'ensemble. Dans ce cas le sabot garantit le bon fonctionnement d'un ensemble mécanique dont on a déterminé que certaines parties devaient absolument demeurer fixes (ici, les rails).
Se pose donc la question de savoir si le mouvement est souhaité ou pas. Le sabot est une entrave. Celui qui est posé par la maréchaussée sur des véhicules sert à les immobiliser pour que les propriétaires viennent s'acquiter d'une amende. Le sabot peut donc avoir une fonction bénéfique, mais aussi une fonction d'entrave.
Poser un sabot sur un élément pourtant destiné au mouvement afin de nuire à son bon fonctionnement constitue un sabotage. Evidemment, quand l'origine de la pose du sabot est règlementaire, on se trouve devant un sabotage légitimé par les pouvoirs publics, et dans ce cas n'est pas vraiment considéré comme étant nuisible.
Nous y voilà : Le terme de sabotage ne s'utilise que lorsque l'entrave au bon fonctionnement n'est pas autorisée.
Il est possible que la connotation négative du sabotage provienne du fait que ceux qui ont eu l'intention de nuire (peu importe l'objectif final) l'aient fait par la pose de sabots sur des équipements roulants. Ce doit être aussi vieux que l'invention de la roue.
Puis, par extension, tout acte de malveillance de ce type fut appelé sabotage.
Ce n'est qu'une hypothèse, mais bon, je la trouve assez plausible. Si c'est vrai, le terme de sabotage avec sa connotation négative ne proviendrait pas d'une racine purement linguistique, mais de l'usage qu'on ait pu faire du sabot.
Magnifique étude sur les sabots et autres sabotages qui me fait songer, de fil en aiguille à une petite coutume que je vous livre ci-dessous :

Dans la glorieuse Cavalerie Française, autour des années 70, il était très en vogue d'infliger comme punition aux fortes têtes ou aux traîne-patins, voire aux tire-au-cul une petite marche apéritive d'un kilométrage plus ou moins élevé selon la gravité (prétendue) de la faute… Avec un sac à dos plein de lourds patins (nous y revoilà) de caoutchouc destinés à être glissés dans les chenilles de char pour limiter la destruction du bitume lors de la circulation des blindés sur route…

Le sabotage eut alors consisté à semer ces ignobles patins le long du chemin… Hélas ils étaient soigneusement comptés au retour !

Tout cela pour dire qu'Anne Sophie pourrait peut-être enquêter sur l'origine de l'expression “traîne-patin” sur laquelle cette sympathique coutume brimatoire donne un éclairage intéressant…

De toute façon “patin” est un mot très intéressant à divers titre, qu'il soit à glace, à roulette ou surtout en forme de “french kiss”…

Hercule peut donc faire travailler ses petites cellules grises, à moins qu'Annie ne nous fasse une étude circonstanciée depuis sa succursale réunionnaise !

Enfin... Patin-couffin !

***
Un détail : il me semble que les freins en bois utilisés sur un certain nombre de métros (et anciens train ? en tout cas, au moins les métros de la ligne 12) se nomment aussi sabots. Ces sabots se referment sur des disques reliés aux axes, et permettent de freiner en dispersant la chaleur grâce au bois. Le bois est spécialement traité, et les sabots fréquemment changés. A vérifier quand même, je ne suis pas un spécialiste.
merci Anne-Sophie!
mais est-ce que sabotage est lié à sabordage et sabord ? (son équivalent maritime qui sonne presque comme lui)
J'arrive en retard. Le filon des jeux de mots avec sabot semble épuisé. A l'avenir, vous seriez bien aimable d'en laisser un ou deux pour les retardataires.
J'aurais bien tenté des pistes avec "trouver sabot à son pied", ou bien "ce voeu sur la langue" et les déclianisons en ça-me-botte ou chats-beaux mais j'ai peur de me prendre un four.
Aors, retour sur la discussion précédente, d'il y a deux semaines ( quand cette chronique devient-elle hebdomadaire ou plus ? saperlipopette ! )
Suite à vos recommandations, j'ai acheté ( et lu ) le livre d'Antonio Saura, Contre Guernica ( le livre à la couverture jaune ): Excellent !
Juste deux citations ( pas plus pour ne pas poluer votre joli forum ). Ce pamplet "déplut à plus d'une veuve de Picasso" ( rires ), ou bien "Picasso ne se considérait pas comme responsable de son oeuvre" ( réflechir ).

Jolie chronique en tout cas
Merci pour cet article...

Je me permets d'apporter un complement filmique en rappelant qu'Alfred Hitchcock a réalisé Sabotage (1936) (traduction en français: Agent Secret) et Saboteur (1942) (titre français: Cinquième Colonne). Le terme est donc passé Outre-Manche et Outre Atlantique, au début du XXe siècle [sans doute grâce au livre d'Emile Pouget, qui a emballé tout le monde]. D'ailleurs, Sabotage est à la fois un nom et un verbe (to sabotage).
Joli jeu de piste, et belle chronique, encore une fois, merci Anne-Sophie.

Charles Bricka explique le sabotage.

Décidément, c'est de famille : un de ses descendants, Rémy, a beaucoup saboté. La musique.
Bon, OK, je sors...
A Lyon, la légende veut que le terme de "sabotage" soit venu des canuts: pour protester contre l'arrivée du métier à tisser automatique inventé par Jacquard (vers 1800 et quelques), qui menaçait leur emploi selon eux, ils auraient jeté leurs sabots dans la mécanique de l'appareil pour le casser...
Apparemment, ce n'est qu'une légende (je suis déçue: un mythe s'écroule) mais je trouvais intéressant de la signaler!
Au Québec, y'a un Sabot qui fait de la zique (de l'ultra- trash évidemment).
Sinon, c'est sarmant un petit seveu sur la langue.
Et que pense de ça Arlette , Arlette Sabot ?
Très belle explication, riche et complexe.

J'ai le souvenir d'un travail en usine, ma période étudiante travailleuse, où les ouvriers tordaient la pièce que la machine devait fabriquer pour casser des dents à la fraise. Résultat, il fallait attendre trois semaines pour recevoir la suivante. Les ouvriers faisaient ça sur les machines difficiles, c'était du non-dit, ils allaient canny comme vous dites, mais je remarquais leur regard quand le chef d'équipe relevait le rabat de son écritoire, dans lequel se trouvaient les fraises d'avance, ils les comptaient. C'était leur manière de lutter contre la pénibilté. Je pense que c'est plus difficile aujourd'hui, surtout à la chaîne.

http://anthropia.blogg.org
Du temps, pas si lointain, où dans les écoles de Basse Bretagne il était "interdit de parler breton et de cracher par terre", on punissait les enfants surpris à parler cette langue en les obligeant à porter un "sabot" autour du cou. Il s'agissait de cette bobine en bois dont vous parlez en tout début de l'article.
Mon père l'a eu bien des fois. Et déjà, pour s'en révolter, il "sabotait" le dispositif en balançant ce sabot dans les toilettes de son école !
Carnot prend un t, comme sabot, M'dame.
En consultant la bio de Sadi sur Wiki, j'ai appris qu'une loi dite "scélérate" visant uniquement les anarchistes, votée par une Chambre de la IIIe République juste après son assassinat, n'avait été abrogée qu'en 1993 (!).
Mais que La France qui a peur se rassure.
Le gouvernement disposant toujours d'un bel arsenal de lois antiterroristes, les ultra-épiciers qui s'apprêtaient à mettre le pays à feu et à sang, seront durement sanctionnés.
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