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"Ce sont les Blancs qui ont aboli l'esclavage". Oui, mais...

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"Le monde actuel est structuré autour du paradigme capitaliste et bien peu de régions échappent à son influence : cet esclavage étranger dont vous parlez, ne serait-il pas comme un poisson dans l'eau dans ce contexte ?"


En effet. Par exemple, les pays(...)

Chronique comme toujours épatante, enlevée, claire, pleine d'humour tout cela sous-tendus par une connaissance et un plaisir évident à informer.

Bravo, je me régale, je me régale.


Yanne, la nommée Charlotte d'Ornellas (dont je viens de lire la fiche wi(...)

Dans votre avant-dernier paragraphe, vous dites des choses qui m'interpellent et m'inquiètent un peu :


- vous dites que le racisme et l'esclavage structurel du monde occidental restent à prouver et que ce n'est qu'une question de ressenti : qu'entende(...)

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Ouf...j'ai eu peur que ne soit oublié dans cette vidéo tribune de M.Larrère le principal facteur de cette ignoble fable d'abolition de l'esclavage par les blancs....la question de l’indemnité de réparation versé par l’état français aux esclavagistes pour perte de leur cheptel humain.....

c'est pour cela que la réparation réelle  de ce crime contre l'humanité bute sur le consensus  d'une large fraction de l’élite occidentale de tout faire afin de prolonger et moderniser cet  asservissement....si rentable...... sous d'autres formes plus vertueuses......

 

Alen Kwesi

A la réflexion, il me vient une autre remarque ( grief ) à l'égard de la chronique de Mathilde Larrère.  A propos de l'abolition, elle se débarrasse en quelques mots  du crédit qu'on peut en imputer aux "Blancs", avec une pirouette plus habile que convaincante: somme toute, ce sont les révoltes des noirs qui auraient emporté l'affaire. Au passage, on s'amuse de l'iconographie sulpicienne et on traite par dessus la jambe le pauvre Lamartine. Dont acte.


Mais pourtant, en changeant un peu la focale, est-ce qu'on ne voit pas que c'est quand même chez les Blancs, principalement, qu'est né, que s'est développé le courant de pensée qui aboutit à l'abolition. Et là, sans aucune prétention d'historien ni de philosophe,  je remonterai aux grecs, aux origines du christianisme, à bon nombre de grands esprits, Montaigne entre autres, qui ont approfondi la question et fait éclore aux Lumières ( pas chez Voltaire, certes ) cette idée que l'esclavage est bel et bien une infamie.  Bartholomé de las Cases, il était blanc, n'est-ce pas ? 


J'en reviens doc à cette idée qui me choque et m'indigne: imputer toute la culpabilité de l'esclavage aux "Blancs" et  lui faire traverser les générations.  Cela je le refuse. Je refuse pour moi cette culpabilité. Je la refuse surtout pour mes enfants qui ne sont ni des esclavagistes, ni des descendants d'esclavagistes et qui n'ont pas à vivre avec cette indicible culpabilité au dessus d'eux.


J'ajoute enfin que chaque fois que j'ai entendu dans une conversation quelqu'un s'égarer dans des généralités - les arabes, les juifs, les noirs, etc...- il y a eu fort justement  une parole forte qui est venu rappeler que ce genre de globalisation est inadmissible. Que c'est du racisme, etc... Mais quand il s'agit des Blancs et de l'esclavage, tout semble permis. Et cela m'indigne.



Comme d'habitude, j'ai apprécié cette chronique de Mathilde Larrrère, sa clarté, son dynamisme, cette façon expressive - parfois un peu trop - de mettre en évidence les arguments de sa thèse. J'adhère en effet à ce qu'elle dit, globalement, mais il y a quand même un point qui me gêne.


Je vais vous dire lequel: c'est cette façon de globaliser et de parler, pour la commodité du discours, de masses indistinctes et coupables ou victimes, présentées comme de grands ensembles qu'aucune nuance ne viendrait affecter.


Il y aurait donc les Blancs, et puis les Noirs, je schématise aussi. Mais dîtes-moi, dans ce vaste ensemble des "Blancs", tous sont-ils donc responsables-coupables de la traite, de la colonisation, de l'esclavage ? Les paysans misérables de la Lozère ou du Quercy, les pêcheurs bretons, les canuts lyonnais, les mineurs de fond du Pas-de-Calais, alors tous ceux-là, on les met dans le grand sac des esclavagistes et ont leur dit: pour l'éternité, vous et votre descendance serez des coupables ?


J'ai du mal à m'y faire. Et je vois dans cette grande confusion l'une des sources de ce qu'on appelle aujourd'hui le Populisme. Je viens tard sur ce forum, étant absent à ses débuts.Mais j'aimerais bien avoir des réponses.

Merci merci Mathilde... (Je vais postuler pour la présidence du fan club ^^)
Sûr que nous sommes plusieurs à être sur le chemin de l'addiction, et d'ailleurs,  si j'en juge par son sourire, Daniel aussi !

Et bien moi, je suis têtue, bornée, stupide, névrosée, dépressive et tout le toutim, j'entends que la race perdure en France comme mode de structuration des strates sociales et permet donc aux blancs si ce n'est de se réserver toutes les meilleurs places dans le corps social, en tout cas de très fortes garanties, soit c'est acquis, mais...


Le fait de dissocier la race de la structuration des strates sociales n'aura aucun effet sur la stratification.


Les lettrés bariolés continueront à dire qu'ils ont bien mérité leur douce vie et qu'un diplome justifie l'accumulation des privilèges.


Il n'y a aucune sincérité à dire que l'on se soucie de la condition des petites gens et du sort de la planète en se coloriant la bouche ostensiblement d'un produit bien inutile, qui charrie son lot d'emplois abrutissants et la captation de ressources qui seraient mieux employées ailleurs.  

  

Autant arrêter la bagnole ça parait pas simple, autant arrêter les maquillages quotidiens et leurs emballages plastiques, c'est immédiatement accessible.


Je veux dire par là qu'il est outrecuidant de désigner l'autre comme exploiteur pour se désigner soi comme non exploiteur quand tout le mode de vie, en ce compris le métier exercé, n'est rendu possible que parce que des exploiteurs s'occupent à le rendre possible.


Cette chronique venait pourtant après une émission qui parlait d'un documentaire qui parlait de ça : Paris a été rendu possible par la conjonction entre des exploiteurs et des exploités qui ont fait le métropolitain, et tout le reste comme l'eau courante et le chauffage.


Qu'aurait-on bâtis hors les chaînes ?


Les universitaires sont-ils connus pour dire et démontrer tout ce à quoi nous devons renoncer dans notre quotidien pour faire baisser l'exploitation des petites mains ? 


Les universitaires ne sont pas connus pour avoir proposé une manière de tous contribuer à un moment de notre vie aux tâches les plus rudes, ils sont connus pour dire que nous devrions mieux les traiter ; sauf que dans mieux les traiter, il y a toujours les traiter.


Personne n'a la vocation d'occuper tous les métiers pénibles et les exploités du monde entier ont bien souvent plus d'humanités à partager avec certains de leurs exploiteurs qu'avec des historiens qui se piquent de vertus.


Blancs comme Noirs, les lettrés de France mènent une vie assise sur l'exploitation et le fait de le dire ne modifie pas la position.


Que veut nous dire cette chronique ? 


Peut-on sérieusement soutenir que c'est la pensée racialisante qui met en place l'exploitation ? La pensée racialisante ne met pas en place l'exploitation, elle met à l'abri les consciences de ceux qui en profitent. Le reportage de France 2 le dit, ce sont les scientifiques qui cautionnent la race et la presse qui la fait exister.


L'école universelle n'est-elle pas un projet hégémonique tendant à entériner les positions exploiteurs-exploités sur un nouvel étalonnage ?  


Se gausser de Lamartine, au prétexte de racisme, pour ériger l'homme universel autonome et capable, voilà bien l'arrogance du fort qui méprise celui qui, tapis au fond de sa fragilité et de sa peur de la sauvagerie du monde, voudrait bien rester à l'abri d'un plus puissant que lui. Non la liberté n'est pas l'affaire de tous, oui elle est difficile et exigeante et elle fait verser beaucoup de larmes de solitude et prend beaucoup de vie. La fragilité, la peur, l'incapacité ne sont ni blanches ni noires, mais elles existent et je peux supposer qu'à être né esclave, on n'en est pas plus né pour se rebeller.


Alors voilà, moi j'ai juste le sentiment que les postures intellectuelles actuelles de luttes contre le racisme sont aujourd'hui identiquement une mise à l'abri des consciences de ceux qui profitent de l'exploitation.


Et c'est vrai, pour moi, le rouge à lèvres est devenu le signe d'une imposture.

en voyant le tableau ça me fait quand même irresistiblement penser à ces images d'actualité qui mettent toute personne normalement constitué très mal à l'aise:

https://twitter.com/Elysee/status/1046152129000480769

Oui, comme Rosa, je suis aussi "sur ma faim" concernant ces propos sur les Arabes, propos applaudis par le public qui réagit tel un disjoncteur dès que le mot "Arabe" déclenche sa surtension par un survoltage


Ces propos entrent bien entendu dans la réfutation que peut couvrir le chapitre de Mathilde Larrère sur l'esclavage économique moderne mais il y aurait avantage à ce que cette partie du sujet soit aussi développée car nous avons besoin de l'aide de Mathilde pour apporter des arguments


D’ailleurs, je dois dire que si on m'avait enseigné l'Histoire avec autant de clarté et d'enthousiasme que Mathilde Larrère, je serai certainement devenu féru de cette science et, qui sait, le Michelet Britannique


Au passage hommage à Victor Schoelcher, homme catholique, qui bien qu'un révolutionnaire Juif du nom de Jésus n'ait pas souhaité libérer la Torah de son acceptation naturelle de l'esclavagisme, a tant fait pour y mettre fin. Il n'y a rien qui me rebute plus que d'y trouver le mot esclave inscrit de matière évidente.


Au passage aussi, une petite info qui concerne toutes ces personnes d'origine Indienne qui appartiennent désormais à la population Sud-Africaine : Hormis ceux qui sont originaires des esclaves que les Néerlandais ont fait venir dans les années 1600 d'Inde, la majeure partie de ces personnes ont pour origines les Indiens venus par bateaux après 1860 et qui se sont établis dans la région de Durban sur la base de contrats d'esclavage moderne industriel dont parle Mathilde, le contrat d'Indenture 

Un détournement des lois de libération de l'esclavage qui dans un sens rappelle comment le statut généralisé de travailleur indépendant permet à la société de détourner les lois sociales


Merci Mathilde

Bravo pour ce décryptage passionnant. Reste que la dénommée Charlotte d'Ornellas a aussi tenu des propos scandaleux sur "les Arabes" qui auraient "réduit la terre entière (sic !) en esclavage et il sont encore en train de le faire aujourd'hui et tout le monde se tait", propos d'autant plus graves qu'ils ont été applaudi dans la salle. Fallait-il le relever ou ce propos est-il trop ridicule ? Bien cordialement

Merci Mathilde Larrère excellente chronique!

Est-elle réservée aux abonnée? Je me souviens qu'on pouvait partager ces vidéos d'utilité publique à une époque. 


Je signale aux @sinautes ce travail de réfutation d'un autre faussaire célèbre ça peut toujours aider : Eric Zemmour et les croisades : fact-checking

J'aurais aimé une petite allusion à la Charte du Manden, cette déclaration des droits humains qui dit dans son article 5 :

Les chasseurs déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose ;

L’esclavage n’est pas une bonne chose ;

Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là

Dans ce bas-monde.

Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc,

La faim ne tuera plus personne au Manden,

Si d’aventure la famine venait à sévir ;

La guerre ne détruira plus jamais de village au Manden

Pour y prélever des esclaves ;

C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche

de son semblable

Pour aller le vendre,

Personne ne sera non plus battu,

A fortiori mis à mort,

parce qu’il est fils d’esclave.


http://www.une-autre-histoire.org/charte-du-manden/

Chronique comme toujours épatante, enlevée, claire, pleine d'humour tout cela sous-tendus par une connaissance et un plaisir évident à informer.

Bravo, je me régale, je me régale.


Yanne, la nommée Charlotte d'Ornellas (dont je viens de lire la fiche wikipédia) n'argumente pas. Elle affirme des choses qui n'affleurent que superficiellement la réalité, s'appuyant sur les applaudissements des spectateurs à l'affirmation que "le monde arabe a réduit la terre à l'esclavage et continue à le faire..." (à quelques mots près).

Ah, l'air du temps!

Quand deux droites sont parallèles, il est difficile de débattre de leur possible point d'intersection.

Donc Mathilde Larrère renvoie la polémiste hyper-catho de droite extrême dans les cordes. Point.



Contenu très informatif, comme d'habitude avec Mathilde. Mais il reste quand même un élément de l'argumentation de la jeune femme qui n'a pas été abordé et qui n'est pas faut, c'est que l'esclavage existe encore :

"Selon les chiffres de l'Indice mondial de l'esclavage (Global Slavery Index 2014)103 élaboré par la fondation Walk Free (en), une ONG internationale ayant son siège social à Perth (Australie), le monde compterait 35,8 millions de personnes prisonnières d'une forme ou d'une autre d'esclavage moderne : travail forcé, traite d'êtres humains, servitude pour dettes, mariage forcé et exploitation sexuelle104,105. Tous les 167 pays étudiés compteraient des esclaves au sens moderne du terme. Les deux continents comptant le plus d'esclaves seraient l'Asie et l'Afrique : l’Inde (14,3 millions de victimes de l'esclavage), la Chine (3,2 millions), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2), la Russie (1,1) ; puis le Nigeria, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Bangladesh et la Thaïlande105. En pourcentage de la population, les pays comptant le plus d'esclaves seraient la Mauritanie (4 % ; l'esclavage y est héréditaire, les Maures noirs étant esclaves des Maures blancs de génération en génération), l’Ouzbékistan (3,97 %), Haïti, le Qatar, l’Inde, le Pakistan, la République démocratique du Congo, le Soudan, la Syrie, et la Centrafrique105.

Cet indice est toutefois très controversé. Selon les chercheurs Andrew Guth, Robyn Anderson, Kasey Kinnard et Hang Tran, l'examen des méthodes de l'Indice révèle d'importantes et graves faiblesses, et soulève des interrogations quant à sa validité et son applicabilité. De plus, la publicité accordée à l'Indice conduit à l'utilisation de données erronées dans la culture populaire et par des organes et organismes de presse reconnus ainsi que par des revues universitaires et des responsables politiques106.

En 2017, la fondation Alliance87107 dont le rapport108 basé sur ceux de l'Organisation international du travail109 des Nations unies et de l'ONG Walk Free Foundation (en), en partenariat avec l'Organisation internationale des migrations, indique qu'en 2016, 40 millions de personnes restent victimes de l'esclavage (par travail ou mariage forcés) de par le monde, que 71 % sont de sexe féminin et 25 % des enfants. "

Source Wikipédia


Et il reste que les personnes qui reprochent aux "blancs" l'esclavage, ne peuvent contester qu'aujourd'hui, même si ça existe encore de façon marginale dans nos contrées, il y a encore de l'esclavage par millions, et avec des maîtres la plupart du temps non-blancs, et que ce n'est pas le fait des pays occidentaux, qui eux ont aboli totalement ces horribles pratiques.


Je trouve cela un peu léger de ne reprendre qu'une partie de l'argumentation....


Parce qu'effectivement, ces intellectuels qui se réfèrent au racisme et à l'esclavage structurels du monde occidental, qui restent à prouver, parce que d'après moi, ce n'est qu'une question de ressenti, feraient mieux de lever le pavillon de la colère et du reproche, non contre les blancs, mais contre l'esclavage encore subi aujourdh'ui par des humains de par le monde.  Je pense que là, ils seraient légitimes réellement.... Et une fois qu'ils auraient réglé le problème, ils pourraient revenir faire des reproches à tout le monde....


Quant aux révoltes d'esclaves, la plus connue et probablement la plus importante qui ait jamais eu lieu est évidemment celle de Spartacus, qui n'a pas changé grand-chose à l'esclavage dans le monde romain.....

L'abolition de l'esclavage, c'est la rencontre d'une nouvelle vision de l'humain en occident, et des révoltes qui déstabilisaient l'économie et les sociétés des îles à sucre.  Sans la première, probablement que l'abolition n'aurait pas plus eu lieu qu'à l'époque de Spartacus.... Je comprends bien l'argument, mais d'après moi, il reste un peu court....

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