Valls, les blancos, et le politiquement correct
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Valls, les blancos, et le politiquement correct

Le terrain semblant déblayé au moins pour quelques jours, le jeune Manuel Valls, maire PS d'Evry, fonce dans le tas de ruines.

Le terrain semblant déblayé au moins pour quelques jours, le jeune Manuel Valls, maire PS d'Evry, fonce dans le tas de ruines. Comment forcer la porte de la cour des grands ? Comment décrocher une invitation au 20 heures, lui qui n'avait jusqu'alors qu'un ticket d'entrée dans les secondes parties de soirée ? La recette est universelle, pardi : un bon gros scandale. Le hasard faisant bien les choses, Valls buzze depuis quelques jours, avec une vidéo dans laquelle, en visite dans une brocante "colorée" de sa ville, on l'entend marmonner à un accompagnateur : "belle image de la ville d'Evry. Tu me mets quelques blancs, quelques white, quelques blancos..."

 picto Bingo, le voilà chez Pujadas, qui diffuse la vidéo en question, et sommé de s'expliquer. 

Valls : "Je suis le maire d'une des villes plus ouvertes sur le monde. Je veux lutter contre les ghettos, où l'on met les gens les plus pauvres, souvent issus de l'immigration, pas seulement, dans les mêmes villes..." Aie. Ces "plus pauvres", ce "pas seulement", ce "ouverte sur le monde"...Va-t-il reculer au dernier moment ? Il est vrai que la séquence est ambiguë. Valls pourrait plaider l'imprudence de langage. Mais non. Pujadas, l'interrompant : "on peut parler de Blancs et de Noirs ?" Valls : "mais tout le monde en parle ainsi. Arrêtons la langue de bois ! Arrêtons le politiquement correct !" Ouf ! Il a passé la barre.

Valls est de son siècle, un siècle d'hommes, de vigoureux, de décomplexés, un siècle cash, qui ne se la raconte pas, un siècle qui assume, un siècle où tout le monde dit tout haut ce que plus personne ne s'astreint à penser tout bas, puisque tout le monde le dit tout haut, un siècle où l'Homme de Gauche a enfin conquis la liberté de pouvoir appeler les Noirs pauvres des Noirs, et les Blancs riches des Blancos. Valls, donc, assume et sur-assume, comme on sur-joue. Il y a quelques mois, Valls racontait qu'il avait refusé les avances gouvernementales de Sarkozy. Mais il n'a pas besoin de rallier Sarkozy. Sarkozy habite dans sa tête.

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