Présidentielle ? Non merci !
Le matinaute
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chronique

Présidentielle ? Non merci !

Stupéfaction en polyphonie. Pour le matinaute, un sujet capable de susciter l'effroi, à quelques minutes d'intervalle

, de Françoise Degoix (France Inter) et de Jean-Michel Aphatie (RTL) est forcément intéressant a priori. Mais quelle est donc cette hérésie qui défrise nos radios ? Une déclaration de Malek Boutih, membre du Bureau National du PS, estimant que la présidentielle de 2012 est perdue d'avance, et qu'il vaudrait mieux, pour les socialistes, se concentrer sur les législatives. "Mais la présidentielle, c'est l'élection à partir de laquelle tout se construit !" s'insurge Aphatie, qui reçoit l'hérétique. Boutih : "non, c'est l'élection à partir de laquelle tout se détruit". Son raisonnement est clair : l'obsession présidentielle, au PS, subvertit et pervertit tout. A deux ans de l'échéance, nous n'avons pas de candidat naturel. Faisons donc l'impasse, et concentrons-nous sur les législatives. Sur l'antenne voisine, Degoix s'en étrangle pareillement.

La stupeur symétrique de Degoix et Aphatie devant la drôle de proposition de Boutih est d'abord réjouissante: tout d'un coup, on leur pique leur jouet. Qu'allons-nous devenir pendant deux ans, avec nos beaux éditoriaux, nos grands journaux, nos grands jurys, tous nos grands bidules, si l'on ne peut plus se pourlécher de la guerre des grands chefs au PS ? Et nos sondages exclusifs ? Vous avez pensé à nos sondages, Boutih ? Vous ne voulez tout de même pas qu'on tienne la scène avec une pauvre élection législative ? Ce moment de jubilation passé, il faut bien reconnaître que le "non merci" de Boutih est politiquement absurde. Qui peut jamais prétendre qu'une élection est perdue, deux ans à l'avance ? Qu'était François Mitterrand, deux ans avant 1981 ? Un cheval de retour, ringardisé par Rocard, et assuré pas tous les éditorialistes de la défaite face au tenant du titre, Giscard d'Estaing.

N'empêche. Comme toutes les propositions qui renversent la table, et cassent les codes, celle que le PS "passe son tour" en 2012 reste en tête, malgré soi. Et si c'était un moyen de dégonfler enfin, une fois pour toutes, en douceur, sans violence, la baudruche présidentielle, façon Vème République ? Que pourrait un Sarkozy réélu, face à une Assemblée d'opposition, et une Aubry premier ministre ? Pas grand chose. Encore moins qu'aujourd'hui. Et puis, quel plaisir d'imaginer, dans le tandem, les coups de fils pressants, les urgences dominicales. "Martiiine ?" "Vous avez demandé la mairie de Lille. Nos bureaux sont ouverts du lundi au vendredi..." Je ne suis pas sérieux ? Allez savoir...

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