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Commentaires

Et vous ? Plutôt Marion, ou plutôt Florian ?

Le signe ultime, s'il en fallait un, de la banalisation médiatique du FN, le voici

Derniers commentaires

Législative partielle dans l'Aube : Le PS éliminé au premier tour.
Le second opposera le candidat UMP Gérard Menuel au candidat FN Bruno Subtil.
Oui Subtil, le frontiste. Ah c'est facile de se moquer !

Bon, François, tu réalises l'étendue du désastre ? T'as à peine deux ans et demi à tirer, alors voilà ce que tu fais : tu nous éjectes fissa ton premier ministre de droite, tu le remplaces par Mélenchon ou Filoche, et tu te mets en position veille.
Mais quoi qu'il arrive, en 2017 tu ripes tes galoches. Tu te retires sur une île, Sein par exemple où le climat est vivifiant, et qu'on entende plus jamais parler de toi.
C'est, me semble t-il, le bon moment pour ressortir l'analyse de Yvan Krastev, politologue bulgare, qui analysait les relations entre les libéraux et les populistes dans son pays en 2006 (un an avant l'entrée de la Bulgarie dans la l'UE). Huit ans plus tard, l'écho de ce texte rebondit bien au sein de la situation française de 2014.

Que cache la vague populiste ?, par Ivan Krastev
LE MONDE | 21.06.06 | 13h39

Le populisme se répand dans toute l'Europe. Le Zeitgeist (le climat) populiste est rendu responsable du non aux Pays-Bas et en France, qui a enterré la Constitution européenne ; et les mots d'ordre populistes s'imposent dans le discours politique "normal" : Le Monde ne rapportait-il pas récemment qu'une majorité de Français approuve certaines idées de Jean-Marie Le Pen, tandis que les partis de gouvernement font de leur mieux pour s'approprier ses thèmes ?

L'Europe centrale fait figure de capitale de ce nouveau populisme. Il est au pouvoir en Pologne, l'a emporté en Slovaquie dans sa version de gauche, et fait une percée en Bulgarie. De fait, le style populiste triomphe dans la plupart des autres pays post-communistes. La recette de ce succès n'est pas un secret : elle est faite de colère, de haine des élites, de flou politique, de désir égalitariste, de conservatisme culturel, d'euroscepticisme doublé d'anticapitalisme, de nationalisme déclaré, de xénophobie latente, et d'autant de rhétorique anticorruption que possible. C'est la version électorale du cocktail Molotov.

Curieusement, les libéraux ne semblent pas s'inquiéter ni se scandaliser outre mesure de ce phénomène. On les sent un peu honteux, assez mal à l'aise, mais guère plus. Ils jugent le populisme à la même aune que la prostitution : c'est vil et malhonnête, mais inévitable et potentiellement très amusant. Les libéraux auraient-ils perdu leur capacité à se scandaliser ou leur modération a-t-elle d'autres explications ?

Pour eux, démocratie et libéralisme sont jumeaux. Ils ont donc pris l'habitude de s'attaquer à l'"antidémocratisme" de leurs ennemis. Ils dénoncent soit le discours simpliste et manipulateur, adressé aux tripes, soit une politique électoraliste faite pour "acheter" les voix populaires. Mais, au fond, est-il interdit, en démocratie, d'en appeler aux passions du peuple ? Et qui décide quelles politiques sont populistes quand d'autres sont honorables ? Au fond, c'est la nature démocratique du populisme qui laisse les libéraux sans voix.
Mais leur passivité a aussi une autre explication : ils savent que les populistes ne sont pas, au fond, des antilibéraux. Le populisme est d'abord la stratégie marketing de tous ceux qui débutent en politique. En Amérique latine, cette doctrine s'appelle la "politique du violon" : on empoigne le violon de la main gauche, mais on joue de la droite. En Europe, on fait campagne sur des thèmes populistes et on gouverne selon les recettes libérales. Dans un monde politique européen dominé par de faux socialistes, de faux conservateurs et de faux écologistes, les faux populistes sont la dernière trouvaille.
Ainsi, quand, en 2001, l'ancien roi de Bulgarie, Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, a fondé un nouveau parti politique et causé un véritable tremblement de terre en remportant la majorité au Parlement, les observateurs ont conclu au triomphe du populisme. Le parti du roi s'était imposé dans toutes les classes d'âge, de revenu, ou de niveau d'éducation. Son discours était vague et opportuniste, et son ton plus moraliste que politique. Quelques années plus tard, son parti a rejoint l'internationale libérale et a été un facteur décisif dans l'intégration prochaine de la Bulgarie dans l'Union européenne. Les libéraux ont donc peut-être raison de ne pas trop s'en faire, puisqu'il pourrait se révéler que les populistes ne sont que des libéraux qui avancent masqués. Le "facteur Union européenne", justement, pèse de tout son poids dans ce manège entre populistes et libéraux.
Ces derniers se raccrochent à l'UE un peu comme les laïques turcs se raccrochent à l'armée pour endiguer l'islamisme. Mais si l'UE est le dernier rempart pour stopper les populistes, elle est aussi la cause de leur succès. Les électeurs qui subissent les contraintes fixées par Bruxelles ont le sentiment que, s'ils peuvent changer les hommes, ils sont impuissants à infléchir les politiques. D'où leur attirance pour les partis antisystème, qu'ils soient de gauche ou de droite.

Il y a un dernier aspect à ce pas de deux entre libéraux et populistes, et c'est sans doute le plus intéressant. En ce moment, les populistes gagnent les élections en pourfendant la corruption. Or, à l'origine, le discours anticorruption a été produit par les libéraux eux-mêmes. Vers le milieu des années 1990, en Europe centrale, le mécontentement populaire montait, les gens ne supportaient plus d'être exhortés à la patience en attendant que les réformes prônées par l'Occident portent leurs fruits. Le sentiment anticapitaliste, et particulièrement antiprivatisations, grandissait. L'accusation de corruption devint alors, pour le citoyen postcommuniste, le seul moyen d'exprimer sa déception à l'égard des élites politiques et de se lamenter sur la perte des espoirs nés de 1989.
Les libéraux se sont emparés de la rhétorique anticorruption, qui leur semblait préférable à d'autres expressions de colère, comme le nationalisme xénophobe, d'autant qu'elle semblait une occasion de recadrer le débat. La corruption était un véritable problème, sans doute celui qu'il fallait régler le plus rapidement.
Mais en fin de compte ce discours est devenu le point faible des libéraux, parce qu'ils n'ont pas su interpréter les aspirations anticorruption des gens. Aux yeux des libéraux, la corruption est un problème institutionnel dont les réponses se trouvent dans une plus grande transparence et une série de réformes ; tandis que, pour l'opinion publique, c'est une question morale : il faut que les hommes au pouvoir soient intègres. Quand les libéraux parlent d'équité, l'opinion comprend montée des inégalités. Quand ils accusent l'Etat de créer la corruption et vantent les privatisations, la majorité blâme le marché et s'indigne du bradage des entreprises publiques.
Les enquêtes montrent que ce n'est pas la corruption à la petite semaine qui inquiète l'opinion, mais uniquement la corruption des politiques. Et plus un gouvernement tente de faire de la lutte contre la corruption sa priorité, plus les gens le soupçonnent d'être corrompu. L'imaginaire de la corruption possède sa propre dialectique : on commence par croire que la corruption est partout, puis l'on se convainc que tous les politiques sont corrompus, on atteint enfin le stade suprême lorsque l'on pense que l'objet même de tout gouvernement est la corruption. La guerre contre la corruption aura donc rendu le populisme respectable.

Attaquer le populisme aujourd'hui, en Europe centrale, c'est défendre "les copains et les coquins". La tentative libérale pour dépolitiser la lutte contre la corruption et en faire un instrument de réformes institutionnelles était condamnée d'avance. Les libéraux auraient dû comprendre que le populisme est avant tout une vision du monde dans laquelle la société est constituée de deux groupes séparés : le "peuple pur" et les "élites corrompues".

Reste à savoir pourquoi les représentants des élites ne sont pas plus inquiets. Serait-ce parce qu'ils s'efforcent déjà d'être les prochains populistes ?

Ivan Krastev est politologue et président du Center for Liberal Strategies à
Sofia.
Article paru dans l'édition du 22.06.06
Ce mépris de Zlatan pour le peuple qui l'a accueilli en dit long sur la morgue de la gauche de toutes les époques et de tous les pays. Heureusement que nous avons Jeanbat et d'autres pour remettre les pendules à l'heure.
Moi, plutôt Zlatan.
Bon , c'est pour la Suède .
Lors du congrès de Nice en 2003, Marine Le Pen était arrivée en 34eme position.
Focaliser le débat sur la différence entre 1er et 4ème évite surtout de parler du fond et de permet de brasser du vide. Une grande spécialité médiatique.
Faut vraiment être journaliste pour vouloir créer une compétition entre une qui a eu 80% des voix et un qui a eu 70%. Connaissant l'ampleur de la prime à l'appartenance à la famille immédiate dans ce parti, l'ordre du résultat pourrait d'ailleurs être contesté.

Faut vraiment avoir rien d'autre à faire et pas beaucoup de souvenirs des maths à l'école pour vouloir interroger les votants et rechercher une opposition entre ces deux plébiscites (et les mêmes vont gloser sur les "que" 65% de Sarko). Si on ajoute que ce genre de manifestation accentue le caractère moutonnier des réponses, on peut s'attendre à quoi?

70% des gens aiment les tartines beurrées, 80% les tartines à la confiture, combien d'envoyés spéciaux déplacés au petit déjeuner pour faire la sociologie et en faire des tartines sur un sujet qui passionne et divise les français à ce point?
C'est impressionnant de constater comme il semble facile d'incarner la posture "militant FN", il suffit de tourner en dérision les questions des journalistes, dédramatiser les sujets
abordés, ce qui est facile puisque le militant n'a aucun bilan à défendre.

C'est ainsi qu'on peut voir une jeune fille de 25 ans arriver à la tête de ce parti, et les micros font passer pour crédible tous militants interviewés.

Il y a un système, je pense facile à cerner, qui guide la posture du militant FN. On entends toujours les mêmes recettes rhétoriques, ensuite la différence se situe entre ceux qui sont les plus proches du noeuds familial donc plus plus au fait; donc plus à même de diriger ce parti et les plus éloignés du noyaux qui ont bien pigé les recettes de langage ...

Il serait intéressant de créer une sorte de think tank associant des journalistes sur une étude approfondie de la posture FN afin de mieux cibler les interviews pour éviter ces rhétoriques faciles mais qui font mouche à chaque fois
Je ne savais pa trop où mettre ça, mais ça peut intéresser du monde, j'espère plus que les aventures de la famille Le Pen. Et puis, y'a du papy raciste dedans aussi...

Donc voilà, James Watson, prix Nobel pour la découverte de la structure de l'ADN il y a de cela un gros demi-siècle, met en vente sa médaille Nobel. C'est, à ma connaissance, la première fois que la breloque est mise en vente.
La raison ? Watson a tenu publiquement des propos racistes ("while people may like to think that all races are born with equal intelligence, those “who have to deal with black employees find this not true” ", rapporté dans le guardian). Entre autres, après tout il semble avoir été constant dans le racisme et le sexisme au cours de sa carrière. Mais en tout cas depuis cet article de 2007, il serait devenu une "non personne", viré de la plupart des boards et conseils qu'il avait et plus personne ne l'écoute.

Lien en français chez les inrocks.

Un autre lien en anglais: slate.

La conclusion laissée à Adam Rutherford dans son commentaire sur le guardian:
"The nicest irony is that genetics – the field he (Francis Galton) founded and Watson transformed – is precisely the subject that has singularly demonstrated that race as a scientific concept holds no water."
C'est vrai malheureusement que nous sommes pris au piège de la banalisation du FN, celle du parti et celle des idées, ce qui est bien pire encore. La question est de savoir comment en sortir et là il faut bien dire que nous sommes plutôt sec en l'état actuel. Il jy aurait bien la solution de donner aux politiques alternatives un temps au moins égal à celui qui est consacré en permanence aux politiques actuelles. Ce qui est peu probable. Il faut dire par ailleurs que même dans cette hypothèse il faudra du temps pour rattraper le terrain perdu. Quand même pour ne pas terminer sur une note de désespoir remercions ceux qui continuent chaque jour à tenter briser, parfois avec succès, ce mur de la complicité.
Moi ce qui m'étonne, c'est que parmi les multiples scénari possibles (que se passe-t-il chez les verts, le FdG, le NPA ? apparemment "tout le monde" s'en fout), c'est le feuilleton FN qui est choisi par "lémédia". Tout est fait pour faire monter le FN, systématiquement. Subrepticement, mais systématiquement.

C'est quand meme étrange. Et absolument scandaleux.
Rien sur les exploits en Algérie, rien sur la gégène, rien sur les propos racistes, rien sur les procès perdus et sur ses récidives ?
Pour avaler l'image du gentil papy il faut être un jeunot inconscient, un adulte inféodé ou un vieil amnésique...y'a tout ça chez les militants marinistes ?
Et moi j'ai l'impression que le post d'IT ('Chouard, Soral, Bricmont : "pourquoi les gratifier d'une telle importance ?"') continue à tourner dans la tête de Daniel :-)

DS n'avait pas bien anticipé le piège qui consiste à donner trop d'importance aux 'éditorialistes' des réseaux sociaux, la virulence de leurs 'gentils virus' respectifs ayant un effet grossissant.

Du coup, ça devient une nouvelle grille de lecture, il ne veut plus être pris en défaut. Et la scénarisation de l'affrontement Philippot-Le Pen lui saute immédiatement aux yeux.

C'est beau de voir un cerveau en action ;-)
Au delà des prénoms que nous pouvons combiner: Florion, Marian, Maflo, Floma....

Un sentiment de gêne aux entournures lors du visionnage proposé par Daniel.

J'ai l'impression diffuse que des "dramarturgies" des "scenari" sont montés en amont dans les salles feutrées des rédactions.

Et, qu'en fonction de l'avancée de l'intrigue sur terrain on cale, on calque quelques tirades préparées à l'avance.

Phrase de la montée de F. au micro, celle de l'embrassade M-F.

Même le micro-salle type micro-trottoir me sonne faux, réponses soufflées empreintes de spontanéité.

Les Rédacs voulaient un affrontement Marion-Florian, ne l'ayant pas eu, ils l'ont fabriqué le pimlentant de petites phrases senties.

Malheureusement le scénariste ne s'appelle pas Audiard. Journaliste moderne demande des talents de nouvelliste-fiction.

Quant au contenu...
à la fin du reportage sur le congrès fn à lyon dans "mots croisés"la foule entousiaste gueule,"on n'est chez nous" oui on n'est chez nous...sur cette planète.

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Toujours les vieux qu'on ressort ;o)))
Je suis pour l'euthanasie des vieux politiques (ou des jeunes) qui ressortent...
Bon, je m'en vais ;o)
Bon je vais éviter de choisir... Pas vu "Marion" hier soir sur France 2, par contre j'ai vu "Florian" sur i télé et franchement il a mangé tout cru Renaud Dely et Charlotte Rotman. Pas que je m'en réjouisse mais il a démonté tous leur arguments avec une belle efficacité.
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