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Du "Hollande bashing" au "Hollande loving" : la métamorphose des hebdos

Comment retourner la presse? Comment passer des couvertures critiques à des couvertures laudatrices? François Hollande a trouvé la réponse: faire la guerre au Mali !

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Ceci confirme surtout une constante : les journalistes français sont des va-t-en guerre inconditionnels. Il y a un BHL qui dort en chacun d'entre eux, et qui ne demande qu'à se réveiller...
Pour séduire la presse et la rendre servile il faut lui donner des guerres et la focale quitte les tenions internes où hollande connait des déboires cuisants.LLa guerre est venue forger une alliance entre le pouvoir de la presse et du politique .Le changement c'est pas pour demain
Et alors cette émission d'arrêt sur image sur les vrais enjeux de cette guerre elle arrive ou pas ?
L'Uranium et autres minerais, le contrat passé récemment avec Areva qui il y a 6 mois encore devait leur passer sous le nez au profit de sociétés canadiennes, le soutien au président malien visiblement fort contesté chez lui, les armes balancées aux intégristes lors de la guerre en Lybie. Le développement d'une économie et d'une médiatisation de guerre "à l'Américaine". Avec plusieurs grands axes, l'état défendant les intérêts des industriels de l'armement (si après ça on vend pas des rafales à l'Inde !), industriels qui participent ) l'habillage médiatique de la guerre via les journaux et chaines qu'ils possèdent en partie.
Et le fait que la France ait lancé trois guerre de "fort"e ou "basse"intensité en trois ans, Côte d'ivoire, Lybie, Mali, avec une forte impression de convergence idéologique et pratique sous des gouvernements de droite et prétendument de gauche repeints pour la circonstance sous la bannière de l'union sacrée.

Ajoutons à cela la prétendue guerre contre l'intégrisme et l'application de la Charia et autres fadaises médiatiquement préparéesaapr les débats sur le voile ou l'islam en France ces dernières années ... Lorsque notre président actuel se rend aux émirats ou q'il négocie avec l'Arabie Saoudite, il semble assez peu gêné de s'entretenir avec des dirigeants de pays qui coupent les mains des voleurs ou punissent de mort les pratiques homosexuelles.

Franchement il n'y a pas matière à une émission bien structurée en plusieurs chapitres là ?
C'est déjà dans les tuyaux ?
Vous avez du mal à trouver des intervenants ou quoi ?
Bonjour
La plupart de ces journaux n'appartiennent-ils pas à des marchands de canons ?
Les affaires sont les affaires. Ils ont rien à faire de diffuser de l'information.
Tout en étant d'accord avec la critique concernant l'ultra libéralisme de la presse, je pense qu'il faut rajouter la bonne vieille méthode de la guerre pour détourner la presse et l'opinion publique des problèmes intérieurs.

Après Charles X en Algérie, Sarkozy en Libye, voila maintenant Hollande au Mali.

Et le pire, c'est que ça marche.
Admettons que mathématiquement, la moitié des électeurs sont de gauche, et les autres de droite, avec au milieu un marais qui va de l'un à l'autre en fonction des circonstances.
Dornc, avec deux blocs centraux, l'UMP et le PS.

Si on enfonce très fort le PS, les électeurs se déportent à gauche vers le Front de Gauche.
Or la droite ne veut surtout pas de cela, pour des tas de raisons.
Elle ne peut en conséquence pas enfoncer trop Hollande et le PS.
Imaginez des élections municipales où les gros bataillons de la gauche votent Front de Gauche.

Toute la structure libérale et pro Europe libérale va s'effondrer.

Donc ménageons Hollande, surtout s'il fait la même chose que Sarko en Afrique.

Pour moi c'est là l'explication. Les journaux de droite ont compris rapidement le danger, les journaux de gôche ont suivi.
Votre démonstration est intéressante et comme électeur de gauche je voudrais bien y souscrire. Et pourtant, je la relis 10 fois et je reste insatisfait.
je crois que le raisonnement cloche quand vous écrivez "si on enfonce très fort le PS, les électeurs se déportent...vers le Front de gauche" et encore "Elle ne peut en conséquence pas enfoncer trop Hollande et le PS".
Je trouve que vous prêtez aux magazines dont on parle dans l'article, des calculs électoraux bien trop sophistiqués.
Je pense que ces magazines ( Le Point, l'Express, le Figaro magazine, l'Expansion, Valeurs actuelles, auxquels je joins sans hésitation aucune, Marianne et le Nouvel Obs), ne sont plus des entreprises de presse au sens strict du terme, capable de donner tous les points de vue, ou d'être une sorte d'arbitre des élégances politiques.
Ce sont de véritables acteurs économico-politiques qui défendent une seule ligne éditoriale: le libéralisme économique et la mondialisation. Même si certains mettent de petites nuances.
A leur niveau, il ne font plus de la politique politicienne, en dosant leurs attaques sur le PS au pouvoir, en fonction de futures élections.
Ce que l'on a appelé le Hollande bashing, qui reprendra si nécessaire, n'avait qu'un objectif: lui rappeler, en le soûlant de coups de poing, qu'il devait réformer l'économie dans le bon sens (libéral) et arrêter de taxer les créateurs de richesse.
En ce qui concerne l'intervention au Mali, ils n'avaient aucune raison de fond pour la critiquer. Et la perspective de pouvoir préserver dans cette région un potentiel de prospection minière ou pétrolière, valait bien un coup de chapeau.
Faisons une hypothèse: Dans ce gouvernement où les socialo-libéraux tiennent les principaux leviers, il existe quand même des ministres qui se revendiquent d'être plus à gauche. Imaginons que Benoît Hamon, ministre de l'économie solidaire et de la consommation, propose des lois et décrets très favorables aux coopératives par exemple ou donne des nouveaux droits aux consommateurs citoyens, je ne pense pas qu'il fera la Une des magazines. Il est même probable qu'il sera contré ouvertement ou sournoisement. Et vous verrez que le PS au pouvoir ne sera pas ménagé.
La presse magazine qui règne à la devanture des kiosques , dans les revues de prese et les talk show, n'est qu'un lobbye libéral qui se fiche bien de savoir si c'est un pouvoir de droite ou de gauche qui propose une mesure, si cette mesure respecte la règle générale qu'ils sont chargés de promouvoir ou de défendre.
Analyse fort pertinente ....
J'ai bien peur d'être d'accord avec jeannot. Pour être issu de cette corporation, je peux confirmer que les journalistes (surtout les vedettes, d'autres font un boulot admirable, le plus souvent dans l'ombre), ne sont pas capables de faire du billard à plusieurs bandes. Leurs analyses de premier degré sont de nature pavlovienne. Et presque toutes libérales-libertaires, avec des nuances qui vont de la droite paternaliste à l'extrême droite, en passant par la droite décomplexée. C'est particulièrement vrai des éditorialistes politiques.

J'entendais hier le nouveau rédacteur des Inrock, l'inénarable Bonnaud, se positionner comme étant de gauche, plus de gauche que le gouvernement actuel. Compte tenu de ce que je sais de lui et de ses positions, je frémis. Avec lui aux Inrock, qui a encore besoin de Valeurs actuelles et des Echos ?
Qu'est-ce que tu sais de lui et de ses positions ?
Je me rappelle le journaliste ciné qu'il était aux Inrocks il y a 15 ans: très talentueux. Politiquement je sais pas, mais à vue de nez, je dirais qu'il remplace avantageusement la poule à lunettes.
Remplacer Pulvar, ça n'est pas tout à fait ce que j'appelerai un exploit.

Pour ce qui est de ses positions, j'espère que vous plaisantez. Voilà plus de dix ans qu'il est présent dans les médias, de France Inter à Europe 1, de France 2 à Arte. Il fait partie des gens qui ont un avis sur presque tout. Ses prises de position ne sont un mystère pour personne, et elles ne peuvent pas sérieusement le définir comme un gauchiste. Ce qui est son droit le plus strict, mais qu'il ne se présente pas comme un révolutionnaire, voilà tout.
Ses prises de position ne sont un mystère pour personne
A part pour moi, qui regarde assez peu la télé, écoute assez peu la radio. Quant à se dire plus de gauche que le gouvernement actuel, ce n''est pas exactement se définir comme un gauchiste. Ou alors je le suis aussi.
Pour le reste, tout ça me semble un peu aigre, et plein d'à priori. Mais n'hésite pas à me détromper.
Je peux au moins dire une chose le concernant: il est (ou a été) capable de produire un discours intellectuel et esthétique consistant, ce qui le distingue de la plupart de ses congénères, gauchistes ou pas.
Encore une fois le problème n'est pas là. Il s'est présenté mardi matin sur l'antenne d'Europe 1 comme radicalement de gauche. Ce qui n'est pas vrai, rapport à ses interventions depuis des années (j'ai été notamment un auditeur très fidèle de l'émission qu'il animait conjointement avec Hervé Pauchon).

Mais comment le sauriez vous, vu que vous avouez ne pas le connaître ? Ce qui ne vous empêche pas, visiblement, de donner votre avis. Et d'assortir ce dernier de remarques à deux balles sur mes précédents messages..
Vous avez des exemples de certaines de ses positions dignes des Echos ou de Valeurs Actuelles ? Ça m’intéresse. Dans les émissions de Mediapart, il ne m'est pas apparu comme quelqu'un d'opposé à un peu de radicalité à gauche.
Cherche pas, je te rappelle que ses prises de positions "ne sont un mystère pour personne".
Comme quoi, de drauche ou de groite, c'est vraiment le cirque médiatique et ses éternelles grimaces... Entre complaisance et fausse opposition, les mêmes dépêches AFP copiées/collées, les mêmes éditos foireux, les mêmes analystes venus des mêmes cénacles, les mêmes fausses questions imbéciles...
Et le pire c'est que la presse alternative se bat pour survivre alors que la mainstream se gave de subventions pour abrutir les gens à l'année.
Applaudir la guerre, faut vraiment être un beau salaud doublé d'un lâche pour écrire des trucs pareils le cul dans son fauteuil.
Au moins, ça a l'avantage de révéler quels journaux se contentent de suivre le sens du vent (on s'en doutait déjà un peu...) : L'express, Le point, Le nouvel obs. Pour le figaro, c'est pas comme si y avait un gros conflit d'intérêt qui prenait même pas la peine de se cacher.

Ces magasines sont généralement proposés dans les TGV, les avions, les hôtels et toute salle d'attente de médecin ou de coiffeur. Plus on monte en gamme, plus les magasines sont...on se comprend hein. Est-il irréaliste de penser que tout coiffeur ayant tenté de proposer des magasines un peu plus "subversifs" (comprendre "qui font réfléchir") se soit planté car la clientèle plus riche avait tendance à ne pas revenir ? Peut-être même que ces personnes fuient inconsciemment les endroits où, horreur, il y a eu un magasine qui les a fait réfléchir au lieu de réagir.

Juste une hypothèse...
[quote=Christophe Barbier]Déjà, la détermination perce sous la tergiversation: veste sobre, ton grave et mots justes, la cravate droite dans ses bottes (…).

Quel poète !

Et pourquoi pas la jambe raide autour du cou ?
L'Histoire de la France éternelle (blanche, catholique et burnée) pour les Nuls : Clovis > Charlemagne > Louis XIV > Napoléon > Clémenceau > De Gaulle > Hollande.

C'est très probablement analysable sur le plan psychanalytique, cette obsession pour des messieurs très puissants avec des grosses armes...
Je ne comprends pas ces journaux. En gros il faut décider d'aller tuer des gens pour être enfin un bon président, c'est ça ? Quelque chose m'échappe quant à la noblesse de cette fonction, du coup.
C'est bien de mettre le doigt sur la versatilité des magazines sur la personne de Hollande et de son gouvernement.
On peut s'en moquer, mais eux ils s'en contre-fichent. Ils savent bien qu'avec leur affichage hebdomadaire dans les kiosques et les reprises dans les radios , c'est eux qui façonnent l'opinion et orientent les sondages. Que ce gouvernement ait dans l'avenir quelques vélléités pour proposer des mesures "socialistes socialistes", (comme il existe des "homos sapiens sapiens"), et le socialo bashing reprendra immédiatement.
Très bon décryptage. Où l'on voit que les têtes de gondole de la presse habituelle, dits de gauche ou de droite "classiques", ont de solides compétences en matière d'opportunisme et d'hypocrisie.
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