Trump, Clinton, et les sondages : la politique du moins pire
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Trump, Clinton, et les sondages : la politique du moins pire

Pan sur le sondage?

Dans le matinaute d’hier, j’évoquais le «sentiment général, traduit par la plupart des sondages, que Trump a «perdu» le débat ". Or voilà qu'un honorable correspondant, dans notre forum, nous informe de ceci: "Le site d'Olivier Berruyer met en ligne ce matin les captures d'écran de 14 organes de presse... tous disent rigoureusement le contraire... et certains de ces sondages émanent d'organes de presse nationaux de premier plan. Votre assertion selon laquelle les sondages des organes de presse auraient donné Clinton gagnante est très étrange à mes yeux Daniel : vous affirmez un point qui se veut factuel (c'est pas un élément d'opinion), alors que manifestement, vous n'avez pas vérifié puisqu'il est totalement faux. Ne me dites pas qu'il va falloir, à l'avenir, fact-checker tout ce que vous dites ?!?! On a pas fini de rigoler...."

Vérification faite, tous ces sondages cités par notre ami Berruyer sont…des sondages en ligne. Vous savez, ces appels à clics que vous voyez sur les sites de presse (y compris "de premier plan" mais si, mais si), et qui vous demandent par exemple: «pensez-vous que les mesures d’état d’urgence mises en place par le gouvernement suffisent à lutter contre les ignominies de Daesch, ou pensez-vous qu’on doive aller plus loin», et autres questions «factuelles». Ces placards sur lesquels un même sondé peut cliquer dix ou cent fois, et où l’on peut même envoyer des robots voter à sa place (comme le fait d’ailleurs remarquer un autre de nos forumeurs).

Que signifient tous ces sondages cités par Berruyer? Que des trolls se sont mobilisés en masse pour voter pour le troll Trump. Des trolls tout aussi acharnés, tout aussi solubles à la lumière du jour, que le troll Trump.

Ici, sur ce site, nous ne croyons pas aveuglément aux sondages traditionnels, organisés par les medias traditionnels sur panels établis par leurs sociologues. Sachant trop bien comment peuvent se ciseler les questions et se «redresser» les résultats, nous consacrons même un dossier entier à leurs manipulations. Mais voilà: je crois encore moins aux sondages en ligne. Disons qu’au royaume pourri des sondages, les «traditionnels» sont simplement «moins pires» que les autres, comme pour beaucoup d’électeurs américains, au jour dit, Clinton sera tous comptes faits «moins pire» que Trump. Je disais dans le matinaute d’hier que ces sondages (les vrais) traduisaient un «sentiment» des sondés, favorable à Clinton. Cependant attention: il n’est pas du tout évident que Clinton en retire un quelconque avantage électoral. Si au jour de l’élection, elle mobilise aussi peu les électeurs qu’elle ne mobilise les trolls dans les appels à clics, la candidate la moins pire a du souci à se faire.

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