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Bafouillages, trucages : des retraites dans le brouillard

Le rapport Delevoye, qui trace les grandes lignes de la future réforme des retraites made in Macron, a été rendu public le 18 juillet. Mais entre chiffres truqués, absence de simulation permettant de se projeter, et députée spécialiste du sujet incapable de présenter la réforme, difficile de savoir exactement à quelle sauce les futurs retraités vont être mangés.

Commentaires préférés des abonnés

On évoque toujours le prolongement par divers moyens de la durée du travail.

Mais jamais le fait que les entreprises haïssent les seniors par principe. On va demander poliment au Medef de les garder au chaud, c'est ça ? 

Le devenir d'un salarié li(...)

Moi j'ai retenu - moqueur - le Euuuuuh de Corinne Vignon 


C'est que je savais que cette réforme était la réforme du siècle

celle qu'il fallait lancer en été

quand les campings sont pleins et la canicule assèche les énergies

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L'impression que ca me donne, c'est qu'il serait préférable que


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- l’État lutte contre le chômage, et non pas contre les chômeurs. Le(...)

Derniers commentaires

Une réaction assez longue (et tardive) :

Le collectif reformedesretraites.fr dénonce le fait que dans son rapport Delevoye & co présentent sous un jour rassurant le nouveau système en donnant l'exemple de "Marine" (sic) qui née en 1990 voit sa situation quasi inchangée par rapport à ce à quoi elle aurait droit dans le système actuel... sous l'hypothèse que la durée de cotisation sera passée à 179 trimestres (44 ans et 3 mois) quand elle aura atteint l'age de partir en retraite (en 2054). Or c'est ce point précis qui pose problème selon le collectif car la durée légale est aujourd'hui est 168 trimestres. Selon eux cette présentation est trompeuse car elle "compare la réforme des retraites à… quelque chose qui n’existe pas " et serait donc "particulièrement malhonnête"


Plus précisément, dans ses annexes le rapport parle d'une "projection" basée sur l'hypothèse que l'évolution du système actuel se fera "selon le même rythme que lors de la réforme de 2014".


On peut défendre que même si c'est discutable, il n'est pas nécessairement manipulateur voire même peut-être plus réaliste de procéder de la sorte. En effet le système actuel repose, en théorie sur un régime dit à prestations définies (on sait ce à quoi on a droit à la date t) pourtant en pratique on voit ces prestations régulièrement révisées pour compenser le déficit du système : on retrouve la distinction entre droits formels et droits réels. C'est même ce qu'on retrouve dans les travaux d'économistes comme Antoine Bozio qui montrent que même si ça peut sembler contre-intuitif (de leur propre aveu), le système à points est en réalité plus redistributif. 


Par exemple si un on se plaçait en 1993, le collectif sur le plateau de Bruno Masure dirait : "Fripouille ! (oui les Visiteurs viennent de sortir...) la durée de cotisation du système actuel est 150 trimestres, votre présentation de la situation Sylvie, née 29 ans plus tôt, en 1964, est malhonnête car elle fait l'hypothèse d'un allongement de la durée de cotisation !"


Seulement rétrospectivement la durée de cotisation passe sous Balladur en 1993, à 160 trimestres, puis à 164 en 2003, 165 en 2010, et ce sera (c'est acté) 169 en 2026, âge auquel Sylvie prend effectivement sa retraite. Pour réfléchir en 1993, aurait-ce été si malhonnête de "projeter" une durée de cotisation qui s'allonge au delà de 150 trimestres du "système actuel" de l'époque (puisque c'est le choix qui est fait, contre celui par exemple d'augmenter le taux de prélèvements ou d'élargir l'assiette) ? Considérer une durée de cotisation constante n'est-ce pas aussi faire (implicitement) une hypothèse qui demande à être justifiée ?


Bref, on voit bien que la notion de "système actuel" est très discutable en raison de sa complexité... et c'est bien là tout le problème dénoncé depuis (au moins) 2008 par Piketty et Bozio [pdf] : sous couvert de stabilité, ce système évolue en réalité de façon opaque. Et au-delà de la question de la durée de cotisation, le même problème d'opacité se pose avec le montant des pensions qui a en réalité été revu à la baisse au fil du temps mais de manière très insidieuse via l'indexation sur les prix comme c'est expliqué dans l'émission cité plus haut (à partir de 9 min 08)


En conclusion, on pourrait presque retourner les choses et trouver malhonnête de présenter cette question, assez technique au demeurant, comme une "grossière tromperie" alors qu'il y avait de vraies raisons (qu'on peut toujours discuter) de faire ladite hypothèse.


Contrairement à l'argumentaire un peu excessif du Collectif, la note d'analyse des Économistes Atterrés citée par Marion me semble plus intéressante pour alimenter le débat.


D'ailleurs si on veut prolonger la discussion (ou pas !), ces derniers affirment "Il est légitime que deux ingénieurs qui prennent leur retraite au même âge et au même salaire aient le même niveau de pension, même si l’un a commencé comme technicien." Mais la contrepartie c'est alors que, en comparaison avec l'ingénieur en fin de carrière, le technicien qui est resté technicien toute sa vie voit son écart de revenus se creuser encore plus au moment de la retraite comme c'est le cas actuellement : dans le système actuel l’écart de revenus entre les 10% les mieux payés vs les 10% les moins bien payés est de 1 à 3 mais l’écart de retraite est de 1 à 5 (source)


Bref, c'est un choix de société : A l'heure de la retraite, préfère-t-on donner une prime aux winners et autres premiers de cordées ou resserrer les écarts de niveau de vie ? La question peut se poser...


Pauvre Corine Vison dur dur d'apprendre un texte "fallacieux" gouvernement de M .....

Merci Tony pour cet article qui perso m'apporte, enfin, quelques éclaircissements sur le sujet.

L'impression que ca me donne, c'est qu'il serait préférable que


- l’État lutte contre le travail au noir. Le travail au noir, ce sont des milliards de cotisations sociales non payées.

- l’État lutte contre le chômage, et non pas contre les chômeurs. Le chômage est un frein à la répartition.

- l’État arrête de diminuer le nombre de fonctionnaires. Le COR a dit que la baisse du nombre de fonctionnaires est la cause de la baisse des cotisations. Ces fonctionnaires pourraient, par exemple,… lutter contre le travail au noir et le chômage.


Tous ces sujets ne sont strictement pas abordés. Délibérément, pour rendre les actifs toujours plus corvéables.

Toutes ces réformes (retraite, chômage, assurance maladie, etc, etc.) ne présentent jamais :

- le problème. Quel est le problème ici avec notre système de retraite ?

- les solutions, comment récupérer des cotisations : voir ci-dessus.


Non, le problème c’est toujours ke lè gens y veulent pas travailler !

L'impression que ca me donne, c'est qu'il serait préférable que notre (les actifs) espérance de vie diminue... Sad but true...


Il est exact que certains d'entre nous (ceux qui n'ont pas eu une vie professionnelle trop dure et trop toxique) vont "profiter" longtemps de leur retraite. Quoique... même l'ordre des médecins, pourtant pas réputé pour être très futuriste, commence à prévoir que les diverses conséquences du bouleversement climatique et de l'imprégnation chimique de la terre, de l'air et de l'eau pourraient bien annuler l'augmentation d'espérance de vie de ces dernières décennies. 


Par ailleurs, on fait toujours comme si les retraités ne faisaient que "profiter". Une grève globale de nous tous et surtout de nous toutes serait intéressante par les creux qu'elle laisserait:  qui va faire marcher les asso? Qui va héberger momentanément le jeune qui vient de perdre boulot et logement? Ou la jeune femme qui se retrouve à la rue avec ses mômes pour cause de séparation? Qui va donner un coup de pouce financier en cas de coup dur à la petite famille qui n'arrive plus à faire les courses alimentaires en fin de mois? 


Et "qui va garder les enfants"?


Bien entendu, tout ça, le capitalisme s'en fout, ce n'est pas directement monnayable. 

le nouveau système est mesquin avec cette baisse  en "scred" mais fondamentalement le systeme par point ne change pas grand chose.... 


Au final c'est plutôt la question du chomage qu'il faut résoudre car c'est la que le bas blesse. un système par répartition va inéluctablement s'effondrer  (ou imposer un système par capitalisation en support) si le taux de chomage est trop élevé et que l'esperance de vie continue a augmenter. le système par capitalisation lui fonctionne quel que soit le taux de chomage puisqu'il est par nature individualiste et egoiste... il laisse des le depart ceux qui ne travailent/cotisent pas sur le carreau. en somme on a 2 systèmes possibles , un  cynique et l'autre a la limite de l'utopie.


Souhaitons que le système par répartition survive aussi longtemps que possible en France.  Ici en Californie la notion meme de retraite est devenue une abstraction.... les fonds de pension sont en train de devenir des mirages sauf peut être pour les fonctionnaires et les militaires .... la retraite repose  maintenance essentiellement sur la capitalisation basique defiscalisee (du moins jusqu'a la retraite) et donc l’épargne (401K , IRA)  sauf que celle ci est devenue impossible pour une fraction de la population et celle ci sera bientot majoritaire. 


il semble que le capitalisme et  l'augmentation de l’espérance de vie a créé une equation quasi insoluble, pour le meilleur et pour le pire.

Un contrepoint musical à ce bafouillage. Merci pour cet article! 

https://m.youtube.com/watch?v=A5TJos2wekU&lact=4&itct=CCsQpDAYACITCPCg96bh1eMCFQcIFQoddn8OkjILYzQtdmlkZW9zLXVaGFVDUTY4T1BRNjhubDl3Nk5vSk1lSmh2QQ%3D%3D&csn=GZw8XYbXA4PihAfpvqGwDw&noapp=1&client=mv-google

Puisqu'il parait que le modèle suédois pour la retraite est l'idéal voici un article du site France Inter publié le 18 juillet 2019.

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Retraite par points : l’exemple suédois est-il un modèle ou un mirage ?


Quarante-deux régimes de retraites différents en France contre... un seul en Suède. Il y a 20 ans, confronté au vieillissement de sa population et à un financement devenu intenable, le pays scandinave a profondément modifié son système de retraite, en optant pour un système à points, obligatoire, universel, et qui compte trois étages.

  • D’abord, la pension publique, perçue par tous les assurés. Chacun dispose d’un compte individuel où il accumule des droits en cotisant. Le montant touché au moment de la retraite dépendra des points accumulés, mais aussi de l'âge de départ, de l’espérance de vie moyenne et de la conjoncture économique.

  • Une retraite supplémentaire d’entreprise : dans la pratique elle est quasi-systématique. 90% des salariés suédois sont couverts. 

  • Une retraite par capitalisation, via l'abondement d'un des 800 fonds de pension homologués par l’État. 

Chacun peut, en temps réel, consulter sur son ordinateur le nombre de points dont il dispose et le montant correspondant.


Les carrières morcelées pénalisées

Un système idéal ? Pas vraiment. D'abord, il est de nouveau au bord du déficit, d'où une seconde réforme, adoptée en 2017, qui a reculé l'âge légal de départ en retraite, de 61 à 64 ans d’ici 2026. Surtout, le montant des pensions a globalement baissé : 53% du salaire de fin de carrière aujourd'hui, contre 60% en 2000.

Enfin ce système a, lui, aussi, sa part d'injustice : l'espérance de vie – qui détermine en partie le montant des pensions - n'augmente pas pour tout le monde. Les "cols blancs" sont donc favorisés. Par ailleurs, toute la carrière compte désormais dans le calcul des retraites, et non plus seulement les quinze dernières années d'activité, ce qui pénalise les carrières morcelées, et notamment celle des femmes. 

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Ce qui est remarquable est le montant des pensions qui passe de 60 % à 53 % du salaire de fin de carrière en 18 ans.

Le seul intérêt de cette réforme pour ce gouvernement est de baisser les retraites futures.

De plus ils veulent en épargner les militaires et les policiers. Pour l'instant rien pour les chasseurs.



D"après Wikipedia, cette Madame Vignon a un don pour l'astrologie et la voyance.


On comprend mieux qu'elle soit amenée à s'occuper de l'avenir des futurs retraités. Le macronisme permet à chacun d'utiliser ses    grandes  "compétences ".


Née en 1963 , elle a le temps d'être réélue, souvent,  pour nous faire profiter de ses  immenses talents.

Et quelqu'un a-t-il posé la question de fond : quel doit être le montant des retraites par rapport aux autres revenus dans un système par répartition ?

Et d'où viennent les fonds ? Cotisations salariales, patronales, taxe sur le capital etc. ?


On parle d'accumuler des cotisations ou des points mais dans un système par répartition, ce sont les travailleurs d'aujourd'hui qui paient les pensions des retraités d'aujourd'hui, ce n'est pas de l'épargne. Et donc, il me semble normal qu'il n'y ait pas de garantie sur la valeur d'un point retraite et, personnellement, je n'ai rien contre les débats sur les montants des retraites quand il s'agit de comparer le pouvoir d'achat concret de telle ou telle catégorie.


Parce qu'au final, certaines classes sont doublement favorisées : favorisées durant leurs années d'activité rémunérée avec ensuite une pension correcte et une bonne épargne permise par leurs revenus. On se retrouve ainsi parfois avec une solidarité inter-générationnelle inversée, avec papi-mamie qui versent une aide, une "pension" à des enfants ou petits-enfants en galère bien que travaillant, un travail censés pourtant payer la retraite de papi-mamie.


P.S. : question épargne, bas de laine & co., les Français auraient 1 700 milliards d'euros placés en assurance vie, et la réforme fiscale de Macron n'aurait pas entamé l'intérêt de ce placement financier, placement avec intérêts et plus-value, 1700 milliards que les banques placeront dans une belle logique capitaliste d'exploitation du travail.

Bien-sûr qu'il y a un problème à ne pas connaître le montant futur du point puisque c'est source de toutes les incertitudes, ce à quoi est justement censé parer l'assurance retraite. 

A mes yeux le problème essentiel est que le montant à venir du point est présenté comme une mesure technique : le gâteau à se partager est constant par rapport à aujourd'hui, c'est-à-dire 13 % du PIB. Or, non seulement on retire aux partenaires sociaux la négociation de l'équilibre (on se demande bien à quoi ils vont finir par servir ceux-là après leur avoir retirer aussi la sécu, le chômage et les prudhomme), mais on condamne les pensions à décroître puisque la croissance du nombre de retraités (on parle d'un tiers de mieux en 2050) n'est pas commensurable à celle envisageable du PIB. 

Bref, si vous voulez demain pouvoir payer votre EHPAD, il n'est que temps de mettre de l'argent à gauche. Banquiers et assureurs ont eux de quoi se réjouir.

Faut voir...

Ca fait un moment qu'on peut légitimement se demander ce que font les partenaires (?) sociaux et ne pas s'offusquer que l'Etat prenne les choses en mains.

Avec l'Etat, on peut d'un côté espérer la remise en place d'un dialogue social efficace et de l'autre craindre un système à la merci de l'idéologie de l'exécutif en place.


Forcement, avec du Macron/Philippe à la manoeuvre, les orientations pourraient favoriser la capitalisation. Mais il faut voir ce que peut donner le système avec un autre pouvoir.


Au demeurant, dire "il n'est que temps de mettre de l'argent à gauche", c'est bien ce que Macron/Philippe veulent entendre, et le mettre pas n'importe où, dans des fonds de pension investissant dans les entreprises, en principe au nom de l'action vertueuse d'un financement de l'activité par l'épargne, et en réalité dans de la pression pour du rendement financier des entreprises, la rémunération des actionnaires (= retraités) et l'éventuelle vente pour plus-value à la première occasion.


C'est d'ailleurs pour ça que j'indiquais l'article de Capital sur l'assurance-vie disant "ouf !", la réforme ne touche pas trop à ce placement qui est une base de l'épargne de long terme, mais une base trop dormante pour certains, pas assez investie dans la "start-up nation".

Je suis un peu étonné par ce message. Je suis étonné parce qu'il vient de vous. Comme j'ai beaucoup de temps disponible j'ai parcouru l'ensemble des discussions et j'en gardais le souvenir que vous êtes un "sage". 


Un "sage" étant celui qui ne s’énerve jamais et qui  dispose des connaissances nécessaires pour "recentrer" le débat quand le débat s'aventure.


Mais là, votre sagesse semble en défaut lorsque vous écrivez : "Mais il faut voir ce que peut donner le système avec un autre pouvoir."


Ce qui, je crois, tend à conforter l'idée que les systèmes sont indépendants des pouvoirs et donc plus pérennes que les pouvoirs. 

Il ne vous a pas échappé que depuis environ soixante ans, ce sont les pouvoirs qui patiemment, miette après miette, mettent en place un système qui leur permettra de ne plus jamais perdre le pouvoir. La mise en place du traité de  "constitution européenne" en est une illustration parmi d'autres.


Pour en revenir au problème, si il y a un problème, des retraites, il faut le replacer dans ce contexte :

Nous vivons dans des sociétés où les financiers ont le pouvoir. 

Nous vivons dans des sociétés où l’État a abdiqué face au "marché".


Il devient donc évident (sic) que la prise en charge de ceux qui ne peuvent plus contribuer à la création de plus-value ne doit surtout pas  être confiée à la solidarité nationale.


J'ai été un peu long, je m'en excuse.

Je pense que vous avez raison, je crois spontanément plus à la force des systèmes qu'aux volontés (bonnes ou mauvaises) des acteurs. Il faut parfois laisser faire et chercher l'utilité d'une mesure en dépit des intentions de celui l'ayant décidée, surtout en matière technocratique.

Surtout en matière technocratique parce que, par exemple, la mise en place de la Sécu a hérité d'un travail technique à travers divers pouvoir aux intentions variables (cf Pierre Laroque passant par le cabinet de René Belin en 40 sous Pétain avant de faire le boulot en Résistant à la Libération).


En l'occurrence, quoi que Macron & co. attendent de leur système, je pense utile d'en avoir un qui simplifie la décision, qu'on ait un instrument plus clair. Comme le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, il y a un aspect technique à mettre en place indépendamment de l'aspect économique du choix des montants.


Quelques arguments à partir de documents qu'on a chez le Conseil d'Orientation des Retraites (COR)  :

- dans cette étude sur la réforme, on pose 3 problèmes du système actuel : problème de lisibilité, d'équilibre financier incertain et de redistribution déficiente imposant un tas de trucs complémentaires comme correctifs ;

- dans le rapport 2019 du COR (cf la synthèse  et le rapport complet), on peut détecter des soucis de ce type : illisibilité quand on essaie de comprendre comment ça marche, équilibre financier incertain quand on voit qu'on est déficitaire avec du financement par les réserves ou la dette (1% des montants, 3 milliards d'euros), qu'il y a 20% des montants qui ne sont pas assurés par les cotisations et qu'ils comptent sur l'augmentation de la productivité du travail pour assurer l'équilibre et problème de redistribution au niveau des disparités selon les caisses (Cf p. 73 du pdf la structure des financements selon les caisses).

Exemple de disparités, la caisse des agriculteurs souffre d'un déficit de cotisants demandant une intervention de l'Etat alors que d'après cet article , les avocats, eux, ne voudraient pas rejoindre un système universel vu que le leur est bénéficiaire.


Question structurelle : impose-t-on un système plus jacobin, plus universel, centralisé et égalitaire au nom de la solidarité nationale (et tant pis pour le confort des avocats...) ou laisse-t-on les uns et les autres avec leurs caisses plus ou moins bien remplies ?


S'agissant des opposants, la France Insoumise critiquait l'an dernier la retraite par points, mais leurs arguments parlent surtout de ce qu'en ferait Macron, pas de ce qu'on peut en faire sur le principe. Bon, faudrait que je cherche pour voir si ils sont d'accord sur les problèmes du système actuel et si ils ont des propositions techniquement précises (pas juste annoncer retraite à 60 ans et financement en prenant au (grand) capital).


Donc, pour moi tout ça reste à voir, il y a encore des rencontres avec les partenaires sociaux de prévues, quelques mois pour qu'on sache précisément où ça va (en dehors de la ligne idéologique bien connue de réduction des cotisations pour prétendument favoriser l'embauche, l'emploi, le travail...).


P.S. : question "sagesse", rien n'est garanti et j'avais eu ce débat sur volonté des acteurs et force du système au sujet du Traité pour une constitution européenne. Je considérais à l'époque qu'il fallait voter "oui" en dépit de l'idéologie économique du texte, de ce qu'avaient en tête les dirigeants en place, que le plus important était la force du mouvement institutionnel, l'état d'esprit d'union, condition de régulations. J'avais peut-être tort mais il est certain que l'idéologie économique ne disparaît pas avec l'abandon de l'Union, cf le Brexit et la recette économique "trumpienne" de Boris Johnson : "dérégulation et grand plan de relance. Coupes fiscales, investissements dans les trains, l’Internet haut débit, les hôpitaux et les écoles, développement des logements, création de ports francs, autorisation des organismes génétiquement modifiés (OGM)...".

Une forme de relance, pourquoi pas, mais coupes fiscales, dérégulation, ports francs et OGM...


P.P.S. :

- réforme sous Macron/Philippe que j'ai approuvé : fusion du régime de Sécu des indépendants (RSI) avec le régime général ; 

- à surveiller, réforme de l'assurance chômage qui semble brutale pour un tas de précaires qui vont se retrouver à la case RSA au niveau indemnisation. On parle ailleurs de pigistes et cf ce fil twitter de l'un d'eux. Et au niveau de Pôle emploi lui-même, ne pas oublier que dans son programme des primaires de la droite, Bruno Lemaire voulait privatiser la partie "placement" (vs la partie indemnisation).

- à surveiller aussi, réforme prévue des minima sociaux avec sans doute des arrières-pensées agressives (incitation au travail comme ils disent...) mais qui peut techniquement être utile en simplifiant-fusionnant des aides pour produire une sorte de revenu de base, une garantie inconditionnelle de revenu plus facile à mettre en oeuvre que l'existant.


P.P.P.S. : c'est trop long ? Faut vraiment s'excuser de faire long ?

Ouh la là ...


Je passe de l'étonnement à l’effarement. Votre réponse, très argumentée, me laisse penser que ce que que j'ai cru de la sagesse est en fait de la naïveté. 


Pour avoir navigué toute ma vie professionnelle dans les eaux de l'économie politique et de la finance, j'ai appris que ce qui fonde les rapports sociaux, au sens marxiste du terme, c'est la répartition des richesses crées. 


En cela, je n'ai rien inventé du tout puisque Ricardo bien avant Marx avait identifié la répartition comme la pierre d'achoppement de l'économie politique.


Et quand il s'agit de partager le gâteau, ce qui compte avant tout, c'est qui tient le couteau. Et nous voici ramenés à considérer les rapports de force.


Qui détient les moyens d'information ? Qui fait les projets de lois ? Qui les vote ? 

Qui décide de ce qu"est l"ordre public" et de son "maintien" ?


Et je reviens à mon propos initial :  Je mettais en cause cette affirmation "Mais il faut voir ce que peut donner le système avec un autre pouvoir."


Et je me répète. Le même système ne donnera rien de différent avec un autre pouvoir. 

Il en va ainsi du réformisme depuis des décennies voire des siècles.

Je crains que nous ne parlions pas de la même chose...


Quand je parlais de "système", c'était la question précise, technique, du système de répartition gérant les retraites, pas du système socio-politique global (moyens d'information, législatif, ordre public etc. pour reprendre votre liste).

"Il faut voir ce que peut donner le système avec un autre pouvoir" signifiait "il faut voir ce que donnerait un système de retraite à points géré par un gouvernement de gauche avec des partenaires sociaux un peu plus efficaces".

Je parle là dans le cadre d'une question d'actualité et par définition réformiste puisque c'est une... réforme dont il est question.


Dans la critique globale que je pourrais faire du système capitaliste, de l'état politique du monde, de l'U.E., de la France etc., je ne dirais bien sûr pas qu'il suffit de changer de pouvoirs puisque ce serait justement une critique du système qui produit/définit les pouvoirs.

Merci !

Il y aurait plein de choses à dire sur l’aspect inadmissible de ses réformes.

J’en rappelle juste une : en reculant l’âge de taux plein, les personnes qui ont commencé à travailler jeunes sont très pénalisées.

Et comme commenté ici, à 50 ans dans le privé, on est jeté du marché du travail.


Il y a une manière de mettre le projecteur sur des aspects techniques pour noyer le poisson, mais penser le système de retraite (et tous les systèmes de sécurité sociale) doit se faire de manière globale.

Sébastien Rochat avait fait un dossier très complet sur ces réflexions globales concernant la retraite.

Dossier dans lequel je me souviens que la manière de présenter ces réformes est faussée d’entrée de jeu.

C’est dommage qu’on ne puisse pas accéder à ce dossier. :(

Voici un de ses articles (retrouvé péniblement…) :

RETRAITES : COMMENT COTISER PLUS ET GAGNER MOINS

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Moi j'ai retenu - moqueur - le Euuuuuh de Corinne Vignon 


C'est que je savais que cette réforme était la réforme du siècle

celle qu'il fallait lancer en été

quand les campings sont pleins et la canicule assèche les énergies

C'est que je savais qu'un rapport d'expert est la plus formidable antidote à la simple réalité malgré les entourloupes dépistées par @SI (merci)


Mme Corinne Vignon a certainement bien fait d'augmenter son empreinte carbone avec son camping car pour aller porter la bonne Euuuuuh à travers sa conscription car il en faut des Euuuuuh pour revenir au XIXe siècle


La République en Marcheuuuuuh


Qu'importe comme dit Cobalt 60 l'âge moyen des porteurs de journaux au petit matin a déjà dépassé celui du départ à la retraite

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

On évoque toujours le prolongement par divers moyens de la durée du travail.

Mais jamais le fait que les entreprises haïssent les seniors par principe. On va demander poliment au Medef de les garder au chaud, c'est ça ? 

Le devenir d'un salarié licencié à 50 ans, les gouvernements s'en lavent les mains. C'est une abstraction statistique pour eux. Ces politiciens vivent dans une autre dimension.

A moins que, comme en Italie, les seniors se retrouvent stagiaires ou à faire des boulots d'étudiants… comme leurs enfants.

Le joli monde qu'on nous prépare.


Actuellement, l'âge de la retraite à taux plein est de 67 ans et non 62 ans comme indiqué dans l'article.

Pour avoir une retraite à taux plein à 62 ans, il faut avoir commencé à travailler à 19 ans.

Ça reste une retraite par répartition, c'est juste le calcul du montant qui change, donc le but est bien de baisser les retraites, mais comme les votants (papy boomers) auront leur retraite calculée avec l'ancien système, je ne vois pas l'intérêt de cette réforme ...

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