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Audouard et nos racismes, d@ns le texte

Le racisme. Sa logique, sa rhétorique qui se déploie en boucle,

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L'auteur mélange racisme né dans les colonies, puis réactualisé "pseudo-scientifiquement" par des Gobineau au début du XXe, et rejet, peur de l'Autre qui daterait des Grecs...Je ne suis pas d'accord avec lui quand il affirme que nous sommes tous racistes.
Qui applique ces discriminations réelles au logement, à l'emploi ? Quid de l'action publique? A notre époque , les politiciens préfèrent légiférer pour rappeler les bienfaits de etc plutôt que combattre la délinquance fiscale de Clearstream; travailler la soi-disant "opinion publique" avec des idéologues à l'appui qui instrumentalisent l'histoire.
Mais il semble que le racisme moderne évolue encore et que les sociologues et autres historiens, ainsi que des médiacrates! bataillent sur ces concepts ...
" L'Arabe n'aime pas le Kabyle "! Notoirement, Arabes et Kabyles, ces groupes sociaux ont été artificiellement antagonisés par les colonialistes Français en Algérie Française. Comme plus tard, en France, en 2010 et 2011, les classes dirigeantes qui continuent afin de diviser des gens qui ne devraient pas être divisés: les colonisés, les salariés etc...ou pense-t'il à la reproduction par les discriminés de la discrimination?

Bref, je n'ai pas compris son discours. Audouard mêle préjugés, racisme, discriminations racistes...
Le "groupe social des non discriminés", majoritaire, devrait prendre conscience qu'il s'agit de lutte des classes et de maintien du statu-quo économique en faveur des dominants, nous ne sommes pas tous racistes mais tous (majoritairement) dominés !
j'ai aimé cette émission..
après avoir déserté Dans le texte depuis quelques temps, j'y suis revenue pour découvrir un auteur, celui de l'Arabe, livre que je viens de terminer et qui m'a bouleversée !
livre sur un racisme que l'on peut sans doute croiser dans nos villes, ou en l'occurrence dans nos campagnes, et même si l'on n'assiste pas tous les jours à des scènes de tortures ou de viol, son omniprésence laisse un fort sentiment d'injustice qui nous retourne les tripes !
.....le même sentiment ressenti tout au long de la lecture de ce drame étouffant sur l'acharnement subi jour après jour par l'Arabe .....

livre poignant pour lequel je me suis souvent surprise à espérer une fin heureuse... tout en pressentant qu'il ne faudrait pas compter dessus !
et c'est justement ce pressentiment, qui grandit tout au long de la lecture, qui donne toute intensité aux sentiments réveillés par la lecture : sentiment d'injustice qui augmente le sentiment d'impuissance !!

en lisant le livre je visualisais le cadre de l'action comme dans la réalisation du film Dogville : bien sûr que les personnages du livre évoluent dans un paysage mais ils sont tellement étudiés, découpés, disséqués dans leur âme que j'en ai fini par occulter le décor ?!!
Antoine Audouard, [s]médecin[/s] écrivain légiste au chevet du racisme pour en faire l'autopsie...:)

sur la forme, les questionnements des deux chroniqueurs laissaient ouvert le champ des réponses.....
....ou bien la sérénité des réponses venait-elle du côté "mâle pas dominant de l'auteur" ? ...:)
en tous les cas j'ai trouvé les échanges passionnants, profonds, bref : captivants !!!
Sublime émission, incroyable bien construite, pas brouillon, et avec un auteur que j'ai eu un plaisir énorme à écouter et à regarder parler.

J'en veux plein d'autres des émissions comme celles-ci, avec bien sûr la correction du seul bémol: avoir un lexique et une bibliographie, si possible indiquée en post-production à l'écran même, comme notes de renvoi numérotées et pour avoir l'orthographe des noms d'auteurs.
Emission trés réussie ! je ne connaissais pas cet auteur; je l'avais entendu à la radio dans un entretien tout-à-fait honorable...
Mais là, cela me donne envie de "plonger" dans son oeuvre.
Le" bonhomme"n'est pas dans la surface des choses.Il n'élude rien.
Trés bel accouchement, mené avec art.
Il nous faut bien ce temps de longue intimité pour obtenir un si beau résultat.
Merci.
Bonjour,
Je ne sais pas où écrire ce message mais... A quand la prochaine émission ??
Merci pour cette magnifique émission
Très Chère Judith,
Je viens de voir votre émission avec Antoine Audouard.
Peu avant, j'ai appris que " D@ns le texte " était l'émission la moins regardée... Et alors ?
Alors j'ai savouré encore plus cette émission et quelle émission ! Sur la lame fine du rasoir, entre haine et amour, entre intolérance et réflexion intellectuelle pour ne pas sombrer dans le racisme " de base ".
Cette émission m'a éblouie, comme toujours. Non pas par ses effets, mais par la précision des questions et le fait qu'à chaque fois l'auteur se retrouvait face à deux lecteurs précis, qui avaient LU son livre, parfaits, presque parfaits.
Car même vous, lecteurs attentifs, vous nous avez montrés que vous pouviez passer à côté d'un détail.

Comme après chaque émission je cours chercher le livre en librairie, pour avoir l'occasion d'en parler à mon libraire... Et me plonger à mon tour 'd@ns le texte' comme un désir impossible à refouler, comme quelque chose que je dois faire absolument...

Je ne sais pas pourquoi " D@ns le texte " est l'émission la moins regardée d'@si et tout à fait entre nous, je n'ai jamais regardé une émission parce qu'elle avait du succès.

Ce que je sais, et c 'est peut-être une partie de la réponse (si toutefois il fallait en formuler une), c'est que le commun des mortels ne se laisse pas facilement emmener par la main pour découvrir, pour réfléchir, pour changer d'avis, pour douter... pour se remettre en question. Il préfère le confort, même intellectuel.
Hier soir, j'ai eu des frissons, car l'auteur, Hubert et même vous Judith, vous avez comme moi eu en vous cette partie sombre, cet intérieur pas joli joli qui nous fait peur ; la toucher du doigt à travers la littérature permet au moins de la reconnaître, de la connaître, peut-être même de la sondée et ainsi mieux l'apprivoiser.
J'aime " d@ns le texte " particulièrement pour cela, pour sa part de vérité, sa part de justesse et sa part de doute...

Et j'aimerai en cette veille de nouvelle année, vous témoigner que d'en mon fort intérieur, j'ai toujours l'impression d'être le seul à regarder "d@ns le texte " égoïstement, jalousement, comme si l'émission avait été enregistrée pour moi, pour que le lendemain je me déplace chercher le livre et pour qu'a mon tour je plonge dans le texte.
Et alors je suis seul, encore plus, avec le texte, partageant ce qu'a très bien expliqué Antoine Audouard, cette sensation d'être sur le fil du rasoir, ne pas savoir et une fois que l'on sait, être persuader qu'on savait.

Tout cela m'a bousculer, ma remuer... Et c'est ce que je viens chercher lorsque je regarde l'émission.
Merci pour cela.
Richard
Grâce à cette émission, grâce à l'excellent Antoine Audouard, j'ai pris les résolutions suivantes pour 2010 et jusqu'à mon trépas :

• ne plus jamais me laisser aller à des blagues ou à des réflexions humoristiques à tendances racistes, même si c'est marrant et que je pense, au fond de moi, ne pas croire une seconde à ce que je profère;
ne rien laisser passer, au jour le jour et où que ce soit, quand des personnes (qui disent qu'elles ne sont pas racistes, mais…) injectent des propos racistes dans leur conversation, que cette dernière me concerne directement ou que j'en sois témoin. Idem face aux actes.

MERCI de m'avoir ouvert les yeux, et d'avoir contribué à raffermir mes positions sur ce sujet !

Bien@vous,
Sophie
Peut-être un peu hors sujet, c'est juste pour signaler que je suis en train d'écouter une émission passionnante de "Là-bas si j'y suis" (c'est presqu'un pléonasme),
bon, c'est pas d'Arabe ou de "gris" qu'on y parle, c'est de Chinois ou de "niakoués" et on est en Camargue.
Je suis du coin ou pas loin et j'y ai toujours vécu mais je n'avais jamais entendu parlé de cette histoire du riz de Camargue et des salins,
J'aimerais bien savoir si monsieur Audouard la connaissait.
voir ici http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/
là http://www.travailleurs-indochinois.org/
et bientôt en ligne http://www.la-bas.org/
Très belle émission, je n'ai rien de très spirituel à ajouter mais... il a un charme fou cet Audouard !
Bonjour à tous,
Désolée d'être un peu hors sujet... mais je trouve dommage qu'il n'y ai plus de dossier "Dans le texte, les émissions". En cliquant sur ce lien, qui avant existait il me semble, on pouvait retrouver rapidement toutes les émissions de "dans le texte" et éventuellement rattraper les anciennes. En tout cas pour ligne jaune ce dossier existe et c'est bien pratique
C'était juste pour signaler ce petit dysfonctionnement.
Bonjour,

La seule force des "faibles", reste l'effort... Et quelle force fut-elle!

Je crus d'ailleurs entendre amalgamer les justes et les faibles. Manifestement, il y a horrible confusion. Leur principale différence ? Les premiers, têtus, s'acharneront, même si le risque est grand, jusqu'à leur vie, à défendre les valeurs démocratiques, les autres se résigneront aisément. L'Histoire nous l'apprend. C'est en effet une affaire d'honneur et de conscience individuelle qui a une incidence certaine sur nos actes dans la société.

Bien à vous.
Heum ! Beuh ! Cette émission, excellente et même chavirante du point de vue de la littérature me laisse songeuse.
Je viens de la visionner et je constate que j'arrive après les grandes batailles sur le forum, et ça m'arrange, parce que franchement, qu'est ce que ça vient faire là-dedans tout cela ? Le racisme demande une grande réflexion, ne demande pas d'a-peu-près, c'est complexe et long à déchiffrer. Il faudrait définir de quoi on parle exactement. L'Islam, le fait d'être arabe, le terrorisme, l'intégration, tout cela, ça ne se règle pas d'un débat, et ça ne se règle pas en littérature.

Antoine Audouard a été très clair là-dessus il me semble, il fait de la littérature, dans tous les sens du terme.
Il a raconté une histoire qui n'a eu lieu que dans son imagination, uniquement après avoir entendu une femme parler. Il ne s'était rien passé du roman qu'il décrit.
Ensuite, vers la fin de l'émission, il raconte des légendes urbaines. Mais même si c'est vrai, de toutes façons, il y a des petits et des grands cons qui font des conneries partout. Après, vous pouvez choisir les conneries qui vous horrifient en fonction de votre façon de penser : les uns sont choqués par les petits cons qui agitent le drapeau algérien je ne sais où, les autres par des gens qui ne voudraient pas que leur nièce soit amoureuse d'un Narabe.
Tout cela, c'est de la littérature. Ce n'est pas la réalité. Je ne dis pas que le racisme n'existe pas, je constate simplement que Le Pen n'avait fait que 18% en 2002 au bout du compte, et que la France a le taux d'union mixte le plus élevé d'Europe.
Alors, foin de cette certitude que tout le monde est raciste, et le livre d'AA, quelle que soit sa qualité, ne prouve rien. C'est une affaire entre lui et ses lecteurs ou, dans ce cas, ses auditeurs.

Les temps s'annoncent terribles, nous le pressentons tous, même ceux qui ne veulent pas se l'avouer, et même si l'avenir n'est écrit nulle part..
J'admire particulièrement une chanson de Goldman qui s'appelle Né en 17 à Leidenstadt.qui se termine par "Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps d'avoir à choisir un camp."

J'ai la certitude que ce que nous ferons résultera de notre choix, et que la multitude des choix individuels fera l'avenir.
Si nous pensons au fond de chacun de nous que nous sommes racistes, cela supposera que la multitude des choix individuels fera un avenir noir et que nous nous laisserons emporter sans pouvoir rien faire.
Et nous savons que la victoire de Sarko en 2007 nous a tous fait profondément douter de notre capacité de résistance collective. Je ne parle pas forcément de la gauche, mais aussi de tout un mouvement que j'appellerais centripète à l'intérieur de la société. Un mouvement de nature intégratrice, mais en ne réduisant pas l'intégration aux immigrés.
Face à l'individualisme des sociétés modernes, il existe une tendance très politisée au sens d'Hannah Arendt, du vivre ensemble, c'est-à-dire de trouver hors des anciennes structures de la tradition, des liens entre nous qui sont de l'ordre de la citoyenneté. Un nous collectif qui n'entrave pas notre liberté individuelle, ou plutôt qui ne permette que des entraves acceptables. Le contraire du totalitarisme.

Quelque chose qui reste à inventer. Mais à condition de regarder en face ce que nous sommes, à travers entre autres l'éthologie, des animaux sociaux.
Vivre en paix avec son voisin est un élément fondamental de la survie. Ce besoin est en contradiction avec notre propre identité, qui s'insère dans notre sentiment d'appartenance et la complète, et qui a tendance au conservatisme, car toute la structure identitaire est menacée profondément par le changement du rapport à l'autre. Cela peut demander une reconstruction complète, et on n'est pas toujours en mesure de le faire.
Jusqu'où l'autre doit-il m'influencer ? En tant qu'être humain, et forcément infiniment complexe, ce que je dois ouvrir aux autres, quels qu'ils soient, pour évoluer et être moi, une identité plus adaptée à la vie en société, est une préoccupation constante de la naissance à la mort.
Où s'arrête ce que je suis ? Entre identité personnelle et identité collective et culturelle, que dois-je intégrer en moi qui ne me soit pas nocif ? Où est le dedans et le dehors ?
Ce questionnement, qui est solidement ancré en nous, même s'il n'affleure que rarement en ces termes-là, devient de plus en plus heurté à mesure que l'altérité devient plus importante.
Le premier réflexe est de rejeter au-dehors quand cette différence semble trop énorme.
Ensuite, tout le système identitaire calcule ce qu'il a à gagner et à perdre, et là, la rationalité, comme d'autres critères, entrent en ligne de compte. Sachez par exemple que l'attirance sexuelle sera d'autant plus importante que les gènes seront différents car la nature a décidé que ce sont les gènes les plus éloignés qui doivent s'associer pour assurer la survie de l'espèce humaine (La race est un problème biologique car les gènes ne se disséminent pas assez, donc les chances de survie sont obérées).
Cela peut expliquer par exemple le rapport à la sexualité entre des groupes ethniques différents, Les femmes d'un groupe donné sont attirées, même si culturellement elles le refusent, par les hommes de l'autre groupe, et les hommes du même groupe craignent cette concurrence "déloyale".
Il y a une étude aux USA qui avait été faite dans les années 60 et qui faisait ressortir que les blancs considéraient que les femmes blanches étaient souvent violées par des noirs, alors que dans la réalité, c'était très rare, et que c'était au contraire les femmes noires qui étaient souvent violées par des blancs.

Tout est une question de mesure et d'acceptation de l'altérité, mais pas trop.
Les autres sont forcément différents, sinon nous ne serions pas nous-mêmes.
Jusqu'où sommes-nous prêts à l'accepter ? Et jusqu'où l'autre est prêt à m'accepter ?
Le racisme est ce moment où je fige mon identité, et où je refuse d'accepter un autre dont l'altérité a quelque chose à m'apporter. Tant que je me pose des questions, je ne suis pas dans le racisme.

Ce n'est un choix que si on en a conscience. Et nos attitudes sont influencées beaucoup plus par des comportements de nature biologique ou par le langage que par la rationalité qui justifie a posteriori. Mais c'est en en prenant conscience que nous sommes capables de l'analyser sainement et de faire des vrais choix.

Bon, je me repens, moi qui prétendais que c'était trop complexe pour en parler sur le forum, je me suis laissée aller à disserter.
J'essaierai de me taire la prochaine fois.
Je me contenterai d'essayer.....
Le sacrifice du bouc (l'Autre") a toujours servi de ciment aux sociétés.
Tous les pogroms, toutes les ratonnades, se sont faits dans l'allégresse d'affirmer une identité, de se "compter entre soi".

Le monde ne s'est jamais édifié sur autre chose que sur le racisme.
Le racisme, c'est ce qu'il y a de plus profond dans l'homme. Et comment peut-il en être autrement?
Et même la sacro-sainte "assimilation" n'est qu'une forme sophistiquée de racisme victorieux.

C'est bien parce que sa racine est si profonde que ce mal est finalement tant aimé, revendiqué.
Et si difficile à éradiquer ( à supposer même que ce soit aussi souhaitable que tout le monde semble le dire (à défaut de le penser vraiment...)
Devoir de justesse, devoir de justesse...
Il a toujours son abonnement à ASi AlainFinkielkraut ?

cf. http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/11/23/affaire-marie-ndiaye-quand-finkielkraut-vient-au-secours-d-e.html

Une intervention qui fait un curieux mixte certains propos de Michel Audouard sur sa recherche de la justesse (nonobstant sa position inverse concernant la nouvelle Goncourt), et "l'ivresse de la parole", thème de la chronique de ce matin.
J'en suis au tiers du bouquin et, si sur le plateau d'@si, quelqu'un n'avait pas dit (Judith ?) qu'il (elle) avait envie de jeter l'ouvrage à un moment de sa lecture, je serais passée à un autre bouquin.
Bon sang que c'est difficile de voir écrit noir sur blanc et d'entendre, clairement énoncée par sa petite voix intérieure qui lit, toutes ces saloperies (je n'ai pas d'autre mot) si sous-entendues ou sussurées depuis fort longtemps par les uns ou les autres !
Très bonne émission comme d'habitude, mais comme a dit Judith Bernard : "on n'a pas assez parlé de la beauté de la langue". Je trouve dommage qu'on ait laissé tant de place au débat et aux discussions sur les personnages et finalement assez peu au style. Contrairement à la plupart des autres émissions, ce côté m'a beaucoup manqué.
J'ai une remarque, ou plutôt une intuition, par rapport à l'importance de la collaboration avec Mourad Benchellali dans la genèse du livre. Il me semble que l'auteur insiste finalement peu, par une pudeur bienvenue, mais que ce point éclaire beaucoup d'autres questions de l'entretien, notamment la question : « Vous décrivez la France d'en bas » « Non, je me décris moi-même ». Je crois observer chez les chroniqueurs une sorte d'incrédulité sur cette question : comment ce type peut-il vraiment prétendre s'émanciper, non seulement de tout biais « classiste », mais aussi de toute culpabilité, et décrire ces gens-là en se décrivant lui-même? Or il me semble qu'il y a là vraiment un effet de Guantanamo, en ce sens qu'il y aurait là une expérience assez spécifique à ceux qui, partant de « chez nous », se frottent un peu durablement à ce « choc des civilisations », et qui opèrent ensuite un retour dépaysé à soi. Comme si le fait de prêter sa plume à cet homme avait comme « éclairé » en retour sa propre appartenance à la France ordinaire et raciste, qu'il décrit du coup avec justesse. Enfin, l'auteur le dit, en parlant de « culpabilité collective », mais je me permets de reformuler avec mes mots. Prêter sa plume, y laisser quelques plumes... Pour ma part je suis embarqué depuis 6 ans dans un travail d'ethno sur le Yémen, et tout ça résonne.
Merci pour ce livre, merci pour l'émission.
Vincent
j'ai beaucoup aimé cette émission. Je suis touché par la sincérité de l'auteur de chercher en nous ce mal même sans en connaitre la façon de s'en défaire.

Mon expérience c'est que le mal est la violence qui est une énergie négative qui circule entre les personnes, et qui se fixe la ou "ça colle"

Sur le site il y a cette invraisemblable brève / http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=6231 au sujet d'une fillette de 10 ans qui a reçu une décharge de taser par un policier avec l'accord (la demande ?) de sa mère, au prétexte qu'elle ne voulait pas prendre sa douche.

Je pense que si cette violence infligée à cette fillette sans défense par les deux figures majeure de la protection ,(mère ET policier !!!) n'est pas entendue, soignée, elle circulera sans doute longtemps.

Cette fillette devenue femme dans le cas défavorable où elle aurait conservé cette violence en elle même, aura sans doute un besoin irrépressible, de l'exprimer avec les moyens ayant le meilleur rapport effort/violence lui étant accessible la où elle sera. Le besoin c'est la décharge de cette violence, la cible, c'est n'importe laquelle permettant cette décharge. Ici les arabes, ailleurs les italiens, ou les juifs, les chinois ou les intellectuels.. peut importe, du moment que c'est accepté socialement.

Lorsque cette violence sera fixée sur un objet, aucun discourt rationnel, autoritaire, ou même humaniste pour protéger cet objet n'aura de sens...
Car aucun de ces discours ne parle du vrai sujet: la violence reçue et sans doute oubliée, cachée dans les replis obscurs de la mémoire cherchant vainement un exutoire sans jamais être vue ou entendue.

Bien sur tout le monde n'a pas reçu un coup de taser et les violences se passent en général dans le cadre privé de la famille elles restent cachées.

Mais il y a les claques, les coups de ceinture, les humiliations, les dénis, les abus et tout ce qu'un adulte tout puissant peut infliger à un enfant. Il y a de la matière. Une partie est guérie par l'amour, l'écoute, l'attention, le partage...et le reste circule, génération après génération.
juste incroyable !
du racisme dans le sud ! Auriez vous la gentillesse Judith Bertrand de vous interroger sur le racisme partagé : celui qui fait que sur un terrain de foot vous devenez un sale çaifran et dans la rue un gaulois !
Vous avez en face de vous une jeunesse magrébhine qui revendique la violence et le nationalisme le plus débile et vous allez trouver surprenante la méfiance ordinaire des français...l'Algérie perd contre l'Egypte et les villes françaises brûlent ! L'Algérie gagne contre l'Egypte et les villes françaises brulent...Allez comprendre.
Votre mépris pour les pensées ordinaires est hallucinant... tour d'ivoire quand tu nous tiens
Samuel Mollière
Je voudrais donner quelques-unes des "références" citées au cours de l'émission. Le mot "références" est pénible, simplement les titres de quelques livres et auteurs cités...

Flannery O'Connor. Les oeuvres complètes viennent d'être éditées dans la collection Quarto. La nouvelle dont je parle est dans le volume "les Braves gens ne courent pas les rues".

"L'île de Sakhaline" de Tchekhov est dans la collection Folio, de même que "les Aventures d'Augie March" de Saul Bellow.

J'en oublie peut-être.

Le livre écrit avec Mourad Benchellali s'appelle "Voyage vers l'Enfer" (Robert Laffont).

Sur l'émission, c'est la meilleure de loin de celle auxquelles j'ai pu participer. J'ai eu l'impression à plusieurs reprises d'aller dans des endroits non visités - grâce à l'intensité de Judith et d'Hubert, leur attention et leur travail (il faut demander à Judith de montrer son exemplaire du livre annoté!). Ca ne ressemble à rien de ce qu'on fait ailleurs, non seulement le temps n'est pas le même mais la façon dont il est occupé est d'une intensité rare. J'en suis sorti vanné.

Antoine Audouard
Il est vertueux, Antoine. Comme disait son père.
Dans le feu de l'action, Hubert a proféré les mots funestes : "malgré que". Tristesse.
Que c'est triste et que ça doit être moche d'être un étranger en France! le pays des droits de l'homme, tu parles! Il y avait de l'émotion sur le plateau due autant aux interrogeants qu'à l'interrogé, même s'il n'est pas "drôle", j'ai envie de lire son livre.
C'était chouette.

Un auteur qui répond pleinement aux questions tout en s'en défendant - ce qui ne veut pas dire qu'il en épuise la portée -, des échos de l'émission précédente dans cette croyance en un "roman-machine", qui enclenche seul, par une volonté quasiment autonome, le processus narratif (ce serait une notion à discuter, je trouve !), mais cette fois, heureusement, un dialogue à trois : que demander de plus ?

(Ah si, je sais : Hubert Artus pourrait-il articuler un peu plus et parler un peu moins vite ? J'ai parfois du mal à le comprendre, surtout lorsqu'il énumère des écrivains américains (je suis nulle en littérature américaine, j'ai besoin du temps de la recontextualisation...)... ou alors, comme le propose Nonosse, il faudrait une petite liste bibliographique, sur la page de l'émission).

J'ai saisi au vol la référence à Camus. Chez Camus, l'Etranger tue l'Arabe, et c'est un meurtre vide de sens, car vidé, précisement, de sens. Ecriture blanche et arme blanche (celle de l'Arabe). Je me demande si le parallèlle peut être fait entre Meursault à l'horizon de conscience étriqué et ce village confiné, Macondo étouffant, qui agit comme une entité anesthésiante, mutilante : tout le monde finit par penser, par parler pareil, les voix accusatrices n'en font qu'une, et la perte d'individualité, de conscience de soi, se consomme dans la haine de celles de l'Autre.

edit: mais il y a les Justes, oui.
Je commence par une 'tite requête isolée.
Quand on a affaire ici a un trilogue (?) entre trois interlocuteurs cultivés comme le sont Judith, Hubert et Antoine, qu'ils évoquent des auteurs et des titres à foison, et que l'on n'est pas une lame en littérature américaine (par exemple), serait-il possible de référencer sur le site au moins les auteurs et les titres évoqués ? Parce que j'ai du tatonner avant de réaliser que Flannery O'Connor s'écrivait comme ça. Et Sol Bello, je ne sais toujours pas comment le googler (en tous cas, visiblement pas comme ça). Pensez aux incultes !!!
Message 1/5max du 20/11/09.

Si le roman rend ou doit rendre la complexité du monde comme le dit l'auteur, il est amusant pour le spectateur non lecteur de cet ouvrage que je suis de mettre ce constat en parallèle avec le titre, générique, de cet ouvrage, l'Arabe, un titre globalisant, comme l'est la pensée raciste, une pensée des plus simplistes, ce qui explique d'ailleurs sa persistance, hélas.

Ceci explique peut-être pourquoi je n'ai pas perçu à l'écoute de l'émission en quoi le traitement du racisme est dans ce roman complexe.

Dans le fait par exemple que même les justes ont les clichés racistes en eux, comme le laisse entendre Judith ?

Mais comment pourrait-il en être autrement, les clichés ne sont pas rejetés a priori, ils n'en seraient pas si c'était le cas, mais uniquement a posteriori.

Ce rejet des clichés est un travail, constant, récurrent, que tous ne font pas et c'est à cela précisément qu'on reconnait le vrai juste, non pas qu'il n'a pas l'idée (du mal), qu'il serait innocent (de ce mal), mais qu'il rejette ce qui lui est donné (comme mal) à lui comme aux autres à chaque instant.

Alors, où se trouve la complexité dans ce roman ?

Judith parle de haine de classe vers la fin de l'émission. L'auteur répond par la justesse du propos rapporté.

Certes, cela semble juste, nul ne peut le nier, hélas, mais n'aurait-il pas mieux fait de traiter ce même sujet dans un autre milieu, un autre contexte que celui attendu, classiquement, histoire de déjouer justement les clichés du paysans/campagnards racistes.

Si le roman est ou peut-être un outil pour la pensée, ce que je crois aussi, son devoir n'est-il pas d'aider à reconnaître, à identifier les formes les moins connues que peut prendre une problématique*, celles qui ne sont précisément pas traités dans les clichés ?

En quoi traiter du racisme ordinaire, tel qu'on l'imagine, le connait déjà peut nous aider, peut enrichir notre gamme, notre sensibilité à ce problème ?

L'auteur n'a-t-il pas ici manqué son devoir de complexité ?

yG

* Ce qu'avait fait par exemple Philip Roth avec la Tache. Traitant du racisme en milieu universitaire, éduqué.
Eh bien, pour qui avait trouvé l'invité précédent bavard, en voilà qui parle beaucoup mais qui parvient à maintenir tout le temps l'intensité. Par exemple tout ce qui tournait autour de l'engagement, était d'une autre trempe!
Comme souvent (je pense à Desarthe) les passages sur le processus d'écriture sont très riches aussi.
Excellente émission, où l'on perçoit quel est le dur labeur de l'écrivain pour parvenir à donner à ses lecteurs un texte qu'ils pourront incorporer... Malheureusement, je n'ai pas pu lire ce livre d'Antoine Audouard, car —imprévoyant que je suis (entre autres défauts)— j'ai une liste ultra-longue de livres achetés-mais-pas-encore-lus, et, presque malgré moi, je ne parviens pas à accélérer le rythme (hélas lent, surtout ces derniers temps) de mes lectures pour m'adapter à celui de D@ns le texte. C'est d'ailleurs un peu con de ma part, car j'apprécie fort l'émission et sa manière de faire surgir la littérature loin des discours ronflants et soporifiques de la promotion télévisuelle, mais je ne suis pas à une connerie près...

Mais, quoique hélas je n'ai pas lu ce livre fort alléchant nonobstant son sujet glaçant, l'émission m'a captivé entièrement, et je tiens donc à en remercier les participants pour ce moment intelligent passé à leur insu en leur compagnie... Et je suis de fait sorti de ce moment avec l'envie de découvrir ce livre quand j'en aurai l'occasion.

Sans doute lirai-je L'arabe lorsqu'il sortira en poche (en espérant avoir épuisé la longue liste des livres-achetés-mais-pas-encore-lus, liste hélas longue et jamais close), car c'est une de mes manies que de lire essentiellement (mais non exclusivement) des livres de poche

Encore merci
Marc Levy en 2000.

L'Arabe en 2009.

Ce Monsieur court après qui et quoi ?

____________

Racisme : mot valise par excellence pour les VRP de l'écriture ; texte "chemin de fer à la mode TGV" car, l’Homme sera toujours plus que ce que l'on croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent -, que ce que l’on a daigné comprendre à son sujet.

Les êtres humains sont autant ce qu'ils sont...que ce qu'ils ne seront jamais ; ce dont ils peuvent souffrir lorsqu'ils en prennent conscience.

On devrait donc les juger autant à la lumière de ce qu'ils ont fait que de ce qu'ils n'auraient jamais pu faire, alors qu'on attendait d'eux... qu'ils le fassent.
Le tonneau de la Haine
Charles Baudelaire (1821-1867)

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes;
La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts
A beau précipiter dans ses ténèbres vides
De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts,

Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes,
Par où fuiraient mille ans de sueurs et d'efforts,
Quand même elle saurait ranimer ses victimes,
Et pour les pressurer ressusciter leurs corps.

La Haine est un ivrogne au fond d'une taverne,
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l'hydre de Lerne.

- Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s'endormir sous la table.
Afin d'éviter les commentaires, les échos, éventuellement les redondances sur les propos de cette émission, je dirai :
-- s'il n'y avait qu'un compliment à faire, ce serait : objectif réussi pour moi, à savoir, vous m'avez donné l'envie forte de découvrir et l'ouvrage, et l'auteur dans ses autres opus...
-- et s'il n'y avait qu'une critique à formuler, ce serait : s'il vous plait Judith, prenez le temps de la lecture, prévoyez le ce temps de lecture qui nous permet en tant qu'auditeur de l'émission de mieux entrer en résonance avec les propos énoncés, et surtout qui nous donne à goûter directement la saveur du texte....
Il y a encore ici comme une promesse à réaliser... Merci de ne pas la perdre de vue !!!!!!!!!!!
Je n'ai visionné que l'Acte 1 de l'émission, et déjà, ce que dit Antoine Audouard sur les phrases, les réflexions racistes que l'on entend aux terrasses des cafés, fait écho à ce que j'ai vécu pas plus tard que cet après-midi.
Je jouais au tarot dans la salle du bar d'une association sportive, en compagnie d'habitués avec lesquels j'entretiens d'assez bons rapports amicaux, lorsque l'un d'eux a évoqué les incidents qui ont eu lieu à Marseille après (ou avant ? mais ce n'est pas l'essentiel) la qualification de l'Algérie pour le Mondial de foot en Afrique du Sud.
Aussitôt, la conversation a pris une tournure extrêmement violente. Il a été question, à mots très peu couverts, de quasi éradication de ces populations. La solution finale n'a pas été évoquée, mais forcément envisagée dans l'esprit de quelques uns de ces braves gens.
Parmi ceux que ces terribles paroles ont profondément indigné, j'ai été le seul, ou tout au moins le premier à réagir.
Comme il se trouvait que deux des exterminateurs potentiels étaient d'origine transalpine, j'ai simplement déclaré, en substance, qu'une fois règlé le compte des Arabes, il faudrait sérieusement songer à s'occuper des Italiens.
J'ai obtenu très peu d'écho à cette proposition, et la partie s'est prolongée sans que cette discussion ne revienne sur le tapis (de cartes).
Je ne suis pas certain que ma réaction ait été à la hauteur de l'agression verbale. Sans doute aurais-je mieux fait de quitter la table pour ne plus jamais y revenir.
Et je continue de m'interroger sur mes petites lâchetés...
Ah la la ! Alors il me botte grave celui-là ! J'ai aimé sa façon (pleine de passion, d'envie d'être précis et clair) de nous décrire sa démarche d'écrivain. Et puis évidemment sa posture face au racisme : sans bien-pensance, sans jugement qui dédouanne mais qui témoigne. Et l'on sent bien qu'il a choisi son camp, pourtant.

J'ai fini le livre ce matin. Et j'ai eu la même douleur que Judith, à la lecture de certains passages. Merde ! ça fait chier que l'Arabe se prenne tout sur la gueule : de victime, bouc-émissaire pour les autres, il choisit même de son propre chef d'être l'objet sacrificiel. L'impunité pour les cons racistes, la mort pour les bons, en gros, c'est le dosage qu'a choisi l'auteur. C'est dégueulasse.

Je pense qu'il ne faut pas en dévoiler plus que ce qui a été dit jusqu'à présent. Juste dire : lisez ! même si ça vous fait mal.
Je ne doute pas de l'intérêt de cette émission (pas encore regardée), mais un petit mot rapide pour exprimer ma satisfaction face à la (re)programmation d'Alain Badiou, qui me semble avoir un emploi du temps de rock star !!!
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