TF1 face au cas Rochebin
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TF1 face au cas Rochebin

Il y en a un qui peut remercier le COVID, et le confinement, et les libraires, et les clients des libraires, et les supermarchés, et tous les rayons des supermarchés, essentiels et non essentiels, c'est Darius Rochebin, recrue de choc de LCI (groupe TF1) à la rentrée dernière, accusé par Le Temps d'agressions sexuelles lorsqu'il était présentateur vedette à la télévision suisse RTS. D'agressions sexuelles "classiques" pour les hommes de pouvoir (attouchements, tentatives d'extorsions de baisers), mais aussi, plus original, d'avoir créé de faux comptes Facebook, sous des identités et des pseudonymes de jeunes étudiantes, pour extorquer à ses proies masculines des confidences graveleuses. 

TF1 a laissé Rochebin annoncer lui-même qu'il sollicitait "sa mise en retrait quelques jours pour être auprès de sa famille", en ajoutant, selon Le Monde, "et travailler avec son conseil". Darius Rochebin souligne, par l'intermédiaire de son avocat, n'avoir jamais fait l'objet d'aucune plainte, et n'avoir jamais eu de relation non consentie ou illicite.

Il faut saluer la réaction de la Radio Télévision Suisse, dont l'émission Forum a consacré pas moins de dix minutes à l'affaire, avec interview du directeur général Pascal Crittin en mode communication de crise. Et LCI ? Pas un mot. Même si, selon Le Parisien, la direction s'est réunie en "cellule de crise" dès le samedi matin.

On peut aisément imaginer la cellule de crise. Le directeur de la rédaction de TF1 s'appelle Eric Monier.  Monier est l'ex-directeur de la rédaction de France 2, parti sur LCI en 2015 après avoir été accusé  de harcèlement sexuel, commis en 2012, par une journaliste. La plainte de cette journaliste a ensuite été classée sans suite. Le reclassement sans suite, possible pour Monier, potentat de la coulisse, le sera-t-il pour Rochebin, journaliste vedette, en pleine lumière ? On objectera que l'animateur Jean-Marc Morandini, dont le procès pour corruption de mineurs devrait s'ouvrir prochainement (lire ici ce qu'en dit...LCI), est toujours tranquillement à l'antenne de CNews. Mais Morandini officie sur le groupe marginal Bolloré, qui peut se permettre de conserver à l'antenne le multirécidiviste Zemmour, parce qu'elle ne se soucie que d'influence politique. TF1, elle, a une image à sauvegarder.

Reste la question traditionnelle dans ce type d'affaire : qui savait quoi ? Compte tenu du nombre de victimes avancé par Le Temps, on imagine que la rumeur courait à Genève depuis longtemps. Lors du départ de Darius Rochebin pour LCI, un humoriste, Thomas Wiesel, lui-même auparavant "approché" par Rochebin, et qui avait mené son enquête personnelle, avait d'ailleurs rédigé une chronique codée, pour signifier à tous les intéressés qu'il "savait". Que savait pour sa part la direction de TF1 en embauchant Darius Rochebin ?  Faudra-t-il l'apprendre dans Le Temps, ou sur la RTS ?


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