Trois petites nouvelles et puis s'en vont
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Trois petites nouvelles et puis s'en vont

Trois petites nouvelles glanées dans le fil de mon réseau social addictif préféré. Trois petites nouvelles passées sous les radars, qui ne nourriront pas la conversation des chaînes d'info, trois signaux faibles, trois petites nouvelles et puis s'en vont. 

A Rennes, nous apprend une dépêche de l'AFP, "près d'un étudiant sur cinq connait des difficultés à s'alimenter régulièrement. Certains étudiants disent disposer d'un budget alimentation de 40 euros par mois". Des étudiants de Rennes 2 ont donc monté un circuit de récupération des invendus des hypermarchés. Témoignage : "Ça permet de varier un peu notre alimentation: depuis le début de l'année je n'ai jamais mangé de poissons, je prends surtout des soupes. Là, j'ai deux filets de poulets, je vais pourvoir manger de la viande ce soir! ", s'enthousiasme Emma, étudiante en Sciences de l'Education. Sans doute pour ne pas dissuader le lecteur, le tweet de l'AFP est titré en "positif" : "trop bien, cette flammkueche va me faire deux repas". L'association qui gère le projet est présidée par une étudiante en master d'urbanisme, Hélène Bougaud.

Vous connaissez le SCOPAFF ? Moi non plus. Il s'agit du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation (en anglais Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed), un comité regroupant des représentants des ministres de l'Agriculture des pays européensLe 21 janvier dernier, le SCOPAFF a décidé d'enterrer un texte, qui aurait perfectionné les tests de l'effet des pesticides sur les abeilles, tests obligatoires avant leur mise sur le marché. Ainsi auraient été pris en compte "la contamination des insectes butineurs par le pollen, l’eau, les poussières, les effets des pesticides sur les larves, la toxicité chronique (exposition à de faibles doses sur le long terme), les effets sublétaux (troubles qui entraînent la mort à terme), les effets cumulatifs (l’accumulation d’une substance dans l’organisme)". Si ces tests étaient adoptés, "79 % des herbicides, 75 % des fongicides et 92 % des insecticides ne passeraient pas le premier niveau des tests (en laboratoire)". Celui qui nous alerte, par le biais d'une tribune du Monde, titrée "Il est temps d'arrêter le massacre des abeilles", s'appelle  Nicolas Laarman, délégué général de l'association Pollinis.

Une histoire de mutilation par lanceur de balles de défense, pour terminer. Une vieille histoire, mais dont vous n'avez sans doute pas entendu parler. Pour changer des éborgnages, c'est l'histoire d'un testicule éclaté en trois morceaux par une balle de LBD. Heureusement, les chirurgiens sont parvenus à le reconstituer, mais il ne sera plus vascularisé, donc plus fonctionnel. Heureusement (bis), un médecin a raconté à Amine, propriétaire du testicule éclaté et reconstitué, l'histoire "d'un homme très connu qui a eu onze enfants avec un seul testicule". L'histoire d'Amine, nous n'en avons pas entendu parler, parce que cela ne s'est pas déroulé pendant les manifs des Gilets jaunes, mais en 2015, à Argenteuil, bien avant que David Dufresne ne commence ses signalements à la place Beauvau. La plainte d'Amine à l'IGPN a été classée, ce qui n'a pas empêché Amine (14 ans à l'époque des faits) d'être lui-même jugé pour violences, avant de bénéficier d'une relaxe. « Dans nos quartiers, depuis des années, ils essaient de façon massive ce matériel sur nos enfants », dit la mère d’Amine au Monde, qui raconte l'histoire.

abeille Monde
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