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Comment twitter a transformé un blogueur en porte-parole des handicapés

Il ne s'attendait à pas à déclencher une telle mobilisation : plus de 1000 mails ou notifications de commentaires reçus en 24 heures, une dépêche AFP, des dizaines d'articles, des interviews (Europe 1, France 5). Et un entretien téléphonique avec la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale. Mardi 14 juin, un web entrepreneur handicapé de 42 ans, Louis van Proosdij Duport, publie un témoignage édifiant sur son blog : il dénonce la dégradation des soins qu'il reçoit à domicile. De la fin de la douche quotidienne à l'établissement de nouveaux horaires difficilement compatibles avec son activité professionnelle, Van Proosdij Duport pointe du doigt les protocoles médicaux qui "ignorent l'humain" et demande de l'aide.

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Je signale un billet particulièrement intéressant sur le blog de l'Handicapé Méchant : "Beau comme un CMI qui brûle...".

Un CMI c'est un Centre Médico Infantile. Mais comme le dit Handicapé Méchant "un CMI c’est une taule. Une taule pour handicapés, certes, mais une taule.".

L'épisode du "Lève-personne/Lève-malade" est particulièrement fort et symptomatique de ce qui ne va pas dans la manière de voir le handicap dans la société française.
Comment twitter a transformé un blogueur en porte-parole des handicapés


Quand je lis cette phrase, j'ai l'impression d'écouter Monsieur Jourdain s'émerveiller en découvrant qu'il fait de la prose et comme c'est joli de faire de la prose. Je sais qu'un titre est un racourci de ce qui est raconté dans le texte, mais le raccourci d'affirmer que Twitter ou Facebook génère des événements (des révolutions entre autres) n'est pas exact.

D'après moi, ce n'est pas Twitter - un service de microblogage - le responsable.
Louis van Proosdij Duport est responsable de sa position de porte-parole qu'il a lui-même provoqué (au moyen d'un microblog ; ce qui aurait pu être au moyen de la télévision, du téléphone ou du courrier postal).
Maintenant je pose une gentille question et faire un Hors Sujet par rapport à cette sordide histoire.

Twitter est capable de faire beaucoup de choses, on l'a vu...

Pourquoi tout le monde se fout éperdument de ce qui se passe actuellement au 36 de la rue Botzaris?

J'invite toutes celles et ceux qui seraient intéressés par cette histoire à taper le hashtags #Botzaris36 dans Twitter, ou, d'aller là >> http://owni.fr/2011/06/16/bataille-autour-des-archives-parisiennes-de-ben-ali/

Ou, là >> http://www.fhimt.com/2011/06/18/les-citoyens-francais-campent-avec-les-migrants-a-botzaris36/

Ou de suivre @Paul_da_silva @leclown ou moi même xYohmx

Je n'ai pas envie de jouer les troubles fêtes ou de troller votre excellent site, mais cette histoire est complètement dingue.

Merci pour ceux qui essaient d'attirer l'attention sur cette affaire et qui n'ont pas dormi depuis deux jours. Qu'ils soient Tunisiens en fuite ou hacktivistes, ils demandent juste un peu d'attention. Merci pour eux.
La morale de cette histoire : savoir écrire (et être reçu à l'Elysée), c'est toujours utile. Même sur Twitter.
Ce que je trouve un peu gênant dans cette affaire, c'est qu'on entend largement le point de vue d'une partie et pas de l'autre : quid des conditions de travail des personnes qui interviennent chez ce monsieur ? Est-ce normal que ces salariés soient obligés de travailler jusqu'à minuit / 1 heure du matin pour le coucher ? Pour quel salaire ? Est-ce que leur ras-le-bol ne s'explique pas ? Ça serait bien d'enquêter en écoutant aussi la parole des aides-soignants ...
(ce sont des interrogations, juste parce qu'il me semble pertinent pour comprendre un problème d'en voir tous ses aspects)
« L'association n'a pas souhaité répondre à nos questions. » N’a pas souhaité, du haut de sa hauteur !

Sébastien Rochat, voilà une phrase qu’on ne devrait jamais lire sur un médium comme @SI !

Elle sent trop la déférence envers les VIP : on ne la lit jamais nulle part quand il s’agit de Jean Dupont, manœuvre spécialisé, ou de ses pareils à peau non-blanche, sommés de dire pourquoi ils sont repartis du chantier avec un marteau qui n’était pas le leur.

De grâce, pourriez-vous mettre : « a refusé de répondre », ou, si vous voulez rester factuel : « n’a pas répondu » ?

Bon, Santé Services finira bien par répondre, après avoir pris le temps de faire bosser quelque bon renard de la com’ pour prouver qu’elle est innocente comme la colombe qui tête encore sa mère, que ce problème a eu lieu à l’insu de son plein gré. Au maximum, elle trouvera un ou des lampistes à virer avec perte et fracas, histoire de se refaire la blancheur Persil voire même, qui sait faire sa promo.

PS Je suis membre d’une assoc’ bénévole de partage avec des personnes handicapées. Nous avons des salariés. Nous ne sommes pas parfaits, mais une telle affaire est inimaginable chez nous.
ouh la....vaste programme
pour ce cas particulier, entendu dans le Magazine de la Santé, le monsieur a effectivement expliqué qu'"il était très satisfait des services de cette société, que seules deux personnes le malmenaient, et qu'il pensait bien avoir gain de cause quant à ses soins !"

je le lui souhaite, parce qu'ils ne sont plus très nombreux ceux qui peuvent bénéficier d'une telle prise en charge sans se déposséder de leur patrimoine : Financement APA : Emmanuel Verny contre le gage..

pour bien saisir l'ensemble du problème il faut revenir également sur la RGPP, et pour cela vous auriez pu inviter Me MOLINIE-VERDIE :), ze spécialiste ès-rétablissement des finances publiques !
l'Etat a pour objectif de diminuer le déficit, voire d'en finir avec la Sécurité Sociale, le b-a-ba pourtant de la solidarité à la française : les cotisations des bien-portants paient pour ceux qui n'ont pas la chance d'être en bonne santé !

mais il faut bien soigner les gens, alors on a créé des financements tels l'APA pour favoriser les emplois dits de services (ils allaient même régler les problèmes de chômage qu'ils disaient !) ; personnels qui vont remplacer les infirmières et aide-soignants et libérer ainsi le budget de la sécu de ces "charges" là !

manque de bol, le gouvernement se rend compte que ces aides lui coutent au final bien trop cher : http://www.guide-maison-retraite.com/actualite_1024_reforme-dependance-2011.html
et essaie de s'en débarrasser en les fourguant aux collectivités : budget de l'Etat libéré, les collectivités locales sont obligées d'augmenter les impôts pour budgéter le tout !!

les collectivités locales rechignent, on essaie de trouver à droite ou à gauche qui pourra bien payer la solidarité ; résultat : les salaires des auxiliaires de vie restent une aumône et il y a de quoi pour elles, aller à reculons dans leur job vu qu'elles ne sont pas respectées financièrement, dommage !
on ne finance plus ces sociétés, donc il y a de moins en moins de personnels pour l'aide à domicile !
les infirmiers et aide-soignants sont OUT de ce système depuis longtemps vu que la Sécu fait tout pour qu'à terme elle n'ait plus à rembourser les soins d’hygiène !

résultat : c'est la personne elle-même qui va financer son aide à domicile en cédant son bien patrimonial !! il ne reste plus que ça parce que s'il faut ponctionner leur minable retraite ou allocations handicapés de 800 à 900 euros par mois, c'est le retour à l'hospice Saint-Vincent de Paul qui se profile pour tous les dépendants, et dans un très proche avenir !

voilà la nouvelle solidarité sarkozyste : chacun sa merde !!
Bravo pour cette enquête fouillée sur un sujet (et un cas) que je ne m'attendais pas à voir ainsi propulsé sur le devant de la scène !
J'ai vu l'interview de Louis van Proosdij Duport au Magazine de la Santé, et, si je me souviens bien, il a vite parlé de son rôle de porte-voix, relayant les plaintes de nombreux handicapés, exprimées sur son blog, notamment.

Après lecture du message d'Anthropia, ci-dessus, et d'après les nombreux reportages que j'ai pu voir au Magazine de la Santé, il me semble cependant difficile de dissocier complètement carences budgétaires et problèmes managériaux : dans le domaine de l'assistance aux personnes handicapées, ces aspects sont très étroitement liés.
Je suis étonnée de ce que je lis. Pour intervenir souvent dans ce secteur, je voudrais dire :
1. que la procédure d'évaluation des besoins obligatoire en ce qui concerne le travail à domicile pour les personnes âgées et en situation de handicap promet au bénéficiaire une écoute de ses besoins, un respect de ses desiderata en matière d'horaire et de tâches à faire. Ce sont des obligations législatives et réglementaires (loi 2002-2, cahier des charges de l'agrément qualité)
2. S'agissant du management, les professionnelles diplômées d'Etat (DEAVS) connaissent leur rôle et en général respectent celui-ci : arrivée à l'heure, toilette adaptée aux besoins du bénéficiaire
3. Il existe des équipements pour aider la professionnelle à ne pas se déglinguer le dos : lève-personne, etc... et des techniques pour mettre une personne en situation de handicap dans son fauteuil, pour l'amener dans la salle de bain et pour lui faire sa douche sur une chaise.

Si réellement deux personnes sont mises en place pour faire la douche, cela double le temps, donc on pourrait faire ça avec une personne et des équipements ou deux personnes aidant à prendre la douche. Quand je rencontre le refus des intervenants devant ce genre de tâches, c'est parce qu'il y a des complications, des chambres et des salles de bain pas équipées, des personnes en surpoids (ce qui n'est pas le cas de ce monsieur), ...

Je pense qu'il y a une mauvaise ambiance dans cette association et que les salariées font payer aux bénéficiaires leur raz-le-bol : il serait intéressant de savoir si la structure les paient correctement en accord avec la convention collective de 83 et des accords BAD, si on leur paie les intervacations (temps entre interventions), si elles ont des réunions, un soutien psy, bref si le management fait son boulot pour que ces salariées soient épaulées, si on monte des dossiers de demande d'équipements pour les usagers, etc.

Et si on a mis deux personnes au lieu d'une, il faudrait savoir si on a la même prise en charge en termes d'horaires globaux, parce que ce que je constate sur le terrain, c'est que les budgets des conseils généraux diminuent, pour la même personne on fait des prestations d'une heure au lieu de deux/jour par exemple, et ça parce que le gouvernement n'a pas respecté les accords budgétaires avec les conseils généraux (et pas seulement sur la PCH), que le nombre de bénéficiaires augmente sans qu'il en soit tenu compte dans les aides de l'Etat, et que les CG dans ces conditions font à budgets constants avec davantage de monde à aider.

http://anthropia.blogg.org
Ce cas n'est pas emblématique de la condition des handicapés de France, il est plutôt symptomatique d'une certaine logique sociale qui s'exerce d'autant plus durement qu'elle touche des personnes considérées comme faibles ou sans défense.
J'ai trouvé que le papier suivant décortiquait intelligemment cette logique : http://www.atoute.org/n/article211.html
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