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Copyright : une nouvelle folie douce ?

Quel est le point commun entre Tintin, le petit prince, une météorite tombée sur la Russie, et la sangria ? Tous quatre sont protégés, à des degrés divers, par une législation sur le copyright. Tous quatre sont tombés sous le coup du "copyright madness", la folie du copyright, pour reprendre le nom du blog de nos deux invités du jour, Lionel Maurel et Thomas Fourmeux.

Derniers commentaires

J'ajoute que les vrais ancêtres du profit sont le butin et la rapine.
Bravo Lea, votre message est peut-être le plus subversif qui soit. L'essence de la propriété intellectuelle est tout entière dans la pub: ce sont les marques ( cf l'affaire laguiole).
L'appropriation des mots et des idées. Voila ce que c'est le mot. Aucun auteur, aucun inventeur, aucun poète, aucun musicien, aucun scientifique n'a inventé quelque chose sans s'appuyer sur de l'existant. C'est la toute la folie du droit d'auteur. Folie fondée sur le fait que l'un pourrait être "le premier", chose bien souvent très relative. Sony a breveté le CD, pourtant, sans l'invention de la roue, du laser, de l'électricité.... cela ne pourrait exister. Le droit d'auteur est un vol. Un vol du travail collectif.

Mais tout le monde reste figé dans la posture que l'on peut s'approprier des mots et des idées. Chacun accepte cela. Comme un postulat. Sans voir qu'au final, ce n'est pas la question. La question est : comment font pour vivre ceux qui écrivent, chantent, composent, inventent sans passer par l'appropriation aux effets négatifs que tout le monde constate: Johnny est richissime, et la majorité des musiciens peinent à joindre les deux bouts, pour ne prendre que l'exemple de la musique. Les poseurs de brevets fous également... Tout le monde reste figé dans la posture que la seule façon de permettre à ces gens de reproduire leur conditions d'existence passent par le brevet, par un rapport marchand...

Supprimons les brevets et le droit d'auteurs. Ceux qui créent, comme ceux qui ne créent pas, touchent un salaire à vie, un revenu de base, ou quelque variante que ce soit... Et l'humanité sera libérée du droit d'auteur. Libérée par le haut. Libérée au sens propre du terme de l'emploi. Une utopie? Pas vraiment. Il faut que la majorité envoie bouler une minorité qui profite de nous tous.
Bonjour

Je viens de décompter l'ensemble des invité-e-s de 14h42 : 86 % d'invités homme.

Evidemment, les réponses classiques seront :
- On ne trouve pas de femmes à inviter
- Ce qui compte c'est la compétence et pas le sexe
- L'émission parle essentiellement de sujets dans un secteur fortement masculinisé

Je souhaiterais reprendre ces 3 arguments classiques pour tenter rapidement de les déconstruire ;

1. Oui, les femmes acceptent plus difficilement d'être invitées sur un plateau notamment parce que leur éducation les porte à ne pas se sentir légitimes et à envisager qu'il existe plus compétent qu'elles. Cela implique qu'il faut faire un effort pour les convaincre et trouver davantage d'invitées afin de s'assurer d'un minimum de présence féminine

2. Les femmes réussissant tout aussi bien voire mieux que les hommes leurs études, elles devraient être aussi souvent qu'eux invitées en tant qu'expertes sur des plateaux. Ce n'est pas le cas. Il y a donc un biais : celui de la cooptation qui défavorise les femmes.

3. Certes. Pour autant le rôle d'@si n'est-il pas de contrer les représentations ? Comment aider les femmes à s'orienter vers ces secteurs si aucun modèle ne leur est présenté ?

Cette problématique est pour moi cruciale. Comment être crédible dans son discours tout en ostracisant une partie des voix qui devraient avoir la possibilité de s'exprimer ?
STRUMF. : « Comment se fait-ce que les non-occidentaux aient tant de mal à gober le concept de propriété intellectuelle ? »

il me semblait avoir traité ce sujet dans une chronique ou un Vite dit, mais je ne retrouve pas. Peut-être ai-je pondu ça ailleurs, il y a longtemps.

En tout cas, voilà une bonne idée de chronique ;-)
Trêve de plaisanterie. La question de la propriété intellectuelle est cruciale. Il faudrait une émission pour poser au moins la folle question de la durée des brevets ( entre zéro et l'infini, où est le pseudo équilibre ?). Quel est le caractère collectif de la création ? ( Mozart est impensable sans Haydn, Bach, et les Italiens) Comment se fait-ce que les non-occidentaux aient tant de mal à gober le concept de propriété intellectuelle ? Cette émission, intéressante mais trop technique à mon goùt, néglige la question de comment résoudre toutes ces problématiques, comme on dit sur BFN-RMC.
Un pianiste ne travaille que quand il fait ses gammes. S'il donne un concert, non seulement il ne travaille pas, mais il joue. Le mécénat ( y compris le mécénat d' Etat) est donc, avec le cachet, le seul mode de rémunération de l'artiste. Prétendre salarier les artistes est commettre la même erreur que l'Union soviétique: c'est considérer la culture comme un besoin, alors qu'elle nous en délivre.
Bon ,
je débarque comme tout alpin un peu arriéré.
pour moi, la folie douce, c'est des restaurants branchouille dans les stations de ski branchouille.
Pour moi, la folie douce c'est tout sauf ce à quoi un asinaute conscient et organisé devrait prêter attention.

J'ai rien compris, ou quoi ?
très bonne émision,revigorante pour envisager un furur d'internet pas seulement marchand.
et évidement c'est pas un hasard si ce sont des bibliothécaires qui militent dans ce sens.car les médiathèques sont encore des espaces d'ouverture à la culture magnifiques:des centaines de milliers d'ouvrages potentiellement consultables,gratuitement ou pour une somme symbolique (6 euros pour un an!) qu'on peut garder une quarantaine de jours.en général elles se situhent en plein centre ville,dans de très beaux batiments.comme à la rochelle,poitiers,limoges...
et qu' appolinaire tombe dans le domaine public exeptionnellement plus de 90ans après sa mort,si on prend un de ses livres de poésie en médiathèque,on engraisse ni ces ayants droit ni gallimard.

d'autre part,c'est un retournement de perspective assez cynique, que des créateurs(surtout leurs ayants droit),après avoir recherché le succès public à leurs débuts,dénient à ce même public le droit de faire référence(sans aucun mercantillisme) à leur création une fois ce succès obtenu.un des intervenants disait qu'il y a 6000brevets déposés aux usa chaque semaine,pour essayer de faire du pognon en justice à tout prix et sur n'importe quel sujet.bientôt il faudra payer des droits pour...couper les poils du cul en quinze!!
Excellente émission !
Excellent aussi la notion de pirate box, que je ne connaissais pas, et qui est à faire connaître !

Et je trouve bien dommage que notre Korkos national s'accroche à ce modèle de copyright.
Il y a tout un modèle post-capitaliste à réinventer. Quand tous les artistes auront de quoi vivre décemment indépendamment de la masse de leur production, peut-être qu'ils auront moins de velléités capitalistes.

Je trouve qu'encore une fois Friot y répond très bien, avec son salaire inconditionnel.

Sinon, connaissez vous Youssouf et son Tintin en Irak ? Comment se fait-il que cette excellente parodie (excellente dans ce qu'elle dit, pas techniquement) soit en vente, vous avez une idée ?
I am apology man !
oh mon dieu ! alors je serai en infraction sur tous mes disque dure plein de films et de séries et de BDs et de....
Lionel !!!

Je suis bibliothécaire aussi, et je suis tout à fait d'accord avec Lionel Maurel, Thomas Fourmeux et SavoirCom1, pour les raisons que je vais un peu détailler ici (que les intervenants ont évoqués, mais n'ont pas pu trop développer).

Prenons tout simplement pour commencer l'histoire du prêt de livres. En France, les bibliothèques municipales ont été constituées légalement à la Révolution Française. Le principe, c'était que le citoyen puisse les utiliser pour accéder à la culture et à la connaissance, et ainsi être un citoyen émancipé. Les bibliothèques municipales prêtent des livres, ce qui n'a jamais posé problème à personne... Jusqu'à l'arrivée d'Internet.
Eh oui, au moment où les éditeurs accusaient le choc de l'existence du copier-coller, ce n'est pas contre Internet qu'un débat violent s'est élevé, mais contre les bibliothèques municipales, accusées, par le biais du prêt de livres, de causer un manque à gagner dommageable aux éditeurs et aux auteurs. Ce qui est factuellement faux, car comme il a été indiqué dans l'émission, les pratiques culturelles se cumulent (ça veut dire qu'un gros emprunteur de livres est probablement un gros acheteur de livres). Mais bon, une loi a été passée en 2002, et depuis les bibliothèques font une déclaration de l'ensemble des livres achetés dans l'année pour que les sommes adéquates puissent être reversées aux ayants droits. On peut considérer que c'est légitime et ce n'est pas ça qui va mettre en péril les bibliothèques, mais rappelons-le juste : jusqu'en 2002, ça n'avait jamais posé problème à personne que les bibliothèques prêtent les livres.

Autre exemple peut-être plus parlant : les revues scientifiques dans les bibliothèques universitaires. Les bibliothèques universitaires servent aux chercheurs, elles doivent donc proposer tous les articles à la pointe dans la discipline concerne. Or, les acteurs qui commercialisent les revues scientifiques, depuis qu'elles sont dématérialisées, sont extrêmement concentrés et pratiquent des tarifs tout à fait prohibitifs (exemple : Elsevier, dont Arrêt sur Images a déjà parlé), plusieurs centaines de milliers d'euros / an pour un accès à des bouquets de revues où on ne peut pas sélectionner les revues que l'on souhaite avoir. Pourtant une très grande partie des articles publiés le sont par des chercheurs rémunérés par des deniers publics. On est donc là dans une privatisation au détriment du contribuable/de la recherche d'une ressource produite par le secteur public.

Autres exemple plus banal, pour en revenir aux bibliothèques municipales : je suis bibliothécaire. Je veux afficher en vignette les couvertures des livres que j'ai dans mon catalogue sur mon site web ou les bibliographies que je fais. L'intention est noble : valoriser les documents, donner envie aux gens de les lire/regarder, etc. Aucun dommage pour l'éditeur ou l'auteur, au contraire. Eh bien, je n'en ai pas le droit, car l'image est protégée. Pour le faire, il faut que j'en négocie les droits ou plutôt que je m'adresse à quelqu'un qui en a négocié les droits. Doc j'ai comme choix :
- Electre, ce n'est pas donné (500 à 1000€/an). Tout ça, ça correspond à des documents que je ne peux pas proposer au public (et, à noter, contrairement aux idées reçues, les services publics ne croulent pas sous l'argent)
- Amazon veut bien me filer ses vignettes si je mets un lien vers leur catalogue où on peut acheter le livre. Pas très cool pour le libraire local.
Pour beaucoup de services en ligne, c'est comme ça : je paie un prix prohibitif, ou j'accepte de participer à un système fermé que je ne souhaiterais pas forcément cautionner.

Encore un exemple, le spleen des documentalistes. Être documentaliste dans une structure, c'est faire de la veille, des dossiers de presse, compiler et partager des informations pour aider les personnes travaillant sur ces sujets dans la structure. Mais un article, on n'est pas censé le copier. D'où cette remarque d'une amie documentaliste il y a quelque temps : "j'ai un problème, presque tout mon métier est devenu illégal." Les documentalistes en arrivent à mettre en place des ruses de sioux pour faire de la veille sans copier des articles.

Autre exemple : le livre numérique apparaît, avec la liseuse. Toutes les bibliothèques se réjouissent : chic ! on va prêter des livres numériques ! Ah mais non, pas si vite ! En effet :
D'abord, il y a des questions de droits : est-ce que c'est vraiment un livre ? Ah bah non, pas tout à fait. C'est pas sûr que ce soit bien légal de le prêter. (en même temps, la négociation des droits de prêt est tout à fait étrange pour les bibliothèques. En général, on achète un DVD entre 40 et 80€ l'unité, soit beaucoup plus cher que dans le commerce, à cause du droit de prêt. Mais les CD, on les achète au même prix, parce que le droit de prêt n'a jamais été négocié et que nous sommes donc dans une illégalité qui est devenu une tolérance de fait. Les jeux vidéos, on n'est pas sûr de pouvoir les prêter, donc on propose plutôt du jeu sur place, sauf dans les collectivités dont les services juridiques sont braves et n'ont peur de rien)
Question du droit levée, on rencontre la charmante question du DRM. Les DRM bloquent plein d'usages du livre numérique, à commencer par, souvent, le simple fait de pouvoir le lire. Comme le dit notre libraire qui vend du livre numérique et avec qui on discute "c'est quand même dommage après avoir vendu un livre numérique de devoir passer trois quart d'heures au téléphone avec le client qui n'a pas réussi à l'ouvrir". Soyons réalistes, la plupart des usagers ont trouvé la parade aux blocages intempestifs des DRM : les craquer, tout simplement. Nous on est fonctionnaires, on n'a pas le droit, on doit donc s'arracher les cheveux pour trouver comment faire avec.
Et on se rend compte en creusant un peu la question : "euh, mais le document numérique acheté avec DRM, les gens ont carrément beaucoup moins de droits dessus que ce qu'ils achetaient autrefois en format physique !" Un exemple ? Bruce Willis a intenté un procès à Apple il y a quelques temps. Il s'est en effet rendu compte qu'il n'avait acheté qu'un droit d'usage sur les milliers de chansons et d'albums présents sur son iTunes, et pas les fichiers des albums et chansons. Donc, s'il mourrait, sa bibliothèque iTunes se volatilisait, alors qu'il aurait pu transmettre des CD ou vinyls physiques à ses enfants, ou autres. Bruce Willis a les moyens de faire un procès, mais les millions d'autres utilisateurs d'iTunes, non. Et rappelons-le : ce retrait des documents acheté ne bénéficie aux commun des mortels, mais à la plateforme de revente de ces droits d'accès.

Bref bref. Pourquoi pleurer sur ces limitations et embêtements fait aux bibliothèques ? Eh bien tout simplement parce que ce n'est pas de nous qu'il s'agit, mais avant tout de notre modèle et des gens que nous servons. Nous représentons un truc assez important, qui est le partage du savoir et de la culture légal, légitime, et non marchand, dans le but de l'émancipation du citoyen, et ce quelles que soient ses ressources. Si nous ne pouvons pas accomplir notre mission, si nous sommes incapables de suivre les évolutions des usages parce que l'on nous met des barrières légales, si nous avons l'air de ploucs et n'arrivons plus à attirer notre public parce que nos sites n'ont pas d'images alors que les sites marchands clignotent dans tous les sens, ce qui restera sera une alternative entre le tout piratage, qui n'est pas idéal, et le tout marchand, qui pénalise les plus démunis.

Le problème n'est pas que nous ne voulons pas que les ayants-droits aient une juste rémunération, au contraire. Le problème, c'est que d'une part le capitalisme actuel a commencé à cannibaliser les créations de l'esprit, en transformant un droit d'auteur qui vise originellement à assurer une juste rémunération aux créateurs en une rente de situation se prolongeant bien au-delà du délai pour lequel cela a un sens (l'accession au domaine public, c'est aujourd'hui 70 ans après la mort de l'auteur. On ne risque pas de faire mourir de faim un auteur nécessiteux en défendant le domaine public), d'autre part, les auteurs et producteurs légitimement crispés en raison de l'évolution majeure (mais probablement irréversible) que fait peser le web sur le partage des productions culturelles en arrivent à mettre en place des systèmes et des lois inefficaces pour lutter contre le vrai problème, et qui vont donc uniquement mettre des bâtons dans les roues des services publics respectueux de la loi qui cherchent seulement à servir la population.

Pour aller plus loin :

Une présentation de Lionel Maurel sur la copie et les excès du copyright : http://www.dailymotion.com/video/x16j61p_tu-ne-copieras-point-pour-une-redecouverte-de-la-copie-1-2_creation
C'était à l'occasion de la troisième édition de Brest en Biens Communs, premier festival de France dédié à la protection des biens communs (domaine public, etc.) (plus d'infos et de conférences là : http://www.a-brest.net/article14528.html)

Il y a aussi, sur le contexte américain, le sympathique documentaire "Everything is a Remix", de Kirby Ferguson : http://www.dailymotion.com/video/xsu9y4_exclu-everything-is-a-remix-kirby-ferguson-fr_news
Voilà pourquoi même en temps qu'informaticien pour les livres et le BD, j'en suis toujours au papier. C'est plus cher, mais au moins je peux le préter sans problème. Personne ne viendra me le prendre parce que la maison d'édition n'a plus les droits. Pour les jeux vidéo, je préfère aussi le format physique ou ceux sans DRM. C'est vraiment regrêtable d'en arriver là.
Pour les livres même si je ne suis pas du tout fan des formats numériques, leurs avantages est de pouvoir accéder gratuitement à tout ce qui est tombé dans le domaine public, et ça en fait un paquet.
Pour compléter sur l'inanité pour les bibliothèques universitaires scientifiques :

non seulement les bibliothèques universitaires paient un prix démesuré pour pouvoir proposer des articles que souvent leur propres chercheurs ont publié, mais en plus, le chercheur a probablement payé lui-même pour la publication...

en effet, les frais de publication sont souvent à charge d'auteur (et ça peut monter facilement à plus de 1000$ la publication (et pas uniquement en open access, loin de là)), et les auteurs de papiers scientifiques ne recoivent aucune rémunération de la publication de leurs travaux par ailleurs
(ils sont obligés de céder leurs droits aux éditeurs, ce qui est d'ailleurs relativement douteux, dans la mesure où ce qu'on vous fait signer donne un pouvoir très important aux éditeurs sur votre propre travail, sans que vous puissiez faire quoi que ce soit (à moins de ne pas être publié)

Ce système profite donc aux grands éditeurs scientifiques, au détriment de tous les autres acteurs...
Grande découverte, la science appartient au fric ! ;-)

rappelons-le juste : jusqu'en 2002, ça n'avait jamais posé problème à personne que les bibliothèques prêtent les livres.

je ne sais pas si on le retrouvera facilement, mais il me semble me souvenir qu'il y a toujours eu quelques poignées de grincheux qui estimaient que l'honneur et l'avantage de devenir lecteur de leur(s) livre(s) ne pouvait s'acquérir que par l'achat de son exemplaire personnel (à conserver pieusement dans sa bibliothèque personnelle, entre deux monuments incontestés de la littérature).


Autre exemple : le livre numérique apparaît, avec la liseuse. Toutes les bibliothèques se réjouissent : chic ! on va prêter des livres numériques ! Ah mais non, pas si vite ! En effet :

D'abord, il y a des questions de droits : est-ce que c'est vraiment un livre ? Ah bah non, pas tout à fait. C'est pas sûr que ce soit bien légal de le prêter. (en même temps, la négociation des droits de prêt est tout à fait étrange pour les bibliothèques. En général, on achète un DVD entre 40 et 80€ l'unité, soit beaucoup plus cher que dans le commerce, à cause du droit de prêt. Mais les CD, on les achète au même prix, parce que le droit de prêt n'a jamais été négocié et que nous sommes donc dans une illégalité qui est devenu une tolérance de fait. Les jeux vidéos, on n'est pas sûr de pouvoir les prêter, donc on propose plutôt du jeu sur place, sauf dans les collectivités dont les services juridiques sont braves et n'ont peur de rien)

On ne peut pas prêter un livre numérique. L'opération n'a pas de sens, un fichier est toujours copié.


Un exemple ? Bruce Willis a intenté un procès à Apple il y a quelques temps. Il s'est en effet rendu compte qu'il n'avait acheté qu'un droit d'usage sur les milliers de chansons et d'albums présents sur son iTunes, et pas les fichiers des albums et chansons. Donc, s'il mourrait, sa bibliothèque iTunes se volatilisait, alors qu'il aurait pu transmettre des CD ou vinyls physiques à ses enfants, ou autres. Bruce Willis a les moyens de faire un procès, mais les millions d'autres utilisateurs d'iTunes, non. Et rappelons-le : ce retrait des documents acheté ne bénéficie aux commun des mortels, mais à la plateforme de revente de ces droits d'accès.

C'est une légende urbaine. La famille de Bruce Willis a démenti avoir posé la question, il n'y a pas eu de procès et jusqu'à plus ample informé, la licence issue de la vente de fichiers, telle que pratiquée par l'iTunes Store n'est pas spécialement intransférable. La question se poserait plutôt sur l'usage du service qui permet de retélécharger sa bibliothèque, une fois l'accès résilié (même si le titulaire est toujours vivant).
[quote=je ne sais pas si on le retrouvera facilement, mais il me semble me souvenir qu'il y a toujours eu quelques poignées de grincheux qui estimaient que l'honneur et l'avantage de devenir lecteur de leur(s) livre(s) ne pouvait s'acquérir que par l'achat de son exemplaire personnel (à conserver pieusement dans sa bibliothèque personnelle, entre deux monuments incontestés de la littérature).]

ça existe toujours, il y a un certain nombre de gens qui n'aiment pas emprunter les livres en bibliothèque et qui préfèrent l'acheter. C'est une question de préférence d'usage, c'est le droit le plus strict. Parmi ceux-ci il y a des grincheux comme vous le dites, mais pas que.

[quote=On ne peut pas prêter un livre numérique. L'opération n'a pas de sens, un fichier est toujours copié.]

Si on peut :
- Si en l'ayant téléchargé dans une liseuse que l'on prête
- Soit en donnant un accès limité dans le temps au fichier ou en permettant la copie d'un fichier chronodégradable.
Bien sûr en pinaillant il ne s'agit pas à proprement parler d'un prêt comme un prêt d'un document physique, mais on parle de prêt de livre numérique dans la profession et le projet mené actuellement avec les éditeurs au niveau national s'appelle PNB comme "prêt numérique en bibliothèque", donc la facilité de langage est assez répandue.

[quote=C'est une légende urbaine. La famille de Bruce Willis a démenti avoir posé la question, il n'y a pas eu de procès et jusqu'à plus ample informé, la licence issue de la vente de fichiers, telle que pratiquée par l'iTunes Store n'est pas spécialement intransférable. La question se poserait plutôt sur l'usage du service qui permet de retélécharger sa bibliothèque, une fois l'accès résilié (même si le titulaire est toujours vivant).]

Ah je ne savais pas, zut sur un point, ça me rendait Bruce Willis sympathique.
Par licence et accès, vous parlez du compte iTunes, c'est ça ? En effet en réfléchissant à son usage ça ne paraît à première vue pas trop compliqué de passer ses identifiants à quelqu'un, mais beaucoup plus d'accéder à ces services si l'on a plus accès à son compte originel. Après, reste à voir ce qu'il y a d'écrit dans les conditions générales d'utilisation.
Bonjour,

Le droit d'auteur est-il légitime?
Ce droit n'existe que pour les formes d'art qui dépendent d'une industrie: industrie du cinéma, du disque, du livre, du jeu vidéo...
Est-ce qu'on n'est pas en train de confondre art et business?

Un peintre ou un sculpteur ne va pas créer une oeuvre en 5 minutes et s'il arrive à vendre cette oeuvre, il ne touchera pas de droits d'auteur de la part du musée qui l'exploitera.

Le droit d'auteur tel qu'il existe freine la diffusion de l'art. C'est donc une mauvaise chose.
De plus, les sommes colossales gagnées par certains artistes, quel que soit leur talent, sont-elles légitimes?
Est-ce que leurs oeuvres ne devraient pas, dans ce cas, être vendues moins chères pour profiter à plus de monde?
Je n'arrive pas à comprendre l'héritage dans le droit d'auteur. Qu'est-ce qui justifie le paiement à la progéniture pour utiliser une œuvre ?
Un artiste peut-il écrire dans son testament en cas d'utilisation de l'œuvre, l'argent revient à l'État qui m'a fourni une bonne éducation, des bonnes routes pour partager mes œuvres ?

Il y avait un ce soir ou jamais sur le même thème en décembre dernier.
Petite rectification : ce n’est pas un « local » qui a déposé Laguiole, c’est un Francilien.
Jean-Jacques Rousseau :

« J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable, qu’autant qu’il n’était pas un métier. Il est trop difficile de penser noblement, quand on ne pense que pour vivre. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès. Je jetais mes livres dans le public avec la certitude d’avoir parlé pour le bien commun, sans aucun souci du reste. Si l’ouvrage était rebuté, tant pis pour ceux qui n’en voulaient pas profiter. Pour moi, je n’avais pas besoin de leur approbation pour vivre. Mon métier pouvait me nourrir, si mes livres ne se vendaient pas ; et voilà précisément ce qui les faisait vendre. » - Les Confessions - Livre IX
Contrairement à certains commentateurs ci-dessus, je n'ai pas du tout l'impression que les invités prônent le tout gratuit. Ils sont favorables à la valorisation du partage non marchand de la culture et demandent la protection du domaine public, ce qui n'est pas la même chose.
Ils ne revendiquent pas la fin de toute forme de copyright. (D'ailleurs les Creative Commons ou les licences libres de type GPL sont également une forme de copyright, non?). Ici ils dénoncent les dysfonctionnements et les abus (et il y en a beaucoup!) du système de copyright tel qu'il existe actuellement, et soulignent le besoin de clarifier la législation à ce sujet. A aucun moment il n'est question de demander aux artistes/journalistes/créateurs de bosser pour pas un rond !
La question du copyright est très compliquée, et je suis bien contente que Lionel Maurel et Thomas Fourmeux fassent l'effort pédagogique de rendre le sujet un peu plus accessible à toute personne non titulaire d'un doctorat en droit. Evitons de caricaturer leurs propos :-)
Je suis auteur BD, je gagne l’équivalent d’un smic en droits d’auteur, je travaille 7 jours sur 7, 8 à 10 h par jour à dessiner . Une simple question, si les deux intervenants Lionel Maurel et Thomas Fourmeux n’étaient pas agents de la fonction publique, seraient-ils aussi prompt à laisser leur travail en accès libre ? Si le moyen de gagner leur vie était lié aux droits d’auteur que pourraient générer leur travail, quelle serait leur réaction devant cette émission ? Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’abus mais que le droit d’auteur est le seul moyen actuel pour les auteurs de remplir la marmite.
Ils sont gentils, ces deux gars qui promettent de ne pas attaquer @si si d'aventure le patron de ces lieux publiait sous forme de livre leurs travaux sans leur verser un kopeck de droit d'auteur.
Oui, ils sont bien gentils.
Mais ils sont salariés par ailleurs.
Dans ces conditions, c'est un peu facile.
Jean-MArc, il faudrait demander au dessinateur avec qui vous avez bossé pour la revue dessinée si il s'accorde avec vos deux invités. ;-)
D'une manière générale, même lorsque vous envoyez un cd par la poste ou que vous achetez des cd dans le commerce, vous payez aussi une redevance. Mais l'argent ne va que très peu "dans la poche des Johnny Halliday", il tourne essentiellement en circuit fermé dans les organismes chargés de collecter ces redevances. ( ne serait-ce que-déjà-parce que beaucoup d'artistes ne sont pas inscrits dans ces organismes...)

Le point de vue des 2 invité est quand même très très très partial. L'exploitation de licences, ça sert aussi aux éditeurs à financer de nouveaux projets. Aujourd'hui, les auteurs qui ne sont pas suffisamment gros pour pouvoir s défendre correctement, se retrouve coincés entre les gens qui prônent le tout gratuit sur internet et les éditeurs qui profitent de la crise pour faire signer des contrats léonins.


Si tout devient gratuit, commençons par PC impact et arret sur image, on verra pour "les Johnny Halliday" après... :-D

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