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"Ceux qui se suicident sont les plus investis dans leur travail"

Les conditions de travail sont-elles si dures dans les entreprises qu'elles poussent les employés au suicide ? Cette question fait régulièrement son apparition dans des articles ou des reportages. Pourtant, en l'absence de statistiques irréfutables, la machine médiatique semble hésiter à s'emparer de ce type d'affaire, comme si elle doutait. Comment savoir si les médias en font trop, ou trop peu?

Derniers commentaires

sourire cynique de la direction chez -20110205-[faits-divers]]Disney
Je remercie tout spécialement Jovan pour son témoignage de pigeon voyageur, témoignage qui date déjà du mois de mai dernier.
Le reste me laisse sans voix......!! Ces fonctionnements où c'est "largent qui travaille" au détriment de l'humain me font froid dans le dos.
Qui réagira avant que le ciel ne nous tombe sur la tête?
pour se défouler un peu
http://onsefechier-anatic6.blogspot.com/
très bonne émission sur le sujet ce soir au téléphone sonne sur france inter à écouter !
Je reviens sur le titre du dossier contenant ces divers sujets : "Mourir au travail ?" ... ou "Mourir du travail ?" ? Tant de gens se suicident ailleurs que sur leur lieu de travail, à cause cependant de leur travail.

Mais qui en parle ?
Bonjour,

autres entreprises ...mais même méthodes qui conduisent au suicide dans les banques

http://www.youtube.com/watch?v=8DxiavWkEV0


Edifiant. Il s'est suicidé dans son agence où il travaillait ...
Suite à impromptu en Pologne, je peux enfin regarder ce sujet après deux semaines d'absence.


Sans doute une des meilleures émissions depuis la naissance du site. On parle calmement (hormis quelques coupures deci-delà), on traite d'un sujet grave, on a invité des gens prudents avec un point de vue intéressant.


Sinon concernant les conditions de travail, je ne peux pas en parler vu que je n'ai encore jamais intégré d'entreprise joyeusement néolibérale (d'ailleurs ce n'est pas dans mes projets prochainement). Toutefois, un ouvrage des plus intéressants propose un point de vue de la question assez large, à la fois historique, social et conceptuel : La Nouvelle Raison du Monde.



La troisième partie de l'ouvrage est des plus intéressantes : tentative d'explication du modèle disciplinaire néolibéral, influence sur le salarié par divers dispositifs, certes. Mais aussi construction politique, redéfinition du modèle social, création et diffusion d'une idéologie qui s'ancre dans la psychologie même des agents de la société. Concrètement, l'enjeu d'une société néolibérale est la mise en concurrence générale de tous à toutes les échelles au profit d'une minorité. Chaque individu doit se mettre à penser uniquement de manière individuelle avec pour seul et unique but la maximisation de ses profits, d'où la disparition au fur et à mesure d'une certaine conception de la solidarité qui avait permis aux syndicats de naître, pour voir finalement apparaître une nouvelle normalisation rationnelle de la société d'un point de vue d'économique marchande.


Bon je n'ai pas la prétention de résumer le livre, il est très dense et j'ai encore besoin de le digérer. toutefois, si l'ouvrage vous intéresse, voici une série d'entretiens à son sujet avec ses auteurs :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Entretien+avec+Pierre+Dardot+et+Christian+Laval?hmz=736561726368686561646572



Bon visionnage à tous.
bravo pour votre émission qui vaut toutes les séances de psychanalyse du monde pour les gens qui se sentent dévalorisées , coupables
ou isolés ds leur environnement professionnel.



dommage que cette émission ne passe pas sur une chaine publique un soir à 20h30

peut etre que les comités d entreprise ( ou les chsct) pourraient également la diffuser ds toutes les entreprises .ce serait l'occasion de montrer
qu'un ce n'est pas uniquement une agence de voyages .
Très bon plateau, et donc une émission de grande qualité.
Bonsoir.
J'ai apprécié cette émission dont le thème m'intéresse beaucoup en tant qu ' élu au comité CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail) de mon entreprise (industrielle de 3000 personnels) nous sommes confrontés actuellement à une tentative de suicide avérée dont l'origine semble être (je dis bien semble être) l'environnement professionnel.
J'écris pour dire qu'il aurait été important d'inviter à votre émission un secrétaire de cette instance.
Quand il s'avère qu'il y a des risques psychosociaux, le comité CHSCT, seule instance dans le domaine, reconnue par le Code du travail, peut se saisir de l'affaire et exiger par vote en séance plénière, une enquête par un organisme indépendant et homologué par le Ministère du Travail. La Direction n'a pas le droit de refuser. (Elle peut cependant la contester: c'est ce qui a été notre cas mais elle a fini par céder). Cette enquête réalisée et présentée au comité CHSCT comporte des préconisations pour améliorer l'organisation du travail et ainsi la santé morale des personnels.
Pour les non-initiés,(le comité CHSCT est composé d'un président, représentant le Directeur, d'un secrétaire et d'élus représentants les personnels, avec, invités, le Médecin du Travail, l'inspecteur du travail, un représentant de la CRAM)
Si la Direction ne prend aucune mesure et que survient une tentative de suicide (je ne vais pas à l'extrème) dont il est prouvé que la cause avait été identifiée par l'enquête, alors là, l'affaire peut prendre une toute autre tournure et notamment devant la justice. Le Directeur ou le patron devient pénalement responsable. En général, les directions craignent plus que tout ce scénario.
Et pour éviter d'en arriver là, ils créent l'observatoire. Sans vouloir porter un jugement sur leur rôle, force est de constater que ceux-ci font généralement le jeu des directions d'entreprises car ils n'ont aucune existence légale au sens du Code du travail contrairement au CHSCT et donc aucun pouvoir. Elles (les directions) peuvent ainsi faire diversion. Il aurait fallu que la personne, par ailleurs de qualité et représentant cet observatoire,explique un peu plus son mécanisme de fonctionnement, mais le peu que j'en ai entendu, me laisse sceptique quant à son efficacité.

C'est la raison pour laquelle je suis sorti un peu frustré de cette émission.

Contrairement à ce que j'ai lu dans le forum, j'ai apprécié les interventions de la journaliste; elles ont assez bien montré, à mon sens, la souffrance mentale qui règne à l'heure actuelle dans bon nombre d'entreprises. J'ai entendu OPP (Objectif Professionnel Personnalisé), EAA (Entretien Annuel d'Appréciation) qui peuvent être très destructeurs pour le N-1 comme on dit. J'ai de nombreuses années d'élu au Comité d'Etablissement, au CHSCT, comme délégué du Personnel, et je pourrais vous en raconter des tonnes sur les relations en entreprise.
Désolé pour la longueur de cette intervention.
Le capitalisme du XIXe siècle et de la première moitié du XXe était un concentrateur social. Même si par son idéologie et par ses lois il cherchait à empêcher l'action collective, son mode de production fabriquait des collectifs de travail et engendrait de la solidarité.
Le capitalisme d'aujourd'hui est un redoutable atomiseur, ce qu'a très bien rappelé Danièle Linhart. Il transforme deux évolutions, en soi positives, la mondialisation (un seul monde, le rêve de Marx) et les Technologies de la communication (qui devraient permettre à la cuisinière de donner son avis et de faire de la politique, le rêve de Lénine), deux belles évolutions donc, en véritable cauchemar.
Un monde qui synthétise 1984 d'Orwel (Big Brother) avec le Meilleur des mondes d'Huxley (la programmation génétique des individus) et peut-être demain celui de Jack Gordon et l'éternité de Spinrad (la vie éternelle pour une poignée de privilégiés).
Bref, un monde où le contrôle social est total parce que la solidarité de classe n'est plus un sentiment partagé que par quelques puissants.
Presque total : il reste dans quelques endroits reculés, tapis dans les bois, quelques hommes-livre qui apprennent par cœur ces œuvres vouées à l'autodafé, ces livres qui témoignent qu'un autre monde est possible. L'un se nomme La Princesse de Clèves, l'autre Le Droit à la Presse. On peut même y croiser deux jumeaux,Guerre et Paix tome 1 et tome 2...
Dans mon école de commerce, quelques séances d'un cours consacré à la psychologie adaptée au management traitaient des suicides au travail. Je vais essayer de vous restituer ce qu'on nous apprenait à ce sujet.

Mes souvenirs sont un peu embrumés mais on expliquait le phénomène de "burn out" des cadres, qui entraine dépressions et suicides, par un nouveau mode de management : le management par l'imaginaire.

Pendant longtemps, on a géré les équipes en suivant exclusivement le principe suivant : si tu travailles bien, bon point (rétribution type salaire, conditions de travail...) ; si tu travailles mal, mauvais point. Depuis quelques années, pour mobiliser les troupes, un autre vecteur de motivation est apparu : l'imaginaire donc. Au lieu de placer l'employé dans un environnement qui valorise la performance au travail, les entreprises cherchent aujourd'hui à faire intérioriser aux employés l'idée selon laquelle être performant au travail est une bonne chose.

Plusieurs choses faciles pour cela :
- Faire en sorte que le travail prenne énormément de place dans la vie du sujet : "je n'ai que mon travail dans ma vie; pour réussir ma vie, je dois être performant au travail"==> Grosse charge de travail, horaires à rallonge, vacances et week ends en entreprise, etc.
- Forcer l'employé à s'imposer lui même sa charge de travail. Faire comme si on lui laissait le choix. (Une manipulation, peu importe le contexte, fonctionne infiniment mieux si le sujet a l'impression d'être libre dans ses choix.) Typiquement, demander le vendredi soir à l'employé de faire avancer tel dossier "s'il peut" en insistant sur le fait que "ça serait génial mais si tu peux pas je comprends". Quand l'employé décide, de lui-même, de bosser le week end, c'est gagné.
- Mythes, leader charismatiques et autres peuvent aider.


Jusqu'au jour où l'employé en question ne peut plus suivre la cadence qu'il s'est imposée. Alors fatalement, au travail, ça va moins bien. Avant, quand ça allait moins bien au travail, on ne décevait que son patron. Embêtant, mais vivable. Aujourd'hui, on se déçoit. Et comme on s'est construit autour du travail, comme on a intériorisé le fait que la performance au travail, c'est un bon moyen de réussir sa vie, et bien on a l'impression d'avoir raté sa vie. burn out.

Un cours un peu curieux, où on nous disait 2 choses à la fois : voila comment bien motiver des employés et voila ce contre quoi vous devez vous protéger.

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Bravo, cette émission est passionnante ! Le débat s'est assez vite éloigné de la critique des médias et pour une fois tant mieux, le sujet de la souffrance au travail est bien plus intéressant que le traitement qu'en font les médias. Les interventions de la sociologue du travail étaient très instructives. Merci à Vian's pour le lien avec la conférence de Christophe Dejours.
Entendu ce matin à Fce Info: un amendement déposé par F.Lefevre a été rejeté en commission, mais pourrait être encore discuté.
Ce nouveau DROIT (sic) devait permettre aux salariés de travailler à domicile pendant leurs arrêts-maladies afin (je cite Lefevre de mémoire) de "sécuriser leur emploi car chacun sait qu'au retour d'un arrêt long ou d'un arrêt-maternité, le salarié ne retrouve pas toujours toutes ses missions ou s'aperçoit qu'une prtie a été prise en charge par des collègues."
Même sur le suicide, faut faire du business, le lien vers l'émission, posté hier, a donc été gracieusement censuré dans la journée!! Bravo, quel tact, quel empathie!!

Au passage, on notera le formidable travail du webmaster d'ASI, qui présente donc la vidéo en deux tailles sur le site... provenant du même lien, sans différence de compression, juste pour répondre à minima aux désirs des abonnés!

ASI est loin dans les actes de traduire ses beaux discours et ses belles leçons qu'il donne donne aux autres!
Pour ceux que cela intéresse... Une pétition est à signer en ligne, pour faire inscrire une charte du service public dans la Constitution, initiée par Michel Vauzelle, Président de la Région PACA, député à l'Assemblée Nationale et ancien Garde des Sceaux.

Cette pétition, si elle atteint + 10 % du corps électoral, obligera le gouvernement à procéder à un référendum national (conformément aux
textes de la Constitution), soit 4, 4 millions de signatures !

Pour rappel, il y avait près de 3 millions de personnes dans la rue en mars...

La voici :


La Charte des services publics

Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution

« Le peuple français, considérant :

Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;

Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l'homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de
la République ;

Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d'égalité et de fraternité ;

Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l'existence des services
publics ;

Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d'égalité d'accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l'ensemble du territoire national ;

Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l'égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous
les individus, en ce qui concerne l'accès à l'éducation, à la formation et à l'enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité
sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible
avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l'économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l'information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l'ensemble du
territoire national par des transports fiables et accessibles, à l'accès à l'eau et à l'énergie, à un aménagement responsable et durable des
territoires et de l'environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l'accès aux pratiques sportives ;

Proclame :

Art. 1er -- Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.

Art. 2 -- Toute personne a le droit d'avoir accès aux services publics.

Art. 3 -- Il revient à l'Etat d'assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l'hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d'assurer à ces dernières les ressources correspondant à l'exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.

Art. 4 -- Les principes essentiels des services publics reposent sur l'égal accès de tous les citoyens, l'égal accès sur l'ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.

Art. 5 -- La République française reconnaît et garantit les services publics de l'éducation nationale, de la formation, et de l'enseignement
supérieur et de la recherche, de la santé et de l'hôpital, de la sécurité sociale, de l'emploi, de l'accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l'information et de l'accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l'aménagement des territoires, de l'eau et de l'énergie, de la protection de l'environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives..

Art. 6 -- Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.

Art. 7 -- La France s'inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne. »


Vous pouvez aller voir et signer, là :

http://www.referendum-servicespublics.com/charte.html
Ceux qui se suicident sont des gens poussés à bout, aussi ceux qui sont déjà en traitement d'anti-dépresseurs (ça n'empêche rien pour peu qu'une "crise" soit plus forte qu'une autre, même entre 2 RDV chez le psychiâtre) que ce soit à cause du travail ou dans la vie privée . Pour peu que les 2 environnements de stress soient réunis, le geste est quasi inévitable ...
A quand une émission des répercutions de l'alcoolisme sur les très proches du malade alcoolique (conjoint, parent, enfant...) ?
De ça non plus, on n'en parle pas ... et pourtant ... des associations de familles perturbées existent ... prêtes à en parler : de la dépression au suicide, ou au mieux divorce, séparation ... ou ré-apprentissage de la vie avec ou sans le malade quand même aimé ! Des anciens malades (devenus abstinents) en parlent aussi avec courage . Je suis une épouse très affectée ... comme tant d'autres, je pense que justement, des journalistes pourraient nous aider à "briser" ce "tabou", et je compte aussi sur vous . J'aime mon mari alcoolique mais je viens de partir grâce à qq. sous de côté, pour éviter de me suicider à nouveau ou de le tuer, lui ! Comment font ceux ou celles qui ne peuvent pas financièrement, ou pour qui l'éducation, la culture les en empêchent ?
.... et quand je dis alcool, c'est parce que c'est la drogue en vente libre la plus populaire, celle qui touche tout le monde, et qui ne se voit pas forcément, dont on ne parle que des dégâts causés sur la route, ou du nouveau fléau sur les jeunes qui se "cassent" (à qui sera le 1°) le week end .
D'en parler ouvertement, sans jugement, (moi, j'apprends !) aiderait beaucoup de gens à sortir de cet enfer du quotidien (leur déni, entre autre) d'où comportements insensés, voire incontrôlables . Financièrement, il n'y a rien à y gagner, mais humainement ... c'est d'une utilité publique ! Faut se battre contre la culture, parfois !
Cordialement, et merci de me lire
Guylaine Merhan guylainedominique.merhan@orange.fr
Je conseille à ceux qui ne l'auraient pas encore vu, cet excellent film que j'ai visionné récemment "violence des échanges en milieu tempéré".
Et puis (suite logique ?), ceux du vieux pote de DS ;) "attention danger travail" et "volem rien foutre al païs".
J'ai ecoute avec beaucoup d'interet les intervenants de votre debat, notamment le discours qui est tenu en fin d'emission. Il y est question des conditions de travail qui, dans le management moderne, deviennent physiquement mais surtout psychologiquement de plus en plus difficiles a vivre.
Tout en denoncant l'emotion recherchee par les medias et qui focalise l'attention sur les suicides plutot que sur les conditions de travail de notre "epoque moderne", votre emission est tombee dans ce meme travers: se focaliser sur les suicides. Il serait tres interessant que vous fassiez un jour une emission sur le management moderne et sur ses sources, en mettant l'accent peut-etre sur son impact programme en ce qui concerne les services publics. Que ce soit les hopitaux, les ecoles, les universites ou la recherche, tous sont concernes par la "gestionnarisation", la mise en concurrence des individus, la rentabilite, l'evaluation permanente et l'etat d'esprit client-service qui y fleurissent depuis plusieurs annees. Et il serait utile qu'un jour l'on s'interroge sur l'origine de tout cela. Qui decide que cela doit etre ainsi? Comment se fait la construction europeenne actuellement? La marchandisation de tout n'a-t-elle pas pour corrollaire les conditions de travail modernes ou chaque individu est soumis continuellement a un stress psychologique qui lui commande de ne jamais se fixer, de ne jamais se sentir a l'aise, de ne jamais se sentir un element important et stable de son entreprise, qu'elle soit privee ou publique?
Vos emissions apportent beaucoup d'eclairages que l'on ne trouve que trop rarement dans les autres medias, notamment hors internet. Elles gagneraient encore a se demarquer des coups de projecteurs venus de l'actualite et a se mettre en selle plus souvent sur des debats de societe fondamentaux, quitte a devoir se politiser un peu lors des debats entre intervenants. Des choix de societe sont en train de se faire... Vous pouvez nous aider, nous les citoyens, qui avons encore un peu notre mot a dire.
Infirmier depuis 10 ans dans la fonction publique hospitalière, je suis non syndiqué mais assez "fort en gueule" lorsqu'on me cherche. Je suis nomalement convoqué par mon M+1 (de la même façon qu'à FT) tous les ans pour mon entretien personnel de notation, fixer mes objectifs de l'année et argumenter sur cette notation.
Ai trouvé la solution pour ne pas stresser : JE REFUSE D'Y PARTICIPER ! Je signale donc à mon cadre que je ne viendrai pas à l'entretien, que je signe sa feuille de notation avec la note qu'elle veut mettre sans problème. Résultat : suis payé comme les autres, aucune incidence et je le vis bien (elle moins), pendant que certains de mes petits camarades courrent. Je précise tout de même que j'essaie d'être irréprochable dans mon travail, que le jour où cette cadre me descend parce que ma tête et cette méthode ne lui reviennent pas, faudra qu'elle argumente.

8 ans dans le même service, 7ème cadre !

Stéphane.
deux mots concernant ce que DS dit à la fin de l'émission sur le fait que les protocoles managériaux mis en place seraient "contre-productifs" (avec les arrêts de travail, les suicides, etc.).
On a ici un bel exemple de ce qu'on appelle l'externalisation. L'entreprise ne prend en compte que ce qui lui coûte. Or tous les frais liés au stress (frais pour la sécu), aux suicides (--> ça fait des frais pour les assurances, par exemple) sont externalisés. L'Entreprise ne les prend donc pas en compte.
C'est exactement la même chose que pour les pollueurs. Ils continuent de polluer... jusqu'à qu'on les touche au tiroir-caisse. S'il est rentable de continuer à polluer, ils pollueront.

En conséquence, si étaient mis en place des protocoles qui définiraient dans quelle mesure un stress ressenti était dû au travail (on peut différencier les suicides "pur travail" des autres suicides, apparemment; j'imagine que l'on peut trouver des critères plus ou moins objectifs pour le stress "pur travail"), et qu'on faisait ensuite payer à l'entreprise qui emploie les frais qui en découlent, il ne serait plus rentable de "secouer le cocotier".
non?
je comprends très bien qu'on en vienne à se suicider à cause de son travail. Le suicide m'a traversé l'esprit et pourtant ma vie personnelle était heureuse. J'ai eu un désaccord important, du point de vue moral, avec mon supérieur. Cela m'a miné : je trouvais que mon travail perdait toute utilité.
J'ai tout de suite reconnu les symptômes de la dépression et j'ai consulté un médecin qui m'a prescrit des médicaments (notamment pour ne plus faire de cauchemars "professionnels"). Quand on est en dépression, les choses heureuses de notre vie tendent à s'effacer, à pâlir et c'est ce qui rend la chose incompréhensible pour l'entourage qui n'a pas fait l'expérience d'une telle maladie. Je trouve que les psy devraient donner leur point de vue sur ce type de dépression pour qu'on ne dédouane pas trop facilement les entreprises. L'idée est trop répandue qu'il n'est pas possible de se suicider uniquement à cause du travail et que la vie personnelle a forcément à voir là dedans. Je pense que non.
Lien qui ne fonctionne pas d'ailleurs... lié à une adresse IP unique sans doute. J'aurai du vérifier avant de faire le malin.. Je vous indique pas comment le trouver, je vais me faire taper sur les doigts sinon...
Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il suffit de deux clics tout juste pour la télécharger sous Safari...
(ou quand les nouvelles mesures de protection et de diffusion de Dailymotion sont totalement foireuses, puisqu'auparavant, on ne pouvait même pas récupérer la vidéo dans le cache de Safari, il fallait faire différemment, avec un autre navigateur. Aujourd'hui c'est super simple!!)
Message 1/5max du 24/05/09.

Je vous indique pas comment le trouver, je vais me faire taper sur les doigts sinon...

Vous allez surtout pousser Daniel au suicide, déjà qu'il parait qu'il s'investit beaucoup dans son travail...
Bon d'accord, cela serait raccord avec le sujet de cette émission, mais bon...

;) yG
[large]Concernant Besancenot "piégé" par le PS, voir en ligne le remarquable reportage de France 2 hier, samedi 23 mai (le 13 h 15 de Laurent Delahousse)... qui se met à faire du ASI...[/large]

http://13h15-le-samedi.france2.fr/index-fr.php?page=accueil&id_article=372

Où l'on s'aperçoit que le PS est tellement nul qu'au lieu d'être solidaire de la misère des ouvriers licenciés, il tape sur Besancenot pour grappiller quelques voix... Avec en première ligne la responsable de Com du PS, tout sourire... Ces gens là, tout comme Sarko, sont à vomir...

Elections, piège à cons.
Tout ça me fait penser à "l'openspace m'a tuer" un bouquin réaliste sur le néomanagement et le stress au travail.
Dans l'émission, Danièle Linhart fait référence aux travaux de Christophe Dejours.

On peut voir la vidéo d'une conférence qu'il a donnée assez récemment ici :

http://www.dailymotion.com/video/x82e0c_christophe-dejours-stress-au-travai_news
http://www.dailymotion.com/video/x82ef9_christophe-dejours-stress-au-travai_news

Il dit intelligemment des choses intelligentes, et en plus il est drôle !!!
Merci à Jovan pour son témoignage.
Qui me fait penser à parler de l'aide psychologique.
Il faut bien comprendre que lorsqu'elle est proposée par l'entreprise, le 'travail psy' qui y est fait consiste surtout à permettre à l'employé d'être écouté dans sa plainte, c'est important certes,
mais surtout à trouver des solutions d'adaptation dudit employé en termes de remise en cause de sa personnalité.
Comme le coaching, en somme.( je vous renvoie aux bouquins de R.Gori)Qui est au final un management de sa vie en termes de 'réussites' cadrée sur les valeurs du moment.
La psy d'entreprise sert * le plus souvent* à adapter les gens au monde et non à les accompagner dans un mieux-être épanouissement personnel et... non référencé à la demande du monde du travail.
Là aussi il s'agit de personnaliser le boulot et le ressenti, de façon qu'il n'y ait pas de remise en cause des conditions concrètes ou non (genre autocontrainte etc) par une bande d'employés.
Entendons nous bien: je ne dis pas que les psys sont forcément recrutés pour cela expressément (quoi que, ça doive arriver, que ce soit par conviction ou par intérêt, faut bien bouffer, hein) mais c'est ce qu'il se passe le plus souvent, notamment aprce que l'entreprise autour demande leur demande cela implicitement ou explicitement.
Ca renvoie aussi au pbme de la médecine du travail...
Il y a eu je ne sais plus quand, annoncé à grand coups de trompettes, un observatoire du mal être en entreprise institué par le gouvernement et blah et blah .. avec ensuite proposition de mettre des écoutes psys à dispo... le prez de cette commissionest un gars qui tient un cabinet de psy d'entreprise version coaching.
Ou comment piéger les gens, donc.
1 - Preambule
Je travaille pour un editeur de logiciel francais.
Je suis un consultant, et j'ai eu l'occasion de voyager enormement pour mon entreprise. Je vis actuellement a New York.
Je ne tiens absolument pas a critiquer mon entreprise, mais a temoigner de mon experience sur les conditions de travail dans differents pays afin d'apporter un eclairage international et culturel. Je ne parle qu'en mon nom.

2 - Paris, France
Je viens de l'industrie. Un bureau. Les open space, j'ai deja pris l'habitude. Mes premiers jours sont etranges, j'arrive dans un open space a l'ambiance feutre. Je m'assoie a un bureau libre, duquel on me degage gentilment... puis un deuxieme.... J'ai l'impressions d'etre au milieu d'une meute de loups dominant qui se battent pour leur territoire. Cette situation est acceptable, je suis consultant, je ne passerai pas mon temps dans ce bureau. Je changerai tout le temps en fonction des clients chez qui j'interviendrais. Je suis paye pour ca, je l'accepte. Je trouve un coin.
Au bout de quelques semaines, je suis assigne a un bureau chez un client. 3 personnes, un bureau ferme. Le pied. J'oublie ces premiers jours rapidement et me concentre sur mon travail. Je changerai de bureau 3 fois en deux ans a chaque fois suite a de nouvelles affectations. Rien d'anormal, a chaque fois des bureaux fermes. De temps en temps je repasse sur le lieu de l'entreprise, je trouve un bureau libre. Il y a un telephone, je n'ai besoin de rien d'autre pour travailler. Mes papier sont a mon bureau, je ne m'inquiete pas. A mon dernier bureau j'avais vu sur la Seine.

3 - Montreal, Canada
Les entretiens annuel d'evaluation de performance, je connais. Et comme il est explique dans le sujet, je negocie mon avenir dans la societe. Et mon avenir a moi n'est pas en France. Je veux partir voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Ca sera Montreal, je suis donc mute.

Montreal en hiver c'est terne. Peu de lumiere.

Premier jour. Le batiment est en longueur. Quelques bureaux sont sur le cote. Au mileiu d'une grande salle, un open space. Et ca grouille. En amerique du nord, j'etais prevenu, on travaille dans des "cubicle" qui permettent d'etre en open space mais d'avoir une certaine "privacy". La rien de tout ca. Des bureaux en L de 1m par 1m (pardons 3 pieds carres) separes par des pannaux fins et bas. Des papiers partout de la personne qui a occupe le bureau precedement. un telephone, une chaise. Un bruit incessant des gens au telephone qui crient, parlent fort. Il n'y a pas de lumiere naturelle. En France c'est interdit par les coventions collectives. Sans cesse plonges dans une luminosite agressive, entoures de bruit... Est-ce que j'ai fais le bon choix?
Lorsque beaucoup de consultants reviennent de chez le client, il n'y a pas assez de place. Il faut donc se lever tot. Ou reserver son bureau comme chez IBM... La solution la plus efficace est de mettre tellement le Bronx sur sa table que personne ne veuilles s'y assoir. C'est pour dire.

On me presente ma manager. Elle a la fonction de "gestionaire de ressource". En gros c'est elle qui fait en sorte que je suis facture chez le client. Pas une personne qui connaisse mon metier. Une secretaire promue parcequ'elle savait faire du reporting. C'est cette personne la qui me fixe des objectifs, qu'elle ne comprends pas elle meme. Que je ne peux pas negocier. En France, c'etait tout le contraire. On parlait, mon manager d'alors fixait ce qu'il pensait etre de bons objectifs, je negociais des ressources en echanges, j'en mettais d'autres... enfin bref, j'avais l'impression d'avoir la main sur ma carriere. La non. Est-ce que je suis toujours dans la meme entreprise? Pourtant oui.
Ne pouvant parler avec ma manager direct qui ne comprends pas les challenges auquels je suis confrontes dans mon travail, je parle avec mon N+2. Qui est base a Charlotte en Caroline du Nord. Qui voyage souvent. Qui est nouveau dans ses fonctions. Bref ce n'est pas l'ideal. J'ai travaille pendant 6 mois dans ces conditions. Il y a de bons cotes, en particulier un esprit d'entraide, une emulation certaine, mais le bruit empeche de se concentrer.

3 - New York, USA
Voulant reprendre la main sur mon avenir, je m'ouvre a certaines personnes dans l'entreprise et fini par changer de poste. Et je choisi de demenager a New York pour travailler de chez moi. Les relations manageriales se passent mieux. Travailler de chez soi n'est pas facile, mais c'est la regle aux US. Moins de couts fixes. En tant que consultants, nous sommes obliger de voyager souvent, donc un bureau vide ca coute de l'argent. Chex nous un bureau ne coute rien a l'entreprise. C'est meme tou benef, vu qu'on a des reductions d'impots. Mais fini l'emulation. Et vive les conferences telephoniques.
Mais l'economie change. Vite. Notre entreprise se porte pas trop mal ,mais est affecte en debut d'annee par une chute des commandes. Notre PDG annonce qu'il fera tout pour ne virer personne. Tout le monde est rassure, mais ca continue et on ressoit des emails qui sonnent pas bon. Il va falloir degraisser, tout le monde le sens. Un matin, tout le monde est covoque dans une conference telephonique. Il y a eu une re-organisation decidee le matin a 8h. On a revu les performances de tout le monde, les capacites a s'adapter a de nouveaux challenge et on a demande a certaines personnes de partir.
Les bruits courrent vite. Voila comment ca se passe aux US. Tu travaille de chez toi, tu te connecte et la tu n'as plus access a tes mails. Tu appelle le service informatique qui t'explique qu'il y a un petit probleme mais que ca sera resolu dans la journee. a 10h, tu recois un coup de telephone de ton manager et de ta "conseillere RH" qui te notifie ton licenciement. On t'envoie une boite dans laquelle tu mets ton PC portable ainsi que toutes les affaires qui appartienne a l'entreprise. A renvoyer rapidement. Et c'est fini. 10 min. a 13h on convoque tout le monde et on annonce la nouvelle.
Ce ne sont pas des licenciements economiques, mais des licenciement pour manque de performance. Tu as droit a rien.
Je suis passe a tarvers des mailles du filet, mais j'avoue que meme en connaissance de cause (je sais ou j'habite quand meme!) ca fiche un coup au moral.
Secouer le cocotier. C'est exactement la bonne expression. On nous dis que c'est normal, que pour maintenir la reactivite des employe IBM licencie 3 a 4% de ses effectifs dans le service par an (non verifie). C'est donc un evenement normal dans la vie d'une societe. Je note qu'aucun manager n'est licencie.

4 - Seoul, Coree du Sud
Petit flash back. Envoye a Seoul pour un projet j'ai eu l'occasion de voir un peu les differences... la bas, encore moins de place que moi a Montreal. Les gens s'entassent dans des salles de reunions, quand ils ne sont pas dans des lignes. Les lignes c'est des bureaux ou tout le monde travaille les uns a cote des autres sans auncun espace prive. Mais on a une place assigne. Au bout de la ligne il y a un Line manager qui surveille tous les faits et gestes des emplyes. Combien de temps il s'absente etc. Peut-eter etait-ce particulier de l'endroit ou j'etais, mais ce fu experience assez bizarre (ca et les toilette qui te projettent de l'eau :)).

5 - Et pendant ce temps la a Paris
Afin de conserver une image sociale que mon entreprise possede a juste titre, pas de licenciement. On se sert des legisaltion locale plus souples pour degazer a l'etranger.

6 - Conclusion
Je vis tous les jours l'americanisation des conditions de travail francaises. Tout ce qui fait peur dans le sujet, ben ca existe deja ici. Et comment c'est gere? C'est externalise. La plupart des entreprises americaines souscrivent a des service d'aide psychologique anonymises que ses salaries peuvent appeler a n'importe quel moment. Pendant qu'on nous anoncait la reorganisation, on nous a d'ailleurs plusieur fois conseille de faire appel a eux.
Un article dans Rue89 faisait d'ailleurs reference a la monte de ces entreprises en France.
Je ne suis pas malheureux dans mon boulot. Je ne crois pas que mon entreprise en particulier raisone de facon asociale, je n'ai que peu a lui reprocher, et je le garde pour moi. Mais ce temoignage est pour montrer que l'organisation asservi l'humain de plus en plus et surtout en temps de crise. Les differences culturelles entre pays tendent a s'effacer pour laiser place a une machine implacable pour faire du rendement. Ce que nous avons vecu dans les annees 80 avec les ouvriers, se passe maintenant a tous les echelons de l'organization (l'oppresseur n'est plus le patron, c'est le marche...).
A cote de ca, notre societe est de plus en plus resiliente. On accepte plus maintenant qu'il y a 50 ans. Moi pas moins ni plus que les autres.
J'accepte cette insecurite parceque j'en ai fais mon mode de vie et que la plus importante des choses pour moi ne se situe pas dans mon travail mais dans les gens que je rencontre. Quand des gens sont presses par l'orgnisation, oppresse par son poids, et qui ne trouvent pas d'alternatives a la demotivation dans leur travail, alors je ne peux que comprendre qu'ils envisagent de passer a l'acte.
Contribution de la fonction publique à l'activité du pays,

Aimablement suggéré par l'excellent Alain Korkos et extrait du sublime site de Robin Maltête...

On bosse fort

***
Ils ont un “Observatoire du Stress” chez France Télécom ?

Quel luxe ! Qui paie cela ?

Et chez @si vous en avez un ? Non ! Chez moi non plus… C’est chiant d’être pauvres !

Je dois dire que je suis assez révulsé par cette émission.

D’abord parce qu’une fois de plus elle ne répond pas à la vocation d’Arrêt sur Images : il est à peine question du traitement de ce sujet par lémédia…

Ensuite parce que tous les fondamentaux sont escamotés : qu’est-ce qu’un suicide, quelles sont les catégories parmi lesquelles se recrutent les vrais bataillons de partant pour des prairies plus vertes (ou pour le néant selon les options religieuses…)

Parce que nous faire consommer des Kleenex sur les 7 suicidés de France Télécom, soit 0,063% des suicides (environ 11.000) en France pour une entreprise qui emploie près de 200.000 personnes, soit 0,8% des salariés (qui sont environ 25.000.000 en France, faites le calcul tout seuls) c’est tout simplement indigne.

J’avais déjà écrit ICI, 3 jours avant l’émission tout le mal que je pense de cette vision étriquée et profondément égoïste sur le problème des suicides… Mais vous ne devez pas lire beaucoup les fora, pas plus que vous ne répondez aux rarissimes MP qui vous sont adressés, c’est dommage !

Entrons dans le vif du sujet : les conditions de travail sont-elles trop dures chez FT ? Quiconque les a fréquentés ne peut que s’étrangler de rire ! On se suicide aussi à l’ANPE, la fusion avec les ASSEDIC est trop déstabilisante… Ah ! Bon ! Et chez les chômeurs reçus comme des chiens par des fonctionnaires arrogants après des heures d’attente, en réponse à des convocations comminatoires, on ne se suicide pas 10 ou 100 fois plus ?

Mais qui en parle ? Pas vous en tout cas !

D’ailleurs, le suicide c’est quoi ? Pas un mot dans votre émission (c’est peu)…

C’est une impossibilité de vivre (particulièrement les heures qui viennent) et c’est toujours le signe d’un déficit de volonté, de courage, c’est dans tous les cas l’accumulation de problèmes qu’on se sent incapable de surmonter.

Sans parler des tentatives, généralement soigneusement avortées qui sont, elles, des appels au secours…

Sur le premier fil traitant de ce passionnant sujet on me dit que France Télécom est privatisé… C’est vrai à la bourse, mais il reste 75% de fonctionnaires, et c’est une catastrophe : l’état n’a rien à faire dans les télécommunication (à part réguler la concurrence et imposer des règles éthiques)

De plus comment justifier la cohabitation entre “l’aristocratie” des fonctionnaires (emploi garanti à vie et retraite en or massif de bonne heure) et les “esclaves” du privé qui font le même boulot dans des conditions merdiques, sans garanties et sans avantages ?

Vous n’en parlez pas et c’est dommage ! Parce que le vrai sujet est là…

Un suicide c’est toujours un drame, pour celui qui s’en va, perdu devant l’horreur du monde qu’il faudrait affronter – mais on ne sait plus comment faire - et pour ceux qu’il laisse derrière lui, vaguement coupables de n’avoir pas compris, de n’avoir pas su aider…

Était-il si urgent de se passionner pour les très rares suicides (si on excepte les problèmes familiaux il ne reste quasiment plus rien) dans la fonction publique alors que le phénomène ne cesse de s’aggraver parmi les vraies victimes de cette société infecte ? (11.000 morts ce n’est pas rien !)

Les catégories à plaindre ne sont pas celles-là, Daniel, très bien protégées par leur nombre, leur pouvoir de nuisance, leur connivence avec le pouvoir et leurs syndicats archi-revendicatifs…

Que dire de ceux qui ont besoin de leur permis de conduire pour survivre et se le font piquer par une administration aveugle (et ivre de son pouvoir) ?

Vous feriez mieux de vous interroger sur le sort (totalement occulté par lémédia) des dizaines de milliers de petits entrepreneurs qui déposent leur bilan et se retrouvent sans la moindre allocation face à des créanciers qui ne songent qu’à récupérer leurs prétendues créances (URSSAF en tête) quitte à pousser le malheureux au suicide…

Là, on ne parle plus de 7 suicides, mais de milliers !

Et même avec un solide mépris des chiffres on peut facilement se demander ce qui est plus important, d’autant que le black-out total sur ce sujet mérite des investigations, non ?

Peut-être n’auriez-vous pas créé votre entreprise si vous aviez su ce qu arrive depuis 20 ans à la plupart de ceux qui l’on fait en espérant (bien naïvement échapper au chômage)

Je vais vous dire ce qu’il leur est arrivé : ils ont disparu des écrans radar (médias, statistiques du chômage) et beaucoup ont disparu de la surface de la terre, croquant gaillardement les racines de pissenlit après un suicide, un divorce, un infarctus, un bon cancer ou une cirrhose du foie…

Mais ne traitez surtout pas cela, les 7 suicidés de France Télécom c’est beaucoup plus important : ce sont quand même des fonctionnaires, il ne faut pas l’oublier !

***
il y a aussi tous ceux qui ont raté un virage ce matin, c' est de la faute du petit dernier qu' a vomit son petit déjeuné, 2 minutes de retard à la pointeuse et ils te retirent un quart d' heure, travaillez plus qu' ils disaient vous serez heureux
J'aimerai venir moi aussi sur cette histoire d'openspace. Ce que j'en ai entendu dans l'émission m'a un peu choquée.
Mais d'un autre coté, soyons honnête, ça exprime exactement les a priori que j'avais dessus avant d'en investir un.
Au départ, j'étais dans un bureau de deux personnes, moi comprise. Je n'avais pas d'affinités particulières avec le collègue, mais ce n'était pas une sale ambiance non plus. Nous cohabitions sans plus. Puis la personne est partie et je suis devenue une gèneuse : on voulait récupérer mon bureau et me mettre ailleurs. J'ai eu le choix entre un sous-sol sans lumière et un open-space. J'ai rejeté avec force la première proposition, qui représentait ni plus ni moins pour moi une sorte de purgatoire.
Je suis donc allée dans l'openspace : 8 à 9 personnes selon les moments, avec juste quelques panneaux vitrés dans leur partie supérieure, pour construire des bulles.
La qualité de l'openspace dépend grandement des personnes qui s'y trouvent. Ca peut devenir un endroit de mal-être quand tout le monde se mefie de tout le monde et ou le mode de relation est la défiance. C'était limite ça au début, mais les panneaux "bulle" permettaient un isolement suffisant pour que ça ne devienne pas insupportable. Globalement la situation était la même qu'avec le collègue avec lequel je n'avais aucune affinité particulière. Pas de connivence, pas de guerre.
Et puis les personnes tournent et tout peut changer au tout. Grâce à l'openspace, alors que quatre métiers différents se cotoient dans le bureau, nous avons appris les uns des autres et construit une manière de travailler ensemble qui n'existait pas avant. Parce qu'étant dans le même espace, nous entendions sur quoi bossait les autres. Savoir et comprendre ce que font vos collègues permet d'avancer bien plus vite et de synchroniser des actions qui s'impactent l'une et l'autre. Au fur et à mesure, une certaine complicité s'est développée. On a des moments de franche rigolade, et ça bosse énormément aussi. Bref, bosser heureux en openspace c'est possible.
C'est ça que risque de détruire la révision générale des politiques publiques, cette synergie, cet esprit d'équipe qui a enfin emergé, cette sensation d'appartenance à un tout. Car quand les salaires dépendront du classement du chef, l'ambiance va se dégrader à la vitesse grand V (les primes, c'est 30% de nos salaires). Il sera nécessaire de faire valoir son action par rapport à celle des autres. Ce qui n'a aucune importance actuellement. Actuellement ce qui est important c'est le service rendu. Demain, ce sera le futur classement de sa pomme.
Il n'y a pas de quoi sauter de joie. J'ai simplement envie de hurler à la bêtise idéologique, qui ne peut qu'être contre-productive. On le sait déjà. On n'en a des exemples. Mais qu'importe, on y va quand même.
Lamentable !
Ce qui me gêne dans l'émission, c'est la confusion faite entre les postes sédentaires, un comptable a toujours son bureau dans une entreprise, et les postes migrants, un consultant qui passe 140 jours par an en clientèle est bien évidemment beaucoup dehors, celui-là a alors un portable ordi, un portable, et se branche sur rendez-vous au bureau libre du département auquel il est rattaché, il prend rendez-vous avant parce qu'on ne sait jamais quels jours il va avoir à passer au bureau, il travaille par ailleurs 218 jours, - les 140 à l'extérieur, restent 78 jours de bureau, qu'il passe souvent à domicile s'il a un rapport à écrire. Qu'on ne lui donne pas à l'année un bureau pour, metttons 20 jours par an, ne me surprend pas, idem pour un commercial.

Ensuite oui il y a bien un problème avec les open space qui laissent peu de place à l'intimité.
Oui il y a un problème avec les salariés supposés faire du créatif, car on n'est pas totalement créatifs 230 jours par an, ça c'est épuisant, c'est le cas du Technopole Renault, obligé de créer à toutes vitesses de nouveaux modèles et d'élaborer des pages et des pages de fiches techniques documentaires pour préparer la sortie du modèle.

Enfin, dans le cas de structures publiques devenant privées, telles que France télécom, le problème est tout autre : les "techniciens" dont parle le syndicaliste sont des "fonctionnaires" qui ont appris un travail technique et qui se retrouvent à faire un travail relationnel, ils n'ont pas été formés, ce n'est pas des compétences qu'ils ont à la base, et par ailleurs, ils ont "acheté" une sécurité de poste (je ne dis pas emploi), qu'ils ont perdue, au moment où de plus, ils perdent leur savoir-faire : c'est les mettre dans une impasse, sois autonome (pas d'ancien pour les conseiller), fais quelque chose que tu ne sais pas faire (contrairement aux petits jeunes qui montent), et si tu ne le fais pas bien, tu seras poussé comme une boule de billard, au petit bonheur la chance dans l'entreprise. Le contrat de travail est profondément entaillé : ils sont entrés pour certaines raisons qui ont disparu à un âge où ils ne peuvent plus changer de profession.
Par ailleurs, le problème de France Télécom est aussi lié à des définitions de poste étroites, on a peu de marge de manoeuvre, ils n'en ont donc jamais eue avant, et maintenant ils doivent tout à coups être autonomes, tout en respectant un cadre hyper-rigide, des règles complexes. Mission impossible.

Cette émission m'a énervée parce qu'elle n'est pas assez documentée sur les modèles d'organisation (et ce que vous ne feriez pas pour le système financier, j'ai souvenir d'une excellente émission sur Clearstream, vous vous le permettez pour les entreprises), on mélange tout et on casse du sucre sur les entreprises à mauvais escient, alors qu'il est des tas de cas où on pourrait le faire de manière honnête. je m'inscris donc en faux, parce que l'argumentation n'est pas poussée jusqu'au bout.


http://anthropia.blogg.org
Bonjour !

voici quelques remarques "zetetiques" sur cette emission interessante.
Comme d'hab, je me concentre sur ses limites et problemes, et non sur ce qui va.

Prealable: il ne s'agit pour moi ici ni de nier ni de minimiser le sujet de fond. Juste de pointer les arguments sur lesquels il est faux de s'appuyer, et qu'on a pourtant entendu, ou voisiné.


* Du bon usage des statistiques

Souvent pas le fort d'ASI, et moins encore des journalistes en general, cet aspect fragile a oscillé au long de l'emission.

- J'ai été content de voir que Dan avait pensé a comparer la stat de suicides chez FT a la stat nationale, la premiere etant... inferieure.

- Mais si ca avait été le contraire, ca n'aurait pas suffit:
il y a quelques annees, la "mode mediatique" etait a "l'épidémie de suicides" chez les gendarmes. On s'appuyait alors notamment sur les stats, pres du double de la stat nationale. Sauf que... une stat n'est valable que si l'on compare ce qui est comparable. Comme le démontait S.Gasquet dans son bouquin "Plus vite que son nombre", si on comparait a une population nationale plus masculine et autour 20-55 ans (plus conforme a la sociologie gendarme), on tombait.. a peu pres sur le meme taux que chez les gendarmes (car femmes, enfants, viellards, se suicides moins).
- Du coup, la réponse du representant de l'observatoire du stress a la "contre preuve" ci-dessus a été d'invoquer une segmentation sociale plus étroite des suicidés de FT. Il n'en restait pas moins possible de comparer a une population nationale équivalente (en sexe, tranche d'age, métier)... ça à été completement zappé.
NB: mais ca ne mesurerait que l'existence d'un "syndrome FT" spécifique, alors qu'il y a peut-etre un "syndrome techniciens de 50 ans" qui n'emergerait pas de cette comparaison la. Ca n'en reste pas moins une question importante, pour ne pas se tromper de couplable (une société, ou la Société).

- Pour etre valable, il faut avoir suffisamment de cas. comme les journalistes (et vous) oubliez toujours de citer la marge d'erreur, ça enleve tout repere de fiabilité. Vous avez cité cet eccueil au debut... pour completement l'oublier dans toute la suite.
Cf notre article au sujet des 3 cancers pédiatriques de Ruiz imputés à une antenne relais par une assoc "citoyenne" (version courte dans notre newsletter http://www.zetetique.fr/index.php/nl/178-poz-45#enquete ; un article revu et allongé est en parution imminente).
- A plein de moments, on a frolé ou passé la ligne jaune de l'argument "voyez: 6 suicides en 2008", "3 en quelques mois".
ça, c'est du total n'importe quoi.
- on site des nombres de cas sur 3 mois, un an, 15 mois, mais des causes depuis 20 ans: il semble donc facile d'avoir assez de cas pour faire une stat: prendre une duree significative, 10-20 ans ! sinon on tombe dans le syndrome "loi des séries" ou on invente des causalités.
- le ponpon pour la journaliste, sur la fin, qui enchaine toutes les betises et pseudoarguments (exactement les meme qui "prouvent" l'efficacité de medecines non conventionnelles ou de mediums, soit dit en passant).
genre "voyez, l'article et sorti, et apres, il y a eu 2 cas". "ya pas de stat, mais je me suis bien rendu compte". et a un autre moment "ce qui a du sens ici, c'est l'emotion, on ne va quand meme pas parler de chiffres".
Bien d'accord avec Daniel (ouf, il le dit, mais sans insistance) que c'est l'analyse chiffree et l'enquete socio qui permet d'objectiver, et pas l'emotion, d'un cas particulier.

- Quant à expliquer la discretion ensuite par un soudain comportement responsable des journalistes qui voudraient eviter une contamination... j'en doute autant que Daniel !

- Les stats sont un excellent moyen d'objectiver le fait qu'il y a qqchose d'anormal, avant meme de savoir quoi (meme principe que l'épidémiologie, cf syndrome de la guerre du golfe): il n'y a pas a delimiter a priori les causes "perso" et les "professionnelles" (c'est a faire apres, et surtout pas avant, c'est ce qui entraine tous les biais). l'eccueil est d'avoir assez de cas, de disposer des chiffres pour la population test, mais aussi pour la population de reference.


* Les suicides... et le reste ? Cas professionnels... et les autres ?

- Pour autant, quand les stats ne peuvent rien prouver (par ex parceque les nombres sont trop faibles), il y a d'autres outils de suivis, dont plusieurs on également été un peu cité (type symptomologie).
Dommage que, comme rappelée brièvement par la scientifique a la fin, vous n'ayez pas developpé, car des indicateurs plus larges (et donc plus fiable (mais a comparer sur population témoin similaire)) que le suicide, il y en a plein ! turnover, absenteisme, médication, depressions... La focalisation sur le suicide du coup evite de traiter le reste du stress, accentue l'emotion, l'image choc et le simplisme au détriment de la réflexion, et limite aux situations extremes sur lesquelles il est justement plus difficile d'avoir des chiffres surs: c'est contreproductif.

- Ce qui m'a choqué dans le dernier reportage, c'est la phrase "mais lui, ça n'est pas un suicide comme les autres, il est d'origine professionnelle". Parce qu'un suicide du a la pauvreté, a la précarité, au racisme, au surendettement, a l'echec scolaire, il est "normal", et "acceptable" ?
C'est un effet de focalisation aussi artificiel qu'irrationel et journalistique. du genre qui peut inventer des boucs emissaires et causalités imaginaires, qui dispensent d'aller chercher des causes plus profonde. (NB: ce qui n'empeche pas un eventuel probleme specifique a FT).


* De l'openspace et son oppression

Là, il y a eu un biais d'ensemble du plateau, agravé par Daniel, pris d'un petit "syndrome Finkelkraut" (a savoir "le micro-environnement que je connais est représentatif du monde"):

Tout openspace n'est pas un enfert, tout openscape ne resulte pas d'une tentative de destabilisation et pressurisation des employés !
Bien que, reciproquement, il puisse etre parfois un outil accompagnant ce "style" de management (attention à ne pas confondre corrélation/causalité, cause/consequence, implique/estImpliqué, erreurs logiques trop classiques chez le quidam, le journaliste et le politique).
Quelques exemples de situations inverses:

- Dans plusieurs professions (en particulier celles ayant sieges sociaux en region parisienne), les cadres ne sont que partiellement au bureau, et partiellement chez des clients ou en mission la plupart du temps, ce qui peut conduire a plus de la moitié de bureaux vides en permanence.

- La rationalisation (allant de paire avec la montée du prix du m2 à Paris et à Londres) à conduit parfois aux bureaux partagés, aux bureaux non-attribués, et aux openspaces (en particulier dans le cas précédent).

- Quand on travaille essentiellement sur écran, avec ses données sur un serveur, il n'y a pas du tout la meme nécessité d'un poste fixe (meme si tout-un-chacun prefere sans doute "habiter" et personnaliser son espace, des posts-its et brouillons jusqu'a la photo du petit dernier, et stylo favori).

- En informatique, l'auteur americain de la celebre methode "extreme programming", preconise le travail par paires, en openspace (avec qq bureaux annexes pour reunions ou coup de fils perso). Mais c'est le meme qui preconise de ne pas abuser des heures sup, de prendre ses week-ends et des vacances (si si, un américain !), et d'instaurer un climat de confiance faute de quoi les delais et problemes sont imprévisibles.

voila voila pour cette livraison...
Ceux qui se suicident, ainsi que ceux qui tombent malades, ou qui se tapent des accidents de travail et se retrouvent par la suite en reconversion en Centre de Rééducation Professionnelle où je travaille.
Ce sont souvent les plus investis dans leur travail.

Alors plutôt que de leur apprendre un nouveau métier, on ferait bien de les accompagner par rapport à cette question de l'investissement.

Merci Asi, je suis très touchée par le sujet.
Tres bonne émission mais fin encore trop brutale a mon gout.
Ce n'est pas nouveau. Confère ce livre écrit en 2004 qui relatait déjà toute la problématique de cette entreprise.

http://www.amazon.fr/Machine-%C3%A0-broyer-France-T%C3%A9l%C3%A9com/dp/2350130010

Je vais m'enpresser de regarde cette émission. Je suis tout particulièrement touché, car j'ai un ami qui s'est suicidé en 2006 chez FT.
Je vous recommande la lecture des travaux C.Dejours.
Qui explique comment se met en place la banalisation du mal (et non pas la banalité du mal de Arendt) dans le monde de l'entreprise.
L'aspect viriliste du travail (accepter de faire du mal à l'autre par ex), la façon dont la peur de devenir un outsider (par oppsition à insider) permet tous les abus etc...
Et un article ici
mais une simple recherche sur son nom est intéressante.
Je suis bien contente qu'il ait été cité par la sociologue.

Je suis enseignante.Oui une feignasse,donc. Méprisée par son ministère et à qui on rajoute des tâches dont celle de faire tenir le lien social.
Et qui voit son métier devoir se convertir au 'résultat', et surtout au résultat chiffré (ex: au bout de l'an il me faut 14% de plus de réussite dans la division que l'an dernier, pour une autre classe, donc donc! yihou!) et compétitif, or pour l'éducation/la pédagogie/la vie des élève et vu tout ce qu'on sait sur la psycho développementale, la construction en communication/partenariat de pairs et en spirale des savoirs et sur leur utilisation en et hors contexte, il va falloir m'expliquer mieux.
Me réformer. Me virer, peut-être, parce que je ne peux pas penser l'élève en termes de chiffre et l'instruction en termes de martelage de technique sans raisonnement, comme requis dans les niouprogs.
Et je fais partie de gens qui 'tiennent' en se faisant aider par ailleurs.Croyez moi on est énormément nombreux à le faire, dans ce métier.

Bon, pardon pour la digression: merci pour cette émission.
Annie,vous venez de faire,malheureusement,une description exacte de notre société pourrie!Employons-nous pour que ça change sinon nous allons vivre dans l'enfer(si ce n'est déjà commencé).Je vote pour vous.
Excellente emission qui arrive parfaitement a illustrer "a la tele" et sans tomber dans les pieges de l'emotionel un sujet delicat.
Le theme est tres present dans la societe et il y avait matiere a faire une bonne emission d'analyse et de debat. C'est fait.

Les chansonniers, comme d'habitude, s'etaient deja empares du sujet... pour ceux que ca interesse je recommande Mademoiselle K (a l'ombre)

"Si t’as le malheur d’exister
d’être un peu lent et vieillissant
tu resteras pas faut pas rêver
on aime que c’qui est performant"

http://www.deezer.com/#music/result/all/mademoiselle k a l'ombre
Lorsque j'ai entendu la description des situations de travail de FT ou du Pole emploi, moi j'ai vu mon avenir dans la fonction publique.
Le fonctionnaire, ce privilégié insupportable tant décrit par certains dans les forums, va devenir grâce à la révision générale des politiques publiques un salarié jetable comme un autre. J'en vois déjà se réjouir, tant le nivellement par le bas à le vent en poupe à notre époque.
Entretien d'évaluation, objectifs à se donner soit même (vicelard) sans aucune idée sur les moyens, poste supprimable et pareil, il faudra se trouver un emploi. Je ne sais plus combien de temps on nous donne, mais à l'issu de la période, sans résultat, t'es viré.
Ici, à La Réunion,, la situation est rendue encore plus critique puisqu'on est à 10000 km de la Métropole, et qu'une perte d'emploi ça voudra dire la plupart du temps un déménagement coûteux, l'explosion des liens de famille pour aller là où il reste encore du boulot . De Saint-Denis de La Réunion à Paris, c'est pas la même chose que de Saint-Denis dans le 93 à Marseille.
Et c'est donc ce stress permanent qu'on veut nous imposer, ce stress, qui est la base du management moderne, l'insécurité permanente, qui comme la dit la journaliste conduit plein de gens chez le toubib et contribue à la mauvaise santé de la sécurité sociale. C'est cette idéologie pour laquelle ont voté 55% des Français. Cette idéologie dont je ne veux pas. Je ne vois pas en quoi on n'est plus efficace dans le stress permanent. C'est absolument n'importe quoi et contraire à tout ce qui est observé.
Mais qu'importe, la persistance dans l'erreur de tous ces grands mamamouchis du management, elle, n'est jamais sanctionnée. Jamais. Tous ces grands pontes de l'évaluation, qui créent des situations de travail qui génèrent mille fois plus de freins, qui ne connaissent pas le mot "équipe"ou "synergie" ou qui les prennent pour des gros mots, ces gens là, ceux qui décident que votre vie sera un enfer car il sont persuadés que seul l'enfer vous rendra efficace, ces gens là, se pensent au dessus de tout.
J'exècre cet état d'esprit où le seul objectif est d'arriver devant l'autre. C'est un objectif petit, une vue à court terme, la seule que savent avoir nos gouvernants actuellement. Au lieu d'arriver à du mieux, on arrive à la sclérose totale, puisqu'on agit plus qu'en fonction de la performance des autres, et non pas vers un objectif collectif. L'explosion de la sécurité au travail c'est tout simplement aussi l'explosion de l'entreprise. On ne se bat pas pour une entité qui vous maltraite. Faut pas se plaindre de la disparition de l'esprit d'entreprise, lorsque l'entreprise se fiche de vous.
Bref, je suis très inquiète sur mes prochaines années professionnelles.
Mais par contre une chose que je sais, c'est que je ne laisserai pas mon employeur détruire ce que j'ai construit ici. Si je perds mon emploi, je n'irai pas m'exiler à pétaouchnoque. Je cesserai d'être fonctionnaire et je ferai autre chose. Je trouverai, je me battrai pour ça, mais ce n'est pas eux, jamais, qui décideront à ma place d'où je vais vivre.
La mobilité choisie, oui. La mobilité subie, non.
Avec les tordus qu'on a au pouvoir, je me dis qu'un jour, je me trouverai dans une situation catastrophique. Dans la fonction publique, il faut décourager les gens avant qu'ils aient atteint le bon nombre d'annuité. Mon avenir, je préfère ne pas y penser, à cause de ça. A cause de ce nuage sombre qui se profile pas si loin somme toute.
Alors cette émission, même si je la trouve salutaire, elle me fiche le cafard, car nul ne devrait se voir révéler son avenir, surtout lorsqu'il est si peu engageant. Et c'est pourtant la sensation que j'ai eu aujourd'hui. Voir mon avenir, mon futur enfer ...
Le suicide est d'abord un "fait social"

C'est le premier fait social qui ait intéressé la sociologie. (DURKHEIM E., « Le suicide », Presses universitaires de France, Paris 1897.) Durkheim fut donc le premier à travailler sur les suicides en tant que fait social, sont livre est fondamental pour la sociologie.

Ce qui est intéressant pour votre émission, c'est de travailler tout simplement sur la logique sans s'embarasser (au sens méthode comme au sens émotionnel) des considérations personnelles ou psychologiques. Sans doute moins bien pour l'audimat, mais tellement mieux pour la réflexion. J'irai même dans un premier temps à mettre de côté des considérations plus ou moins risquées sur le travail.

Durkheim a notamment montré le lien entre le suicide et la contrainte sociale, via une réflexion sur le suicide des mères. Constatant que dans les pays où les mères devaient s'occuper de leurs enfants un certain jour. Ce jour là, les suicides des mères étaient moins nombreux.

En france, le passage (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître... ) du jeudi au mercredi, comme jour de repos des enfants, a, par une chutte des suicides du mercredi et un retour à la normale le jeudi, coroboré cette hypothèse.

J'en déduit que la "contrainte sociale" particulièrement "avoir à garder des enfants" diminue le taux de suicide.

Alors, nous dit on, les statistiques nationales sont supérieures à celle de France Télécom ?

Peut-on se contenter de çà sans aller un peu plus dans les détails ?

D'abord est-ce que les salariés se suicident plus ou moins que lles autres populations ? Au vu du raisonnement de Durkheim, j'ai tendance à penser moins. Mais je n'ai pas trouvé de chiffre. (j'ai trouvé notamment çà : http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er109.pdf)

Est-ce que les statistiques correspondent "toutes choses égales par ailleurs" ? En controlant la variable du sexe car les hommes se suicident beaucoup plus que les femmes, mais pour un nombre casi égal de tentatives, donc les femmes se "ratent" davantage. En controlant également la variable de l'âge, car par exemple les 45-54 ans se suicident 40 % plus (c'est la classe d'âge où il y a le plus grand nombre de suicides, devant les "jeunes" et oui !) que les 54-64 ans ?

Votre tres intéressante émission aurait supportée quelques chiffres de plus.
bouhouhouuuuuuuu ;( ;( Mais où est passée la question habituelle de fin d'émission de DS : "vous voulez ajouter quelque chose? Un regret? Un remord? Non? Et bien merci à vous!" ;( ;(

Emission très intéressante, ce plateau contraste avec celui de la semaine dernière: un seul invité?! S'il vous plaît ne recommencez jamais cela!! Au pire invitez le concierge du coin ou le fils de la soeur de la cousine de l'amie qui est sataniste! :D

NON NON NON aux nouvelles techniques managériales!!!
Du grand @si. De l'@si d'utilité publique.

Mais comment en faire profiter des proches qui sont rétifs à un abonnement @si (même offert en cadeau) et qui pensent que tout cela (la souffrance au travail en raison des nouvelles formes de management) est exagéré ?

Une suggestion : @si ne pourrait-elle publier le verbatim de chaque émission ?

Bravo ! Merci ! Continuez…
Merci à l'équipe pour cette émission,
merci à Danièle Linhart pour le décortiquage de ces formes de management,
du grand @si.
mais parfois des forces inouïes rompent la corde, à mes amis qui sont partis, nous vaincrons
dès l' école la France pousse les poètes à se suicider, ça donne un pays de jolie clones, au mieux ils peuvent émigrer
DS découvre le monde de l'entreprise... Moi aussi. Et ce que j'en apprends est tout bonnement horrifiant ! Comment de telles "techniques" peuvent-elles être mises au point ? Il me semble que certaines d'entre elles peuvent s'assimiler à de la torture mentale, ou du harcèlement.
Comment ne pas craquer dans ces conditions ?

Mais pire que les bourreaux, il y a les réactions des victimes ! Selon la sociologue, Il existe peu d'empathie vis à vis de la souffrance d'autrui, chacun étant englué dans son propre individualisme égoïste.

Le système a été élaboré avec un tel machiavélisme que chaque victime est en même temps bourreau de son voisin !

Cette société crée les nouveaux esclaves d'aujourd'hui. Qui n'osent même plus se révolter, acceptant passivement des conditions humiliantes et inacceptables.

C'est tout bonnement lamentable.
Attention sujet important et ultra sensible,
DS pose la question importante à la 50ème minute:
cette pression constante sur les salariés n'est-elle pas au final contre productive? Que ce soit dans le secteur privé ou public, cette situation de souffrance au travail débouche sur des situations contre économique. Et en externe, c'est la sécu. qui paye. Un médecin me disait qu'en dernier recours, c'est la médecine qui assure la fonction de soupape de sécurité.
Alors, à qui profite le crime...
Voila déja un certain nombre de sujet que l'émission ne fait qu'effleurer. Mais elle a le mérite d'exister dans une ambiance de déni quasi général car le sujet est explosif!
Le prisme de la souffrance au travail est hélas passionnant dans la mesure où il permet l'analyse des maux parmi les plus graves dont souffre notre société.
Merci à asi et svp developpez le sujet.
Extrait du titre inédit : "La consolation" - chapitre 4
Copyright 2008.Serge ULESKI. Tous droits réservés.


_________


L'aigle a déployé ses ailes.



Alors que les salariés ne connaissent de l'entreprise que le poste qu'ils occupent, l’aigle, lui, survole toutes les pistes de son territoire et explore toutes les voies qui mènent à eux. Le survol de cet aigle c’est celui du maître des lieux qui fait sa tournée comme un propriétaire fait le tour de ses terres, serrant des mains, opinant du bonnet ici et là. Jamais il ne se pose. Toujours en mouvement à l'écoute des rumeurs, à la recherche du moindre malaise et des conflits larvés.

Quand on surprend son vol, les rares fois où l'on pense à lever la tête, il annonce une nouvelle distribution des cartes qui célébrera bientôt l’apothéose de la vie accoucheuse de stratégies aussi surprenantes qu’inattendues, en un tour de main, jusqu’à rendre méconnaissables et les lieux et le travail qui y est effectué.

Son survol peut être celui d’un prédateur cherchant sa nouvelle proie l’appétit au ventre, affamé : les rêveurs, les tire au flanc, les faux culs, les fumistes, ceux qui ne doivent rien à eux-mêmes et tout à ceux qui les ont nommés.


Pour tous ceux-là, ce sera grandeur et décadence ou bien, grandeur et déchéance. C’est selon et... c'est du pareil au même.



Autre objet de son attention : le peuple silencieux. Toujours en retard sur la vie de leur travail, ces travailleurs candides, puisqu’ils n’en contrôlent ni les bouleversements ni les adaptations. Un jour, on leur signifiera leur congé définitif et en attendant, on se contentera de les conduire inévitablement et à leur insu, à leur perte et ce, bien avant que l’heure de la retraite ne sonne. Sur eux, la pression s'est accrue : horaires chaotiques, contraintes de résultats, menaces de licenciement. Outils de discipline au travail par excellence cette pression ! On leur parlera de flexibilité, d'autonomie et de polyvalence - comprenez : isolement et solitude - sans oublier de mentionner des changements permanents qui nécessiteront de nouveaux comportements.


Cet aigle, c’est aussi un sourcier ; un sourcier céleste fouillant du regard, scrutant, maladif, le sol, le sous-sol et ses plus petits interstices, en annonciateur de déluges qui viendront balayer tous les pauvres bougres en deçà de leurs attentes et au-delà de leurs craintes ; et les autres aussi : ceux qui se croyaient à l'abri.

Nouvelles exigences des temps modernes : le retour à l’instabilité généralisée et permanente du monde, après une courte période de stabilité des statuts qu'une matrice juridique a longtemps protégés de l'arbitraire. Il est tous les glissements de terrain purificateurs cet aigle blutoir qui tamise cette poudre farineuse que sont ses effectifs. Nichant dans les hauteurs, il ne risque jamais d’être emporté. Ces nouvelles injonctions, il ne les subit pas, cet aigle, il les accompagne, il les couve. Son dessein rend à intervalle régulier à l’océan et à ses profondeurs les épaves de son action pour mieux cacher ses méfaits.


Meurtre productif, il appelle cette instabilité ! Si vous l’interrogez dans l’intimité de sa retraite, c'est à voix basse qu'il vous fera cette confession, le regard inquiet de peur qu’on ne l’entende alors qu’il ne souhaite être entendu de personne.

Un fanatique, cet aigle aux pouvoirs surnaturels pour quiconque ne connaît pas ses outils d’analyses, d’action et ses astuces. Sans égarement, il peut se déplacer sur des distances considérables.


Pour lui, pas de frontière. Il est là où il faut être avant même qu’il n’y soit. Il poursuit partout et sans relâche la liquidation de l’ancien monde, celui d’hier matin et prépare déjà celle de demain. Cet ancien monde, c’est le monde tel qu'il ne lui convient pas mais qui pourrait tout aussi bien lui convenir si d’aventure ce monde devait servir ses intérêts.

Le territoire de cet aigle a pour le nom : DRH ! Et son occupation : gestion des ressources humaines, ou GRH ; territoire situé au dernier étage - le septième - d'un bâtiment qui en compte... sept justement !


Le sommet quoi !


***


Construction, mise en oeuvre, évaluation, ajustements à effectuer, régulation des outils de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, sans oublier leurs référentiels.

Stratégie d'organisation, renouvellement des règles ! Accroissement de la concurrence ! Fusions, restructurations et transformations. Et puis aussi, l’entreprise et son environnement : quelles relations nouer pour quelle valeur ajoutée ?

Et pour finir, quand tout leur a réussi : maximisation de la profitabilité de l’entreprise.

Seul a voix au chapitre, ce qui peut être mesuré. Une science cette discipline qui ne peut se permettre le moindre chahut. Un puzzle, cette gestion des ressources humaines. Un travail de titan cette optimisation et cette mise en correspondance : chaînages, maillage, enjeux stratégiques et organisationnels.


Finie l'opposition salariés/patrons ! Il n'y a plus que l'entreprise. Et gare à ceux qui s'en détournent tout en y demeurant !

Dans l'entreprise, plus de conflits dits collectifs. Il n'y a plus que l'individu et si conflit il y a, il ne peut s'agir que d'un individu seul face à sa hiérarchie. Un champ de force univoque, ce monde de l'entreprise au sein d'une communication et d'une interrogation permanente des bonnes ou mauvaises volontés des acteurs en présence, depuis que la portée de l'exemple s'accroît et ce, dans toutes les directions : une note, un avertissement, un blâme, un licenciement pour l'exemple. Et puis, celle ou celui que l'on montrera en exemple.

Pensez donc ! Voici un niveau de réussite digne des plus belles performances sportives là où des collègues besogneux ont tout juste été capables d'accomplir leur objectif.

L'émulation vaut autant pour la chute que l'ascension. Et tout le monde y trouve du grain à moudre, du souci à se faire et d'aucuns leur compte de rêves de promotion. Oui ! Tout le monde y trouve matière à réflexion dans cet accroissement de la valeur exemplaire de l'exemple à suivre, à méditer du fond de son isolement ; valeur érigée en totem ; et d'aucuns ajouteront, sans scrupules et sans tabous quand cette valeur revêt les apparences d'un épée de Damoclès qui tranchera les têtes.

Alors, mieux vaut être du côté de celui qui tranchera celle des autres, d'un mouvement vif et parfait dans son exécution aveugle.

Si pour commander il faut avoir su longtemps obéir, on ne pourra s'empêcher de noter que l'on dirige tête baissée. Toujours ! En haut, trône celui qui vous dirige et ce faisant, regarde aussi vers le bas. Dans cette configuration verticale, c'est tête baissée que les dirigeants s'adonnent à leur sport favori : diriger des dirigeables qui, à leur tour, dirigent ceux qui doivent être dirigés jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne à… orienter.

Édifice à la triste figure, cette chaîne de commandement, et cette pyramide qui… pique du nez !


Et ceux d'en bas, où regardent-t-ils ?

Ils regardent leurs mains et leurs pieds - cadence oblige ! Et puis, prudence ! Gare aux accidents ! - ou bien, ils regardent droit devant eux, leur écran d'ordinateur, seul point de regard pour fuir tous les regards car il y a des jours où ils ne souhaitent croiser le regard de personne. Ils n'attendent qu'une chose ceux d'en bas : qu'on ne leur demande pas d'attendre quoi que ce soit de qui que ce soit.

Une prison en liberté cette solitude au poste comme la chèvre à son piquet de peur qu'elle ne s'égare ou bien, qu'elle ne s'enlise dans ses déplacements ou tout simplement dans l'exécution de sa tâche. Stress et souffrance, l'angoisse tassée au ventre, seront tus et cachés ; et les cernes infinis de la fatigue et de la peur qui plissent la moindre pensée jusqu'à la rendre lâche et veule aussi, incapables de rompre l'étau de l'assujettissement à cette roue géante qui distribue au passage blâmes et encouragements dans le but de maintenir sur le qui-vive et le quant-à-soi un être qui n'a plus qu'une vie : la sienne - vie qui se languit de ne jamais pouvoir en réaliser une autre dans une alternative d'une simplicité redoutable : soumission ou relégation.

Et c'est alors que les chemins de la mémoire se rétrécissent jusqu'au méconnaissable, sans plus d'imagination. En effet, on aura tout oublié, pour ne rien regretter de ce qui devait faire de nous des êtres de croissance.



Mais diable, qui donc peut aujourd'hui se permettre de regarder en haut, à ciel ouvert, là où nul n'aura besoin de craindre le regard de quiconque sinon celui des nuages et la nuits, celui des étoiles bienveillantes ?

__________

Mon blog à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com
Petite incompréhension concernant la "démonstration" statistique de Dan Israel. Je cite :

"En gros, en 2008, il y a eu 7 suicides à france télécom liés au travail pour 100 000 salariés. On est à 7 pour 100 000, soit 0,007%.
Les chiffres nationaux : il y a entre 11000 et 12000 suicides par an selon le ministère de la santé, et en gros on tourne autour de 0,02%, c'est à dire 20 pour 100 000 de la population nationale, 7 pour 100 000 apparemment à France Télécom. On serait trois fois en dessous..."

Dan Israel compare donc la proportion A de suicides liés au travail à france télécom à la proportion B de suicides (tout court) dans la population en général et il en conclue que, finalement, on est en dessous. Aïe ça fait mal :

- Soit on compare A à la proportion de suicides liés au travail chez les actifs, et on est à peu près dans le sujet.

- Soit on compare la proportion de suicides (tout court) chez france télécom à la proportion B, mais là je crains fort qu'il vaille mieux parler de la reproduction des gastéropodes dans les mers du sud.

- Soit on dit rien !

Comparer ce qui est comparable ou surtout ne rien dire : je n'en veux pas à Dan, ce type d'erreur est un cas d'école, malheureusement très répandu dans la presse...
Bonsoir,

Très bonne émission. Je me pose juste la question de savoir pourquoi l'observatoire du stress chez France Télécom est à l'initiative seule de Sud et CGC ?

J'ai apprécié les explications de Mme Linhart et surtout son avis sur l'évolution de France Télécom. Effectivement en 10/15ans, il est bien difficile de dire que ses salariés ont été immobiles et réticents aux changements.
bonjour à tous

émission intéressante. intervenants idem.

Deux remarques, la première concernant l'indifférence de l'opinion voire sa dureté vis à vis de la question des suicides au travail.

Outre les pistes concernant l'individualisation du parcours des salariés et leur mise en concurrence, je crois que Mme Lindhart pointe justement la raison principale de cette indifférence avec cette phrase: "chacun est enfermé dans son drame du travail". L'empathie est un effort pour nombre d'entre nous (il faut sortir de son propre drame). Et l'empathie avec quelqu'un qui a été mis en condition par son travail de faire ce choix du suicide est encore plus difficile car elle nous renvoie à la peur de notre propre mort. Serais-je mis un jour dans l'état de détresse de ces individus par mes conditions de travail? Serais-je mis en demeure d'avoir à choisir entre la vie sous antidépresseurs ou la mort par la logique managériale ou la férocité des conventions collectives de ma branche d'activité ? des questions qui ne sont pas agréables surtout quand on est dans l'état d'esprit devant lequel on regarde les infos à 20 h (aspiration profonde au repos et au mode "zéro cerveau").
Rappelons aussi que l'entrée sur le marché du travail "accoutume" les jeunes entrants à cette dureté . ils n'auront connu pour la plupart que les modes de gestion évoqués sur le plateau, la précarité et les angoisses liées au chômage font le reste et fabriquent dans une partie de l'opinion l'accoutumance et la résignation face aux aspects ténébreux du monde du travail.
Évoquons enfin la surdité de ceux qui nous gouvernent à ces questions, peut il en être autrement? la majeure partie de nos hommes politiques ont une formation de manager, sont passés par des concours, des formations et des carrières qui en ont fait des machines à vaincre. sociologiquement issus des grands fonds politiques, ces squales compétitifs sont absolument incapables à mon sens de comprendre le sens du mot "dureté" appliqué au monde du travail.

Seconde remarque à propos des propos de mme Röels vers la fin de l'émission: parler des suicides tend à faire augmenter ceux ci, d'où une responsabilité des journalistes.

Il me semble que la question est posée avec un angle biaisé: On n'est pas obligé d'en parler avec du pathos. c'est un choix, on pourrait aborder ces questions sous l'angle collectif, un peu de la manière dont vous l'avez fait sur le plateau (coût pour la collectivité, mise à jour des relations au sein du travail, etc.). la "responsabilité " évoquée se situe plutôt à ce niveau. Dans un monde idéal (promis c'est la dernière fois que j'en fais mention) ou les médias préféreraient l'information à l'émotion, il y a peu de chance me semble-t-il, que des vagues de suicides suivent ce type d'émission. si responsabilité des journalistes il y a, c'est ici qu'elle se situe et pas ailleurs.

Je ne regrette pas de m'être abonné, continuez ce travail indispensable. bon courage à tous.
J'ai complètement zappé la précédente émission sur les sataniques. L'émission est peut-être intéressante mais le sujet en lui-même ne me paraissait pas éclairer l'actualité des médias de façon pertinente. Là, je trouve par contre que l'on est vraiment dans quelques chose de très révélateur de notre époque, de notre société, de ses tabous et des doutes intérieurs du journaliste. J'ai beaucoup aimé cette émission et j'aimerai la partager à des amis proches qui travaillent eux-mêmes en entreprise pour confronter leurs regards sur ce sujet. Merci en tout cas et bravo ! Excellent travail de journaliste ! :)
La pression au travail ça valorise certains qui se sentent très fort de pouvoir résister et pour ceux qui la font subir ils goutent le pouvoir. C'est grisant, C'est une drogue.

Et dire qu'il faudrait (selon Silicani) faire entrer les compétences du privée dans le public... Mais de quelles compétences parle-t-on ??

Exemple : on veut évaluer les enseignants à leur mérite. Ah, oui alors cette bande de planqués qui, quoiqu'ils fassent, voient leur salaire augmenter sans cesse !!! Une joli phrase mais qu'est-ce que le mérite d'un prof ? Accepter une tonne d'heure sup ? Dire OK à toutes les tâches qu'on lui met sur le dos sans le former ? Ah, oui le rendre plus rentable...

Le pire c'est que ce sont, nous dit-on, les plus investis dans leur travail qui se suicide. Cela motive bine pour s'investir pour une entreprise !!! Les patrons (ou supérieurs) n'ont pas compris que c'est grace à une ambiance détendue qu'ils obtiendront le meilleurs de leurs employés. Toujours ce sentiment de pouvoir, de supériorité pour des petits chefs bourrés du complexe d'infériorité....
Si ce message arrive sous les yeux de la rédaction :

Je vous envoie une demande pour que cette émission soit dans les "contenus d'utilité publique" !

Parce qu'elle est COMPLETEMENT d'utilité publique !

Elle ne peut pas rester seulement dans le périmètre des @sinautes ; elle doit circuler le plus possible !

D'avance merci !
A un moment,les gens comprendront qu'il est inadmissible de subir de telles pressions,et là ça fera mal.J'espère(ou pas?)que c'est pour bientot!On se croirait dans des camps de concentration softs!Qui est le plus le plus fragilisé?celui qui s'investit le plus!Là on est tombé sur la tete!
Très bonne émission. Merci. Le suicide est quand même révélateur d'un malaise dans les grandes entreprises actuellement.

Ayant travaillé en CDD dans plusieurs entreprises (ex-service-public), j'ai vécu ces ambiances tendues que Patrick Ackermann et Danièle Linhart ont évoquées.

Les employés titulaires et expérimentés voient leurs compétences constamment remises en question par leur hiérarchie et notamment ils voient des CDD inexpérimentés faire le même types de tâches qu'eux (l'efficacité en moins) et doivent en plus de leur travail, assurer le contrôle des erreurs de ces employés occasionnels (sans qu'on leur demande leur avis). C'est vécu par certains salariés (les plus consciencieux et honnêtes) comme une situation dégradante.

De plus, comme Danièle Linhart l'a dit, les employés qui travaillent autour des personnes qui "craquent" par moment, manque totalement de solidarité car si elles se solidarisent avec ces personnes leur hiérarchie remettra en cause leur investissement personnel pour l'entreprise. L'enjeux collectif du travail est totalement ignoré, le travail en équipe n'existe pas autrement que par les ordres directs du "petit chef" en entretien individuel le plus souvent.

Je ne sais pas si être constamment sur la brèche permet d'être plus efficace au travail. Ce que je sais (en tout cas c'est mon avis) c'est que l'entreprise peut ainsi détruire le rôle des syndicats et atomiser les revendications salariales. C'est également ce que font ces grandes entreprises envers leurs clients les moins rentables individuellement (particuliers et PME) : quand ils ont une réclamation, impossible d'avoir un interlocuteur efficace, par contre les vendeurs les sollicitent pour s'abonner très facilement à des services totalement inutiles.
C'est une émission intéressante. Enfin, surtout pour DS qui découvre le monde de l'entreprise…
Danièle Linhart relate exactement cette réalité contre laquelle on ne peut trouver que peu de solutions.

La mienne a été de me mettre à mon compte. YG sur un forum de Judith a critiqué cette décision, jugée sans doute comme
bien trop capitaliste. Le capitalisme contre lequel je lutte est celui qui asservit l'humain, celui qui considère que le salariat est la norme. Selon mon avis, un salariat de masse place l'homme comme engrenage de l'entreprise. Reprendre une certaine indépendance m'a donné, pour le moment, le pouvoir de dire stop momentanément quand le réel du travail est trop dur. Je sais, ça ne durera pas. Et puis, c'est du précaire.

J'ai l'impression parfois d'aller à reculons. J'ai connu ce que décrit Danièle Linhart, voire pire. Par exemple, un patron qui menace
de vous balancer son téléphone dans la tronche et qui, une autre fois, vous sort : "je fais vivre ces personnes, j'ai donc le droit de les faire mourir".
Ensuite une multinationale qui vous déménage en interne tous les 6 mois, qui lors des évaluations vous estime "très bien, mais attention à votre humour" (véridique) et ne vous laisse jamais progresser. Cette multinationale, comme d'autres sans doute, avait placé un logiciel mouchard sur chaque ordinateur enregistrant l'activité de l'ordinateur toute la journée. Autre fantaisie, un numéro de téléphone pour dénoncer toute pratique douteuse de ses collègues. J'ai eu droit à un test que je qualifierais de psychologique. La secrétaire de direction m'a demandé de répondre à des questions après soumissions d'images et de textes. J'ai répondu n'importe quoi.

Enfin, après quelques années sans reconnaissance et l'intime conviction que l'on est peu de chose, on se casse.

Pour se donner un peu de force, il est bon soit de s'unir - mais pour de nombreux salariés, c'est du gauchisme beurk ou pas imaginable -
soit de se retourner contre celui qui est responsable de votre état toute seule comme une grande.

Mais certaines personnes n'imaginent même pas que l'on puisse lever le petit doigt contre ce qu'elles considèrent comme une figure d'autorité légitime.

Hier, j'avais au téléphone une proche qui déprime à cause du travail depuis plusieurs années. Elle a démissionné
après harcèlement moral. Il était hors de question pour elle de "profiter du chômage". Et puis, il y a toujours pire que sa situation, voyez-vous…
Je lui ai demandé de ne pas faire de connerie.
Je suis en train d'écouter l'émission.

Il ne faut pas comparer les statistiques de suicides à France Telecom avec les statistiques de la population nationale. En effet, cette dernière contient d'autres catégories que "les personnes ayant en emploi dans une grande entreprise de télécommunication", telles que les chomeurs, les ado, etc qui peuvent augmenter les statistiques nationales et faire passer les chiffres de France Telecom pour bas en comparaison alors qu'ils pourraient paraitre plus élevés si on comparait avec une autre entreprise.
J'ai solutionné ce problème,
( j'avais pas envie de me flinguer)
j'ai arrété de bosser en 89,
et je me suis éclaté pendant 20 ans,
bon! il est vrai que je ne vais touché que 302 euros pas moi, (retraite)
à partir de juin,
point de regret, je me suis éclaté pendant 20 ans,
ma vie est derrière moi,
alors ?
gamma réagir !!!! merde
je vis.... encore :-(((
Relative bonne émission : un peu déçu par la journaliste invitée qui me paraît fonctionner beaucoup à l'émotion, sans chiffres solides, utilisant des termes dont elle ne connaît pas la signification comme "borderline"..., avançant des théories douteuses sur de simples observations...J'aurai aimé que DS la cuisine un peu plus pour qu'on remette un peu en cause ses paroles...
houla vous invitez un syndiqué de Sud, vous lisez des extraits d'un communiqué CGT, y en a qui vont pas aimer....même si le sujet à un rapport avec la vie des salariés dans l'entreprise...mais au fait pourquoi traitez vous de ce genre de sujet? Avez-vous au moins demandé l'autorisation aux asinautes avant de donner la parole à des gauchistes?

en tout cas merci pour le décryptage au sujet de Besancennot mais prenez garde, Alex va vous traiter de benêts d'extrême gauche et va s'insurger de votre théorie du complot,tant il est évident que les coupes faites par canal + sont totalement involontaires, qui oserait sérieusement penser que ces coupes sont destinées à nous faire prendre les vessies pour des lanternes?

bon voilà ça c'est fait maintenant on va peut être discuter du fond..enfin il faut l'espérer.
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