Sa Transparence Montebourg
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Sa Transparence Montebourg

"Deux faces d'une même pièce", "impétrants":

depuis combien de temps de jolies vacheries ciselées ne nous avaient-elles pas été ainsi données à savourer ? Depuis Mitterrand, ce qui ne nous rajeunit pas. Ceux qui avaient pu croire que Montebourg (candidat de la gauche du PS) se jetterait logiquement dans les bras d'Aubry (la finaliste ayant choisi le positionnement le plus à gauche dans le marketing), aussi naturellement que les fleuves vont à la mer, peuvent déchanter. Aubry et Hollande, lance Montebourg à Pujadas, sont "deux faces d'une même pièce". Sa Transparence enverra une lettre, attendra les réponses, et se prononcera, ou non, en fonction de ces réponses. "La VIe République en actes" explique-t-il. De quoi se plaint-on ?

En toute transparence, le Troisième développe à Libé (lien payant) sa théorie des "deux faces d'une même pièce". Il se murmure, lui dit-on, qu'il aurait conclu un accord avec Hollande. Il élude. "Avez-vous l'impression que les hollandais vous sont moins hostiles ?" lui demande-t-on. "La politique est aussi un concours d'intelligence" répond-il énigmatiquement, dans une grandiose démonstration que la transparence n'est pas l'ennemie du cryptage. "Se pourrait-il que vous n'en choisissiez aucun des deux ?" lui demande Pujadas. Oui, ce serait parfaitement possible. Après quoi, il se rangera logiquement derrière le vainqueur. En toute transparence.

Montebourg nous fait renouer avec le jeu, tortueux et délectable, de la politique à la française, l'art du verbe au service des arrière-pensées les plus sophistiquées. C'est un art premier, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, que l'on avait oublié en quatre ans de baragouin des affairistes sarkozystes. Pour nos très jeunes matinautes, rappelons que le plus virulent dénonciateur de la dictature douce de la 5e République, et des dérives du pouvoir personnel, dans les années 60, se nommait François Mitterrand. Il en fit alors un livre, titré "Le coup d'Etat permanent". Elu à l'Elysée quinze ans plus tard, il se coula comme si de rien n'était dans les habits du Général, recruta une police secrète, et fit écouter Carole Bouquet. Ce grand art-là est au moins une production locale que la mondialisation ne nous piquera pas.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.