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Commentaires

Avec, ou sans nègre ?

Il y a des mots dont on ne sait s’ils franchissent ou non la ligne jaune.

Derniers commentaires

Oh, zut, y'a pas de nouvelle chronique aujourd'hui !
Peut- être trouvera- t- on trace d'un scribe noir en égypte?
Je suis peut être totalement à l'Ouest, et je n'ignore rien de sa dimension péjorative dans certaines bouches, mais je trouve le mot "nègre" d'une grande noblesse. Peut être est-ce en référence à certaines de mes lectures, notamment de gentilshommes du 18e siècle qui avaient sous leur commandement des "nègres" dont ils ne cessaient de vanter toutes les qualités.

Pour reprendre un passage de la chronique d'Anne-Sophie, la définition du Larousse de 1907, c'est plutôt la partie sur la "race d’hommes noirs, inférieure en intelligence à la race blanche dite race caucasienne", qui me gêne, que le fait qu'on les désigne comme nègres et noirs.

Desproges disait aussi que la différence entre les blancs et les noirs, outre les dimensions (...), se constatait au niveau de l'intelligence, qui n'était pas la même chez Denise fabre et Léopold Sédar Senghor...
Si j'étais un "écrivain de l'ombre", etc, le mot "nègre" me conviendrait très bien, je le trouverais même flatteur.
Car si j'ai bien compris, le "nègre", c'est celui qui fait le travail, pendant qu'un fainéant se pavane et touche les droits.
Et si j'étais noir de peau, ça me semblerait aussi flatteur: avec ce sens, cette acceptation, ça donne une autre vision des colonies: les colonisateurs deviennent des fainéants indolents qui n'auraient été capables de rien bâtir sans le travail des "nègres"...
...A l'époque où il travaillait encore sur TF1.

Des chiffres dont personnellement je ne me lasse pas:

Source: France Inter, J'ai mes sources, 01/09/09

71 500 Euros par mois.
Plus une prime annuelle de 260 000 Euros.

Ce qui fait un total annuel de 1 118 000 Euros.

Quel homme ! Quel talent !

DD
C'est dans le dictionnaire, non ?
Alors utilisons le sans vergogne, et que les africains arrettent de se sentir "persecutes" !
Le droit de nommer

« Le mépris de l’autre (c’est-à-dire la méconnaissance ou l’incompréhension de l’autre non assortie d’un souci et d’un effort de connaissance ou de compréhension) se manifeste dès les premiers contacts précoloniaux dans l’entreprise taxinomique. Il est un phénomène vieux comme le monde qui consiste à nommer les autres d’un terme péjoratif, ce terme faisant souvent référence aux différences linguistiques encore une fois converties en inégalité: les Grecs baptisent barbares ceux qui parlent une autre langue que la leur, les Slaves ont donné aux Allemands un nom, némits, qui signifie à l’origine "muet", au Mali le peuple bobo porte un nom qui signifie "muet" en bambara, etc.

De façon plus générale, les envahisseurs, les explorateurs ou les commerçants nomment à leur gré ceux qu’ils ont en face d’eux et qu’ils considèrent, pour des raisons idéologiques variées, comme leurs inférieurs. Au VIe siècle en Grande-Bretagne, alors que les Gallois s’appellent eux-mêmes cymry (en gallois: "compatriotes"), les envahisseurs anglosaxons leur donnent un nom qui leur restera et qui signifie "étrangers": Welsh. (...) On trouve des exemples semblables dans toutes les situations précoloniales ou coloniales. Les Indiens d’Amérique du Nord sont ainsi baptisés de façon fantaisiste: les Leni-lenapes ("peuple du début") se virent attribuer le nom d’un héros anglais, Lord de La Ware, et devinrent ainsi pour la postérité les Delaware; les Dakota, les Nakota et les Lakota, trois groupes d’un même peuple, se voient baptiser de façon générique sioux, par déformation de la prononciation française (nadouessioux) du mot servant à les désigner en chippewa; les mêmes Français baptisent nez percés un peuple dont les guerriers avaient l’habitude de porter un anneau dans le nez, etc.

Ce mépris des appellations autochtones relève d’un mépris plus vaste pour les peuples; les territoires et les habitants n’existaient pas avant l’arrivée du colonisateur (puisqu’ils n’avaient pas de nom, ou du moins puisqu’on se comporte comme s’ils n’avaient pas de nom), et l’on nomme lieux et peuples comme bon nous semble. Ainsi l’Afrique de l’Ouest au sud du Sahara sera nommée par les Arabes d’un mot qui signifie "noir" à l’origine, Soudan. Et les premiers navigateurs portugais ont appelé le fleuve Wuri, rio dos camerroes (le fleuve des crevettes), appellation qui par synecdoque désignera bientôt la région, deviendra camerones en espagnol, cameroons en anglais, kamerun en allemand et cameroun en français: aujourd’hui, par la grâce de ce baptême, les Kotoko, les Bamiléké, les Fang, les Fali, les Douala, etc., sont des "Camerounais". Il avait suffi que les marins portugais vissent des crevettes dans le fleuve Wuri. Ce droit de nommer est le versant linguistique du droit de s’approprier.
(...)
Mais le plus bel exemple de cette arthrologie colo­niale et raciste reste l’histoire du mot par lequel on désigne, en français, l’anthropophage cannibale. Le dictionnaire étymologique de O. Bloch et W. von Wartburg est d’ailleurs pour une fois explicite sur ce point: « Cannibale, empr. de l’espagnol canibal, alté­ration de caribal, qui vient lui-même de caribe, mot de la langue des Caraïbes (ou Caribes) des Antilles, qui passe pour signifier proprement “hardi” et qui sert à les désigner.» Le terme apparaît en fait pour la première fois dans le Journal de navigation de Christophe Colomb qui amalgame sa déformation du mot caribe (il transcrit d’abord caniba) et l’infor­mation selon laquelle les Caribes mangeraient de la chair humaine. En 1580, Montaigne reprend le terme dans ses Essais (« Des cannibales »), Essais tra­duits en anglais en 1603 par un ami de Shakespeare, Giovanni Floro. Shakespeare lit l’ouvrage et l’utilise sans aucun doute pour créer dans sa pièce La Tem­pête un personnage difforme et réduit à l’esclavage par Prospero, dont le nom est tout simplement un anagramme de Canibal: Caliban. Le tour est ainsi joué, et l’histoire du mot est sans doute l’exception qui confirme notre règle: pour une fois que le nom que se donnent réellement eux-mêmes les indigènes est repris par l’étranger, il est détourné de son sens et sert à désigner de façon péjorative ces indigènes d’abord, puis l’ensemble de leurs frères dominés. »

Louis-Jean Calvet, Linguistique et colonialisme. Petite Bibliothèque Payot, 2002 (1974)

« La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire. La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître… un point c’est tout ». Lewis Carroll.
C'est l'anniversaire de Martin Luther King aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'un nègre marron ?

« On appelle marron l'esclave qui s'enfuit. Aucun auteur, à notre connaissance du moins, n'a donné l'origine, ni l'étymologie de ce terme. Il nous vient, sans doute à nous, des Espagnols, qui appelaient cimarron le nègre fugitif.
Ils appliquaient primitivement ce terme aux animaux qui, de domestiques, devenaient sauvages, lorsqu'un accident quelconque les éloignaient du milieu des hommes, et c'est pour cela sans doute qu'ils l'ont étendu jusqu'à leurs nègres. Puisque l'on dit cochon marron, pourquoi ne pas dire nègre marron ?
Il y eut des marrons dès qu'il y eut des esclaves. (...) »
Victor Schoelcher : Des Colonies..
Correspondance amusante ce début d'année aux Etats Unis : dans le Daily Show, "édition internationale", reprise le samedi matin sur Canal + on s'émouvait de la disparition du terme "nigger" dans l'oeuvre de Mark twain Huckleberry Finn.
Le chroniqueur, noir mais on s'en fout en fait, proposait même de relooker les gravures originelles du livre pour les édulcorer, quitte à finir avec un lapin et une tortue !
Voir, par exemple : http://www.slate.fr/lien/32353/twain-huckleberry-finn-racisme-censure
Très intéressante chronique, merci à Anne-Sophie Jacques.

Il y a néanmoins quelques points qui me semble quelque peu pas totalement correct (notez la diplomatie) :

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AnSoJa>> En 1642, Louis XIII autorise la traite et l’esclavage, se ralliant à un argument qui sera constamment utilisé: en échange de leur travail, les esclaves seront «baptisés et instruits dans la religion chrétienne». C’est écrit texto dans le Code Noir, l’ordonnance coloniale de 1685.

Précision: Louis XIII n'a autorisé la traite et l'esclavage que dans les Antilles françaises (en tout cas pas en France continentale, où "le sol de France affranchit l'esclave qui le touche", édit 1315).

Plutôt que dans la "religion chrétienne", c'est dans la religion "catholique, apostolique et romaine" qu'ils devaient être convertis. Cela a son importance.

Et je ne trouve pas que ce soit en échange de leur travail qu'ils aient été convertis, mais plutôt pour mettre hors d'influence les Juifs et les réformés. Le premier article du code noir est hors sujet de la traite des noirs et ne traite que de cela (bouter les anti-cathos hors des iles):
enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.
L'article 2 mentionne bien que "Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. ", mais pas de mention que ce serait "en échange de leur travail".
De plus cela avait déjà été ordonné en 1664 pour la "police des îles".

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AnSoJa>> "dans le Dictionnaire de Trévoux, édition de 1732, le nègre est le «nom propre de peuple, habitant, originaire de la Nigritie. (…) Les Nègres vendent aux Espagnols, aux Portugais et aux Hollandais, non seulement ceux de leurs voisins qu’ils peuvent attraper, mais quelquefois leurs propres femmes et leurs enfants. Ils sont noirs, (…) ils passent pour robustes, mais ignorants, lâches, et paresseux. » Voyez donc : le nègre se vend lui-même !"

Je sens là comme qui dirait que vous ne le croyez pas, sur la vente d'esclaves noirs par des Noirs. (moi c'est surtout le "paresseux" qui me choque ; "lâches", ça je laisse passer, tous les hommes le sont).

En effet, ma bonne dame Michu, le nègre se vendait lui-même.

Il se trouve que je suis actuellement en train de lire "Les négriers en terre d'islam" de Jacques Heers, un certain professeur émérite à la Sorbonne ("émérite" de quoi?).
Ce livre parle bien sûr principalement de la "traite musulmane des Noirs d'Afrique", qui a eu lieu "pendant plus de 1200 ans", et donc a porté sur un bien plus grand nombre de personnes que la traite des européens (mais passons), mais mentionne aussi logiquement les pratiques des Noirs eux-mêmes.

Ainsi, page 64 (édition de poche "Tempus" trouvée en Belgique), on peut lire :
" Chez les Noirs mêmes, « il y a des gens qui volent les enfants les uns des autres. La soeur est menacée par le frère, l'épouse par l'époux, l'enfant par le père ou par l'oncle.» ".

Ou pire, page 57, suite à une tuerie perpétrée par les Toubenae (musulmans) sur un peuple du Soudan occidental: "« Les survivants souffrirent longtemps d'une telle misère, si intolérable qu'un grand nombre d'entre eux allèrent eux-mêmes se vendre comme esclaves.»".

Je conseille vivement la lecture de ce livre. C'est un peu brouillon, un peu "style universitaire", mais pas difficile à lire, et qu'est-ce qu'on apprend...
Sur le même sujet, une brève mention dans wikipedia, faute de recherches historiques approfondies, ce que tente de remédier des livres comme ceux de Jacques Heers en collectant les "travaux les plus récents, notamment ceux des historiens ivoiriens et nigérians".

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AnSoJa>>«Ce trafic odieux, inauguré au XIVe siècle par les Portugais, prit des proportions considérables dès la découverte du nouveau monde. Ce n’est qu’au commencement de notre siècle que ce commerce infâme souleva l’indignation; aujourd’hui, des croisières permanentes établies sur les côtes de l’Afrique par la France et l’Angleterre, rendent la traite sinon impossible du moins fort difficile.» En somme, nous Français, on n’y est strictement pour rien, voire, avec nos croisières, on empêche ce genre de commerce. Magnifique réécriture de l'Histoire !

Je ne vois pas en quoi le fait que l'article ne liste pas la liste (longue) des pays qui ont pratiqués ce trafic peut vous permettre de dire qu'ils veulent faire croire que "nous Français, on n’y est strictement pour rien".

Concernant les "croisières", censé empêche ce genre de commerce, ce n'est nullement un réécriture de l"Histoire. Je me permets de vous dire que c'est plutôt vous qui faites une réécriture de l'Histoire en essayant de nier que l'abolition de l'esclavage est le fait des idées et des actions européennes. Après bien sûr, la raison n'est peut-être pas si noble: wikipedia: " De fait, le zèle des Britanniques était d'autant plus important que la chasse aux bateaux négriers qu'ils menaient leur permettait de s'assurer plus facilement des points d'appuis sur la côte africaine".

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La tête de nègre n'est pas "une confiserie faite de chocolat fourré de blanc d’œuf", mais une confiserie faite de meringue (blanc d'oeuf et sucre) enrobée de chocolat de couverture (nuance), avec souvent un fond type biscuit/gaufre. Une version hi-gourm' (=haute gourmandise) est fourrée avec de la ganache. Le truc infâme que bouffe notamment les Allemands, c'est pas de la tête de nègre, car c'est fait avec du marshmallow tout caoutchouteux. De plus je trouve qu'on utilise "fourré" pour les éclairs, les religieuses (je parle des gâteaux, hein!), les dindes, bref, il faut l'action de fourrer, c'est-à-dire de déposer une farce dans un contenant (dinde) ou entre deux éléments durs la maintenant (macarons). Soyons précis.

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>> En revanche, je ne suis pas capable de qualifier un Noir de Nègre.

Soit. Mais qualifier un Africain sub-saharien, un afro-américain ou un Antillais de "Noir", pensez-vous qu'il n'y a pas aussi un petiot problème ?

Exemple: vous dites vous en vous rasant le matin que vous faites partie de l'équipe d@SI, ou pensez-vous parfois que vous faites partie d'une équipe de Blancs ?

Quand vous dites "Nègre appartient aujourd'hui aux Noirs", ça me fait un nœud au cerveau. Ça "bug". Tous les Noirs n'ont pas des ancêtres esclaves par les traites coloniales européennes, loin de là.

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Signé: un descendant de Petit-Blanc, mais de la Réunion, où un petit peu péjorativement on nous appelle les "Yab" (péjoratif comme "Bouzeux" ou "cul-terreux", les Yabs étant, ou étaient, pour beaucoup de petits cultivateurs vivriers super-pauvres). Et bien sûr, comme bon nombre de Blancs de la Réunion, j'ai au moins un ancêtre d'Afrique Noire ; en fait une ancêtre: en participant au projet Génographic de National géographic, j'ai su que j'avais l'haplogroupe/sousclade L3*, qui est, je cite le compte-rendu:
Les membres de L3* font partie de l'haplogroupe L3, ce qui est
déterminé par votre séquence génétique. Les membres de L3* comprennent certaines des lignées
afro-américaines d'ADNmt les plus courantes et les plus répandues, et la plupart dérivent
probablement d'Afrique de l'Ouest, entre l'Angola et le Cameroun, ou en Afrique du Sud-Est, au
Mozambique. Ces lignées se retrouvent également à Sao Tomé et Bioko dans le Golfe de Guinée
en Afrique de l'Ouest. Cependant, la traite des esclaves au 18e siècle, partis d'Angola et du
Cameroun pour travailler dans les plantations de canne à sucre d'Afrique de l'Ouest, ainsi que le
transfert ultérieur des esclaves en Amérique, est responsable de la distribution géographique
étendue des L3 en Afrique de l'Ouest et aux Amériques, ce qui rend difficile l'identification précise de
leur origine géographique.

Signé, donc: un Nègre blanc de peau.
Excellent article, vraiment très instructif.
Pour ma part je ne vois absolument aucune raison de ne pas utiliser le mot nègre pour désigner les écrivains qui écrivent les merdes d'autrui parce que leur talent est bafoué, asservi à alimenter une soupe commerciale au lieu de rédiger de véritables chefs d'oeuvres.. Ce serait un doux euphémisme que de tenter d'en trouver un autre. Il y a bien des Noirs comme aux USA qui s'appellent entre eux "Négros". Je trouve cette attitude répugnante et le premier qui m'appelle comme ça je le pète en deux, mais si eux ça leur convient pourquoi pas? Ils assument leur Histoire tout comme nous Français devons accepter la notre et ne pas renier ou cacher les faces horribles qu'elle comporte parce que toutes elles sont importantes et nous permettent de comprendre, par exemple, que la raison pour laquelle on dit nègre au lieu de "ghostwriter" et qu'il y a des Français noirs c'est notre Histoire.
Et le nègre blanc (vieil argot) qui pouvait être un bleu (un appelé ) blanc pas forcément blanc-bleu?
Un petit coucou,
avec quelques-uns de ses clichés (plus ou moins) en rapport avec le sujet,
à une amie, connue sur les forums d'@si, qui est partie :
http://zemagicsyl.hautetfort.com/media/01/00/145491989.jpg
http://zemagicsyl.hautetfort.com/media/02/00/2091380272.jpg
http://zemagicsyl.hautetfort.com/media/02/02/1727579157.jpg
http://zemagicsyl.hautetfort.com/media/01/01/1236692537.jpg.2.jpg
http://www.myspace.com/sylvaineprod
bon vent SylvN
Qu en pensent les gens de couleur?
Je n'avais pas vu à temps ce très bon article, je reposte donc ici le message que j'ai posté sur l'autre forum, à propos du mot "nègre", en le complétant :

Je hais le terme de "nègre" pour faire référence à un "ghostwriter", parce que cela fait directement référence à l'esclavage. L'an dernier, j'ai beaucoup étudié l'esclavage et l'abolitionnisme en Angleterre et aux États-Unis, et j'ai été profondément bouleversée - si ce n'est traumatisée - par ces études, et par le fait qu'on ne les enseigne pas vraiment dans nos collèges et nos lycées - c'est pour moi une honte absolue. Bien entendu, je sais bien qu'à l'origine, cela ne veut dire que "noir", et que certains Afro-Américains eux-mêmes jouent de ce terme en s'appelant "nigger" entre eux, mais ça me glace toujours le sang de l'entendre, comme la majorité des Américains et des anglophones. Il me faut sûrement du temps pour me remettre de mes études, je ne sais pas... J'ai sûrement une vision avant tout américaine des choses.

En gros, quand un blanc parle d'un "nègre" pour désigner une personne d'origine africaine, c'est clairement raciste, dans l'immense majorité des cas. Quand une personne d'origine africaine l'emploie, c'est un retournement positif de ce mot, voire une volonté de retour à son origine neutre d'adjectif désignant une couleur, ou c'est à l'image de sa réappropriation par Senghor, Césaire et d'autres, qui voulaient justement contrer la logique raciste du colonialisme en s'appropriant le terme péjoratif qui collait à l'époque à la peau, c'est le cas de le dire, de toute personne de couleur.

Je ne sais pas si j'arriverai un jour à dissocier ce mot de son emploi profondément raciste. Le sens de nègre de "ghostwriter", et celui de la tristement célèbre friandise au chocolat, n'aident pas du tout à re-transformer ce mot en terme neutre, et encore moins à le rendre positif. L'un renvoie directement à l'esclavage, l'autre à une vision à vomir de l'Homme noir (homme-enfant dénué de Raison, déshumanisé, etc.) qui a longtemps prévalu aux États-Unis, d'abord surtout dans le Sud esclavagiste, puis jusque dans les institutions et l'État, envahis par les valeurs sudistes après la guerre de Sécession (comme l'illustrent les positions du président Wilson, et le film Birth of a Nation salué par lui comme étant un chef d'œuvre, une épopée historique magnifique, etc.).

Aujourd'hui aux États-Unis, compte tenu de son histoire, le mot "nigger" est naturellement devenu le plus controversé et le plus dangereux de la langue anglaise, au point qu'on parle du "N word" pour y faire référence, et qu'il n'y a là aucune dimension ludique, contrairement avec le "F word", qui, quand il est prononcé et "bippé" à la télé, fait toujours rire. Le "N word", lui, ne fait pas rire, mais alors pas rire du tout. Presque tous les rappers et certains Afro-Américains sont d'autant plus fiers de l'employer. La communauté intellectuelle afro-américaine est très partagée sur la question, notamment sur celle de l'éventuelle interdiction de ce mot, et la majorité est plutôt contre, comme moi. À quoi servirait l'interdiction de ce mot ? À faire reculer le racisme ? Certains le pensent encore aux États-Unis, d'autres ne voient pas comment.

Bref, ça va peut-être en faire sourire certains, mais j'ai véritablement la gorge serrée quand je pense au mot "nègre" ou au mot "nigger", et parfois même les larmes aux yeux. C'est devenu physique, viscéral, en quelque sorte, depuis cette année intense durant laquelle j'ai étudié le Sud des États-Unis de l'après Guerre de Sécession et le débat sur l’abolition de l’esclavage en Grande-Bretagne de 1787 à 1840... Je ne dis pas que mon attitude est celle à avoir. Je témoigne simplement de la mienne, que je n'arrive pas encore à contrôler.

Pourquoi peut-on encore aussi naturellement le prononcer en France, au sens de "ghostwriter" ?


Pourquoi peut-on encore aussi naturellement le prononcer en France, au sens de "ghostwriter" ?



Parce que changer les mots pour faire dans le politiquement correct, ça ne change pas les choses et ça devient vite du révisionnisme. C'est comme certains habitants de Vichy qui voudraient qu'on ne parle des Vichyssois que pour désigner les habitants de cette bonne ville d'eau. Qui voudraient que l'on parle des pétaino-Résistants et non des Vichysto-Résistants. Comme s'il n'y avait jamais eu de gouvernement de Vichy ?
Et les Versaillais, ceux qui ont massacré les Communards, on les rebaptise comment pour pas déplaire aux habitants de Versailles ?
Vos comparaisons me choquent un peu... Comparer toutes les personnes de couleur victimes de racisme aux Vichyssois et aux Versaillais... c'est un peu... comment dire... original.

Et je n'ai jamais dit qu'il fallait "changer les mots". Je me demandais simplement comment on pouvait employer celui-là toujours aussi naturellement. Mon petit doigt me dit que si l'on enseignait en France, comme il se doit, l'histoire de l'esclavage et des mouvements abolitionnistes, ce terme ne serait plus aussi facilement et naturellement employé. Mais j'ai peut-être tort. Dire que ce n'est qu'un problème d'éducation, ce n'est qu'une hypothèse, et, encore une fois, je suis sûrement trop influencée par une vision américaine de considérer ce problème.

Personnellement, ça me choque autant que les expressions du genre "fais pas ton juif" (="fais pas ton radin"), expression que j'ai encore entendue lors des fêtes de Noël dans la bouche d'une de mes cousines du sud-ouest. Pour elle, ce n'était qu'une expression comme les autres ; elle n'est pas du tout antisémite, c'est juste quelque chose qui se dit. Ayant une grand-mère rescapée de la rafle du Vel' d'Hiv', c'est vrai que ça me touche peut-être plus que d'autres... Et j'ai peut-être trop lu sur l'esclavage et l'abolitionnisme... Que dire ? Ce genre d'expressions me glace le sang, c'est tout. Je ne suis pas du côté du politiquement correct, mais ça me fait mal à chaque fois que je les entends. Suis-je en tort ? Suis-je trop sensible ?
[quote=Suis-je en tort ?] Non

[quote=Suis-je trop sensible ?] oui
(zut, mon message est mal placé, mais je ne sais pas le déplacer)

Je travaille tous les jours avec une personne très raciste, qui ne prononcera jamais le mot "nègre", qu'elle a remplacé par "chevelu", mot qui disparaîtra lui-même de son lexique personnel s'il est un jour trop lourdement chargé... dois-je lutter conte le mot " chevelu" ? ( nègre aurait le mérite d'être compréhensible, alors que de nombreux individus à la peau noire ont les cheveux très courts ou rasés, ce qui rend "chevelu" particulièrement nébuleux).

A méditer ...
Plusieurs ici, sur ce forum, utilisent le terme " personne de couleur", qui est censé être politiquement correct et que je trouve, moi, profondément hypocrite ( le terme, pas ceux qui l'utilisent !) : des couleurs, il y en a plein et chacun en a une : alors " de quelle[ couleur ? " Pourquoi réserver "la couleur" aux Noirs, aux Black, aux Nègres ... comme si les ni noirs ni black ni nègres étaient ...transparents !
oui qui plus est il ya ce phénomène là, de mots non péjoratifs, non raciste qui le deviennent par une actualité, un faux pas avec une justification minable d'un ministre ou autre, et si on lutte contre les mots offensants en les supprimants, on risque vite de se retrouver avec le lexique d'un enfant de 4 ans (et encore).

Prédiction sociale de ce que Bradbury expose littérairement pour les livres (donc les pensées) dans son magnifique Fahrenheit;

d'accord avec vous sur le fait que "personne de couleur" est hypocrite et mensonger ;) après tout ya différentes teintes de "blancs" :)

Il serait d'ailleurs plus intéressant de savoir pourquoi les gens sont raciste, d'où vient leur racisme (même si ne nous ne leurrons pas, tlm est raciste, et tout le monde a eu une pensée raciste au moins une fois dans sa vie), et l'origine de cette "fixette" pour la combattre et l'anihiler par la raison (la fixette, pas la personne :))

ainsi, si vous saviez pourquoi votre "collègue" de travail est raciste, vous seriez plus à même de lui ouvrir les yeux sur l'incongruité de son racisme. Je sais par exemple que mon beau-frère est raciste, ou du moins qu'il s'en donne l'impression (parce qu'il ya aussi les gens qui se disent raciste alors qu'ils ne le sont pas du tout), et quand on l'interroge sur son meilleur ami, c'est un arabe du nom de Djamel (on peut pas faire plus arabe que ça comme prénom répandu) ; et lorsqu'une fois un vieil arabe avec son fils a récupéré le cerf-volant que mon neveu avait fait crasher, et voyant que le vieil arabe qui n'avait pas l'air de rouler sur l'or avait finit de désentortiller le fil du cerf-volant ; il leur a laissé le cerf-volant, et quand je l'entends sortir ses anneries sur "les arabes", comme rempart contre justement le fait de penser le monde moins binairement alor qu'il en est tout à fait capable, ça me donne envie de pleurer, pas parce qu'il est raciste parce que de toute évidence il ne l'est pas, mais parce qu'il a choisit la vision binaire pour moins avoir à se confronter à ses sentiments. Et ça ça m'attriste, surtout venant d'une personne que j'aime.
Poème à mon frère blanc

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Plus de 2 ans déjà : http://www.arretsurimages.net/forum/read.php?4,52298,52924#msg-52924

P.S. : la réponse est écrite avec l'écriture secrète inventée par l'auteure, SylvN, écriture qu'il faut surligner pour découvrir.
Ça a le mérite d'être clair. Je vais essayer d'être moins sensible alors, et d'oublier un peu ma grand-mère, ma mère, et l'impact que le nazisme a eu indirectement sur ma propre vie... C'est comme ça, après tout, certains ont plus de chance que d'autres. Moi, quand j'entends "fais pas ton juif", my heart skips a beat. Et puis après cette année d'études intenses sur l'esclavage et les mouvements abolitionnistes, quand j'entends le mot "nègre" de la bouche d'un "blanc", my heart skips a beat. C'est peut-être ce qu'on appelle être traumatisée. Mais je ne le suis pas autant qu'a pu l'être Jankélévitch, par exemple. Ça ne m'empêche pas d'étudier Heidegger. C'est juste certains mots, certaines expressions qui me font grincer des dents, c'est tout. J'imagine que c'est la vie ; certains sont plus touchés que d'autres, directement, indirectement, et/ou par un excès de sensibilité. Certaines victimes de racisme réagissent en affirmant leur prétendue différence et en retournant l'insulte raciste en la rendant positive, pour se donner de la force et de la fierté, ce qui est noble et nécessaire dans le combat contre le racisme ; d'autres individus ne veulent pas de cette différence, et veulent simplement qu'on leur foute la paix, et souffrent dès qu'ils entendent ne serait-ce qu'une survivance linguistique de la barbarie. Mon ami a eu l'histoire des États-Unis comme programme ce semestre, et, pendant la projection du film de Spielberg Amistad, une étudiante "noire" est sortie, se sentant mal. Pendant ce temps, d'autres dans la salle rigolaient devant des scènes horribles. Que voulez-vous ? Tout le monde est différent, a une histoire différente, une sensibilité différente, une éducation différente. Oui, heureusement, il faut en rire, rire des horreurs, rire de tout, mais, malheureusement, ce n'est pas toujours possible pour tout le monde, en toutes circonstances.

Voici une vidéo très marrante sur l'interdiction symbolique et absurde du mot "nigger" à New York, et sur le fait que la majorité de la jeunesse afro-américaine est paradoxalement la plus nombreuse à l'utiliser : l'idée de la vidéo est qu'il faudrait carrément un patch anti-N word pour les aider à arrêter.

Comme l'a écrit justement quelqu'un en commentaire de cette vidéo : the only way any race can relieve some of the racism is to get a sense of humor about itself.

Notez tout de même cet emploi, toujours courant, du mot "race". En France, cela choquerait. Voilà encore un exemple intéressant. Pourquoi ne peut-on pas parler de "race" en France ? C'est une histoire de "political correctness", ou alors tout simplement d'éducation et de "traumatisme historique" ? Si parler de "races" humaines ne passe plus, pourquoi "nègre" passe-t-il encore pour faire référence à un "ghostwriter", à la télé, à la radio, et dans la vie quotidienne ? Poser cette question ne veut pas forcément dire être pour une interdiction du mot. On a le droit de réfléchir à cela, non ?
plus drôle encore, car moins ethno-centré, encore une fois les génies libertariens de South Park frappe, et frappe fort, chacun en prend pour son grade dans la joie et la bonne humeur :)

Randy se trompe à Jeopardy et dit N....

"Pendant ce temps, d'autres dans la salle rigolaient devant des scènes horribles."

parfois le rire est une des manières que trouvent certains pour ne pas montrer leurs sentiments, ou le fait qu'ils ont été profondément choqués par l'image qu'ils ont vu, mais comme on ne marche pas tous pareil (et dieu merci), certains vont exprimer pudiquement cette horreur par un silence muet, et d'autres refusant d'admettre qu'ils ont été choqués vont rire, mais le rire ne marque pas toujours le mépris volontaire pour un acte.
Pourquoi ne pas employer le mot "race" ?
Parce que c'est un concept scientifique qui n'a pas d'existence réelle au sein de l'espèce humaine.
Tiens, delphes, sur un forum voisin, vous évoquez l'émission de Ruquier de hier soir.
Moi, j'ai vu le passage où Ruquier demande à Isabelle Alonso si elle s'est fait aider par PPDA pour la rédaction de son livre. Ce fut bref, mais vachard, instructif et distrayant. (de la tentative de Laure Adler de voler au secours de PPDA en passant par le rapide recadrage - cependant nuancé - de Naulleau,...)
Pas entendu ça (je n'écoute que d'une oreille en lisant autre chose).

Par contre, ait fait la connaissance de Laure Adler... qui ne capte absolument jamais le second degré, c'est déprimant.
personnellement, je préfère largement entendre des gens dire haut et fort en soirée ou chez des potes, "fais pas ton juif" que d'entendre à moitié des sous-entendus comme quoi les juifs contrôleraient le monde en recevant à la naissance le protocole des sages de Sion. Je l'ai d'ailleurs personnellement sortie pas plus tard qu'hier à mon ami David, qui alors que mes potes étaient "à la part des anges", un restau plancha-dégustation de vin et ne m'avaient pas attendu pour manger, me pousse négligemment la note vers moi quand j'arrive en disant "c'est toi qui régale hein, c'est toi le dernier". Et je lui ai sorti cette expression en rigolant, car d'une part je sais parfaitement qu'il est juif, et que d'autres part c'est mon ami, donc il sait pertinemment que chez moi, ce propos ne sera jamais perçu par lui comme antisémite.

"Parce que changer les mots pour faire dans le politiquement correct, ça ne change pas les choses et ça devient vite du révisionnisme"

tout à fait, si l'histoire a eu lieu c'est qu'elle devait avoir lieu, se battre contre l'Histoire, c'est la nier, et nier tout autant la souffrance et le calvaire de ces gens qui ont à ce point marqué l'histoire qu'ils en ont marqué le lexique de notre langue. Enlever ces expressions, c'est effectivement passer à un révisionnisme de l'histoire.

Littérairement, relire Farenheit 451 qui commence non pas comme un dictature totalitaire tendance nazi (ça c'est que François Truffaut en a fait en simplifiant le propos du livre dans son film, parce que lui-même a été comme sa génération choqué à l'extrême par le nazisme, mais en réalité, dans Farenheit 451, c'est pire !! On commence à supprimer les livres pour le bien de l'humanité, pour ne pas choquer telle ou telle personne, telle ou telle congrégation religieuse. La case de l'oncle tom ne plait pas aux noirs, on supprime le livre, la Bible choque les musulmans, on supprime le livre, etc... Et c'est ainsi que s'installe la dictature dans le livre, ça n'est pas aussi simpliste que dans le film, c'est chacun qui la crée avec son accord tacite de "taire les livres qui dérangent".
Peut-être un peu plus compliqué que ça...
L'expression existe ; quand quelqu'un la prononce, vous la comprenez. Je pense même que les racistes et les antisémites se gardent bien d'utiliser ce type d'expression. Ceux qui le font n'y voient pas le mal ; c'est peut-être un tort.
Ce qui me gêne surtout, c'est qu'on rit sans problème de beaucoup d'autres préjugés : les blondes sont idiotes, les Français râlent tout le temps, les Suisses sont lents.... Ca ne nous dérange pas, parce que ça ne correspond pas à des tensions latentes dans nos sociétés....
Où est le vrai problème alors ? Pas des blagues, pas des expressions qui reposent sur des préjugés condamnables. Le problème est là, autour de nous, dans cette société, chez ces gens qui croient encore que la France appartient aux Blancs, et qu'ils appartiennent à une race supérieure....

ici, une pépite de Desproges, dans 'Ils sont nuls ces étrangers" :
"Les Chinois.
Les Chinois sont extrêmement nombreux. On peut évaluer leur nombre à beaucoup.
Penchons-nous sur un Chinois moyen. C'est facile. Le Chinois moyen est tout petit. Qu'observons-nous ? Le Chinois moyen est exactement comme un Japonais. On ne peut absolument pas distinguer un Japonais d'un Chinois. C'est vraiment pareil. Les deux sortes de Chinois sont : les Chinois communistes, qui mangent les enfants, et les Chinois nationalistes, qui mangent des conserves Saupiquet, si ça se trouve.
Comment reconnaître un Chinois nationaliste d'un Chinois communiste ?
- C'est impossible. On dirait des Japonais."
"Où est le vrai problème alors ? Pas des blagues, pas des expressions qui reposent sur des préjugés condamnables. Le problème est là, autour de nous, dans cette société, chez ces gens qui croient encore que la France appartient aux Blancs, et qu'ils appartiennent à une race supérieure...."

Euh, c'est peut-être un peu (beaucoup) plus compliqué que ça, pour le coup...
oui, je vous le concède, la fin de mon post est trop rapide, et pas très pertinente
Ce qui me gène dans cette tentative de nettoyage de la langue française, c'est que c'est aussi une tentative d'effacer les pires méfaits de l'histoire. A travers le langage on vise la conscience. Bref, mieux vaut un mot qui appelle un chat un chat quitte à ce que des gorges se sert plutôt que la grande entreprise de nettoyage des consciences.

Mouffette, vous pouvez aussi visiter le musée de l'esclavage à Nantes, vous aurez la gorges sérrée à domicile.
Mouffette, vous pouvez aussi visiter le musée de l'esclavage à Nantes, vous aurez la gorges sérrée à domicile.

Vous m'insultez. Pourquoi ?

Sous-entendez-vous que je veux "nettoyer la langue française", et donc "effacer les pires méfaits de l'histoire". Pourquoi ?

Par ailleurs, personne ne m'a répondu sur la vision américaine des choses. Si tout était aussi simple, il n'y aurait pas de si grands débats, au sein de la communauté universitaire, par exemple sur le mot "nigger/nigga".

Vous m'insultez. Pourquoi ?
???
Sous-entendez-vous que je veux "nettoyer la langue française", et donc "effacer les pires méfaits de l'histoire". Pourquoi ?
Je dis de manière générale qu'effacer le vocabulaire gênant c'est se racheter une conscience.


Par ailleurs, personne ne m'a répondu sur la vision américaine des choses. Si tout était aussi simple, il n'y aurait pas de si grands débats, au sein de la communauté universitaire, par exemple sur le mot "nigger/nigga".
On peut comprendre qu'un pays qui a pratiqué l'esclavage et perpétué un génocide dans la foulée ai envie de faire un peu de ménage dans son passé...Les USA effacent les mots gênant mais ne pratiquent aucune mixité interraciale, contrairement à la France. Ce pays ne me parait pas un exemple dans l'absolu...
de surcroît, aux USA, il existe un véritable nettoyage de la langue par la suppression des mots "juif ou nègre" de beaucoup de livres
Mouflette,

Comme vous je suis étonné qu’Anne-Sophie conclue ce bel article en écrivant qu’elle apprécie le mot nègre, et qu’elle en use avec plaisir, au diapason de nombre de commentateurs d’ici.

Peut-être faut-il être nègre soi-même pour en ressentir de l’aigreur. Peut-être faut-il avoir été soi-même maintes fois traité de « sale nègre » pour tiquer en lisant ces lignes. Personne ne supporterait de voir utiliser le mot bicot, ou une autre gracieuseté de ce genre, à cette même fin.

Comment comprendre que le mot nègre soit quasi plébiscité ? Sinon en se l'expliquant par la même banalisation qui a affecté Elise Lucet — que je ne veux accabler —, qui ne relevait pas la saillie du triste Guerlain, se disant peut-être que tout ça n’était pas bien grave…

Je ne sais pas si j'arriverai un jour à dissocier ce mot de son emploi profondément raciste.

J’adhère. Avec cette nuance que, perso, je n’ai pas l’intention de l’en dissocier.
Pour ma part je pense que la négritude a joué un rôle important... parce que moi même je trouve le mot "beau". mais nègre doit être utilisé avec précaution. Le mot est peut être justement sujet a controverse parce qu'il est très "intime"... dans le sens où chacun se l'approprie avec les tripes.
Avec précaution, en effet.

Puis-je me permettre une suggestion ? Utilisez-le avec des guillemets. Je vous assure que les nègres qui vous liront vous en seront reconnaissants.
ceci lance un débat intéressant... le mot appartient t'il à celui/ou celle qu'il désigne...
de mon coté une chose est sûre... libre à chacun d'employer les mots qu'il veut... pour moi le mot est en quelques sorte "libre de droit". on ne pourra jamais gérer la manière dont l'auditeur/le lecteur recevra le message. tout le reste est question de "savoir vivre" et d'intelligence (soit dit en passant/soit disant la chose la plus partagée au monde).
Mais, Anthony, je parle exactement de savoir-vivre !... Je ne comprends pas que tous ceux qui écrivent ici ne s'aviseraient pas d'avoir en société le même comportement qu'ils ont chez eux, à savoir se gratter les pudenda, par exemple, pour ne pas heurter leur voisin, mais n'ont pas la moindre intention de se priver d'user du mot nègre, dût-il heurter ce même voisin (possiblement noir, et pouvant donc tenir ce mot pour une turpitude).

Avec précaution, en effet.



Puis-je me permettre une suggestion ? Utilisez-le avec des guillemets. Je vous assure que les nègres qui vous liront vous en seront reconnaissants.


Surtout, Ndjocka, évitez de l'utiliser pour parler des noirs. Mais, par exemple, pour parler de cette délicieuse pâtisserie qu'on appelle "tête de nègre". Je crois que c'est ça qui n'est pas compris. Il me semble que personne, ici, ne revendique de traiter les noirs de nègres. En tous cas ça ne me viendrait pas à l'esprit. La question du contexte, ça vous dit quelque chose ?
La question du contexte, ça vous dit quelque chose ?

Cher Dominique, ne me prenez pas pour une baderne, je vous prie. Je ne parle que du mot nègre dans son sens d' « écrivain fantôme », « porte-plume » ou ce que vous voudrez.... Sens qui m'horripile. Vous voulez bien me reconnaître ce droit ?

Car si vous voulez traiter un Noir de « nègre » dans un autre contexte, qui se souciera que vous usiez de guillemets ou non ?
il est surtout triste de voir que les gens ne comprennent pas (et votre message en est un parfait exemple) en quoi ça serait terrible de ne plus employer le mot "nègre", et qui se réfugie dans la bienséance, alors que justement la bienséance c'est de ne pas tirer un trait sur l'horreur qu'a été l'esclavage (et qu'est toujours) au point de marquer notre insconscient collectif et notre lexique (nos lexiques même)

littéralement, nègre c'est noir, je ne ressens aucune insulte quand quelqu'un me traite de blanc. Maintenant nègre a pris une connotation péjorative d'autant plus lorsqu'il est suivi des mots "sales", mais en ce cas, "sale blanc" (outre l'oxymore) est tout autant une insulte.

Ceci étant dit, j'ai pour ma part précisé que je n'usais pas avec plaisir du mot "nègre", si ce n'est dans le cadre des expressions ou pour le nègre littéraire. parce qu'avoir cet emploi du mot c'est se rappeler sans cesse que des êtres humains en ont esclavagisé d'autres au nom d'une soi-disant "supériorité de sa race"
Je ne comprends pas, c’est vrai. J’aimerais, pourtant.

Je ne comprends pas pourquoi il vous paraît nécessaire de garder trace de cette habitude séculaire qui a consisté à insulter des gens (et ne pas s’arrêter à les insulter, parfois), pour la couleur de leur peau jugée trop sombre. Plus précisément, je ne comprends pas en quoi vous feriez par là œuvre honorable . Le hic, c’est qu’en utilisant ce mot, vous partagez quelque chose avec les racistes les plus violents. Vous ne vous en démarquez pas, tout au moins. Et j'en reviens à cette insidieuse banalisation. Vous n’entendez pas ce mot comme les fachos l’entendent, d’accord, mais vous signifiez une sorte de filiation, de complicité. Vous l'avez en partage avec eux. Et alors, où est la critique, la distance ? Pour évoquer l’immigration, parlez-vous d’invasion, par exemple, comme ces mêmes fachos, selon un mode que, décidément, je ne comprends pas ?

Savez-vous à quoi j’ai pensé en lisant la fin du papier d’Anne-Sophie ? Tous mes amis proches, des amis d'enfance, sont des Noirs (simple résultat de la ghettoïsation planifiée et effective depuis des décennies en France, rien d’autre). Tous utilisent le mot nègre. Mais en le faisant suivre chaque fois, en écho silencieux, d’un complément désabusé : comme ils disent.
Vous trouvez triste que je ne comprenne pas. Je trouve triste, quant à moi, qu’Anne-Sophie et vous, avec tant d’autres, vous trouviez confortablement installés dans ce « ils ».

Non, sale Blanc n’est pas « tout autant une insulte » que sale nègre. Quiconque vous traite de « sale Blanc » — ou moi de « sale Noir » — met en cause votre hygiène, et il y a pire, comme agression. Vous traiter de « nègre », c’est s’inscrire dans une tout autre tradition, une tradition nauséeuse.

Alors, à vous aussi je réclame d’utiliser des guillemets autour de ce mot qui ne vous dérange pas. Ne serait-ce que parce qu’il en dérange d’autres.

Et ce, cordialement.
je ne parle pas de garder trace de cette habitude, je parle de garder en tête qu'à un moment donné de l'histoire, des gens ont décidé que d'autres gens étaient de race inférieure et que pour le coup, il paraissait normal et logique qu'ils les esclavagisent.

que cette pratique a engendré des mots ou expressions qui charient tout un historique qui fait non seulement dire plus jamais ça aux gens intelligents, mais surtout n'oublions jamais ce qui s'est passé, ne l'annulons jamais, gardons le en mémoire tant que le monde est monde.

Dans le cadre de Mark Twain, supprimer le mot "nègre" c'est supprimer un des vecteurs principaux de la critique de l'amérique de l'époque par Mr Twain. Et ce dans la bouche des enfants, remplacer "nigger" par "slave", c'est dénaturer le sens de ses propos. Dans le futur, si des gens tombent sur les nouvelles éditions numérisées de Twain et qu'ils les lisent, ils ne verront plus la critique féroce d'une caste de blanc contre des gens noirs, ils verront juste des esclaves (comme il yen a eu dans toute l'Antiquité par exemple). Et tout le monde est d'accord pour dire que que ce soit la colonisation ou la shoah, ce sont deux des plus grands crime qui ont pu être commis contre l'humanité.

Un esclave romain pouvait racheter sa liberté et devenir un homme libre, mais un esclave romain avait le droit de monter dans le même "bus" que les patriciens ;) il était vendu à un homme et travaillait beaucoup certes, mais parfois même, certains patriciens entretenait de vrais relations d'égal à égal avec leurs esclaves ou leur rendait leur liberté. La colonisation, l'esclavage et l'Apartheid n'ont jamais eu ce genre de définition.

Remplacer pour les générations futures le mot "nègre" par le mot "esclave", c'est prendre le risque de voir l'Apartheid revenir un jour ou l'autre, qui sait, l'homme apprend beaucoup de ses "erreurs et manquements", gommer ce genre de "manquements humains" c'est prendre le risque de le voir réapparaitre dans un futur proche ou moins proche.

Je vous renvoie volontiers à une nouvelle dans laquelle un homme revient dans le passé pour tuer Hitler alors qu'il n'est qu'un bébé, l'homme hésite longtemps, mais finit par se rendre à l'évidence, si il ne tue pas Hitler, la shoah est évité certes, mais il risque de créer pire, et deuxièmement, le cas "Hitler" est une balise pour rappeler au monde que l'homme peut aller bien loin, si on supprime cette balise à un instant T de l'histoire, on risque de la voir se reproduire à un autre instant T plus loin dans le temps. J'espère que je suis assez clair, par contre je ne me souviens plus du titre de la nouvelle mais je sais qu'à l'époque où je l'ai lu, j'ai trouvé cette conclusion brillante.

Par contre, vous êtes bien naïf, quand on traite quelqu'un de "sale blanc" ou de "sale noir", ce n'est pas son hygiène qu'on met en cause, c'est bien évidemment la spécificité de sa marque (je peux pas employer race yen a qu'une, alors comparons les hommes à des produits :)). Et surtout la vision séculaire comme quoi une des "marques" serait supérieure à l'autre (dans un camp comme dans l'autre). Ca va bien plus loin que l'hygiène. Par contre, oui, "nègre" s'inscrit dans une tradition nauséeuse on est d'accord.

Pas besoin de me réclamer l'usage des guillemets, j'ai cette intelligence d'esprit de les mettres à chaque fois il me semble, et je n'ai pas dit que le mot "nègre" ne me dérangeait pas, encore moins que je l'employais pour qualifier des noir(e)s mais que suivant les gens qui l'employaient, je savais voir si il prenait ou non une connotation péjorative. La seule fois où je ne mets pas les guillemets c'est dans le terme nègre littéraire, parce que je le prends comme un autre mot qui serait linguistiquement "nègrelittéraire", comme un seul bloc censé décrire un "métier" bien spécifique.

Je pense, que ce ne sont pas les mots qui sont un problème, mais les gens qui les emploient et surtout dans quelle connotation ces gens là se place pour les utiliser.

par exemple, personne ne niera les connotations nauséeuse et douteuse des mots : , bicot, bougnoul, rastaqouère, youpin, crépus, "nègre, souchiens, boches, fridolins etc...".

Mais dans la bouche de certains, des mots parfaitement banaux comme auvergnat, suédois, coupés, voire même djeuns ou jeunes (liste non exhaustive) prendront une tonalité péjorative. Alors comme on ne peut décemment pas supprimer tout les mots qui pourraient paraitre offensant dans la bouche des cons (syndrome Fahrenheit 451) et qu'on ne peut pas non plus supprimer les cons (vaste programme, surtout qu'on est essentiellement toujours aussi le con d'un autre) ; on se retrouve contraints de garder ces mots en se souvenant de tout le passif qu'ils charrient derrière eux pour justement avoir toujours en mémoire ces exemples où l'humanité a basculé dans le sordide et l'inhumain.

Tiens j'en profite d'ailleurs pour évoquer une chose qui me fait personnellement bondir, l'emploi à tout bout de champ et jamais à bon escient des mots "fachos et nazis", qu'une chose soit claire, le fascisme et le nazisme, ça correspond à des périodes bien précises de l'histoire qui sont aujourd'hui révolues, les gens du FN on pourrait simplement appeler ça des néo-cons ou des xénophobes ça suffirait, parce que "fachos" et "nazis", ça me parait pour le moins excessifs, surtout qu'une partie des votants du FN est noir, gitan, juifs, arabe, etc...

Encore une simplification d'un mot autour d'une chose qui elle pour le coup n'existe plus et là par contre, l'emploi du mot par vous ne semble pas vous choquer ? Et pour répondre à votre question, non je ne parle pas de l'immigration comme d'une "invasion" mais comme d'un processus qui fait partie de la vie, après tout si on ne voulait pas de gens pour reconstruire la France d'après-guerre, il ne fallait pas les faire venir, maintenant qu'ils font partie intégrante de notre pays et de notre histoire, il faut assumer de les avoir fait venir et leur permettre de s'intégrer le mieux possible. En revanche certaines branches de l'Islam, pourrait me faire employer ce vocable précis d'"invasion", mais pas pour l'instant, disons que j'attends de voir venir comme on dit, et si effectivement mes craintes sont fondées, on verra bien par la suite ce qu'il adviendra de faire, mais je ne me laisse bourrer le mou ni par lémédias, ni par les gens :)
-> Ndjocka je doute que le mot nègre soit très utilisé en société, même chez les partisans du front national, c'est un mot qui ne passe plus. Vous l'avez dit vous même: les mots ont une histoire. Aujourd'hui "nègre" pour désigner une personne n'est plus guère employé excepté précédé du mot "sale", vous conviendrez -je pense- que parler de la "revue black" de Josephine Backer serait un peu ridicule. Autant que d'abandonner la dénomination "d'art nègre" ( remplacé par "art primitif", ce qui était considérer que ces peuples étaient primitifs ce qui est faux puis par "arts premiers" qui revient à dire qu'ils s'agit de civilisations qui étaient là les première et qui n'ont pas bougé depuis ce qui est aussi faux! la nouvelle terminologie considére grosso modo que tous les peuples non occidentaux sont des arrièrés mais ça n'a pas l'air de choquer grand monde ) . Il me semble que dans ce genre de cadres, on pourrait continuer à utiliser le mot et qu'il n'offenserait personne. Par la même occasion, i n'y aurait pas tentative de "blanchiment" de l'histoire.

( Pour ma part je continue de préférer un vieux entouré par sa famille qu'un senior abandonné dans une maison de retraite. :o) )
Bon. Décidément, je n'ai pas été clair. Je ne voulais parler que du sujet de ce forum : le mot nègre utilisé pour qualifier un écrivain travaillant pour un commanditaire qui se piquera ensuite de signer le texte. C'est tout. Encore heureux qu'on n'utilise pas ce funeste mot dans d'autres acceptions « en société ».

Je précise, puisqu'il le faut, que le mot nègre dans revue nègre, par exemple, ne me dérange évidemment pas. Au contraire, puisqu'il est presque mélioratif en l'occurrence.

Je vais vous dire, si j'avais Anne-Sophie à l'autre bout du fil, voici comment je l'entreprendrais : « Supposons que l'un ou l'autre se laisse aller à écrire pour autrui, sans vergogne et même avec plaisir, comme les intervenants de l'émission Ligne jaune, oseriez-vous, Anne-Sophie, vous qui devez fréquenter le monde, oseriez-vous dire en face à un Dany Laferrière, à un Edouard Glissant ou à un Lyonel Trouillot qu'il est un "nègre" ? Tiens, tant qu'on y est, je vous donne même mon billet que vous n'oseriez pas dire à Léonora Miano qu'elle est une "négresse". »
je suis d'accord avec vous, ça ne me viendrait pas à l'idée de qualifier un de ces écrivains de "nègre".

par contre je sais que j'aurais (j'ai ?) tendance à dire qu'un tel ou une telle utilise un-e nègre, parce que dans ce cas c'est mettre l'accent le fait qu'une personne exploite le talent d'un-e autre
Joli, ce e-nègre. Et un chouïa moins violent, peut-être, que son cousin valeureusement revendiqué ici.

Mais un aide-écrivain — oui, je préfère — est-il vraiment exploité ? Ce n'est pas payé grassement, ce job, et rubis sur l'ongle ?
vous avez raison, le métier a évolué (heureusement) mais s'il n'y a plus exploitation du travail, du talent c'est peut-être un peu plus discutable.
D'accord pour aide-écrivain donc, quoique je préfère prête-plume comme l'a signalé je ne sais plus qui sur ce forum.

le e-nègre est assez joli, mais il est à mettre à votre crédit.
J'ai écris "un-e" pour "un ou une", comme je dis écrivaine, auteure, ingénieure.... les nouveaux métiers sont tous déclinés au féminin et masculin, pourquoi ne pas en faire autant avec les plus anciens justement pour montrer qu'ils ne sont plus le seul apanage des hommes ?
Au temps pour moi, je n'avais pas saisi.

Il faut dire que, non content d'être gêné par l'utilisation scabreuse du mot nègre faite par les uns et les autres, je suis également gêné par cette forme étrange, pour la raison simple que ne sais pas comment se prononce motivé-e-s, par exemple...

En revanche, je ne vous suis pas sur la féminisation des mots que vous évoquez :

[quote=Jean-Pierre Lacroux]— Les tentatives de féminisation d’« auteur » ne datent pas d’aujourd’hui.
Elles tentaient jadis de respecter naïvement la capacité morphologique du
français (auteuresse, autrice, etc.). Alors que la pratique sociale avait déjà favorisé
cette occupation par des femmes, celles-ci n’ont pas adopté ces formes.
On les comprend.
— Si la forme auteure ne s’impose pas dans l’ensemble des pays dits francophones,
cela n’est pas dû à une résistance machiste mais uniquement à son
caractère monstrueux, quoi qu’en pensent les docteures et les professeures.
La tératolinguistique n’y changera rien.
— En Europe, les arrêtés les plus sereinement féministes, par exemple celui
du gouvernement de la Communauté française de Belgique (21 juin 1993), se
gardent bien de reprendre cette délirante féminisation par le seul e des
terminaisons en eur. Ils préconisent une auteur, une ingénieur, une procureur,
une professeur, une proviseur
, etc. Même s’ils sont discutables, ils ne font
qu’imiter l’ironique Boileau : « Vais-je épouser ici quelque apprentive auteur ? »
(cité par É. Littré).
je n'hésite pas une seconde. Excepté le mot négresse qui n'a aucun sens en l'occurrence. Les femmes écrivains, même de l'ombre, n'ont jamais eu de mots propres à leur genre. Commence à poindre le mot auteure sans même faire sourciller mon correcteur d'orthographe, ce qui n'était pas encore le cas il y a seulement trois ans.

Et si vous avez le téléphone de Dany Lafferrière, qui m'a fait rire avec Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer et bien plus émue avec Le goût des jeunes filles, je prends : j'ai deux trois trucs à lui demander.
Droit dans vos bottes, donc ?
Dont acte.

Et tant pis pour nous autres, l’obligeance n’est plus ce qu’elle était.

Je ne suis pas dans les petits papiers du bonhomme, mais je souhaite ardemment que vous ayez l’occasion de parler à Dany Laferrière en vison-visu. Observez bien alors ce qui se dessinera sur son visage noir, quand vous lui présenterez tel ou tel auteur comme étant un « nègre », et faites-nous-en, s’il vous plaît, une description fidèle ensuite…

En attendant, je suis reconnaissant à Lionel Duroy, que vous avez invité dans Ligne jaune, pour ceci : « Nègre, non seulement le mot est insultant mais il ne correspond absolument pas à mon travail. »


Pour le reste, et espérant qu’une ou deux copines ne liront pas ce qui suit, je conviens avec vous qu’écrivaine ou auteure sont malvenus. En revanche, et puisque la connivence avec les négriers d’antan ne vous gêne pas, il me semble que vous ne devriez pas vous arrêter en si bon chemin et appeler « négresses» des femmes aides-écrivains, et aller ainsi au bout de votre logique. Ce féminin existe-t-il, oui ou non (au contraire de celui d’écrivain ou d’auteur) ?
droite dans mes bottes, je ne sais pas, d'autant que je vous réponds en chaussettes, mais fidèle à ma conclusion qui elle-même découle d'un travail de recherches lexicales et historiques, oui. C'est d'ailleurs ma seule défense : je ne vous balance pas un "le mot nègre littéraire me plaît, je l'adore, je m'en délecte", non, j'ai essayé de regarder dans les yeux ce mot honteux, raciste, et insultant. A la lumière de son histoire je sais maintenant d'où il vient, et j'assume qu'il est le fruit d'une métaphore avec le travail de force des esclaves noirs qu'on a déportés du continent africain. Je l'assume. Il vous débecte, j'en suis navrée. Mais je continue de croire qu'il est plus dangereux pour l'histoire de vouloir l'ignorer, ou de le remplacer, que de l'utiliser tout en étant conscient de la charge qu'il représente.

Si jamais je croise Dany Laferrière, bien sûr que je lui poserai la question. J'adorerais avoir cette conversation avec lui.

Quant à Lionel Duroy, c'est son point de vue. Si un jour j'écris un ouvrage pour le compte d'un autre, je me ferai appeler nègre sans difficulté. Je n'aurai aucun problème à dire que c'est mon métier. Quitte à devoir de nouveau expliquer l'histoire de ce mot. La pédagogie n'est-elle pas dans la répétition ?

Enfin, sur le mot négresse entendu comme féminin de nègre littéraire, je vous ai répondu dans mon message précédent (mais vous aimez me faire répéter) que le terme n'existe pas.
Pardon, je me suis demandé s'il fallait écrire droit ou droite...
Par exemple, vous vous tenez droit, n'est-ce pas, quoiqu'en chaussette ?
C'est un peu flou, pour moi...

Vous assumez le mot nègre parce que, à partir du moment qu'il ne vous dérange pas, vous ne vous souciez qu'il heurte votre voisin. Vous avez raison, on n'est pas obligé d'être prévenant...
Surtout que vous êtes du bon côté du manche.

Et vous écrivez que vous vous feriez appeler « nègre » sans scrupule. Je veux bien le croire, hélas ! Je pense en revanche que, quand Lionel Duroy trouve se mot insultant, il veut dire « insultant pour d'autres que moi », c'est en cela que sa réticence me paraît louable.

Encore une fois, je ne demande pas du tout qu'on ignore ce mot, ou qu'on le remplace, comme vous semblez l'avoir compris. Appelez un Noir "nègre", si ça vous chante ; ça ne me dérange pas. Le mot existe, dans un sens précis. Ce qui me dérange, c'est que vous lui donniez une nouvelle jeunesse, en en banalisant la violence.

Pour reparler du mot négresse, il ne s'agissait pas de vous faire répéter. Ma question n'en était pas vraiment une.
Autant le mot auteure est une aberration, aucun mot féminin en -eur n'ayant besoin d'un e final (douceur, aigreur, liqueur), autant on connaît un féminin au mot nègre. Puisque on dit « traducteur » et « traductrice », et puisque vous trouvez que nègre, au sens d'aide-écrivain est honorable, je ne vois pas ce qui vous empêche d'utiliser le mot négresse.
Vous vous arrêtez au milieu du gué, me semble-t-il.
Mais bon, tant pis.

Je vous souhaite du bon temps, avec l'excellent Dany.
(Je me demande ce que mon cher James Baldwin vous aurait répondu si vous lui aviez crânement annoncé en anglais que pour vous, un écrivain travaillant pour un autre était « a nigger »...)

So long.
Pourquoi vous en prendre à Anne-Sophie avec autant d'ardeur, le but de la chronique c'est d'apprendre quelque chose de la langue. Pourquoi se dispuster une fois de plus avec le racisme. Je ne voulais plus participer à ces lynchages. Sur d'autres forum il y avait une sorte de conclusion ; pourquoi parler des personnes, par rapport à leurs couleurs de peaux différentes et variées, ne pas les désigner simplement par leur nom.

Quant au nègre-écrivain pour les autres, c'est passé dans le langage courant, perso ça ne me choque pas plus que ça. J'ai peut-être tort.

Je suis de celles qui pensent que les mots ont leur importance mais vouloir les camoufler par d'autres moins explicites, pour ne pas fâcher, on en arrive à ne plus savoir de quoi nous parlons. C'est peut être une façon dans certains cas, de nous faire avaler des couleuvres. De ne fâcher personne, alors que c'est impossible.

Comme ça été dit ailleurs dans le forum, ce sont les idées, et j'ajouterai les intentions qui font plus de mal que les mots. Ce sont les mentalités qu'il faut changer avant tout.

Changer les mots n'aboutit pas forcément au respect.

Maintenant si vous avez un problème avec Anne-Sophie parce qu'elle la femme de, c'est une autre histoire.
"Comme ça été dit ailleurs dans le forum, ce sont les idées, et j'ajouterai les intentions qui font plus de mal que les mots. Ce sont les mentalités qu'il faut changer avant tout".

+1 avec Bysonne (ça me fait toujours marrer de lire ce pseudo, ça me renvoit à mes jeunes années et à Street Fighter sur les bornes d'arcade, à cause de M Bison (prononcer Bysonne à l'américaine))

les intentions font plus mal que les mots, si demain cher Ndjocka, je décide d'un code, et que chaque fois que je veux insulter un noir j'emploie le mot "maigre" à la place du mot "N-word" (voyez je suis compatissant), le mot maigre qui ne veut pas dire ça se retrouvera chargé symboliquement d'une connotation et d'un sens qu'il n'a pas, mais comme c'est mon code, ça sera quand même effectif. Pourtant on ne peut pas supprimer le mot "maigre" puisqu'il n'a pas un sens offensant, mais par la pensée et l'intention que je peux y accoler, je peux le rendre offensant, preuve que c'est bien les gens qu'il faut tenter de changer et pas les mots.

un peu comme quand quelqu'un dit "les suédois" ou "les auvergnats" (principalement les mauvais flics) pour maintenant qualifier les arabes. Au fait, arabe c'est pas un gros mot non plus, je peux l'employer, non parce que quand je dis untel c'est un arabe, c'est pareil qu'avec "noir". Ya un mot hypocrite pour dire "arabe" comme ya "black" pour dire "noir", d'ailleurs ?

+1 pour désigner les gens par leurs noms et pas par leurs couleurs de peau, mais quand on ne connait pas le patronyme des gens, on en vient quand même à les décrire par leur couleur (et ça n'est pas forcément du racisme d'ailleurs).
Bysonne, répondez-vous aux posts sans les lire ?

Et je ne vous demande même pas si vous avez lu mes posts précédents. Laissez tomber. Je vous indique seulement que dans mon premier commentaire, je saluais la qualité de l'article d'Anne-Sophie. Seule sa conclusion m'a paru déplacée. Ce que, vous voudrez bien m'en excuser, j'ai commis l'impair de lui écrire.
J'ai naïvement pensé qu'on pouvait avoir un autre avis.


Je n'ai pas l'impression de mettre tant d'ardeur que ça à lui répondre, par ailleurs. Et je trouve qu'elle en fait montre bien plus que moi, au point que je l'envie. En place d'ardeur, je ressens plutôt de la fatigue. Je suis fatigué d'avoir à redire que je ne fais que parler du sujet de ce forum (relisez la première phrase de cet article, nom d'un chien !). Qu'un nègre — au sens propre — vienne ici exprimer un point de vue sur l'usage de ce mot dans un autre sens vous défrise tant que ça ? Que me reprochez-vous au juste ?

Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de « problème avec Anne-Sophie parce qu'elle est la femme de » ? Est-ce que je sais, moi, de qui est elle est l'épouse ? Pour qui me prenez-vous, bon sang ??

Quelle horreur...

Une suggestion : laissez Anne-Sophie se défendre toute seule, ça vaut mieux pour elle.
LeVeilleur, écoutez, je suis désolé. Je n'ai pas bien compris votre idée, avec le mot maigre, tout ça. Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne vous dérange pas plus longtemps, et vous laisse vous entendre avec Bysonne.

Non sans redire que je parlais juste du mot nègre — un mot chargé d'une histoire, confondue avec une autre dont des millions d'être humains ne se sont toujours pas remis, et que d'autres, qui ont l'heur de se trouver du bon côté de la barrière, utilisent un peu trop à la légère, selon moi — pour qualifier un aide-écrivain : je croyais que c'était le sujet, j'ai dû me tromper.

(Prétendez-vous m'expliquer à moi que le mot Noir, ou le mot Arabe, n'est pas une insulte ? Je crois que vous vous foutez de moi.)
Ndjocka Je vous ai bien lu sur cette page, pour quelqu'un de fatigué, je trouve que vous en faites beaucoup. J'ai compris que vous êtes Noir, loin de moi l'idée de vous traitez de nègre, pour moi ce n'était pas le sujet .... voilà tout. Vous êtes libre de vous sentir discriminé dans votre vie, c'est possible, je n'en sais rien, je le déplore si c'est le cas. Je ne me fous pas de vous, le mot Noir ou Arabe n'est pas une insulte en lui-même. Le ton et le contexte dans lequels quelqu'un le prononce, peut-être.


Votre allusion :
Je vous souhaite du bon temps, avec l'excellent Dany. , désolée si je me suis trompée, quoiqu'il en soit, ce n'est pas un argument. Voilà, ce sera tout. Effectivement Anne-Sophie est suffisamment grande pour se défendre, mais j'ai la liberté tout comme vous l'avez de m'exprimer si j'en ai envie. Je vous trouve très agressif, et vous m'avez agacée.


LeVeilleur
Je veux bien que tu sois d'accord avec moi de temps à autre, mais n'en profite pas pour me récupérer en disant des âneries. Je n'ai pas le temps de développer.


Pour ce qui concerne le mot "nègre" dans l'acception de celui qui écrit pour un autre, j'ai une solution qui va paraître utopique, j'aime les utopies.

Pourquoi ne pas l'appeler le "nègre" en question co-auteur sur le bouquin de la personne pour laquelle il a écrit, le demandeur a participé en racontant sa vie ou autre, ce qu'il voulait faire passer dans un livre qu'il ne sait ou n'a pas le temps d'écrire. Les droits d'auteur seront partagés entre le "nègre" et celui qui ne veut ou ne peut écrire ses livres lui-même. Et voilà :o))

Pour la féminisation de professeur, auteur, je suis d'accord avec vous,Ndjocka le "e" féminin, je n'en vois pas l'utilité. Il n'est pas audible à l'oral.
"LeVeilleur Je veux bien que tu sois d'accord avec moi de temps à autre, mais n'en profite pas pour me récupérer en disant des âneries. Je n'ai pas le temps de développer."

Vous récuperer ??? Euh, ne vous accordez pas plus d'importance que vous n'en avez non plus, j'ai mis +1 parce que j'étais d'accord avec votre propos, ça s'arrête là, sinon je n'ai pas besoin de vous récupérer comme vous dites pour m'exprimer. Et ça n'est pas parce que vous n'avez pas compris mon propos que c'est une ânerie, quelle façon bien cavalière et agressive de procéder. Je vais presque en regretter mon +1 à ce rythme-là.

alors je vais finir ce message avec le propos que vous avez utilisé à l'encontre de ce pauvre Ndjocka (qui a au moins pour lui de défendre ses convictions)

" Je vous trouve très agressive, et vous m'avez agacé".

Je ne vous salue pas. No comment.

edit : surtout que dans le genre ânerie, vous en tenez une couche certaine, entre ânerie et lapalissade je ne saurais trancher, souvenons-nous : "pourquoi parler des personnes, par rapport à leurs couleurs de peaux différentes et variées, ne pas les désigner simplement par leur nom".
Bysonne,

Si vous m’avez lu, j’en suis flatté, mais vous l’avez fait en diagonale. Je n’ai jamais prétendu que vous me traitiez de « nègre ». Il est inutile de continuer plus avant, n’est-ce-pas ? Ce fut un dialogue de sourd. Je n’ai pas réussi à me faire comprendre, et à expliquer que le seul emploi du mot nègre qui me gêne est celui qui en fait un synonyme d’aide-écrivain (ou, mieux, de prête-plume comme le suggérait Kakophone plus haut,. Et vous avez ma gratitude, pour votre co-auteur et vos guillemets autour de nègre). Je n’ai jamais demandé qu’on raye ce mot des dictionnaires dans ses autres acceptions, et je serai le premier outré que l’on biffe les textes fielleux de L.-F. Céline racontant son séjour au Cameroun, par exemple.

Anne-Sophie tiens mordicus à ce nègre, comme la majorité de ses aficionados, et elle l’utilisera sans se soucier des orteils qu’elle écrasera au passage sous ses grosses pataugas. En cela, elle marchera dans les pas du défroqué Eugène de Mirecourt, qui a dû rire bien grassement, en qualifiant Alexandre Dumas de « nègre ». Le journal l’Express fait quant à lui des jeux de mots — « Les nègres s’affranchissent » — qui plairont sans doute à Anne-Sophie, et qui continueront de faire florès. Mais qui me dépitent. C’est pourquoi je me suis permis, à votre grand dam, de dire mon trouble à la personne même qui a lancé le débat.
Voyez-vous, la langue française écrite me passionne, et je trouve le sujet particulier de ce débat passionnant. J’ai osé apporter le point de vue d’un Noir. Mal m’en pris. Je me suis vu répondre sur un autre sujet (« faut-il ou non supprimer le mot nègre du dico, alors, selon vous ? », question aberrante selon moi).

Anne-Sophie, quant à elle, m’a répondu qu’elle compte qualifier de « nègre », même un écrivain noir. Et ce, sans vergogne. Et, en revanche, que le féminin négresse n’est pas recevable. Outre que je l’ai trouvée soudain bien pudibonde — et incompréhensible —, je lui dois d’avoir bien ri en lisant ceci, en pensant à elle :

Pour des raisons qui lui appartiennent, l’animateur [Michel Drucker] sous-traita la rédaction des réponses à l’écrivaine Calixthe Beyala, qui se trouvait être, à ce moment-là, sa maîtresse. Pour prix de ses services, selon cette dernière, l’animateur lui avait promis la somme de 200 000 euros.
Que se passa-t-il ? Le projet capota, le couple se disloqua (on ignore dans quel ordre). Et l’écrivaine demanda à son ex-compagnon de lui payer sa participation à l’entreprise. Refus de l’ex-futur coauteur. Irritation de la «ghostwriter» (on n’ose écrire «négresse») abusée.

C’est de son patron, Daniel Schneidermann, et ça n’a pas trois jours. Lui est cohérent. Qu’il soit remercié d’exprimer un scrupule.

Quant à moi, j’éloigne mes arpions d’Anne-Sophie, donc.

Mais la lutte continue.
Ecoutez je ne disconviens pas que j'ai pu vous lire en diagonale.

Très franchement si ce mot qui vous fait horreur devait disparaitre des dictionnaires, ça ne me dérangerait pas. Ce serait une grande hypocrisie en même temps, tout le monde n'y voit pas une insulte, puisque vous écrivez ne pas avoir parlé d'autre chose que de l'écrivain porte-plume. Donc je le redis dans cette acception (ce n'est pas particulièrement heureux je vous l'accorde, mais tout le monde sait ce que ce mot veut dire sans y voir à mal) Je crois pense qu'Anne-Sophie y tient particulièrement en tant que linguiste. En revanche nommer Négresse, une écrivaine porte-plume ne serait pas explicite du tout. Cette féminisation des mots à tout prix peut être ridicule. Pourquoi ne pas dire un "nègre-femme", "femme-nègre" quitte à vous faire hurler, sans doute.

Le fait que Michel Drucker n'ait pas voulu payer l'auteur de son livre, me conforte dans l'idée qu'il faudrait tout simplement abandonner les "nègres" dans leur anonymat. C'est injuste pour leur travail et le risque de ne pas être payé ou insuffisamment payé sera toujours présent. Mais c'est un autre sujet, peut-être le vrai sujet, que le nègre soit noir ou blanc, ou jaune. Je ne connais pas le statut juridique de ces écrivains, comment ils sont protégés, rémunérés, etc ...

Je ne comprends pas pourquoi Anne-Sophie vous met autant en colère, ça me parait disproportionné avec le contenu de la chronique. Avez-vous lu ses autres chroniques ? Sur lesquelles il n'y aura rien d'ambigu pour vous.

Vous savez certainement ce qu'Aimé Césaire pensait du mot nègre et de sa négritude dont il était fier.

A chacun sa sensibilité, voilà tout. Vous avez sûrement vos raisons d'être aussi réactif, je ne peux et ne dois pas en juger.

Les luttes continuent, contre le racisme, contre le machisme, contre l'enfance maltraitée, contre l'injustice sociale, contre les dictatures ...... malheureusement l'Homme étant ce qu'il est, il faudra toujours lutter contre certains de ses comportements déviants.
Vous vous trompez encore, je ne suis pas en colère contre Anne-Sophie. Je ne sais rien d’elle. J’ai vu quelques-unes de ses apparitions sur le plateau d’@SI (très bien), et lu quelques-unes de ses interventions sur d’autres forums, où je l’ai trouvée un brin cassante (moins bien), mais je ne m’en soucie pas.
Si je renaude, c’est d’entendre ces gens déboutonnés user du mot nègre sans se soucier des sous-entendus qu’il traîne. Anne-Sophie n’est que la « Monsieur Loyal », si j’ose, de ce lieu.

Ou bien j’ai cru à tort qu’elle voulait susciter un débat.

« Grattez l'œuvre de M. Dumas (…) et vous trouverez le sauvage (…) Il embauche des transfuges de l'intelligence, des traducteurs à gages qui se ravalent à la condition de nègres travailleurs, sous le fouet d’un mulâtre ! » (E. de Mirecourt, Fabrique de Romans)

« Tout le monde sait ce que ce mot veut dire sans y voir mal », dites-vous. Sans y voir mal, c’est bien là le nœud.

Quant à la féminisation du mot nègre, elle existe ! Ce n’est pas comme si l’on parlait d’en inventer une (alors qu’auteure n’existe pas, ou pas encore). Le fait qu’elle vous gêne me laisse penser que vous, ou Anne-Sophie, ou maints autres, n’êtes pas si à l’aise que cela avec son pendant masculin. Tout espoir n'est donc pas perdu.

En tout cas, je lis ceci, sur le site du CRDP de Poitou-Charentes :
« Colette : le parfum scandaleux de la liberté : « Brève étude biographique où l'on voit comment la "négresse" de Willy est devenue Madame Colette. Amoureuse de la vie sous toutes ses formes, n'ayant pas peur du scandale, cette anti-conformiste a, en tout cas, parfaitement servi la langue française. »


Et n’allez pas vous tromper sur Aimé Césaire. Avez-vous lu son Discours sur le colonialisme, par exemple ? Puisque vous me trouvez agressif, je ne vous le conseille pas : il vous ferait dresser les cheveux sur la tête. « “Nègre”, vous m’appelez, eh bien, oui, nègre, je suis, et le nègre vous emmerde. » Nègre, vous m’appelez, je souligne. C’est un autre débat, on l’a déjà dit. Mais je gage qu’intervenant ici, le poète eût rembarré plus d’un @sinaute complaisant.

(J’aime beaucoup l’image de J.-P. Sartre : « Il ramasse le mot nègre qu’on lui a jeté comme une pierre. »)

D’accord, les luttes continuent.
Je vous rassure en effet, je ne suis pas à l'aise avec le mot "nègre". Il ne viendrait pas à l'idée de l'utiliser pour désigner un Noir. Tout comme Anne-Sophie l'écrit en conclusion.

Merci pour vos contributions. Je tiendrai compte de vos conseils de lecture, ou relecture.
@Ndjocka : c'est pas grave, si vous avez pas compris Ndjocka, me suis peut-être mal exprimé, disons qu'en trés gros, je ne pense pas que le plus dangereux soit les mots mais les mentalités des gens autour de ces mots.

Je ne m'entends pas avec Bysonne, ne nous méprenons pas (cf plus bas), je suis d'accord avec elle sur un point précis c'est différent.

Comment voudriez-vous qualifier autrement un aide-écrivain (un "nword" n'est pas un aide-écrivain, c'est une sorte d'esclave qui ne profitera ni de la notoriété de l'auteur, ni de la paternité de son oeuvre. En Français, les mots ont leur sens, et un aide-écrivain ne véhicule pas le même sens qu'un "n-word".

"Prétendez-vous m'expliquer à moi que le mot Noir, ou le mot Arabe, n'est pas une insulte ? Je crois que vous vous foutez de moi.)"

non vous avez mal du me comprendre encore une fois, loin de moi l'idée de me foutre de vous, ou de vous expliquer à vous que le mot noir ou le mot arabe n'est pas une insulte. Déjà je vous ai posé une question marquée par le "?" donc je ne vois pas ce que je vous expliquerai. Et deuxièmement, je vous pose cette question parce que par moment j'ai l'impression que ce soit sur les forums ou dans la vie que les mot "noir" et "arabe" soient perçu par les gens comme une insulte ou du racisme, je vous enverrai des vidéos la prochaine fois que je dis ces mots devant les gens pour que vous saisissiez bien le malaise qui m'habite. Voilà pourquoi je demandais si il existait un équivalent plus hypocrite du mot "arabe" qui passe mieux, comme "black" pour "noir".
LeVeilleur,

Je vous redis qu’être esclave était une situation un peu plus inconfortable que d’avoir à écrire un livre sans y voir apposé sa signature à la fin — en étant grassement payé pour ça. J’aimerais juste que vous mesuriez à quel point l’utilisation du mot nègre pour prête-plume banalise la souffrance des esclaves qui ont marné sous le fouet quatre siècles durant, en échange d’un bol de mil, pas d’un billet de mille.

Pour le reste, je veux bien défendre avec vous, si besoin, Tintin au Congo — charmante BD qui m’a traumatisé quand j’étais marmot —, histoire dans laquelle un chien parle mieux le français qu’un Africain, en tant que classique du genre. Que puis-je donner de plus, comme gage ?

Pour le reste, encore, laissez tomber les Maghrébin pour Arabe, les black pour Noir.

Je digresse, et vous fais une confidence : je suis ému chaque fois que j’entends ou quand je lis, non pas « trois sans-papiers ont été reconduits à la frontière » , ou « trois clandestins… », ou « trois Maliens… », ou que sais-je encore, mais quand j’entends ou quand je lis simplement « trois personnes ont été reconduites à la frontière. » Ému, parce que c’est trop rare.
Voyez-vous, les animateurs, les journalistes, les chroniqueurs, officiant dans « lémédias », comme on dit ici, ou officiant ici même, oublie toujours que des Africains, ou des Arabes, etc., les lisent, ou les regardent. Et encaissent.

Salam.
oki même si au contraire je ne trouve pas que cette expression banalise la souffrance des esclaves mais au contraire ne la fera jamais oublié. Grassement payé ? il ne semble pas, ou alors pourquoi une jeune femme attaque PPDA (il me semble que c'est lui) pour ne pas avoir été payé ce qu'elle aurait dû être payé pour son travail.

pour le reste je suis d'accord avec vous, donc je ne reviendrais pas là-dessus, si ce n'est que j'aimerais avoir votre avis et ce sans aucune moquerie croyez le bien, sur l'expression "travailler au noir" ou "au black", d'ailleurs, il serait intéressant d'analyser l'étymologie ou tout du moins l'histoire de cette expression.

Aleikum Salam.
Est-ce que ça ne pourrait pas venir plutôt du "noir" de la nuit, vu que ça se dit "moonlighting" en anglais?
Juste une question.
Comme pour le marché noir.

Et être gris n'a rien à voir avec la couleur de la peau, non plus.
Même pas pour les chats nocturnes.
« Travailler au noir » signifie « travailler dans le noir », c'est-à-dire « dans l'obscurité, en cachette ».

Idem pour « marché noir », comme l'indique Poisson. Louis de Funès débitait son cochon, en s'éclairant à la bougie, à la cave, histoire de n'être pas pincé.

Pas d'afrocité là-dedans...

LeVeilleur,

Je vous redis qu’être esclave était une situation un peu plus inconfortable que d’avoir à écrire un livre sans y voir apposé sa signature à la fin — en étant grassement payé pour ça. J’aimerais juste que vous mesuriez à quel point l’utilisation du mot nègre pour prête-plume banalise la souffrance des esclaves qui ont marné sous le fouet quatre siècles durant, en échange d’un bol de mil, pas d’un billet de mille.



Comment faire comprendre simplement que lorsqu'on parle d'un nègre littéraire, on ne parle pas d'un esclave ? Et que lorsqu'on mange une tête de nègre, on ne déguste pas la tête d'un esclave ? C'est si difficile que ça à comprendre ? Même pour un noir ?
J'ai vu exactement le même échange d'arguments sur le site de Médiapart, avec un habitant de Vichy qui aimerait bien rayer de l'histoire de France qu'il y a eu un gouvernement de Vichy et que ceux qui y participaient, on les appelle des Vichyssois. C'est malheureux pour les habitants de cette charmante ville d'eau, mais c'est pas demain la veille qu'on ne parlera plus des Vichyssois en rapport avec le gouvernement de Vichy.
De même, les massacreurs des Communards s'appellent les Versaillais. Que je sache, les actuels habitants de Versailles ne sautent pas au plafond lorsqu'on évoque la Commune de 1871.
Encore une fois, c'est le contexte qui fait qu'il n'y a pas matière à confusion.
Je copie-colle la citation d’Eugène de Méricourt que je soumettais à Bysonne, et qui aida au succès du mot :

« Grattez l'œuvre de M. Dumas (…) et vous trouverez le sauvage (…) Il embauche des transfuges de l'intelligence, des traducteurs à gages qui se ravalent à la condition de nègres travailleurs, sous le fouet d’un mulâtre ! »

De quoi parle-t-on donc, sinon des esclaves nègres ?

Quant à la tête-de-nègre, je m’en contrefiche. Sauf quand un Dominique Godin, placé devant moi dans la file, en commande une à la boulangerie, en me regardant par en dessous…

Si je peux me permettre, on n’appelle pas les massacreurs des communards les « Versaillais », mais les « versaillais ». Tout est dans la minuscule. Lesquels n’avaient fait que se réfugier à Versailles pour un temps, et pour y fourbir leurs baïonnettes. Seuls les habitants de Versailles sont fondés à revendiquer une capitale (au sens typographique, bien sûr). Cela dit, si on nommait tous les massacreurs du monde des « versaillais », je comprendrais que ces mêmes habitants de la charmante bourgade finissent par en ressentir du dépit…

Idem pour les « vichyssois ».


Quant à la tête-de-nègre, je m’en contrefiche. Sauf quand un Dominique Godin, placé devant moi dans la file, en commande une à la boulangerie, en me regardant par en dessous…



Tout le monde sait que c'est le genre de la maison...
Woody Allen disait, en gros (mon dieu, j'espère qu'en plus d'être noir vous n'êtes pas en surpoids ?) : "c'est pas parce que je suis paranoïaque que je n'ai pas de vrais ennemis..."
Merci, Gavroche. J’adhère, en effet.

« On ne parle pas impunément la langue du vainqueur. On la respire autour de soi, et on vit d’après elle. » (Victor Klemperer in Éric Hazan, LQR, la Propagande du quotidien)
Vous avez beaucoup cité un certain "Eugène de Méricourt"...

Obscur personnage, que tout le monde a oublié. En revanche, personne n'oubliera jamais Dumas... Et c'est ce qui est le plus important.

Et moi aussi je suis une fan d'Alain Rey... :-)
Ndjocka, vous m'avez l'air particulièrement à CRAN ...
Goulven, je ne déteste rien autant que ce Cran. Au point que je préfère ne pas même cliquez sur le lien que vous proposez.

Je vous range donc parmi les gens qui ne m'auront pas compris (si c'est le cas, je veux bien penser que c'est ma faute). Ou qui se seront laissés emporter par leurs préjugés. Auquel cas, je ne peux rien.
Surement un mélange des deux. Merci pour votre réponse (mon message n'en méritait pas tant)
Pas de souci.

Pour rappel, les gouapes du Cran s’en était pris à Alain Rey (un saint de mon calendrier), prétendant lui faire ravaler la définition qu’il avait donné au mot colonisation dans son grand dictionnaire. C’est dire leur ineptie…
je ne parle pas de garder trace de cette habitude, je parle de garder en tête qu'à un moment donné de l'histoire, des gens ont décidé que d'autres gens étaient de race inférieure et que pour le coup, il paraissait normal et logique qu'ils les esclavagisent.

que cette pratique a engendré des mots ou expressions qui charient tout un historique qui fait non seulement dire plus jamais ça aux gens intelligents, mais surtout n'oublions jamais ce qui s'est passé, ne l'annulons jamais, gardons le en mémoire tant que le monde est monde.


J'entends bien. Mais en quoi, le fait que vous utilisiez le mot nègre pour parler de ces porte-plumes exprime-til votre désapprobation.

supprimer le mot "nègre" c'est supprimer un des vecteurs principaux de la critique de l'amérique de l'époque par Mr Twain

Je ne parle pas de supprimer le mot nègre qualifiant des Noirs dans l'exemple que vous prenez. Je suggère de ne pas l'utiliser pour qualifier des écrivains. Ou alors avec des guillemets, justement pour signifier qu'il y a un problème. Est-ce trop demander ?

Un esclave romain pouvait racheter sa liberté et devenir un homme libre, mais un esclave romain avait le droit de monter dans le même "bus" que les patriciens ;)

Absolument ! De même, et puisqu'on a produit ici un livre inspiré des Lettres persanes, qu'on s'y replonge pour s'apercevoir que les esclaves du Persan en question, restés au pays, ont un train de vie que nombre de miséreux prétendument libres leur envieraient — la privation de leur liberté exceptée, bien sûr, ainsi que celle d'une partie de leur anatomie !
C'est un des faits qui oblitèrent une quelconque similitude entre la traite européenne et la traite arabe.

Par contre, vous êtes bien naïf, quand on traite quelqu'un de "sale blanc" ou de "sale noir", ce n'est pas son hygiène qu'on met en cause,

Vous vous avancez, je ne suis pas naïf — hélas. Peut-être ai-je été trop elliptique : je voulais dire qu'étant effectivement blanc, vous ne pouviez vous offusquer que du mot sale dans l'expression « sale Blanc ». La blague a fait long feu. Je ne suis pas assez benêt pour ne pas comprendre l'insulte, mais je maintiens que ça n'a rien à voir avec « sale nègre ».
On ne m'a jamais traité de « sale Noir ». Je crois que si ça m'arrivait, je serais tenté de remercier mon insulteur d'avoir pris des gants... Mais on m'a plutôt traité de « moricaud» ou de « bougnoule », ce genre de chose, voyez ? Ou de « nègre », donc.


Tiens j'en profite d'ailleurs pour évoquer une chose qui me fait personnellement bondir, l'emploi à tout bout de champ et jamais à bon escient des mots "fachos et nazis", qu'une chose soit claire, le fascisme et le nazisme, ça correspond à des périodes bien précises de l'histoire qui sont aujourd'hui révolues (...)

Encore une simplification d'un mot autour d'une chose qui elle pour le coup n'existe plus et là par contre, l'emploi du mot par vous ne semble pas vous choquer ?


Qu'une chose soit claire : facho et fasciste ne sont pas — ou plus — synonymes. Equivalent de facho : beauf, réac, etc. Je connais plein de fachos, mais pas un seul fasciste. Je ne parlais donc pas de « gens du FN », mais bien des petits racistes débonnaires que comptent toutes les paroisses. Les pires de ces fachos, selon moi, se réclamant de la gauche.

certaines branches de l'Islam, pourrait me faire employer ce vocable précis d'"invasion", mais pas pour l'instant,

Peut-être, justement, parce que vous en mesurez la connotation péjorative, et qu'en conséquence vous faites attention ? Exactement comme celle du mot nègre ?
Je faisais référence, devant mon fils de quatre ans, au fait qu'il y avait dans sa classe plusieurs enfants noirs. Pas d'accord, il était. J'insiste: untel, untel, ils sont bien noirs, non? Il me dit, indigné: ils sont pas noirs, ils sont marrons!

Le même plus tard, revient de l'école en m'annonçant qu'il est désormais brouillé avec Virak (un enfant cambodgien). Il me dit, avec un mépris violent dans la voix: "C'est un arabe!". Et m'annonce que son nouveau copain s'appelle Bader. J'ai dû lui faire successivement une leçon de morale et un cours de vocabulaire.

Ainsi, l'enfance peut être à la fois abritée des préjugés... et contaminée par eux. Vous avez dit innocence?
Siouplé, pour moi ce sera une tête de nègre, (miamiam, à l'ancienne, meringue au chocolat, et oui j'ai connue et mangée), accompagnée d'un petit noir déca sur le zinc. :-))
pareil moi je connais plus souvent les "têtes de nègre" sous cet aspect http://www.mamie-dine.com/images/HARIBO%20TETE%20DE%20NEGRE%20copier.jpg même si je n'ai jamais appelé ça des têtes de nègres, même enfant mais des "têtes", preuve s'il en est que ce n'est pas une incitation au racisme pour les enfants, puisque comme dirait avec intelligence South Park dans l'épisode le Drapeau de south park est-il raciste, les enfants ne voit pas un noir ou un blanc, mais un humain avant tout.

que le racisme est finalement une affaire de grande personne. Pour le mot littéraire, je trouve normal et même historiquement responsable d'appeler ces gens des "nègres", justement parce que ça souligne les zones d'ombres (nombreuses) de notre Histoire, et que ne plus le faire, serait comme politically correctisé Mark Twain ou Tintin au Congo, un désastre pour la mémoire et pour l'horreur qu'a été (et qu'est toujours) l'esclavage.

Pour le terme Nègre, sachant qu'il vient du latin, niger, nigra, nigrum qui veut dire noir, ça ne me choque pas plus (en dehors de la connotation péjorative) que quand Haria Bouteldja dis les souchiens, c'est le nom qu'on a trouvé pour vous qualifier vous les blancs". Pour moi, vous les "blancs" est tout aussi raciste ou tout aussi peu raciste, selon le point de vue où l'on se place, que vous les "nègres".

Maintenant je comprends parfaitement que ça choque certaines personnes, donc je n'emploi pas le mot "nègre" par respect pour les gens qui voient la connotation avant de voir le sens premier du mot. J'emploi le mot "black" comme tlm que je trouve à peu près aussi raciste, voire pire, mais parce que quand je me risque à dire le mot "noir", les gens me regardent comme si j'avais dis une insulte ou péter à un enterremment, donc quitte à m'uniformiser parfois avec le reste de l'humanité, je préfère employer ses vocables.
D'après mon mari dont le père était polytechnicien,la coutume voulait que le nègre de la promotion fasse le travail des autres élèves.
Fichtre, on parle de moi ? ;-)

Comme gemp, je suis surpris par la pâtisserie, mais pour une autre raison : la seule fois où j'ai vu une "tête de nègre" en pâtisserie, il s'agissait d'une boule à la noix de coco, avec peut-être juste un soupçon de chocolat au sommet, mais c'est tout.
Je vois donc que le nom était usurpé, en plus d'être laid...

Pour le reste : merci pour l'article ! Il aurait peut-être été intéressant (salauds de lecteurs, jamais satisfaits !) de regarder l'origine de "ghostwriter" en parallèle, une recherche rapide n'apportant que des sites indiquant que ghostwriter est formé de ghost et writer. Ah oui, on est bien avancés...
(apparemment le terme est utilisé chez la plupart de nos voisins directs, en anglais ou sous une forme locale équivalente)

Sinon, j'aurais bien vu un passage sur les USA, avec le "N-word", inutilisable en public par un non african-american (mais largement utilisé dans la culture hip-hop). L'existence en parallèle du mot negro, moins péjoratif, avait d'ailleurs un peu semé la confusion là-bas lorsque Guerlain avait pondu son "j'ai travaillé comme un nègre", certains francophones arguant que Guerlain utilisait un équivalent du second mot, pas du premier.
J'ai été surpris par l'image choisie pour illustrer l'ex-tête de nègre pâtissière. Dans mon enfance, au siècle dernier, lorsque j'en demandais une au boulanger du coin de la rue, elle ressemblait plutôt à une sphère en meringue recouverte de petits bâtonnets de chocolat (la photo est moche mais en dépeint distinctement l'anatomie). Une de mes friandises favorites avec l'éclair au café. Anne-Sophie est bien évidemment si jeune qu'elle n'a pas connu ça de première main, pouvant donc aisément confondre avec ce que les Québécois appellent un "whippet" (ou parce qu'elle n'a pas trouvé de plus jolie photo) et qui n'était, selon Wikipedia, appelé "tête de nègre" qu'en Suisse Romande et en Allemagne (Negerkuss ou Mohrenkopf).

De plus, je découvre aujourd'hui, outre celle qui illustre la chronique, que d'autres confiseries partagent cette appellation (article un brin agressif, désolé, mais abondamment illustré).

Toujours un plaisir à lire, merci pour ce voyage.
Excellente conclusion.

Le général Dumas, père d'Alexandre :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Alexandre_Dumas
Ce qui me frappe, Anne-Sophie, dans votre papier, c'est l'origine inconnue du mot "niger", comme perdue dans la nuit des temps. Est-ce qu'on ne s'est jamais soucié d'aller y voir ? Est-ce que ces êtres étaient tellement peu estimés, qu'on n'a pas cherché à établir la généalogie de leur nom générique ? Après les avoir dénommé du nom de leur propriétaire, c'est une seconde façon d'effacer leur racine, non ?

J'ai connu un nègre, qui écrivait pour les médecins. Jamais on ne l'aurait vu sur les plateaux, car dans son contrat, était stipulée l'obligation de confidentialité. C'était donc un ghost writer, qui se fondait dans l'ombre de l'auteur officiel tel un fantôme.

Les nègres sur le plateau de la Ligne Jaune sont eux davantage des écrivains, puisqu'ils assument publiquement être les auteurs des livres qu'ils ont écrits ; en écrivant sur ce que leur confient les peoples, ils se font écrivains publics, cela ressort dans la manière dont Lionel Duroi en parle. Pour moi, ce ne sont pas des nègres.

http://anthropia.blogg.org
Pour San Antonio, ne serait-ce pas juste une astuce en rapport avec le courant continu du moteur Nègre .

C'est plus son genre, type : je fais comme Charles, j'attends.

Donc à mon avis hors sujet, n'en déplaise à Wikipedia.
A vérifier tout de même, ce n'est que mon hypothèse.
Nègre, c'est mieux que écrivain public (qui fait référence à fille publique).
Évidemment, les mots sont que ce qu'on en fait, et ne valent que par leur contexte. Pour cela, il faut les affronter... Et même que parfois désigner une personne par la couleur de sa peau ne me convient pas non plus : ce n'est pas ce qui spécifie, cela ne dit rien de la personne. Un mot ne peut pas dépasser la ligne jaune, c'est la manière de l'employer qui le fait, la pensée qui les utilise.

Nous vivons une époque intellectuellement triste de ce point de vue, le politiquement correct, espèce de monstrueux positivisme. Les mots ne disent rien par eux-mêmes, ils ne sont pas des choses, mais des outils de la pensée. Revoir la célèbre querelle des universaux. Cela ne nous rajeunit pas.

Par exemple, la féminisation frénétique des mots apporterait quelque chose à l'émancipation des femmes. Or, il y a un neutre implicite. Quand on dit par exemple « professeur », on sait bien que cela peut être un homme comme une femme. On n'a pas besoin de « E » en plus, sauf si on doute soi-même de la chose, où qu'on ne se sente pas maître des mots... On fait alors l'inverse de ce qu'on pense faire.

Je crois que cela tient au fait qu'on nous dépossède de nos discours et qu'on se raccroche à des petits symboles règlementaires qui n'engagent pas notre prise de parole (alors que la période des Lumières marque le contraire : la récupération de la langue par les philosophes et les intellectuels contre les classes possédantes... Et cela donné une magnifique langue).
Une suggestion d'activité pédagogique autour du mot "nègre": analyser l'évolution de la définition du mot "nègre" et de ses dérivés dans le Petit Larousse entre 1901 et 2010: c'est un très bon raccourci historique du XXe siècle.
Il fallait bien un nègre pour aider à écrire la biographie de quelqu'un qui était la plupart du temps noir!
" la première chose qui frappe chez Yannick Noah, ce n'est pas le tennisman mais le nègre"

on peut faire également faire une utilisation " desprogienne" du mot, non ?
un peu d'humour....noir

toutenbateau
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