28
Commentaires

Enseignants-chercheurs : les articles du Monde sont "des coups de poignard dans le dos"

Enseignant-chercheur en sociologie politique à l'Université Paris 1, Jérôme Valluy est à l'origine de la "charte de bonne conduite" vis-à-vis du Monde, véritable appel au boycott du quotidien lancé au monde universitaire, comme nous l'expliquions récemment.

Derniers commentaires

[large]les articles du Monde sont "des coups de poignard dans le dos"
ça évoque "ce sabre est le plus beau jour de ma vie" ![/large]
Sur Acrimed, je suis d'accord avec vous, ce pourquoi je conclue mes commentaires de la lettre ouverte par cette phrase : "En dehors de cette contrainte de conjoncture et sous réserve de lutter contre la double dérive décrite ci-dessus, les perspectives d’Acrimed à long terme demeurent parfaitement légitimes et sympathiques. "

En ce qui concerne l'absence des chercheurs sur la critique citoyenne, le problème me semble être le suivant : soit les chercheurs s'expriment en citoyens ordinaires sur la critique des cadrages médiatiques et leur voix n'a guère plus de portée que n'importe quel citoyen (ils peuvent s'exprimer à ce sujet dans leurs familles, réseaux d'amitié, associations, syndicats et partis respectifs sans que leur parole ne soit particulièrement remarquée ; soit ils s'expriment dans les mass-médias classiques (presse, radio, télévision) et il leur est alors très difficile de s'exprimer en simples citoyens tant leurs titres académiques surdéterminent leur prise de parole pour l'accès à l'espace médiatique (i.e. la facilité par rapport à d'autres citoyens ordinaires à passer dans la presse, radio, télévision) que pour la crédibilité de leur parole entendue comme une parole compétente ou faisant autorité.

En outre, lorsqu'ils s'expriment dans les mass-médias classiques deux situations se présentent : soit ils interviennent sur leur domaine de compétence scientifique et c'est donc bien en tant que chercheurs qu'ils le font, non en tant que simples citoyens ; soit ils interviennent hors de leur champ de compétence scientifique et leur prise de parole facilitée par leurs titres académiques me semblent relever d'une forme d'abus d'autorité symbolique : certains collègues sont ainsi connus pour leur omniprésence sur les plateaux de télévision et de radio qui les amènent à s'exprimer sur n'importe quel sujet y compris ceux auxquels ils ne connaissent pas grand chose - pas plus que n'importe quel citoyen - , mais leur parole a pourtant et abusivement plus d'audience. Ces vedettes académico-médiatiques qui alignent souvent de plates banalités au 20 h le soir des élections ou en commentaire immédiat dans les émissions d'actualité donnent à croire que leurs opinions personnelles de simple citoyen présenteraient un intérêt particulier ce qui est faux à bien des égards et les rend un peu pathétiques.

Pour ces raisons il me semble plus judicieux que les chercheurs ne s'expriment, en règle générale, dans les médias que lorsqu'ils rendent compte de résultats de recherche ou sollicitent directement une compétence acquise dans la recherche. Dans cette expression, la critique des médias, peut être parfois nécessaire mais elle ne s'impose pas comme une priorité dans tous les cas. Par exemple : lorsque L'humanité m'interroge sur le thème de l'identité nationale et de la xénophobie (ici : http://www.humanite.fr/2009-01-13_Societe_Immigration-Le-nationalisme-d-Etat-s-est-aggrave) je n'ai pas de raison de faire une critique des médias puisque mes cinq années de recherche sur le sujet me conduisent à penser que l'origine des problèmes de xénophobie se situe dans des impulsions en provenance des technocraties ministérielles face auxquelles les médias me semble plutôt en position de résistance ; ma critique porte donc non sur les médias mais sur le ministère et la xénophobie d'Etat.

Le mouvement de l'enseignement et de la recherche en revanche nous place dans un troisième cas de figure : celui de chercheurs engagés comme citoyens dans la défense de la recherche elle-même. Face à cela, j'ai oscillé pour ma part entre deux positions s : 1) j'ai longtemps évité de m'exprimer sur ces sujets dans les médias par crainte d'une certaine incompétence faute d'avoir mené des recherches sur les politiques de la recherche (alors que d'autres l'ont fait) et par crainte également d'apparaître comme un leader ou porte-parole alors que le mouvement en refusait très clairement le principe (raison pour laquelle nous n'avons pas élu de bureau de la coordination nationale) ; 2) j'ai changé de position sur la "charte de bonne conduite" d'une part parce que mon nom est apparu comme auteur et qu'il me semblait logique d'assumer cela jusqu'au bout, d'autre part parce que mon analyse du mouvement me conduit à penser que nous devons reconsidérer les modalités de notre action notamment afin d'être beaucoup plus disponibles auprès des médias sérieux, compétents et intéressants.

Voilà, pour finir pour aujourd'hui, je m'interroge dans ce forum sur la position à tenir à terme, sachant que l'émission va être diffusée toute la semaine prochaine : 1) répondre à toutes les remarques au risque de devenir envahissant ; 2) ne pas répondre à certaines remarques au risque d'avoir l'air de les dédaigner... Il va sans doute falloir trouver un équilibre.

Merci pour ces échanges,
Bien cordialement,

Jérôme Valluy
je me gausse un tout petit peiti peu de ses chercheurs qui découvre que beaucoup de medias déforme les sujets.... Cela fait bien longtemps que la plupart des mouvements sociaux sont déformés sauf quand cela arrange les medias pour surfer sur une vague.... A-t-on entendu ces chercheurs crier au scandale quand on traiter les grèves ou les manifestations en les déformant. Non: il s'agit simplement d'un réflexe corporatiste. Je soutiendrait entièrement cette démarche quand ils auront une approche globale de ces medias....
indépendamment de cet appel des enseignants-chercheurs, je viens de ne pas renouveler mon abonnement au Monde, après plus de 30 ans d'abonnement et 40 de lecture régulière. J'estime depuis plusieurs années que le Monde n'est plus un journal de référence (et ça me fait drôle d'entendre cette phrase dans la bouche d'un de vos invités). Le Monde est devenu un truc commercial, une pompe à fric, mais plus un journal de référence. Le Monde est devenu creux (quand on réduit de plus en plus le nombre de journalistes, on peut s'attendre à ce résultat). Le Monde est devenu un journal people (ah! sa page uniquement consacré à un people, énorme -et moche- photo, et un peu de texte!). Le Monde a trop d'article qui se contentent de répéter une source (afp, autre presse...). Contrairement aux protagonistes de l'émission, je pense que sur quasiment tous les sujets (et pas seulement leur mouvement), le Monde ne fait plus d'enquête ou de recherche . Le dernier article technico-scientifique qui m'ait appris quelque chose date de la sortie de la Prius (et je ne reprocherais rien à personne s'il était issu de chez Toyota) . Que je sache, Mme Escoffier-Lambiotte (pardon à elle si j'écorche son nom) n'a pas eu de successeur. Cela fait belle lurette que les correspondants en poste à l'étranger sont moins de 3, et ont une productivité des plus réduites. J'avais appris des tas de choses sur le monde dans Le Monde, mais c'était il y a bien longtemps! Qu'on se le dise, le Monde n'est plus un journal de référence.
Messieurs les chercheurs, à quand une thèse comparant la quantité et la densité d'information d'un numéro ayant environ 30 ans, et un numéro d'aujourd'hui? Cela pourrait en partie expliquer la crise de la presse!
À propos du rapport du monde de l'enseignement au journal Le Monde, je signale le billet d'André Gunthert sur le sujet. 3 remarques:


1. Il écrit:
La "Charte" rédigée par Jérôme Valluy [...] n'était que le symptôme le plus apparent d'une irritation déjà ancienne et d'une condamnation répandue au sein du mouvement, dont on trouvera de nombreuses autres traces ici ou là.

[la phrase contient des liens vers des textes témoignant de la désaffection déjà ancienne de certains enseignants vis-à-vis du Monde]. Je pense également qu'il faille considérer cette Charte, au-delà de son contenu, comme un nouveau symptôme d'un long processus de désaffection —et l'on en retrouve la conséquence dans des chiffres de vente toujours plus bas, signe que Le Monde s'est coupé depuis déjà plusieurs années d'une partie de son lectorat.

2. Scoop: Arrêt sur images, qui a déjà interviewé Jérôme Valluy, prépare sa prochaine émission sur le sujet. Qui seront les invités?


3. Question: André Gunthert qui avait déclaré qu'il ne se réabonnerait pas s'est il finalement réabonné? Mystère...
Que le citoyen-militant X appelle ses collègues citoyens-militants à boycotter Le Monde, en expliquant comment ce journal ne rend pas bien compte du mouvement universitaire, rien que de normal ! Mais que l’enseignant-chercheur en sociologie politique de l’action publique préconise de ne plus utiliser un des médias de la presse écrite qui, tout discutable qu’il soit, reste le plus complet (le pire, à l’exception de tous les autres), me paraît déontologiquement – ouh là ! je sens que j’emploie un vocabulaire des plus ringards – très discutable. Si j’osais, je dirais à ce péremptoire enseignant-chercheur : « Ne confondez-pas votre combat aussi légitime qu’il soit avec votre enseignement qui ne devrait pas être influencé par vos emportements du moment ! Vous n’êtes pas là pour catéchiser vos étudiants en leur indiquant les bonnes lectures.».
http://www.lepost.fr/article/2009/04/04/1484067_faut-il-boycotter-le-monde_1_0_1.html
Question très basique et qui fera sans doute grincer des dents ceux qui n'aiment pas les carcans: Le Monde n'est-il pas un journal habituellement "de gauche"? (ou à la limite centre gauche) Ce n'est pas une question rhétorique ou une question piège; il s'agit juste de ce que j'avais entendu dire, qui me semblait confirmé par ma lecture quotidienne du journal en ligne pendant quelques mois. Je ne me serais donc pas attendu à ce que ce soit lui qui aille à l'encontre des enseignants-chercheurs. L'orientation du journal a-t-elle changé récemment?
Jérôme Valluy :
Concernant Acrimed, les chercheurs qui animent ce site ont produit une analyse très intéressante très peu de temps avant que nous ne lancions notre initiative. Leur article est balancé, objectif, mais il ne nous a rien appris, il a seulement confirmé ce que nous savions. En nous critiquant, ils ont tenté de se démarquer du boycott, qui ne correspond pas à leur mode d'action. Cela étant dit, je ne suis pas d'accord pour dire, comme Acrimed, que le traitement de toute la presse se vaut. Quant à nous demander de nous lancer tous dans une critique des mass médias... Il existe une sociologie critique des médias à l'université. Acrimed a fait un travail énorme dans ce domaine, mais ils ne sont pas seuls.


En disant cela, Jérôme Valluy est à côté de la plaque. Il se méprend sur le rôle d'Acrimed, qui ne s'adresse pas aux seuls enseignants. Jamais vous ne trouverez dans les articles d'Acrimed des propos globalisants du genre "le traitement de toute la presse se vaut", ce genre de propos est mensonger. Ce que M. Valluy n'a pas compris, c'est qu'Acrimed s'adresse aux mouvements sociaux en suggérant un modus vivendi pour éviter de se faire cocufier en s'adressant aux médias.

[quote=http://www.acrimed.org/article3115.html]

2. Pour d’autres relations avec les médias

Sous couvert de débat démocratique, il est admis comme allant de soi que l’on doive se prêter à son simulacre, en occupant les strapontins qui sont réservés aux contestataires dans les pages des tribunes libres et les médias audiovisuels.

N’existerait-il donc que cette alternative : le boycott impuissant ou la participation complaisante ? Faut-il se résigner ou bien à se taire ou bien à accepter de s’exprimer à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions ?

Par temps de mobilisations sociales, faut-il consentir, dans l’espoir illusoire de faire passer un message significatif en quelques secondes, à se laisser traiter en simples passants pour « micros-trottoirs » ? Faut-il accepter, sous couvert de transparence, d’attribuer aux journalistes un droit d’ingérence sans limites dans les délibérations démocratiques d’un mouvement et un droit de sélection de ses porte-paroles ? Et de façon plus générale, faut-il accepter de jouer les figurants dans des « talk-shows » dont les modalités désamorcent par avance toute possibilité de vrai débat ? Faut-il contribuer à vernir de légitimité démocratique des journaux qui combattent jour après jour les opinions et les savoirs que l’on cherche à partager ?

Plutôt que de se laisser séduire par des opportunités ponctuelles (quitte à se plaindre le lendemain de sa naïveté de la veille), voire de concourir dans la foire aux vanités individuelles, ne vaut-il pas mieux, amis des Universités, faire émerger un intellectuel collectif qui soumettrait les médias à son examen et saurait poser quelques exigences des acteurs mobilisés et des chercheurs spécialisés avant d’intervenir dans les médias ; un intellectuel collectif qui s’efforcerait de définir, avec les journalistes qui comprennent cette nécessité, les conditions de débats effectivement pluralistes ?
Ma fille ATER dans une université parisienne m'envoie, régulièrement par messagerie, des informations circulant entre universitaires. Je vous livre un extrait (un peu long mais révélateur) de l'un de ses derniers messages qui explique leurs décaccords avec l'une des journalistes du Monde, Catherine Collot :

Il était une fois une fac de dangereux gauchistes. Des durs, des radicaux, tendance Black Block. Au moindre mouvement de grève, cette fac était toujours à la pointe des luttes. Elle était systématiquement bloquée, parfois pendant des semaines.

Mais l'histoire est pleine de ruse, surtout pour les révolutionnaires et les gauchistes : face à tant de chienlit, les familles prirent peur, et même leurs enfants. Plus personne ne souhaitait y étudier, de peur de ne pouvoir précisément le faire, à force de blocus et de grèves votées à main levée dans des amphis manipulés. Les effectifs baissèrent, vertigineusement. A la rentrée 2004, la fac comptait 16 670 étudiants. A la rentrée 2007, ils n'étaient plus que 14 490 -soit une baisse de 13% des effectifs en 3 ans, ou encore un taux de baisse moyen par an de 4,6%. Cela alors même que la principale discipline enseignée dans cette fac voyait ses effectifs nationaux augmenter de 3,3% sur la période.

Le nom de cette fac ? Paris II... la fac la plus conservatrice de France, où l'on enseigne cette matrice de tous les mouvements gauchistes qu'est le droit, et où afficher un peu trop ostensiblement son appartenance à l'extrême gauche pouvait avoir, il y a encore 10 ans, des conséquences de nature physique, suite à la réaction de quelques étudiants du GUD.

A l'ironie près, mon récit édifiant pourrait pourtant se lire dans Le Monde, où les journalistes, ou plutôt certains d'entre eux, semblent méconnaitre les points les plus élémentaires de toute enquête. Un chiffre ne veut rien dire, isolé...

...Et c'est pourtant à une analyse de ce genre d'artefact à laquelle se livre Catherine Collot, dans un article sur les conséquences de la mobilisation universitaire intitulé "Les facs mobilisées voient leur image se dégrader". En substance, l'article soutient que les facs les plus mobilisées sont victimes de leurs mobilisations, en particulier Montpellier III, Toulouse II et Rennes II, leur image se dégradant jusqu'à provoquer une baisse de leurs effectifs. Ce mécanisme est d'ailleurs illustré par la réaction d'une parent d'élève de la PEEP, fédération dépourvue de toute orientation et de tout agenda politique comme l'on sait au Monde, qui affirme qu'elle n'aurait jamais permis à ses enfants de rejoindre des lieux si mal famés et si peu propices à l'étude.

Ce modèle d'enquête journalistique est fondé sur un fait statistique incontestable... Les effectifs baissent, beaucoup. Selon l'article, Rennes II avait 22 000 étudiants en 2005 (l'année 2004-2005, je suppose) et 16 500 en 2009 (2008-2009, je suppose). Montpellier aurait perdu 7% de ses étudiants en moyenne à chacune des trois dernières rentrées. Toulouse II aurait perdu 5 000 étudiants depuis 6 ans.

Il est impossible de vérifier la véracité de ces chiffres : ni les facs, ni le ministère, ne donnent d'information pour l'année 2008-2009. Par contre, toutes les données sont disponibles pour les années antérieures, soit jusqu'à l'année 2007-2008, sur le site du Ministère de l'éducation nationale.

Et ces données ruinent toute la démonstration de Catherine Collot. Elles font en effet apparaître un fait essentiel que Catherine Collot semble ignorer : les universités françaises voient toutes leurs effectifs baisser. Seules les filières de droit et médecine sont épargnées par le phénomène. Il n'est pas le lieu ici d'analyser les causes de cette baisse. Constatons seulement qu'elle est particulièrement forte en "lettre, langue et sciences humaines", filière qui a vu ses effectifs baisser entre 2004-2005 et 2007-2008 de 13%.

Selon les données du ministère, entre 2004-2005 et 2007-2008, les effectifs de Montpellier III, comme ceux de Toulouse II, ont baissé de 16%. 16%, c'est à dire presque autant que la baisse des effectifs de la filière "lettre, langues, sciences humaines". Or, Montpellier III, tout comme Toulouse II, ne sont spécialisées que dans cette seule filière : l'essentiel de la baisse des effectifs de ces universités est donc explicable par la baisse globale, constatée partout en France, des effectifs de la filière que l'on y étudie. Catherine Collot a donc construit toute sa démonstration sur un pur artefact, fondé sur l'ignorance d'une règle méthodologique élémentaire : avant d'attribuer une cause à un phénomène, il faut s'assurer d'avoir épuisé toutes les autres causes possibles. Surtout lorsqu'il s'agit d'une cause aussi immédiatement évidente que l'évolution nationale des effectifs d'étudiants.
[quote=Dan Israël]le Monde est une journal de référence, que l'ont peut utiliser ses articles pour faire travailler nos étudiants.

Roooh, c'est "on" et pas "ont". :p

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

si les articles du monde dévelope des idées comme: "en tout cas, ce sont des gens qui ont visiblement beaucoup de temps… ".

çà ressemble plus à de la propagande pro-gouv qu'à une observation critique.
Ce que je retiens surtout, c'est la déception de certains universitaires que leur journal de référence ne leur soit pas acquis d'emblée.Le Monde aurait dû soutenir le mouvement. Ah bon ? Et il aurait joué son rôle d'observateur critique ce faisant ?
Les universitaires se comportent comme les militants de n'importe quelle cause : ils n'acceptent pas de regard critique. C'est un peu dommage pour des intellectuels rompus au débat d'idées.
le gouvernement, lui, n´a pas besoin de boycotter le monde l´intelligence, ça fait longtemps qu´il l´a quitté.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.