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Apprendre à être une fille d'aujourd'hui grâce à Girls

L’autre soir, quand je suis rentrée chez moi, une jeune femme pleurait sur mon canapé. Appelons-la Sophie, c’est ma baby sitter. J’ai pris ce ton doux et ouvert qui sonne l’ouverture des confidences féminines, et j’ai demandé: "Sophie, qu’est-ce qui se passe?". Sophie: "J’ai un gros problème". Moi: "J’espère que c’est pas un problème de santé?" Sophie: "Non, c’est beaucoup plus grave que ça."Moi: "Sophie, expliquez-moi, car là je commence à m’inquiéter." Sophie: "J’arrive pas à choisir entre mon ex et mon actuel petit ami." Moi: "Ouf, vous m’avez fait peur. Vous savez, c’est un problème classique, on va le résoudre en deux coups de cuillères à pot. C’est simple: lequel des deux vous aimez le plus?" Elle (ouvrant de grands yeux): "Oh mais c’est pas du tout le problème!" Moi (ouvrant aussi de grands yeux, mais plus difficilement, car il se faisait tard): "Comment ça, c’est pas le problème?" Elle "J’en aime aucun des deux. Mais j’arrive pas à choisir." (elle se remet à pleurer). Moi: "De mon temps, on pleurait quand on n’arrivait pas à choisir entre deux choses qu’on aimait." Elle (vaguement méprisante) : "Oui, mais moi, je suis une fille d’aujourd’hui". Elle est partie, laissant sur le canapé un coussin humide de larmes et moi dans la perplexité. Alors, tandis qu’un début d’insomnie pointait son nez blafard, j’ai mis Girls.

Derniers commentaires

Je viens de découvrir le site Watch Series. Quelque asinaute le connait-il? Je l'ai parcouru et il me semble interressant.
Rafik me manque.
Je ne comprends pas qu'on puisse encore aujourd'hui parler d'humour féminin.
La mise en scène de "l'embarras" n'est pas l'apanage d'une génération ou d'un genre.
Cette chronique, moi, m'a bien foutu les boules.
En ce moment nous vivons une "grande époque" : on est en train de revoir les grands classiques de mai 68 qui a donné quelques bonnes choses (IVG, libéralisation des moeurs et de la parole) mais aussi de l'esbrouffe.!.

On fait enfin la critique des ex-gauchistes issus des beaux quartiers, genre Cohen-bendit , aujourd'hui recasés dans le l'ultra-libéralisme : Glucksmann, BHL, Kouchner et tous ces ex-cols mao devenus riches et prêts à bouffer la planète.

On fiche a l'eau Dolto qui aurait elle donné les "nouveaux enfants" rois, ces gosses mal élevés et tout puissants, dont les maitres, voudraient bien faire du "saucisson".

On vitrifie les ex-libertaires "pro-hashish" libres et "alter-pédophiles décomplexés". On remets les pendules à l'heure en somme, et peux être là c'est aussi bien. "Les rois de l'époque" sont "nus" et nous les voyons évoluer vers le pire qu'ils dénonçaient à cette époque épique.

Entre les deux extrêmes celle de l'après guerre et celle de l'après 1968 il y a de nos jours "un juste milieu" je pense.

Sinon le fait des guides pour parents, jeunes ou enfants, qui devraient se conformer aux nouvelles modes c'est encore une énième tentative de la part de l'Etat de diriger la vie des citoyens. Aussi défions nous des ces "guides journalistisques " issus de la "pédagogie freudo-lacanienne" qui survit grâce à cette presse. ceux qui les vendent font de la pub pour ces derniers dinosaures. (non pas la tête !)

Foutons les à la poubelles ou évitons de les acheter, ils sont chers et la Mère Nature s'en, portera que mieux..
Bonjour a tous

cette chronique, lue tardivement, viens de me donner... quelle est l'expression consacrée déjà.......oui c'est ca! viens de me donner" du courage pour accomplir le reste de la journée" !

Merci, je me suis bien marré. Encore!
"Nan83",

je ne crois pas que la "normalité" soit le sujet de "Girls", je crois plutôt que "l'anormalité de tout le monde" en est la règle. Pas plus que la série ne revendique le droit des femmes à ne pas être des canons académiques de beauté, Lena Dunham est trop égocentrique pour avoir ce genre de considérations collectives en tête. La série revendique surtout "le talent de Lena Dunham", qui est plus une styliste douée qu'une observatrice sensible des femmes, selon moi. Et l'insistance que manifeste Lena Dunham pour exhiber un corps qu'elle ne cherche jamais à embellir (postures colontairement ingrates, aucun érotisme, etc.) me fait dire qu'elle se sait ingrate, et qu'elle en fait un point aveugle et tenace de la chose. l'acteur de Bref ne se fout jamais à poil avec insistance ! Par ailleurs, c'est le droit du spectateur ( et de la spectatrice) de juger un corps sexy ou non, l'égalitarisme militant a assez peu à voir avec la subjectivé du regard et le plaisir intime du spectateur...
hmm. Cette critique me laisse perplexe, j'avoue.

Deja, les references sont un peu datees (citer sex and the city en exemple d'humour actuel de filles? vraiment????).
Pour moi "girls" s'inscrit dans la lignee de "Mandy", "Amy Schumer", "orange is the new black" meme, etc... ou l'idee que les femmes puissent enfin vraiment rire d'elles memes, sans glam', sans fioritures, sans "rattrapages". Que cette moquerie se dirige vers leurs petites obsessions, leurs vies "normales", ou leurs corps "juste moyens", ce qui est quand meme une grande premiere. Ces filles ne sont ni des Germaine bidochons, ni actrices hollywoodiennes pretendant se moquer d'un pretendu moche nez. Ce ne sont ni des totales looseuses, ni des gagnantes.
Ces filles montrent ou essaient de montrer une "normalite", (et oui, toutes les femmes ne sont pas photogeniques), et par la meme le fait que la redactrice de cet article soit completement passe a cote de ca (et parle meme de LAIDEUR de l'actrice principale!!!!) me fait dire qu'effectivement elle n'a pas tout compris de la serie.

Mais cette tendance n'est pas QUE feminine. Il n'est pas anondin de retrouver Mandy parmi la bande de "This is the end" par exemple. Pas etonnant que "girls" arrive apres "bref" non plus (sur les ecrans francais) (tiens, parle t'on de laideur pour l'acteur principal de bref?). Et puis, n'y a t'il pas un mouvement ne a "Portland", "Brooklyn" ou "Austin", qui veut que le style et l'humour soit plus important que la beaute du corps ou de l'esprit? Et qui fait de Lena une vraie heroine? Ce point la, l'article a commence a le toucher du doigt.
Séries américaines : dispositifs de conditionnement social destinées à détruire tous sens du Beau et toute intelligence chez les moins riches. A nous faire croire que le moche c’est « normal » et que c’est « cool » d’être un crétin.

Permet aux intello-bourgeois « post-modernes » à lunettes à grosse monture carrées de faire un p’tit billet (vert…) en mâtinant ces sous merdes de blablas aussi imbitables qu’inappropriés.

Permet aux demi-intellos de forum d’essayer de faire comme ceux à lunettes grosse monture mais bénévolement.

Fermez le ban.
ben autant j'en avais rien à cirer de la précédente série, ni percuté l'intérêt du texte de non-analyse, autant, là, j'ai vraiment aimé cette chronique. je me garde bien de lire ce que racontent les zautreforumeurs, pour proclamer mon contentement de bouffeuse de séries aimant les points de vue marqués. bon, évidemment, je grimpe au mur en lisant certaines remarques d'axelle, pas tout à fait d'accord avec l'angle, et donc avec l'interprétation, mais le fait est : cette chronique m'a donné envie d'aller y voir moi-même, si "Les filles d’aujourd’hui ont peu de matière grandiose à se mettre sous la dent, ne vivent que des petites expériences tordues et étriquées qui paraissent indignes de l’élévation littéraire, mais la question du style est vitale pour elles" en amerloquie à bourrelets.
folie des grandeurs?
Brigitte Fontaine - 1984
1-
En total désaccord avec D. Une "chronique" n'est pas un article scientifique ni une dépêche AFP; la mise en scène de soi, de sa subjectivité en constitue ou devrait (idéalement) en constituer l'intérêt premier. C'est rarement le cas, soit, mais même quand le "soi" se cache derrière une volonté factuelle, ou pédagogique, ou purement dialectique, ou strictement idéologique, il est quand même là, sa "mise en scène" tenant alors de l'art plus ou moins maîtrisé de la dissimulation ou de l'effacement. La perpétuelle mise en scène de soi dans ses propres chroniques est tout simplement insupportable. assène D. Mais que faudrait-il ? Ne pas se mettre en scène ? Ne pas être soi ? Feindre de ne pas être ? Ou d'être une machine ? Ben, non, nous ne sommes pas des robots comme dirait l'autre, voire même, guess what, I am not a robot, parce que si j'ai envie de citer une chanson de Marina and the diamonds, je le fais et j'emmerde tout le monde. Bref, je comprends pas cette condamnation de principe, je la trouve non-pertinente, à côté de plaque.

2
Je bois donc presque du petit lait quand je lis sous la plume de Ropert: Se raconter comme spectateur, c'est un art très difficile, tant le narcissisme ou la subjectivité menacent à tout bout de champ, tant l'équilibre entre la profondeur objective de l'analyse d'une oeuvre, la finesse de l'analyse de soi, la pensée du lecteur autre que soi et l'art d'attraper l'époque est délicat à trouver. Des critiques de cinéma comme Daney ou Skorecki y sont magnifiquement arrivés.[/i Presque parce que le narcissisme ou la subjectivité ne constituent une menace que pour ceux qui ont une piètre opinion de la critique littéraire ou cinématographique alors que Skorecki et Daney ont prouvé (et d'autres avant eux) que ce pouvait être une belle et stimulante littérature. Et qui reprocherait à un auteur sa subjectivité ? Bref Axelle, tu déconnes.
Pour le reste, je ne suis pas super-fan de ces deux chroniques, pas parce que l'auteur s'y met en scène, plutôt parce que ce qu'elle met en scène ressemble un peu trop pour l'instant à un ersatz de sitcom petit-bourgeois qui ne me fait pas sourire et ne me renseigne pas beaucoup sur la singularité de sa personne. En l'état, le "système" trop schématique mis en place consiste à piocher dans un quotidien très Elle-Grazia pour introduire une série par la bande. Ca n'a aucun intérêt. Ca ne veut pas dire que rien d'intéressant n'est dit par ailleurs. Ce qui est mis en avant dans l'anecdote introductive ("J'en aime aucun des deux") est judicieux: on touche là au coeur sombre de Girls...

3.
... une série brillante, drôle, triste, qui dresse un portrait noir de la jeune femme contemporaine, assez incapable d'aimer (à part elle-même et le miroir-déformant de ses copines), et qui pousse cette inaptitude assez loin, jusqu'au curetage d'oreille névrotique de la fin de la saison 2. Le "narcissisme exaspérant" de l'héroïne (et de Dunhamm) me semble la critique la plus conne (et la plus répandue, hélas) sur la série, dont c'est le sujet-même. Ce "narcissisme exaspérant" n'empêche d'ailleurs pas son auteur de savoir regarder les autres, en particulier les hommes (trois acteurs supers, dont Adam Driver, génial), dont elle fait, dans un retournement un peu systématique des clichés habituels, les plus grands amoureux, les plus humains, les plus généreux, les plus fragiles.

4.
Quant à la mise en scène de ce corps hors-norme, de ce visage disgracieux, c'est évidemment un acte politique très fort et salutaire, assez admirable jusque dans sa déconnection des enjeux du récit (le corps est montré, mais jamais vraiment discuté, il est là, point barre).

5.
Sur la présence de cette chronique d'Axelle Ropert dans @si: je ne la trouve pas aberrante. Un peu mitigé sur la forme et le fond, mais de là à provoquer un psychodrame dans la corporation des piliers @sinautiques... J'avoue que malgré ses qualités (et l'estime que j'ai pour lui, estime toute virtuelle, je ne le connais pas), la chronique de Sleepless me paraissait exagérément "spécialiste".
Bonjour Axelle,
Article intéressant, mais il y a vraiment quelque chose qui m'échappe.

Pouvez-vous nous donner des exemples de séries qui ont "pour but de vous donner un peu de courage pour accomplir le reste de la journée" et évitent ces "petites vies trop dérisoires pour être passionnantes ? " ?

J'ai vu beaucoup de séries (Twin Peaks, Parks and recreation, Seinfeld, Desperate Housewives, Dr Who, Rome ...) Et leur fond de commerce, c'est justement le fourmillement de petits trucs dérisoires qui à défaut de donner courage, donnent un sentiment de réalisme, font rigoler ou prennent aux tripes, c'est selon.

Idem au cinéma ou en littérature, je ne connais rien qui "donne du courage pour le reste de la journée" (Capra peut être ?)
Sinon d'une manière inattendue et détournée (du type - je prends un exemple trash - l'appréciation de l'humour noir de Dostoievski dans crime et chatiment, qui vaut pour un bon steak)

Bref, c'était une "vue de l'esprit" ou vous pensiez vraiment à une, voire plusieurs, séries en particulier ?
Je pense que le moment est venu de prononcer des fatwas contre les chroniqueurs qui écrivent autre chose que ce que certains abonnés écriraient, s'ils étaient chroniqueurs au lieu d'abonnés. Sinon, ça va durer combien de temps ce bazar, des gens qui ne pensent pas comme moi, en tout, partout et tout le temps ?
Voici mon conseil que je demande à Axelle de transmettre à sa baby-sitter. Qu'elle garde ses deux mecs, manoeuvrant de façon à ne jamais se faire choper. Jurer sur la tête de sa mère (ou sur la mienne, ça ne mange pas de pain) à chacun qu'il est le seul, l'unique, le plus merveilleux, le plus beau, le plus kiki... Et si par hasard l'un ou l'autre venait à découvrir le pot aux roses, préparer à l'avance deux ou trois vacheries de façon à faire immédiatement retomber la faute sur le malheureux trompé (surtout mui-même).
Rien qui n'ait déjà fait ses preuves dans le passé et et présent, pas de raison que çela ne marche pas à l'avenir.
Et lorsque, chère baby sitter, un remords vient troubler votre journée, dites-vous que l'un ou l'autre, ou les deux, vous font cocue de leur côté avec tous les éléments féminins de votre carnet d'adresses.
Chère jeune fille, suivez bien les conseils d'une grand-mère que vous souhaite le meilleur !!!
Mon vieux Gustave,

Non seulement j'ai acheté ton bouquin à 1,99€ à ma fille, alors qu'on l'a déjà mais je ne sais plus où parce que c'était pas cher, mais figure toi que si "madame Bovary c'est toi" alors on t'a réglé ton compte. Je ne sais pas quoi dire ou faire. Surtout qu'il n'y a pas que les héroïnes, l'humour féminin est alpagué aussi, ça m'emmènerait trop loin de discuter de tout ça sur le forum. Donc tu es d'accord si je ne mets pas de commentaire pour dire que je ne suis pas "en phase"? (Un point d'exclamation ferait autant l'affaire, comme tu disais l'autre jour à propos d'autre chose).
Oui 1,99€ c'est pas cher, mais ta correspondance en trois tomes vaut dans les 180 €... On se demande bien pourquoi tu t'es embêté à faire des romans.

Ta vieille poisson

P.S.
Le début c'est tout ce que j'aime: il y a quatre filles: une brune, une blonde, une brune. Est-ce exprès?
D'accord avec Bysonne ! La première chronique était un peu faible.
Ici, même pour moi qui ne connais pas Girls, la chronique est intéressante.

A ceux qui connaissent la série de donner leur avis sur cette façon de la voir.

Et j'aime la référence à la génération actuelle à travers la baby-sitter, cela rend plus vivant.
ouuuuuuuuuuuuuh la méchante !
c'est ça ?
tiens en voilà un truc énervant.
Je ne comprends pas très bien Bysonne.
Je ne vous ai pas non plus dit que vous n'aviez pas le droit de vous adresser à moi.
Vous pouvez parfaitement être agacée par des critiques que vous trouvez exagérées ou de mauvaise foi.
Mais être énervée parce que vous trouvez que la nouvelle chroniqueuse n'est pas "accueillie"...
Les abonnés n'ont pas à "accueillir" une chroniqueuse comme nous accueillons quelqu'un chez nous.
Bien sûr une avalanche de critiques favorables est plus agréable qu'une somme de critiques négatives, mais la chroniqueuse est la première responsable des critiques dont elle fait l'objet. En l'occurrence le papier était bâclé et bourré de fautes d'orthographes, ce qui est inadmissible pour un support qui repose précisément sur l'écriture. C'est tout simplement du foutage de gueule.

En somme rien à foutre d'être gentil - du moment qu'on est respectueux évidemment.
Bysonne, je ne commence pas je suis Danetteochoc (changement de pseudo pour cause d'abonnement temporaire - je reprends un abonnement dès que ça se décoince).
Et les abonnés n'ont pas à être sympas.
Ils doivent être honnêtes.
Si on ne veut pas être critiqué on ne publie rien.
La perpétuelle mise en scène de soi dans ses propres chroniques est tout simplement insupportable.
Elle n'est pas moins narcissique que la tendance de Lena Dunham à montrer son nombril (je ne parle pas de son corps mais de son obsession pour elle même, promenée à longueur d'épisode) - narcissisme souligné dans le papier, au demeurant.
Bref une chronique qui ne commencerait pas par le menu récit de comment on est pas content parce qu'on a croisé un con dans la queue en allant s'acheter du pâté de campagne ou de comment la baby-sitter pleure (pathétique relâchement de soi et absence totale de dignité en public) parce qu'elle n'arrive pas à choisir entre deux mecs dont elle se fiche comme de son premier mascara serait bienvenu.

Est-il possible de parler de quelque chose sans se mettre en scène ?
Il n'y a aucune grandeur chez Lena Dunham (ce qui ne m'empêche pas d'aimer la série, mais c'est une autre histoire) parce qu'elle est incapable de s'intéresser à autre chose qu'elle même. Le style peut-être, c'est vrai, mais c'est insuffisant.
Il n'y a donc également qu'une prétention à la réflexion dans toutes ces manifestations pénibles du moi en action.

Merde à la fin, on s'en cogne de la baby-sitter.
Le prétendu effet de style est par ailleurs, sur un plan utilitaire, totalement inutile.
Tout aussi chiant que les anciennes jérémiades de Maja au début de chaque @ux sources.
Sympa le com. Vos commencez bien. Axelle se met en scène sans se mettre à poil, moi j'aime bien la contextualisation in situ :))
Je ne sais pas si les abonnés doivent être sympa ou honnêtes, mais en tout cas ils se doivent d'être des lecteurs attentifs, surtout avant de se permettre de lâcher des bombes agressives. Et ils ne doivent pas confondre la figue et le raisin, le lard et le cochon. Je le répète : ces petites anecdotes qui ouvrent et ferment la chronique sur les séries ont une valeur "théorique" (montrer que les séries sont intéressantes quand on les analyse depuis leur ancrage naturel : inséres dans la vie quotidienne triviale et souvent banale), et "propédeutique" (ce sont des petites fables qui conduisent l'air de rien à des vraies questions). Elles sont rédigées de manière à mettre en scène cette double valeur, et aucunement pour mettre en scène une quelconque (et fantomatique) vie privée. Désolée pour les autres lecteurs d'avoir à donner ainsi lourdement un mode d'emploi dont j'espérais qu'il serait lisible de lui-même.
Ne vous fâchez pas, la critique, acerbe, n'est jamais personnelle.
C'est la chronique qui m'agace. Je dois dire, pour avoir reconsulté le forum de votre première chronique, qui m'a conduit sur un autre forum, que je comprends mieux maintenant le ton et l'intention - j'y ai lu une note de Daniel expliquant son envie d'explorer le monde à travers l'impact qu'il a dans nos vie, sur nous mêmes, etc.

Je comprends donc la démarche mais je ne peux m'empêcher de détester cette approche. Le mot est fort c'est vrai mais je le maintiens.
J'ai parfaitement saisi le mode d'emploi et je ne doute pas une seconde que vous n'avez pas invité votre baby-sitter à se promener nue chez vous en mangeant des fruits secs.
Le problème n'est donc pas de savoir si "j'ai les codes" ou "pas les codes" (votre réponse signifie clairement que si je juge votre chronique mauvaise c'est que je ne l'ai pas comprise, j'avoue que cette façon de renvoyer la critique ne me plaît pas trop : vous ne répondez pas sur le fond), mais celle de la valeur de cet apport "théorique" et "propédeutique" que vous défendez.

Cette méthode n'a d'autre vertu pour moi que de rapprocher - artificiellement - l'auteur de son lecteur en lui donnant l'illusion d'une proximité, d'une connivence, d'un lien, en somme, qui n'existent pas. Je peine par ailleurs à mesurer l'apport "théorique" et "propédeutique" de l'anecdote dans cette seconde chronique. A-t-on besoin de parler de la baby sitter aux yeux humides pour saisir le propos, qui se résume simplement par la question du style chez Lena Dunham - analyse qui se défend par ailleurs, tant la série est vide de contenu, de densité, de sens - ce qui ne la rend pas mauvaise pour autant.

Discutons donc de ce qu'apporte, concrètement, l'anecdote fictionno-personnelle à la critique de série, à la compréhension des séries, à la compréhension du monde tout court.
Et ne vous excusez pas d'expliquer lourdement quoi que ce soit, parce cette chute me fait vraiment passer pour une imbécile.
J'ai horreur de la connivence et des clins d'oeil sympa, que ce soit ceux faits aux lecteurs ou aux spectateurs de cinéma, et je ne vois pas le rapport entre ces effets démagogiques de fausse familiarité et cette chronique. A titre personnel, si j'aime lire des autobiographies ou des mémoires, ce n'est pas pour m'y retrouver, mais pour avoir le plaisir de faire connaissance avec des vies totalement autres et étrangères.
La seule position qui m'intéresse, quand quelqu'un parle d'un film ou d'une série, est celle du spectateur. J'exclus la littérature de ce principe, laquelle est un art moins collectif et "conjecturel" que le cinéma ou la série. Un spectateur-critique (de cinéma ou de série), c'est quelqu'un qui rend compte de la valeur objective d'une oeuvre tout en la nouant à ce qui fait de lui une personne vivante et unique entre toutes. Un spectateur-critique de série, c'est quelqu'un qui reçoit une oeuvre à un moment précis et a envie de raconter comment les choses arrivent à lui.Se raconter comme spectateur, c'est un art très difficile, tant le narcissisme ou la subjectivité menacent à tout bout de champ, tant l'équilibre entre la profondeur objective de l'analyse d'une oeuvre, la finesse de l'analyse de soi, la pensée du lecteur autre que soi et l'art d'attraper l'époque est délicat à trouver. Des critiques de cinéma comme Daney ou Skorecki y sont magnifiquement arrivés. Voilà. j'arrête là mon explication, car vous comprendrez que je n'ai pas envie d'analyser sans fin mon propos ou ma méthode, ce serai là pour le coup verser dans un amour de soi pénible.
"je n'ai pas envie d'analyser sans fin mon propos ou ma méthode, ce serai là pour le coup verser dans un amour de soi pénible."
Je ne le crois pas, je pense au contraire que discuter de la méthode d'analyse n'a absolument rien de narcissique.
"J'ai horreur de la connivence et des clins d'oeil sympa, que ce soit ceux faits aux lecteurs ou aux spectateurs de cinéma, et je ne vois pas le rapport entre ces effets démagogiques de fausse familiarité et cette chronique"
Vraiment je ne sais pas quoi répondre. Si vous ne voyez pas le rapport alors je ne sais plus quoi dire.

Merci néanmoins d'avoir pris le temps de répondre.
La prochaine fois peut-être prenez le temps de discuter - d'abord - l'argument plutôt que de laisser entendre que le lecteur est un con qui n'a "pas les codes".
En fait je ne peux pas en rester là.

"Un spectateur-critique de série, c'est quelqu'un qui reçoit une oeuvre à un moment précis et a envie de raconter comment les choses arrivent à lui"

"Lui arrivent à lui" écrivez vous. Il s'agit donc bien de parler de soi.
Le film dans ce contexte m'apparaît davantage comme un prétexte à l'auto analyse que comme un objet indépendant de son observateur qui mérite un commentaire pour lui même. Je ne dis pas que l'impact que les oeuvres ont sur nous n'ont aucun intérêt. L'oeuvre néanmoins est sa propre finalité, indépendamment du spectateur dont les affects, les impressions toutes personnelles, les drames intimes ou les amusements privés n'ont d'autre intérêt que dans une discussion avec un proche, et n'apportent rien au commentaire de l'image, du jeu, de la réalisation, du dialogue.
Prétendre que tout spectateur peut être "critique" au sens professionnel du terme est une insulte au fan de cinéma qui achète un magasine spécialisé pour y trouver autre chose que des textes sur ce qui est "arrivé" à un autre au moment où il refardait le film.

Parle-t-on du film ou du critique ? Quel est in fine l'objet du papier ?
Ensuite vous parlez de "la valeur objective d'une oeuvre"

Amusant. La valeur des choses se mesure, inévitablement, à l'aune de l'observateur qui en rend compte. La marge interprétative entre ce que sont les choses (indépendamment de l'ibservateur) et l'observateur lui-même étant par définition inéliminable il est impossible de rendre compte de ce que vous appelez "la valeur objective des choses".
Ce qui ne signifie pas qu'il soit impossible de "critériser" (désolée pour la novlangue) les qualités d'une oeuvre, à la manière d'un barème permettant au professeur d'évaluer une copie le plus finement possible. Mais la subjectivité est consubstantielle à toute activité de jugement, elle est à la fois riche par les possibilités de nouveauté qu'elle offre et tragique par la part de relativité qu'elle induit. Il est d'ailleurs intéressant de voir que vous croyez vraiment à cette objectivité : "la subjectivité menacent à tout bout de champ" - comme si donc, on pouvait l'éviter ; menace qui vise, entre autres : " "l'équilibre entre la profondeur objective de l'analyse d'une oeuvre".

Plus amusant encore vous vous replacez au centre du processus critique, lorsque vous évoquez la menace qui pèserait à tout instant sur :"la finesse de l'analyse de soi". S'il ne s'agit pas de connivence - connivence que vous prétendez honnir, et je vous crois sur ce point - il s'agit à tout le moins d'une nette tendance à se tripoter le nombril, tout en prétendant parler d'un objet autre que soi. De l'art délicat d'être narcissique au XXIè siècle tout en affirmant une impossible position d'objectivité.

Mais bien sûr, c'est la discussion sur la méthode que vous trouvez narcissique.
Tant d'incohérence, c'est désarmant.
Je pense que le moment est venu de prononcer des fatwas contre les forumeurs qui ne supportent pas qu'on énonce une critique précise, à la fois méthodologique et de fond, et qui préféreraient vivre dans un monde où tout le monde est d'accord et serait gentil. Parce qu'être gentil c'est vraiment important. D'ailleurs si on critique c'est qu'on est méchant. Vraiment très méchant. Ah et puis aigri aussi. Et puis jaloux. Parce qu'évidemment ça veut dire qu'on préférerait être chroniqueur. Ah et aussi qu'on a une petite vbie, toute petite, toute étriquée. Non mais c'est vrai quoi, les forumeurs qui critiquent, c'est qu'ils sont malheureux en fait. Et qu'ils ont une petite bite. Ah et puis pas de courage parce que l'écran hein, c'est bien confortable. Non mais c'est vrai quoi, ce qui est bien c'est quand tout le monde se tient la main et chante des chansons. Parce que sinon hein, ça va durer combien de temps ce bazar, des gens qui ne pensent pas comme moi, en tout, partout et tout le temps ?
D'après vos propres critères vôtre critique est narcissique et plus encore que la chronique, 3 post d'affilé pour expliquer vôtre point de vu.

Si le narcissisme est de parler de soi alors nous somme tous et en permanence narcissique puisque chacun de nos mots/actes ne fait que parler de soi mais la nous entrons dans l'analyse psychique et les méandres du cerveau humain.

Alors que le narcissisme est l'admiration de soi-même, je ( je parle donc de moi attention ) ne vois nul trace d'admiration ostentatoire de soi-même dans cette chronique.

Pour rebondir sur la critique d'une oeuvre, oeuvre que l'on associera a l'art ( ce n'est pas forcé mais extrêmement courant ), donc art qui est ( a mon sens ) indissociable de l'émotion, émotion qui lui-même n'existe sans l'être donc vous, moi, elle.
Au final il est impensable ( ou bien mal venu ) de critiquer une oeuvre d'un point de vu ( théoriquement ) purement objectif, sans y impliquer l'émotionnel, le nôtre ou celui d'un tiers.

La différence entre un critique professionnel et spectateur n'est pas véritablement dans l'objectif ou le subjectif, mais dans les connaissances et les techniques utilisés pour sublimer sa critique, son avi. Et c'est d'ailleurs la que nous voyons surgir quantité de critiques amateurs qui surpasse ou tout du moins égale les critiques professionnelles.

Hors champ de toute science dure ( et encore ) il est difficile de ne pas laisser transparaître un sentiment personnel (le sien ou pas ), et même comme dit plus haut, loin d'être souhaitable.
Vous n'y pensez pas j'espère, le narcissisme et l'émotion, c'est mal. Oui à l'intellect froid.
Je rajouterai que justement la critique porte principalement, ou du moins arrive en conclusion, du style littéraire, qu'on peu décliner en style général, la forme en comparaison du font.

Il est assez drôle de voir que la critique la plus virulente ( vous n'êtes pas le seul ) porte sur le style de la chronique.

Même si le style est important, rend accessible, compréhensible, intéressant, il est assez vide de sens sans un font ( ce n'est que mon avis );
Voilà, on y arrive.
Là, il y a du fond, on peut discuter et réfléchir.
"c’est plutôt une petite fille empâtée, qui a trop d’estomac, des jambes pataudes, des organes asexués, et dont les seins sont des bourrelets naissants"
p.c.c : la fille du métro ligne 10, hier à 22h30, direction Boulogne. (Elle se reconnaitra)
J'ai entendu parlé de cette série mais ne l'ai jamais visionné. En vous lisant, j'y vois une version plus soft de Sex and the City (fan incontestée), destinée aux vingtenaires.
Bel article sur une série géniale ( en espérant que la saison 3 se maintienne). Très intéressante votre relation avec la Baby situer, attention à l'abus de cacahouètes.
entre la pédophilie et le baby-sitting olé-olé, l'automne est chaud sur ASI.
J'espère que les parents de la baby sitter, générationnellement soucieux de la grande question du harcèlement sexuel au travail ne vont pas tomber sur votre SMS ;)
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