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Des barbares comme vous et moi

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http://archivesgb.mediatiquementoff.net/birenbaum/medium_RISS.jpg

Et que penser de cette caricature de Riss ?
M. Korkos,

Comme il est très facile de souligner l'humanité des nazis pour atténuer leur crime ou bien au contraire pour appeler à la vigilance face aux tentations de l'autoritarisme, je suis fort peu avancé après la lecture de votre chronique.

Il me semble que lorsqu'un ouvrage est ambigu, il faut aller chercher des informations complémentaires sur son auteur (et pas chez seulement chez Assouline) : qu'a-t-il écrit d'autre ? appartient-il à un courant politique particulier ? est-il contesté et si oui par qui ? Bref, il s'agit d'identifier le point de vue de l'auteur. Une fois ces éléments réunis, si l'on est en face d'un authentique nostalgique du IIIe Reich, en général, cela ne fait plus de doute. Mais si le doute subsiste, il faut aller plus loin : se renseigner sur l'éditeur, contacter l'auteur pour voir ce qu'il a à dire face à vos réserves etc.

C'est la démarche de l'équipe d'@si depuis le début de son existence, et c'est aussi ce que fait un bon étudiant de lettres et sciences humaines de 1ère année. Pourquoi ne pas l'appliquer ici ? Je serais parmi les premiers à me joindre à votre indignation si elle est étayée par un minimum de travail d'analyse. Si vous en restez à l'étape de l'émotion en revanche, vous ne faites que faire de la publicité au livre, et je crois comprendre que ce n'est pas votre objectif.
le livre de Buisson n'a pas obtenu que des éloges.Il a été sévèrement critiqué par la revue l'Histoire (numéro de mai ou de juin)
A lire.. l'article, pas les livres :

Patrick Buisson et le vice Vichy

http://www.telerama.fr/idees/vichy-pirate,49311.php#xtor=RSS-18

Le conseiller très à l’extrême-droite du président, directeur de la chaîne Histoire, ex de “Minute” et de “Valeurs actuelles” a une seconde passion : la sexualité sous l’Occupation, qu’il dépeint dans “1940-1945 Années érotiques”, où il célèbre la “beauté païenne” et la “magnificence” de l’occupant. Un livre étrangement loué par la presse…
voilà un lien mis en ligne sur Médiapart pendant un mois : http://www.mediapart.fr/contenu/torture-made-usa-une-enquete-exclusive qui prouve que les places ne sont pas interchangeables : qui aurait pu envoyer se faire trucider toute une jeunesse en mettant en avant le mensonge le plus énorme si ce n'est un Bush, ou un Rumsfeld et Colin Powell comme caution de sincérité !!
au mépris de la Convention de Genève et des principes de droits de l'homme les plus élémentaires !
pas inquiétés parce que les chefs de la plus grande "démocratie" (????) du monde, ils ont torturé, assassiné des civils innocents (dommages collatéraux sic !!) et gardé emprisonnés, et sans autre forme de procès, des êtres humains capturés pour l'exemple !
j'espère qu'ils iront devant le TPI...
Obama n'est pas Bush, pourvu que la fonction ne pervertisse pas l'homme !!

voilà comment ça commence : on ment sur sa présence le 9 au soir à la chute du mur de Berlin, et ça finit par envoyer la jeunesse de son pays se faire massacrer en Afghanistan en prétextant la sauvegarde de notre démocratie, et par un énième mensonge sur la détention d'armes de destruction massive par l'ennemi !!!

http://culturopoing.com/img/image/cyril/usualsuspects.jpg
Quel livre honteux !

Pas étonnant de Charlie Hebdo nouvelle formule depuis quelques années mais vieux réacs.

Qui sous couvert d' "impertinance" et de "défiance" se révèle être les défenseur de l'idéologie dominante et de propagation d'une islamophobie latente. Que c'est dur de cracher sur les musulmans dans la France de Sarkozy. Et pour Mme Levy, elle fait parti de cette nouvelle "gauche" patriotique, replié sur elle même et son modèle républicain universaliste qui fait des oeillades avec mr Zemmour sur la "bougnoulisation" de la France crainte par mr de gaulle.

une fois de plus charlie hebdo fait part du plus grand mépris pour l'humanité en général et s'en prend aux enfants de victime de l'abomination que fut les charniers nazis. Non je ne suis pas comme un soldat nazi, un être humain peut se transformer un monstre, il faut arrêter de sacaraliser l'être humain avec des concepts aussi creux que "Mais après tout, c'était des êtres humains..."
Si je suis quelqu'un dans cette guerre c'est le Juif, le communiste, le tzigane ou le résistant(ou pas) pas le SS. On ne se laisse pas happer dans le camp du bourreau, on est juste lâche.

On dit "comment sais-tu si tu avais resister à cette époque" je ne pense pas que nos ainées étaient incapable de raisonner, le programme de hitler été très clair, il faut exterminer les juifs et les communistes. Il faut être aveugle à la lecture de mein kampf pour ne pas s'en rendre compte. Il y'a plusieurs camps qui se sont affronté, ce n'est pas parcequ'un camp à gagné que l'autre n'a pas existé ! Si l'idée de massacrer un peuple te revulse aujourd'hui, ca t'aurais révulser hier !!! Et si l'idée de dénoncer un sans papier à la préfécture ne te choque pas, je te laisse deviner quel camp tu aurais choisi !

Bref, c'est le genre de livre qui va bien faire rigoler dans les caves des nostalgiques du IIIème Reich, merci Charlie Hebdo ! (parceque je vois pas QUI pourrait mettre un tel livre dans sa bibliothèque)

La suite ca va être quoi ? "Nous somme tous des colons français en algérie ?"
J'ai du mal à saisir la finalité de cet article ...

Le fait est que c'est vrai, le barbare, ça pourrait être moi.
Ou l'auteur de cet article.
Ou même un juif, si là est là question.

Fin bref, quelqu'un m'explique ?
toutes ces images figurent des instants volés à l'existence d'autres, inconnus, et voués à la mort programmée, par un bourreau, et de ces auxiliaires: en quoi ce mal serait si banal ?, à détourner le regard du simple individu ,que j'aurai pu etre en de telle circonstances, chargé d'une mission toute en puissance car dictée du devoir bien ordinaire d'objectifs sçientifiques: le chef a dit et, par ses relais récompensés d'honneurs, de savants savoirs que , petit ignorant de tous ces connaissances me dépassant, m'effacer de toutes critiques m'inscrit dans la pleine adhésion à ce que j'entends sourdement n'avoir rien à redire, circulons ! table rase et page blanche, il n'y a rien à voir, replié en "armé de soi "dans l'album du "tout de meme" quant à soi de l'immitation, ainsi étions ensemble, malgré tout! et pour tout dire embringuer malgré nous.
Images ,monsieur korkos qui font échos à celle du film de Costa-gavras "amen", qui est passé sur les écrans la semaine dernière où l'horreur est installée dans la vision de cette douce conduite des handicapés mentaux à la mort. Brutalité et calme, la peur s'associe à ce second terme et au terme du premier ,résonne un bruit, fait de permanence ,éternité, mort,... trio infernal.
Pertinence du mal, dans la banalité d'un anonymat, tous ensembles mais sans visages, lachement, pour souscrire d'une simple idée ,de bon sens et tout azimuts,sur la toile des désirs voilés, ceux de l'impersonnel...Derechef! à partir de maintenant, sera plus comme d'habitude, arret sur des images ne m'autorise plus le camouflage d'un pseudo observateur. Didier Pruvost bip!
Et Celle-ci, elle n'est pas bien ?

Regardez le porc qui conduit la fille humiliée (violée sans doute) au bord de la fosse pour lui tirer une balle dans la tête et l'envoyer rejoindre sa famille et ses amis...

Avec un peu de chance ce fils de pute vit encore en petit retraité paisible. C'est pourquoi je ne mets jamais le pied dans ces contrées maudites, je ne veux pas risquer de les croiser, ces ordures !

Aucun doute ces gens sont juste en dessous des cloportes dans l'échelle du vivant !

***
Franchement, moi aussi j'ai été scandalisée comme Alain.

D'abord, je trouve qu'il y a une différence notable entre ceux qui commettent des atrocités et ceux qui les laissent commettre par peur, par routine ou pour des tas d'autres raisons.

Et tous, qu'ils soient victimes, bourreaux ou attentistes, sont, en effet, des êtres humains avec des vies d'humains. Et leurs photos ont disparu ou ont été préservées, mais cela importe peu.

Les SS n'étaient pas choisis par hasard. Tout le monde n'est pas capable d'atrocités, quoi qu'on dise, et il existait une résistance au nazisme à l'intérieur même de l'Allemagne.
Et la fameuse expérience de Stanley Milgram (pas l'@sinaute, le vrai) a tendance à faire croire que tout est possible. Mais les conditions de l'expérience n'étaient pas absolues. Et on peut faire dire n'importe quoi avec ce genre d'expérience.

Et la plupart des gens, partout dans le monde, vit sa vie sans jamais commettre d'horreurs.

Je suis sûre par ailleurs que si on est persuadé qu'on peut devenir barbare d'une minute à l'autre, le jour où on est confronté au problème (on souhaite que non), si on n'a pas cette certitude en soi qu'on peut résister, on est encore plus tenté de ne rien faire ou de commettre l'irréparable.
Quelquefois, réfléchir à une situation, c'est difficile, et la réaction immédiate n'est pas toujours la bonne. Si on est certain de sa propre capacité à agir pour le mieux, c'est plus facile de réagir de la bonne façon. Si on est convaincu qu'on peut se comporter comme un barbare, ça démarre mal.

Mais à propos de la mémoire des victimes, votre chronique, Alain, m'a rappelé ceci :

Il y a une dizaine d'années, j'ai visité le cimetière du Montparnasse dans le 14ème arrondissement de Paris.
Il s'y trouve un carré de tombes visiblement abandonnées, des pancartes demandant aux ayants-droits des concessions de prendre contact avec la direction du cimetière. Certaines des pancartes dataient de dizaines d'années, d'autres plus récentes. Mais visiblement, au cours des 30 dernières années, personne n'avait pris contact.
J'ai lu les noms sur ces tombes. Sur chaque sépulture, figuraient plusieurs noms, de personnes qui n'étaient visiblement pas de la même famille. La plupart portaient des noms manifestement juifs et les défunts étaient décédés dans les années trente.
Au début, je me suis interrogée, puis j'ai émis une hypothèse qui était que ces personnes qui avaient acheté les concessions pour ces morts étaient probablement des Juifs morts dans la Shoah.

Et j'ai pensé que ces tombes abritaient des personnes qui étaient mortes en quelque sorte deux fois. Une fois pour de vrai, et une seconde fois parce qu'il n'existait plus personne pour se souvenir d'eux et d'elles, parce que le vent de l'histoire avait soufflé et que toute mémoire d'eux avait disparu dans l'horreur.
Alors, un par un, j'ai lu tous ces noms en parcourant les allées, et j'ai pensé que moi, qui n'ai aucune conviction religieuse d'aucune sorte, je pouvais bien faire cela, de me souvenir d'eux et de ceux qui n'avaient pas pu se souvenir. Que c'était un devoir d'humanité.
Je ne sais rien de ces personnes qui sont mortes dans les années trente ou quarante, mais moi je me souviens de cette journée.
Et d'eux.

Il n'est besoin de nulle photo pour se rappeler. Ni même d'avoir vu un visage.
Il faut veiller et se souvenir....
Chronique au propos assez obscur pour moi, jusqu'à la citation finale de l'article de P. Assouline, article est bien plus argumenté, éclairant et convaincant que celui d'Alain : sans la lecture de cet article, je n'aurais pas compris la chronique d'Alain.
Alain a-t-il été pressé par le temps ? Ou s'est-il refusé à reprendre pour lui les arguments d'un confrère ?
C'est amusant quant on tape un peu dessus,
ces indignations font Toc-Toc.
Elles ne seraient pas un peu creuses ?

Bon, continuez à planter vos Christ morts
dans l'iconographie du quotidien,
en machouillant vos habitudes amerlocaines
sous le couvert de l'hommage, car ça n'a pas d'importance,
et visiblement cette lourdeur comble aussi d'aise une poignée de lecteurs,
mais évitez de confondre votre avis personnel,
avec une profondeur de pensées....
surtout sur des sujets que l'on ne peut réduire à 3 lignes...
fussent t'elles empourprées d'indignations convenues...

Merci par avance...
ah j'ai toujours aimé quand on mettait l'humanité entière dans le même sac : "pas différents de vous et moi "!!!
déjà qu'en 1940 ils n'étaient pas tous comme ces tortionnaires qui massacraient sans conscience ! il y avait ceux qui résistaient, ceux qui se taisaient, différents de ceux qui dénonçaient ; alors pourquoi faudrait-il que nous leur ressemblions aujourd'hui quand ils ne se ressemblaient déjà pas "tous" à l'époque !!!

désolée, mais ça n'est pas n'importe qui sur la photo à Abou Graïb : http://agircontrelaguerre.free.fr/IMG/jpg/torture3.jpg ; et ça n'est pas monsieur tout le monde qui se retrouve dans une préfecture en train d'appliquer la politique raciste et honteuse du chef (charters ou autres camps de rétention, etc ) ; tout le monde n'est pas capable d'obéir comme ces bons fonctionnaires zélés que sont nos préfets ; et ça n'est pas n'importe qui non plus, qui parade sur la photo en remerciant de leur « délicatesse » les CRS qui ont vidé la jungle de Calais : http://www.lefigaro.fr/medias/2009/09/23/932c2d34-a806-11de-8afb-dae6c593eddb.jpg

perso je n'étais sur aucune de ces photos !
je crois tout de même que chaque être humain est capable de faire à un moment donné, non seulement des choix dans sa vie mais des choix de vie tout court !
nous mettre tous dans le même sac c’est dédouaner les criminels un peu trop facilement !!

c'est vrai qu'en 1933 tous les allemands avaient pour obligation de lire Mein Kampf, tous l'ont-ils fait ?
ils étaient au moins supposés connaître le programme de leur fûhrer ; et sans doute qu'ils savaient..... comme nous savons aujourd'hui d'autres massacres....

ce que l'on peut accorder à l'être humain lorsqu'il vit dans un état totalitaire dans lequel il a peur pour sa propre survie, c'est le silence dans lequel il peut s'enfermer ; et en 1940 dans l'Allemagne nazi je ne suis pas sûre que j'aurais été capable de militer pour les droits de l'Homme......
vos photos font froid dans le dos monsieur Korkos…
elles nous donnent à réfléchir sur ce que nous aurions fait, mais surtout nous interrogent sur ce que nous devrions faire ici et maintenant lorsqu’une situation nous parait intolérable…
sans doute ce qu’il ne faut pas oublier c’est que des êtres humains sont capables de tels crimes !
C'est amusant (?!)... non, intéressant plutôt, car je viens de finir la lecture de l'excellent bouquin de Johnatan Littell :Les Bienveillantes, aux éditions de la nrf. J'aurais peut être simplement acquiescé à l'avis général sur ce livre, sur le problème que cela comporte de publier ces photos, sur les questions non seulement dérangeantes, peut être surtout dérangées et malsaines, que pose cette publication, avant de me plonger dans l'univers dingue, prenant, terrifiant, brossé par Littell. Mais je ne crois pas que ce soit du révisionnisme que de se pencher sur ces soldats allemands, sur l'état d'esprit et la vie d'un officier SS.
Boucher certes, le SS, ça on ne reviendra pas là dessus. Mais qu'est ce qui a fait que tant d'hommes (et de femmes) se sont engagés dans cette boucherie? Y avait-il un foyers de salauds? Une génération de pourris génétiques? Bien sûr que non : nier le fait que oui, ces hommes étaient des hommes comme les autres, avec le même pourcentage de psychopathes, de pères de famille, de tendres, de débiles, de manipulateurs, de manipulés, de fils, de génies, d'artistes, d'idéalistes, d'ambitieux et de modestes que dans toutes les couches de population d'une société occidentale contemporaine, me semble trop facile.
Donc oui, je pense qu'il est intéressant de se pencher sur ces hommes et leurs motivations, leur parcours et leur vie individuels. Et oui je pense que leur nier ce statut d'homme frôle le révisionnisme. Chaque pan de l'histoire est ambigü. Si là n'est pas la conclusion d'une étude c'est que son approche est faussée. Dans le cas qui nous intéresse ici : le danger est justement d'oublier que ce sont des hommes qui font les génocides.
La question à poser n'est pas "auriez-vous été à leur place?", honnêtement, ça, on s'en fout. Fausse question dérangeante, pseudo-provocatrice donc historiquement stérile. La question est "Pourquoi ont-ils été à cette place?". Et je crois sincèrement que c'est la question que posent ces photos, et que c'est la question que doivent maintenant se poser les historiens.
J'en profite pour rappeler à ceux qui ne l'ont pas fait qu'il faut lire Les Bienveillantes à ce sujet. Le livre donne quelques réponses à la question, sans doute pas toutes, peut être pas les bonnes. Mais quel roman ! Et quelle fin !
"Plus le temps passe, plus les photos de famille des uns et des autres deviennent des photos communes à tous ", nous serine la préface. A tous, oui, à condition de n'être ni Tzigane ni Juif ni communiste.
Les limites des bonnes intentions de l'auteur se trouvent confrontées à cette réalité-là.

Ni juif, ni Tzigane, mais comprenant.
OK Alain. Chronique coup de gueule. Mais chronique juste.
Merci, Alain, pour ce très bon papier. Pas de posture "bien-pensante" dans cette chronique. Non, juste l'indignation devant un livre qui ne sonne pas juste. Parce qu'il applatit l'histoire, qu'il n'est pas sourcé (des photos anonymes, sans lien historique).

Je compare avec le travail présenté par Agnès Varda dans la vidéo, Ydessa, les ours et etc., travail d'une plasticienne canadienne, qui a exposé à Munich, des photos d'ours en peluche en situation, dans l'Allemagne nazie, et là, au contraire du travail de Riss, tout fait sens, l'ours en peluche qui n'a pas pu être emporté par les petits Juifs ou tziganes, le souvenir d'enfance qui échappe, plus de photos, qu'ils soient morts ou survivants, c'est une enfance qui a été perdue. Au contraire de l'amas de souvenirs, des milliers de photos avec ours, de ces familles, casernes, équipes, bataillons, photographiés avec leur mascotte, jusqu'à la nausée. Et c'est une expérience physique de l'abus et en creux de la disparition, qu'on fait en voyant cette expo. La deuxième salle montre l'Hitler à genoux de Maurizio Cattelan, la photo qu'on ne verra jamais, une sorte d'énorme blague glauque, de quoi nous faire vomir.

http://anthropia.blogg.org
Etrange impression...
Oui, ces nazis sont des êtres humains. C'est bien ce qui est monstrueux : ce seraient des loups-garous ou des ours génétiquement modifiés, on ne serait pas horrifiés.
Mais non, nous ne leur ressemblons pas, et non, nous ne pourrions pas être à leur place.

Alors oui, ce sont des êtres humains, et ils ont des activités d'êtres humains ; mais politiquement et philosophiquement, nous sommes loin d'être semblables.
Et je ne dis pas ça pour me rassurer ; je me suis longtemps interrogée à ce sujet quand j'étais jeune ; je sais qu'aujourd'hui, là, maintenant, si tout cela se reproduisait, je ne ferais pas partie de ceux-là, ni vous non plus.

Et je comprends très très mal les titres des deux parties : assez indigeste un dimanche matin. Maladresse ? C'est en tout cas une décision lourde de conséquences quant au sens du livre.

Merci pour cette chronique et les précédentes : je viens de me faire un rattrapage de chroniques d'Alain Korkos qui fait du bien ;-)
Ca me rappelle Tocqueville... toujours.

Quelle espèce de despotisme les nations démocratique ont à craindre

"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres: ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-la s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?
C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. L'égalité a préparé les hommes à toutes ces choses: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait
."
Chers @sinautes je doit vous faire une confidence . C'est la première fois que je passe en revue tout vos posts avant d'écrire le mien . Oui je
sais c'est pas bien , il faut lire tout les autres mais malheureusement je n'ai pas toujours le temps . Le sujet d'Alain est en effet troublant à plus
d'un titre et il est toujours d'actualite . J'ajouterais même qu'il sera toujours d'actualité quelque part de par le monde .
Car en effet les bons et les mauvais seront toujours répartis partout et c'est le rôle de chacun d'entre nous de ne pas basculer dans
les "mauvais" . Qui n'a jamais eu un propos diffamatoire , raciste , faciste (dans un moment d'énervemment) et qui tout à coup s'est ravisé et
heureusement la concience a repris le dessus ??
Dans tout vos posts j'ai trouvé quelquechose de juste . J'irais même jusque dire que c'est la première fois que je constate une solidarité entre
nous tous et je trouve ca très bien .
Je ne trouve rien à ajouter car comme l'a dit quelq'un plus haut , je pense que beaucoup de choses ont déjà été évoquée .
Curieuse chronique, Monsieur Korkos! Effectivement bancale, comme il est dit plus haut.
Que reprochez-vous exactement à Riss? De ne pas être historien? Il n'a (à ma connaissance) jamais prétendu l'être.
En revanche, ce livre - que je ne connais que par cette chronique - me semble d'actualité aujourd'hui. Et en particulier ces "nous autres" et ces "les autres".
Vous avez entendu parler de l'identité nationale? S'agit-il d'autre chose que de distinguer les "nous autres" des "les autres"?
Alors, on peut faire la fine bouche et reprocher à ca livre de n'être pas ce qu'on aurait aimé qu'il soit.
Mais Riss - en tant que Charlie boy - a suffisamment de casseroles au derche pour qu'on n'aille pas lui chercher une mauvaise querelle sur ce coup-là.
je partage entièrement votre point de vue.Ce qui vous choque c'est le côté un peu simpliste du propos du genre :"cela pourrait être nous" . je comprends que l'on puisse être profondément choqué par cette simplification;
c'est incroyable comment ses images mon frappé par leur rapport a la réalité d'aujourd'hui.

Le parallèle peut être facile, mais quand je vois un soldat allemand s'amuser avec un juif, je vois un soldat américain jouant avec un prisonnier de Guantanamo..

Quand je vois les maisons en train de bruler je voie le feu de l'irak, quand je vois les barbelés des camps de concentration, je vois les casques, les gants et les bandeau sur les afghans que l'on torture.

Je voie.. je voie...
Nul n’en disconviendra : l’enseignement de l’Histoire est en train de mourir, et l’édition universitaire ou grand public des livres d’Histoire affronte une semblable misère. Le paradoxe est que cette disparition annoncée se produit dans l’indifférence générale au moment où la société n’en a que pour les lieux nazi2.1257493691.jpgde mémoire et que l’Histoire est instrumentalisée par les névroses mémorielles.
http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/11/06/un-historien-est-demande-au-salon-hitler-est-arrive/

C'est vrai.

Sauf que ce n'est pas paradoxale. L'histoire ce n'est pas de la morale et l'histoire ce n'est pas de la repentance.

Pas étonnant en ce cas que l'histoire, en tant que discipline, se meurt. Et on se rappellera la citation de Santayana: "ceux qui ne peuvent se rappeler l'histoire sont condamnés à la répéter".

Sinon, effectivement, ne pas distinguer les assassins et les victimes, les innocents et les coupables, c'est abject. Me concernant, je ne fais pas que comprendre votre énervement Alain: je le partage.
parler du passé, c'est bien. s'en servir pour questionner le présent, c'est mieux.

aujourd'hui :

qui sont les barbares ? des gens comme vous et moi ?

où sont les trains, les miradors, les barbelés ?

qui sont les poursuivis, traqués, arrêtés, torturés, renvoyés à la mort , lente ou violente? par qui ?

qui sont ceux qui les aident, qui pour cela prennent des risques ? qui sont ceux qui protestent, manifestent, pétitionnent ?

et qui sont ceux qui regardent ailleurs, pour, plus tard, dire "ah ... on ne savait pas trop... on croyait que ..." ?

qui sont ceux qui attisent les haines ?

Pour moi Charlie Hebdo , certains de ses responsables et collaborateurs ont beaucoup à se reprocher dans ce dernier domaine : Val, Caroline Fourest par exemple. Pour mémoire : l'affaire des caricatures au nom de la liberté d'expression, le licenciement de Siné au nom du contraire, la chronique de Val sur France Inter en janvier 2009 insultant les manifestants contre les massacres de Gaza, l'islamophobie de Fourest ...

Au fait, pourquoi, dans une récente émission "on n'est pas couché", sur une dizaine de dessins humouristiques cités, Charlie et le Canard sont cités plusieurs fois, et Siné Hebdo aucune ? Un hasard, ou une volonté délibérée ?
Le mieux est peut-être de ne pas faire de publicité à ce livre (semble-t-il trop ambigu).

En revanche, je suis assez d’accord sur l’idée qu'un individu lambda, dans un régime violent ne se révolterait pas forcément,
par conformisme, confort et soumission à l'autorité :
Pour rappel, l’expérience de Stanley Milgram, La soumission à l’autorité

Nombres de questions me hantent depuis longtemps :
À quel moment un peuple réagit-il ?
Pour les dirigeants, quelles sont les techniques d'anesthésie graduelles visant à faire passer un pays de la démocratie à l’horreur ?
J'ai lu il y a longtemps un livre très intéressant : "Les bourreaux volontaires de Hitler".

L'auteur, Daniel GOLDHAGEN, y parle des "allemands ordinaires", des simples citoyens, sans lesquels le génocide n'aurait pu avoir lieu. Selon lui, la cause profonde est l'antisémitisme dont l'Allemagne était imprégnée depuis la fin du XIXème siècle.

Hitler a bel et bien été élu, en 1933.

Quand je regarde notre société française aujourd'hui, je n'ai pas beaucoup de doutes sur la nature humaine. A rapprocher de ceci :

Un guichetier zélé

et de ceci :

Matin brun

Aujourd'hui, comme hier, "le peuple", en tous cas dans sa majorité, est aveugle et sourd, tant qu'on lui garantit "son pouvoir d'achat".
Le papier d'Assouline sur ce livre (vraisemblablement très médiocre) est très intéressant (mais je l'avais déjà lu). Par contre votre chronique, Alain, est, une fois n'est pas coutume, un peu bancale... Je n'insiste pas : tout a déjà été dit dans certains des commentaires de ce forum.
La question est traitée par Primo levi dans Les naufragés et les rescapés (entre le témoignage prudent et la réflexion historique et philosophique), par Robert Antelme dans L'espèce humaine (idem), par William S. Allen dans Une petite ville nazie (fruit d'un travail de recherche intense, où Allen démontre comment, à la façon de Hanneke dans Le ruban blanc, les hommes finissent par se livrer à des actes atroces sans avoir de problème moral, ou presque) ou encore par Ian kershaw dans Qu'est-ce que le nazisme, qui est une thèse en histoire sur la question, absolument magnifique.

Ces lectures devraient être obligatoires.

@ Alain Korkos : j'ai lu la chronique, observé les images, suis allée lire le papier d'Assouline. Je comprends mieux après avoir lu sa critique ce qui vous a poussé à rédiger votre chronique sur un ton presque colérique, on sens que ça bout sous les doigts qui tapent le clavier. Si je pouvais juste dire une chose, je pense en effet, comme Riss mais peut-être pas avec les mêmes intentions, que tous les hommes sont capables du pire, et que nous devons nous surveiller de manière permanente pour ne pas laisser l'horreur arriver. L'amour des autres aide, mais n'est pas suffisant, il faut en plus être vigilant, lucide, affronter la réalité (ce que la plupart des gens refusent et moi avec j'en suis sûre, dans certaines situations), exercer sans cesse son esprit critique, s'interroger sur la signification des évènements qui se déroulent sous nos yeux. Je ne m'oppose à personne, ni ne me classe dans un "nous autres" ou "eux autres", ridicule et vide de sens. Je crois qu'il existe néanmoins un "nous". Qu'on se doit de surveiller.
Monsieur Alain Korkos ;

La dernière image qui illustre votre chronique, me fait penser à un extrait du film d’un reportage montrant la libération des camps… dont les prisonniers ne sont que des figurants d’un village voisin.
Il me semble que cet extrait « multi diffusé », à la télévision lors de commémoration, a été analysé dans un « arrêt sur image de France 5 ».
Impossible de le retrouver sur le web, mais je crois qu’il est visible dans le film : « De Nuremberg à Nuremberg » de Frédéric Rossif.

Je n’ai trouvé que cet article qui relate ce fait… ou un fait similaire.
Mensonges du cinéma
« Quant à l’armée rouge, parvenue jusqu’à Auschwitz Birkenau, où il ne restait plus grand monde après la ‘‘marche de la mort’’ il lui fallait des prisonniers acclamant avec enthousiasme leurs libérateurs. Les quelques déportés restants n’étant pas en état de jouer ce rôle, ils les remplacèrent par des figurants ponctionnés dans le village voisin d’Oswiecim. »

Pouvez-vous Monsieur Korkos, nous donner l’histoire de cette photo, qui cloture votre chronique ?.
Bonjour Alain,

Je ne crois pas que vous soyez objectif sur ce coup-là. J'attendrai d'avoir vu le livre en question avant de me prononcer.

Cependant, ça n'empêche pas qu'il est dangereux d'imaginer qu'à la place des allemands de cette époque nous aurions agi autrement. C'est facile de penser, soixante ans après ces horreurs, "oh moi, j'aurais fait partie de la Résistance, c'est sûr ! Jamais je n'aurais suivi ce fou furieux !" (Ne pas oublier qu'il y a eu aussi une Résistance en Allemagne.)

Oui, ces gens n'étaient pas différents de nous ; le penser m'empêche quand même pas l'incompréhension. Comment ont-ils pu passer de la théorie à l'acte apparemment aussi facilement ? C'est au-delà de mon imagination.
Avec le temps la mémoire devient oublieuse et la banalisation pépère envahit tout, même le tragique.

D'où le grand devoir de rappeler peut-être aux jeunes...et aux moins jeunes quelques leçons de notre histoire.

N.B. : Très belle chronique de PA.
Ce sont les commentaires sous les photos qui sont particulièrement lénifiants (adoucissant, amollissant, apaisant, calmant) et c'est insupportable ( accablant, agaçant, atroce, cruel, désagréable, difficile, épouvantable, exaspérant, excessif, horrible, imbuvable, impossible, inacceptable, infernal, insoutenable, intenable, intolérable, invivable, mauvais, méchant, odieux, pénible.)

...
Il est évidemment confortable, comme le fait Alain Korkos, de séparer le monde en deux : il y a EUX et il y a NOUS. Les bons et les méchants.
Et, bien sur, chacun, aujourd'hui, de se situer du bon côté.
Ignorer que la barbarie nazi est le fait d'hommes et de femmes ordinaires (la fameuse "banalité du mal"), c'est se voiler la face.
Et si les parties du livre s'étaient intitulées, par exemple, "chez eux" ou "entre eux" et "eux et les autres", est-ce que déjà ça aurait été "moins pire"? Je me demande, je ne sais pas.
De toute façon, la première phrase citée est déjà d'une inconscience invraissemblable: le père tout fier en 1940, je crois bien qu'en 1940 il y avait déjà quelques pères de famille - peut-être aux yeux moins clairs parfois - occupés à autre chose qu'à prendre des photos de famille: création du ghetto de Varsovie: octobre 1940.
Ta légitime indignation, et enfin un haut-le-cœur chez nous lecteurs. Merci Alain de nous arracher à notre torpeur.
J'ENTENDS J'ENTENDS
Poème d'Aragon


J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu'on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir

J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C'est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d'un trou
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