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Bradley ou Chelsea Manning ?

Bradley ou Chelsea ? Il ou elle ? Comment parler de Manning depuis que celui ou celle qui vient d'être jugé(e) coupable d'espionnage au détriment des Etats-Unis dans l'affaire WikiLeaks et condamné(e) cette semaine à 35 ans de prison, a affirmé dans un communiqué : "Je suis Chelsea Manning, je suis une femme" ? (Nous l'avions brièvement évoqué ici). Les médias américains hésitent. En France, on se pose visiblement moins la question.

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Bradley ou Chelsea Manning ?
A France Inter, on a sur régler la question très vite : on appelle Manning "la taupe de Wikileaks".
Bien sûr, certains, pointilleux, pourraient estimer que le terme de "taupe" est quelque peu connoté négativement, et pas vraiment équivalent à "informateur/trice".
D'autres, particulièrement chafouins, vont même jusqu'à prétendre que France Inter, en faisant passer Manning de la catégorie whistleblower à celle de bad guy, relaient la propagande du gouvernement états-unien.
Mais je ne le crois pas : ce n'est pas le genre de Hess ou de Val.
J'ai pas tout lu, je sors de la voiture ou presque.
Manning (sans monsieur ni madame) a décidé un jour de contribuer à ce que, pour faire court, on va appeler wikileaks. Dieu, s'il existe, sait ce que sa contribution a eu de bénéfique pour nous tous. Mais Manning (toujours sans monsieur ni madame) a été piégé par la pieuvre de l'appareil d'état américain.
Et la pieuvre a soif et faim. Soif de ce qui la menace, faim de ce qui la ronge.
Alors une fois la proie saisie, il faut l’engloutir et la déglutir à tout prix. C’est cela qui compte.

Parce que peu importe que Manning (toujours sans monsieur ni madame) soit ce qu’il ou elle est. Ce qui importe c’est ce qu’il ou elle a fait. Et que peut être nous aurions tous aimé faire ?
Cela change rien, elle va toujours se farcir 35 ans de prison pour "pas grand chose".
gamma
le lanceur d'alerte deviendra-t-il le lanceur d'haltères en prison?
Dans tous les cas, ça fera une super histoire à vendre à hollywood tout ça, je verrai bien ewan mcgregor dans le rôle
Je vous trouve assez rétrograde pour le coup à Arrêt sur images. Que vous pensiez qu'il y ait un débat à avoir ici me choque.
La règle des pronoms concernant les personnes transexuelles et transgenres n'est pourtant pas très compliquée : utilisez le pronom que la personne vous demande d'utiliser. Si vous avez un doute sur le genre de quelqu'un, demandez-le-lui, et respectez ce qu'il/elle vous dit. C'est plutôt simple à piger je trouve !
"Est-on véritablement responsable de son identité ?" Non mais vous rigolez ? Il n'y a pas grand-chose de plus intime que son genre, alors les médias pourraient au moins le respecter. Je ne vois pas en quoi les journalistes d'ASI comme d'autre médias sont qualifiés pour dire qui est quoi. Wentworth Miller a fait son coming out mercredi ; est-ce que vous allez lancer le débat en vous demandant si vous devez le présenter comme un homosexuel ou non ? Après tout, il était hétérosexuel jusque là hein, alors qu'il vienne pas nous prendre la tête avec ses histoires. Et Muriel Robin avec ses cheveux courts, on dirait un homme, et venez pas me dire que je suis sexiste, je suis journaliste alors c'est moi qui dis c'est quoi qu'ils sont les gens.

Vous avez invité des sociologues cet été et c'était très bien. Maintenant, invitez un chercheur qui s'intéresse à ces questions et demandez-lui de vous faire un peu la leçon.

NB : La personne peut souhaiter que ce genre s'utilise de manière rétroactive pour désigner la personne avant son coming out. Chelsea Manning exprime qu'elle était déjà une fille quand elle était enfant, alors désignons-la comme telle.
Plus que la question du pronom à utiliser, les conditions d'incarcération du soldat Manning posent problème. L'argument anatomique est-il suffisant pour enfermer une femme dans une prison pour hommes ?
C'est en effet une des questions fondamentales qui concernent l'Humanité en ce moment. Merci de nous l'avoir fait connaître, je vais pouvoir me coucher plus con ce soir. Et ce faisant, oublier le Congo, Goldman et Sachs éventuellement, le gaz sarin. J'aurais peut-être dû lire l'article, c'est vrai. Tant pis, trop tard.
Il fait bien ce qu'il veut. Enfin, façon de parler, faut dire aussi qu'avec l'expérience des hommes qu'il a depuis son emprisonnement, on peut comprendre.
Reste à savoir si les "troubles" dont il est question dans les articles, ont été révélés pendant les procès, ou s'ils ont été engendrés par sa captivité et les tortures qu'il a subies. S'il a été brisé, comme on dit.
Bref, bien joué les states. Comme d'hab.
Et on a pas fini d'en découvrir...
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