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Ce qu'il faut savoir, avant de voir le film de Kassovitz sur le massacre d'Ouvea

Le dernier film de Mathieu Kassovitz, L'ordre et la morale, fait sortir de l'oubli le "drame d'Ouvea", cette prise d'otages de gendarmes par des Kanaks indépendantistes, en Nouvelle-Calédonie, qui s'est soldée par la mort de 19 Kanaks et de 2 militaires le 5 mai 1988. Episode méconnu, considéré pourtant par certains comme un dérapage majeur de la République, le drame d'Ouvea devient "grand public", porté par un réalisateur de renom.

Derniers commentaires

Le FNLKS voulait faire un coup médiatique. Sensibiliser l'opinion publique française et pas seulement calédonienne sur le sort des mélanésiens de Calédonie qui voyait leur conditions se dégrader à nouveau. Tout a dégénéré mais au final, qui a tiré le premier coup de feu? Qui dans la gendarmerie a sorti en premier son arme pour tirer? Contrairement à la honteuse désinformation de l'époque (cf journaux télévisés du soir), les kanaks n'ont pas égorgés des gendarmes dans leur sommeil. Ils ont tentés une occupation.

admettons
admettons aussi qu'il n'y ait pas eu le choix : tuer les 4 gendarmes. j'ai comme un doute, mais bon

je ne parle pas de l'attitude de l'état : il me semble évident que ce qu'il s'est passé était bien plus lié à une élection qu'à la volonté de sotrir au mieux de l'affaire, et je ne doute pas qu'il y ait eu des gens tués ou non secourus par les militaires une fois l'opération finie.
mais qui conteste cela, aujourd'hui? c'est une affaire entendue.


parlons donc de la violence et, et pas uniquement de la violence de l'état français.
si jean-marie tjibaou et yéwéné yéwéné sont tués un an après, c'est suite à Ouvéa.
qu'est-ce que les kanaks ont gagné à cette affaire-là? (le film parle-t-il des suites de l'affaire?)


il y a une réelle violence dans ce pays.
quand ça pète, on ne sait pas où ça peut aller.
je parle d'individus, mais aussi de groupes d'individus.
voir ce qu'il s'est passé à Maré voici quelques mois. 4 morts. (avec le reproche fait à l'état de ne pas avoir empêché cela, tout est toujours de la faute à l'état colonial, vous le remarquerez)
voir aussi l'affaire d'Unia : le tiers de la tribu expulsé, une violence incroyable quand on y songe.
mais aussi voir la violence de certains propos dès que le mec en face "se lâche", est bourré par exemple.


l'autre soir je regardais le journal télé et j'écoutais des réactions de gens d'ouvéa au film : grosso modo, kanaks agressés, point.
la faute à l'état. les gendarmes tués, au départ? il n'en était pas question. comme si on ne voulait voir la violence que d'un côté. sans doute c'est "humain", comme réaction.
est-ce que ce film sert à quelque chose? je ne sais.
les modes traditionnels de régulation kanaks ont existé sur ouvéa : il y a eu des coutumes, des gestes, notamment avec les familles des gendarmes. idem sur l'assassinat de tjibaou.


il est sorti de cette affaire d'ouvéa les accords de matignon, puis l'accord de nouméa. la volonté d'essayer autre chose que la violence. l'Etat a changé. les calédoniens aussi, il faut l'espérer.

je crois que si on veut aller vers un destin commun, il faudra bien regarder en face les violences, et pas seulement la violence de l'état (à l'époque) qui est la plus facile à dénoncer (et pas celle qui est aujourd'hui en jeu).
effrayant, finalement moi comme tant d'autres avons bu les bonnes paroles de tonton, j'etais au ps à lépoque,

la colonisation ne finira donc jamais!! faire une loi d'amnistie pour mieux tuer!!!!!! sans être inquiettés comme bientot en syrie? ou en libye, tunisie etc...


et comment faire confiance à un commandant qui nous a mentis? et en plus il fais un livre, ! honteux, décidement je ne sais plus qui croire, tellement nous sommes désinformés

je suppose que les journalistes etaient au courrant aussi, mais qu'ils ne manqueront pas de faire un bouquin

écoeurant.
Sale affaire !
Pour une fois qu'un cinéaste met les pieds dans le plat, et seulement 25 ans plus tard, sur les pratiques coloniales de la France, ça risque de remuer des choses pas claires.

Je pense que les kanaks sont prêts à assumer ça. Les autres, un peu moins à mon avis.

L'article est disert et bien construit, avec toutes les informations utiles. Merci Laure.
j'ai eu à voir ce sujet sur l'émission TaddeÏ et je suis restée scotchée à les entendre j'ai beaucoup appris sur les politiques et j'ai hâte de voir ce filM
http://www.rue89.com/2011/11/11/clearstream-manipulations-le-docu-qui-gene-france-tele-226438

Il n'y a pas que le film de Kassovitz à avoir du mal ! J'espère qu'ASI va s'intéresser à ça et s'associer ua buzz

Moi aussi, je vote Bihite. Rien de nouveau sous le soleil du cynisme en politique.
Bonjour à tous,

Je précise d’emblée que j'habite à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

Je m'intéresse depuis longtemps à ce qu'on appelle "Le Drame d'Ouvéa". Je préfère volontiers parler de "tuerie" ou de "massacre". J'aimerai qu'avec ce film, on n'oublie jamais qu'en ce mois de mai 1988, des militaires français ont délibérément, sous couvert de leur hiérarchie, procédé à l’exécution sommaire d'autres français, sur le sol de la république. La France, sur place, et plus particulièrement le RPR de l'époque, pour protéger les intérêts des siens, n'a eu de cesse que d'appliquer la politique de la canonnière sur ce Territoire du bout du monde mais où flotte le drapeau français.

On pourra reprocher maintes choses aux kanaks qui en ce jour de mai ont décidé de prendre les armes et d'aller occuper la gendarmerie d'Ouvéa. Pendant des années, ils ont été présentés comme des terroristes. On a voulu les faire passer pour une version francisée du commando palestinien de Munich 1973. Qu'auraient-ils du faire?

Si on se replace dans le contexte de l'époque, Pierre Declerc a été assassiné depuis longtemps. Son tueur court toujours. Eloi Wachoro, a été abattu en 1985 par le GIGN qui le laissera agonisé alors qu'il occupe avec d'autres kanak une propriété d'un européen près de Canala. Les auteurs de l'embuscade de Hienghene en 1984, qui a conduit à la mort de 10 kanaks, sont innocentés par la justice et un jury composé exclusivement d'européens.
Parallèlement, toute la politique de partage des richesses sur place et de rééquilibrage entre le Sud et la côté Ouest très riche (européens) et le Nord et l'Est (kanak) initiée par la gauche et Mitterand a été balayée d'un revers de la main par Chirac et son gouvernement a peine fut-il revenu au pouvoir en 1986.

Qu'avaient les kanaks a gagner dans cette histoire? Le FNLKS voulait faire un coup médiatique. Sensibiliser l'opinion publique française et pas seulement calédonienne sur le sort des mélanésiens de Calédonie qui voyait leur conditions se dégrader à nouveau. Tout a dégénéré mais au final, qui a tiré le premier coup de feu? Qui dans la gendarmerie a sorti en premier son arme pour tirer? Contrairement à la honteuse désinformation de l'époque (cf journaux télévisés du soir), les kanaks n'ont pas égorgés des gendarmes dans leur sommeil. Ils ont tentés une occupation. Une occupation qui a dégénérée parce qu'un officier français, fraichement débarqué à Ouvéa, a voulu jouer au Cow-Boy et a sorti son arme pour tirer "dans le tas" avec le bilan qu'on connait. Dépassés par les évènements, les kanaks ont décidé de s'en tenir au plan initial et donc de retenir les gendarmes jusqu'au deuxième tour. Sans autres forme de revendications, ni d'arrière pensée. Ça n'est pas un acte crapuleux, encore moins fanatique. Eux-même espéraient sortir vivants. Si ils avaient voulu tuer du gendarme, personne ne serait ressorti vivant de la première fusillade. Lâchés par le FLNKS, désemparés, ne sachant pas vraiment où ils allaient, il aurait été facile de négocier et de faire sortir tout le monde vivant de cette grotte. Simplement en jouant la montre et en continuant d'attendre. Personne n'était en danger. Aucun otage n'était mourant.

Pourquoi avoir refusé encore d'attendre?

La réponse se trouve sans doute dans la plus grande des bassesses politiciennes. Celle des petits calculs et des grandes manœuvre de l'opinion. Le RPR local aurait sans doute considéré la discussion et toute forme de concession comme une faiblesse. Lafleur et toute sa clique loyaliste calédonienne aurait sans doute perdu des voix au profit du FN local en ayant choisi un autre chemin que la fermeté. Pour ne pas compromettre l'assise du RPR sur l'ile et continuer à protéger les intérêts des européens sur place, il fallait envoyer un message fort, quitte à avoir du sang sur les mains et des exactions sur le conscience.

Je ne peux, sur cette affaire, avoir d'autres sentiments que la honte et le chagrin. Pour qu'un capitaine du GIGN, corps d'élite si il en est, en arrive à de telles révélations et conclusions, c'est que les scènes dont il a du être témoin sont abjectes. Peut être un jour aura t'on aussi le témoignage du Proceur de la République de Nouméa. Il était sur place. Il était dans la grotte. C'est lui qui a passé un revolver aux membres du GIGN pris en otage. Il était là, à la sortie de la grotte. Il a été témoin des exécutions. Il avait d'ailleurs diligenté une enquête, aussitôt interrompue après les accords de Matignon et les lois d'amnistie. Certains kanaks regrettent d'ailleurs cette amnistie. Assumant leurs actes, ils auraient aimé voir tout le monde jugé. Encore eut-il fallu qu'une justice claire et impartiale fût rendue...
De sources sûres, l'AIEA sur base de la Gendarmerie Nationale, les papous terroristes kanaks disposeraient de plusieurs centres de test nucléaires dans le but de fabriquer des armes de destruction massive, pouvant atteindre Sydney (faut toujours impliquer un autre pays ça mange pas de pain, et ça apporte des copains).
La Nouvelle Calédonie en pleine négociation, avec l'aval du républicain Sarkozy, sur l'adoption d'un nouveau drapeau et d'un xième statut particulier de la République unique et indivisible, est bien trop loin des caméras pour que la Vraie République, La Métropole Coloniale s'en soucie à juste titre!! Tiens donc, et Mayotte, ça baigne??
Ce qu'il faut savoir, c'est que Pons a critiqué le film de Kasso dans l'émission Ce soir ou jamais... en ne l'ayant pas vu.
Ca donne le niveau d'honnêteté intellectuelle du bonhomme.
Une chose au moins est claire : Legorjus, à la différence des Vidal et Pons (ce pauvre paltoquet de la Chiraquie), a des états d'âme.

C'est là qu'on voit la différence entre un exécutant et des donneur d'ordre. Comme on le voit avec la torture en Algérie : les tourneurs de gégène en font maintenant des cauchemars, les généraux et les politiques qui vivent encore dorment comme des bébés.

"Mitterrand" et "double-jeu", c'est pas vraiment un oxymore !

Une amnistie, ça peut être juste et bon.

Ça peut également être un couvercle vissé sur une cocote qui finira par exploser...
Merci pour cet article très complet sur ce sujet. Moi aussi je me rappelle très bien de cet évènement et du fait que peu de gens étaient dupes du caractère "électoral" de l'assaut meurtrier.
Et sinon : « des otages "fanatisés" », même si les gendarmes peuvent parfois péter les plombs, je ne pense pas que c'était ce que vous vouliez écrire ;-)

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Dans les milieux militaires (je l'étais à l'époque) il était de notoriété que les kanaks avaient été exécutés. Je ne lisais pas la presse, mais cette information était claire et assumée.

Par contre, il n'est pas nécessaire d'attendre la sortie d'un film (qui ne restera qu'un film, c'est à dire partial) pour voir et connaitre le colonialisme de la RF. Il suffit de suivre les affaires qui mettent en causes des militants basques, corses ou bretons. Justice sommaire et partiale, justice politique donc. Allez donc enquêter la dessus, cela vous éclairera sur la composante coloniale de l'identité française. Code la nationalité, loi sur le "bienfait du colonialisme en AFN", "L'Homme africain qui n'est pas entré dans l'Histoire" etc, sont déjà des éléments factuels qui éclaire ce point - et qui ne choquent personne en france, Sauf peut-être avec un film qui permet de se doter d'une bonne conscience en s'indignant 20 ans après. Mais aujourd'hui, le colonialisme existe toujours et il sévit régulièrement: Yvan Colonna dans la catégorie poids lourd de la justice politique et surement pas indépendante. Jonathan Guillaume, action plus subtile pour faire taire un militant.
Je me souviens parfaitement bien du 5 mai 88. Je travaillais dans une rédaction de l'audiovisuel public, au service étranger. Nous étions, ce jour là, très occupé avec la libération des otages du Liban.
Au journal de 13h, Pasqua était invité du plateau : Jean-Paul Kaufmann, avait été libéré (suite à des "négociations qui n'avaient pas coûté un centime à la France" dixit Pasqua, qui avait envoyé son négociateur Marchiani). Nous étions en fin de campagne électorale si mes souvenirs sont bons.

Au 13h, il y avait donc la joie provoquée par le retour des otages (en tout cas de Kaufmann) et presque en direct, le coup de la "grotte d'Ouvea", avec l'équipe de France 2 sur place, et une interview d'un général (je ne sais plus si c'était sur le plateau ou en direct) par l'"accrédité-défense de la rédaction" qui commençait par : "alors, mon Général, heureux ?"
Sic.
;o((
Un drôle de concours de circonstances sur lesquelles je m'étais beaucoup interrogée à l'époque. J'attends avec impatience le film de Kassovitz, que j'aurais tendance à croire... La République française a souvent eu du sang sur les mains... mais visiblement la Grande Muette est toujours aussi muette. ;o((
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