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De 1905 à aujourd'hui, rien de neuf sous le ciel de la laïcité...

Sacrée loi de 1905, sur la laïcité. Elle s'est invitée dans tous les débats de la présidentielle. Mais dans quelles conditions a-t-elle été votée ? Sait-on qu'en 1905, s'opposaient déjà des laïcs "de combat" (Emile Combes) et des laïcs tolérants (Aristide Briand" ? Sait-on que déjà en 1905, un certain Jaurès jugeait que ces débats occultaient les débats économiques et sociaux ? Rien de nouveau sous le ciel de la laïcité, nous rappelle Mathilde Larrère.

Derniers commentaires

Merci pour cette chronique au combien enrichissante !
Pour les expulsions de catholiques, Fillon s'est peut-être emmêlé les pattes avec l'expulsion des jésuites de France sous Henri IV, ceux ci ayant été très très fortement soupçonnés d'avoir formé les "terroristes" qui ont assassiné son prédécesseur et tenté plusieurs fois de le liquider (et qui finiront par réussir). Rien de nouveau sous le soleil.
Pas tout à fait d'accord sur la conclusion : M. L. et F. F. ne veulent pas de laïcité sauce 1905. Ils veulent une "laïcité sélective", ne s'appliquant pas aux catholiques mais seulement aux autres religions en particulier l'islam.
Excellent, comme d'hab.
Merci Mathilde Larrère. Et on peut aussi vous écouter sur France-Culture.
Une chronique très réussie. La loi de 1905 est en effet une loi libérale .
Ce que c'est bien ces rappels de l'Histoire ! Bravo Mathilde. Toujours un délice de vous écouter.
Elle est géniale Mathilde quand elle nous raconte l'histoire à sa sauce, notamment quand elle nous raconte le Grand Sanhédrin :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Sanh%C3%A9drin

Les questions posées sont assez différentes d'un problème de pauvres capitalistes qui ont prêté à des personnes non solvables (tiens ça rappelle les subprimes).

Mais finalement, je suis assez d'accord avec Mathilde, on devrait en rester à la loi de 1905 qui interdisait aux femmes de voter et criminalisait l'homosexualité, ça nous éviterait de devoir subir sa vision hémiplégique de l'histoire et Océanerosemarie serait en prison.

Bien entendu cette dernière phase est ironique, j'aime les femmes et le droit des femmes et je suis content que les homosexuelles trouvent leur bonheur avec une personne de même sexe. Je suis plus critique envers ces idéologues qui voient tout en noir ou blanc.
Il faut lire le livre de Jacques Ozouf " nous, les maîtres d'école " qui est une compilation des lettres des instituteurs du début du XX éme siècle pour mesurer le courage et la foi laïque de ces enseignants qui devaient souvent affronter dans l'isolement l'opposition des écoles confessionnelles, de leurs représentants. La laïcité a été une bataille non à cause de ceux qui ont asseyé de la faire vivre mais de la violence de l'opposition. Quant au voile, si celles qui le portent y trouvent du bonheur, grand bien leur fasse et après tout on s'en fout mais qu'on ne vienne pas dire qu'il n'y a pas, à notre époque, une volonté d'affichage. On peut se dire après tout qu'il en est de cela comme beaucoup d'autres choses, une mode qui passera. Il est triste cependant de mesurer le chemin à rebours qui été parcouru depuis les régimes laïques orientaux des années 50 à aujourd'hui.
Tout ça me rappelle l'internationale: "Du passé faisons table rase"
Je ne suis pas pour la politique de la table rase.
Genre: "je ne veux pas voir une tête qui dépasse".
Préserver la diversité ça s'applique aussi aux cultures.
Faire voter par les citoyens ou des assemblées élues une loi qui ne touchera qu'une petite partie des citoyens
c'est, à mon avis, à manier avec beaucoup de précautions.
Ça me rappelle un autre morceau de l'internationale: "Nous ne sommes rien, soyons tout" qui n'a pas donné de très bons résultats.
Mélenchon a parfaitement raison quand il dit qu'il faut enfin appliquer la loi de 1905 en Alsace-Moselle (et abroger le concordat), tout en appliquant à l'ensemble du territoire de la République le régime social (hérité du droit allemand) qui est en vigueur en Alsace-Moselle .
https://www.youtube.com/watch?v=xxgg3cU3B2E

Moi j'ai versé ma petite larme devant le discours du Grand Jaurès :'-(
En fait, je ne compare pas le port de la soutane au port du voile, mais les discours d'interdiction dans l'espace public des deux
ce n'est pas du voile que je parle mais de la laicité. je compare les arrêtés municipaux et les discours qui ont pu être tenu et qui le sont sur la question du port dans l'espace publique
la nuance me semble importante
Très belle démonstration, rien à redire, bravo, mais quelques nuances quand même.
Comparer le port de la soutane et le port du voile c'est aller un peu vite en besogne: la soutane est un vêtement "professionnel", le voile un signe religieux qui réapparait dans l'espace public mondial avec une charge revendicative après la révolution iranienne de 1979: il n'est pas un signe "neutre" religieusement à l'origine du coup, mais un symbole politique (après, on peut discuter pour savoir s'il faut interdire les signes politiques de l'espace public, et sans remettre en cause la bonne foi religieuse des personnes qui se voilent, la réapparition du voile dans l'espace public est d'abord une manifestation politique connotée). De même, la revendication du voile à l'école qui a cristalliser les débats depuis l'affaire de Creil de 1989 n'est pas une affaire religieuse, mais une affaire instrumentalisée en partie par l'UOIF de l'époque proche des frères musulmans, et qui portent tout de même un discours politique dont les valeurs ne sont pas forcément compatibles avec le vivre ensemble républicano-laïc.
Et que la religion juive et la religion chrétienne en tant qu'institution aient du se plier à des lois de l'Etat, quelque soit sa forme contrairement à ce que pense le donateur d'emplois fictifs familiaux de la Sarthe, est une réalité, mais complexe, comme vous l'avez bien démontré.
Et enfin, à l'égard de l'Islam en général, on pourrait paraphraser ce que disait Clermont Tonnerre à l'égard des Juifs en 1790: "tout leur accorder en tant que citoyens, rien en tant que communauté", puisque la seule communauté qu'il faut promouvoir, c'est la communauté politique qui délègue le pouvoir, c'est-à-dire la nation, quelque soit les penchants religieux et philosophiques de chaque individus par ailleurs.
Je n'ai qu'un mot à dire : Briand.
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