Pour échapper aux vuvuzelas
Le matinaute
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chronique

Pour échapper aux vuvuzelas

Il va falloir slalomer. Jouer du bouton, sur la télécommande

, et sur le transistor. Il va falloir repérer les raccourcis, les planques, les oasis. Les rares réfractaires, qui sont bien décidés à échapper totalement, radicalement, aux chatoyantes et palpitantes aventures de lébleus, vont devoir déployer des trésors d'esquive. Car l'orage a éclaté brutalement, ce matin. On ne peut pas dire qu'on soit surpris. Il menaçait depuis des jours. On voyait les lourds nuages s'amonceler au-dessus du Grand Journal, où s'incrustaient, à côté du politique du jour, les invités footballisticoïdes, commentateur foot de Canal+, philosophe à ondulations qui a écrit un machin philosophique sur les coups de boule, etc etc. Sourires gourmands, excitation totalement spontanée, chauffage de salle à l'échelle nationale. On voyait s'amonceler, dans les jités, les lourds avant-sujets annonciateurs, sur la "nation arc-en-ciel", le supporter type, la vuvuzela, l'apartheid, Mandela, l'attaque de Rama Yade contre l'hôtel de lébleus, la réponse de Bachelot, la réponse de lébleus à Bachelot, etc.

Mais cette fois, c'est fait. Plus question d'y échapper. La lébleutologie s'est installée en tête du classement des actualités Le journal de 8 heures de France Inter s'ouvre sur le discours de l'archevêque Desmond Tutu. Prenez ça dans la figure, réfractaires : si vous êtes allergique au foot, c'est donc que vous êtes pour l'apartheid. La saga de Lébleus campe dans les interviews du matin. Elle est partout. Ailleurs, souterrainement, dans les profondeurs du journal, on débat de questions totalement secondaires, comme de savoir si l'âge légal de départ en retraite en France devra être reporté à 62, ou plutôt à 63 ans. Âpre débat, qui présente l'avantage accessoire de considérer comme acquise la décision d'en finir avec le "dogme" des 60 ans. Je n'insiste pas sur le sujet. Nous avons dit tout ce que nous pouvions dire, pour l'instant.

A propos de "dogme". Nous vous racontions, l'autre semaine, comment Chabot avait gentiment entrainé DSK dans le piège, en répétant deux fois dans ses questions le terme fatal de "dogme", que DSK a fini , hélas pour lui, par reprendre dans sa bouche, obligeant sa drimetime de communiquants à déployer des trésors d'ingéniosité pour le recentrer vers la gauche (vous suivez ?) Ainsi l'Histoire retiendra-t-elle (peut-être) que c'est Chabot, qui aura involontairement "plombé" la candidature de DSK. L'excès de zèle est souvent contre-productif. Ainsi, cette semaine, l'ardeur déployée par Sarkozy à voir Le Monde tomber entre des mains amies (je vous esquissais le scénario ici), et qui aboutit à obliger le patron de France Télécom, depuis deux jours, à des contorsions qui font rigoler tout le monde des affaires. Cet excès de zèle aboutira peut-être au résultat inverse du résultat escompté. Ce genre de spectacle vaut bien ceux de lébleus, auxquels on va tenter d'échapper.

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