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Commentaires

Comment Bern n'a pas outé Henri III

Plus de cinq siècles plus tard, il est temps de tordre le cou à une injustice, et Stéphane Bern s'y emploie sur France 2 :

Derniers commentaires

Pour moi, ce Secret d'Histoire a été particulièrement réussi, car s'éloignant des histoires d'alcôves il a brossé le portrait d'un roi d'une époque très troublée avec des intervenants de très grande qualité qui ont su présenter au grand public la quintessance de leurs connaissances très pointues sur le sujet. Tout était parfait, rien à redire!!!
Bonjour,
Franchement, il n'y avait vraiment pas d'autres sujets ? Tout le monde s'en contrefiche des mœurs sexuelles d'Henri III ! Il y avait, à mon avis, un jeu de mot avec "mignon" qui peut signifier à la fois efféminé, voire, homosexuel et gentil garçon. Le reportage montre qu'Henri III n'était pas si gentil que cela et qu'il pouvait réagir de mâle façon face à ses ennemis.
De toute façon, mignon ou pas, c'est la Darone qui est LE personnage important de l'époque, pas cet énième rejeton qui lui doit son raffinement, entre autres.
Il y a eu des articles (au sens "publication scientifique") sur Henri III à propos de l'image d'homosexuel que ses ennemis ont colporté après sa mort.

La question c'est pourquoi Stephane Bern a pris la place d'Alain Decaux (sans même aller jusqu'à Henri Guillemin - ne rêvons pas). Qui a décrété que le téléspectateur ne voulait entendre parler que de bluettes fleurdelisées, d'anecdotes gnangnans en empoudrées ?
N'empêche qu'Henri III est le plus audacieux compromis entre Henri II et Henri IV.
N'oublions pas que Bern avait outé Geoffroy Didier de manière inattendue et en présence de l'intéressé, ce qui était quand même plus risqué et plus croustillant, non ? (La flemme de chercher un lien pareil, mais tout journaliste non-amnésique devrait savoir de quoi je parle.)
Il a réduit les ligueurs catholiques et permis Henri iV et tout le reste, un ferment qui finit par aboutir à la séparation des Eglises et de l'état.

L'intérêt de l4etat avant l'intérêt de la catholicité : Sans Henri III la France moderne n'eut pas été possible.

Un très grand roi
Du moment qu'il n'était pas banquier d'affaire !
La bonne question à (se) poser, que Bern oublie, mais, surtout, que dans sa livraison matutinale, DS omet de relever, est celle des déterminismes sociaux et de la place/rôle d'Henri III, comme acteur, dans les interactions aussi fortes que souterraines qui ont animé la malheureuse "Guerre des trois Henri".
En d'autres termes, la question est bien de savoir si le Duc de Guise n'a pas été assassiné, lors d'un assaut maudit, finalement, parce qu'Henri de Navarre, le futur Henri IV ne pouvait prendre ses fameuses tartines d'aïgo boulido sur les terrasses Liguardes du Marais. Cette exclusion sociale, ostracisante, se serait alors trouvée en comme-union avec l'ostracisme vécu par Henri III, lui-même victime des lazzis homophobes des Liguards, manipulés par un De Guise, tout acquis à la cause des oligarques de Rome.
Bien sûr, de cela personne ne parle, ni même @si, dont nous autres Abonnés, attendons qu'il soit non seulement le critique des médias, mais aussi le Média de la Critique. Surtout en terrasse.

Une contrepèterie s'est cachée dans ce com'. Sauras-tu la retrouver? Et la colorier?

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et fi de Henri III ! aujourd’hui nous mangerons de la tête de veau pour commémorer un fameux 21 janvier. Puisse-t-il s'en produire d'autres, même symboliques, et que vive le peuple.
Bonjour
Nos concitoyens aiment les histoires royales, ils peuvent ainsi s'espérer à la cour de notre roi actuel ou comprendre ses édits de monarque.
Bern, faux historien, prude et bien pensant envahit la Deux et RTL chaque jour pour des émissions "légères" et se rattrape avec "Secret d' Histoire " que je ne regarde plus. J'ai vu la conclusion hier soir. Vérité historique tronquée...
Qui connaît encore Henri III? Parmi les télespectateurs de Bern, dont je ne suis pas, qui sat encore qu'il était taxé par ses ennemis de s'adonner aux plaisirs qu'on disait alors sodomites (terme plus approprié que gay, anachroniques pour l'époque). Qui a un souvenir de ce roi? Le succès des émissions de Bern s'explique me semble-t-il par une demande de récit historique traditionnel, tel que l'enseignait l'école de la IIIème république, et qui inscrivait les rois dans le roman national des "rois qui ont fait la France", pour reprendre le titre d'une célèbre collection. Ctte histoire traditionnelle pouvait avoir tous les défauts du monde, elle n'en donnait pas moins un récit ordonné, et des connaissances factuelles partagées par toute une génération. Ces récits ont été abandonnés, à l'université et c'est heureux, qui s'amuse à déconstruire les récits, à en élaborer d'autres etc... mais également à l'école, où on sait ce dont on ne veut plus (faire des élèves des soldats prêts à mourir pour leur patrie comme disait Lavisse au XIXème siècle) mais où on n'a pas su définir, ou pas voulu, quelle mission on donnait à l'enseignement de l'histoire. Du coup, les repères classiques, la culture traditionnelle transmise par l'école aux générations ayant été formés jusqu'aux années 1970 n'existe plus. Or il y a une demande de récit qui va de pair avec une demande de faire communauté, et cette demande n'étant plus portée par l'école, Bern y répond, mais avec une idéologie royaliste dont on peut s'étonner qu'elle soit la seule diffusée par le service public. Du coup, il ne fait pas l'histoire de la mémoire d'Henri III, de la légende noire construite a posteriori, car plus personne n'a cette mémoire. Il fait le récit du règne d'Henri III, de manière traditionnelle, sans entrer dans les éléments qui ont servi alors à construire sa légende noire, et dont l'homosexualité putative a été un élément central. Récit montrant qu'il a été un grand roi, ça tombe bien, Bern veut diffuser une image positive du fait monarchique. Il faudrait aussi interroger cette porte ouverte à la gloriole monarchique sur le service public encore plus que le silence la légende noire: pourquoi les émissions historiques du service public, qui répondent à une demande, ne sont-elles centrées que sur les "grands hommes", l'appareil d'Etat, et les grands rois. Bref pourquoi cette porte ouverte aux "historiens de garde", qui peuvent d'autant plus avancer leur pion qu'une inculture historique généralisée est diffusée par une école ne sachant plus trop institutionnellement ce qu'elle a à enseigner.
Oui, l'histoire à la manière de Stéphane Bern n'est plus enseigné.

L'émission s'appuie principalement sur que les plus de 50 ans ont connu et appris et ce que les autres n'apprenent quasiment plus ou alors plus du tout de la même façon.
Si France 2 faisait réellement de l'"historiographie" (discipline que je découvre, et qui semble sérieuse selon vos remarques) je pense que cela se saurait et vous, DS, n'auriez pas besoin de faire les faux-vrai et vrai-faux naïfs sur la façon dont la télé aborde des sujets qui seraient potentiellement intéressants.
Au fond qu'attendiez-vous DS en vous collant devant l'écran ?
Les " ceusses " qui croient que ces émissions sont de " l' Histoire " se font berner ...
Les pures de Bern
Grand merci !
"Il faudrait aussi interroger cette porte ouverte à la gloriole monarchique sur le service public "

Le truc c'est qu'il y a tromperie sur la marchandise, c'est pas une télé de service public, c'est une télé d'état. Ce qui est pas loin d'être le contraire.

Une télé de service public diffuserait les conférences gesticulées de la scop Le Pavé, organiserait des débats sur le changement de république, quelle différence entre M6R et Chouard, comment y arriver, peut-on encore espérer un changement par la voie des urnes, ou faut-il envisager un coup d'état, …

Une télé d'état fait en sorte qu'il ne vous vienne jamais à l'idée de prendre le pouvoir.
Ce qui est drôle c'est qu'on puisse y penser en voyant Bern, alors qu'il n'est qu'une épice dans la soupe servie pour la fabrique de servitude !
Noam Chomsky, sors de ce corps !
Après, Henri III est plutôt une figure "historiquement" travaillée (les travaux de Philippe Erlanger, dans les années 1960 notamment...), mais aussi "symboliquement" (tous les romans de A. Dumas qui mettent en avant le souverain "éclairé", qui essaie de placer l'intérêt général du royaume au-dessus du sien propre...
" on n'a pas su définir, ou pas voulu, quelle mission on donnait à l'enseignement de l'histoire. "

Tout à fait d'accord.
Enseigner une histoire nationale tout en ayant pour projet de former des citoyens européens est tout simplement absolument impossible.

Ceux qui ont plus de 50 ans ont certainement appris "les grandes invasions", non ?
Faut les appeler comment, si on est Européens ? ( ne cherchez pas, la réponse est " les grandes migrations").

Et je me suis contentée d'exemples fort lointains, pour ne pas mettre le feu au forum.
Vous avez lancé la boule à trous, si elle s'enfile sur la tige, ce fil dépassera la vingtaine de posts.
Sinon, allez vous faire foutre.

* merci quand même de fournir cette chronique déconcertante
...comprendre comment se crée, et dans quel but, une vraie-fausse vérité historique, mesurer comment se perpétuent tabous et non-dits...
Très important en effet. A appliquer à toutes les époques.
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