Marine, Marion, Jean-Marie et Léa
chronique

Marine, Marion, Jean-Marie et Léa

Ce matin sur France Inter, Léa Salamé reçoit Jean-Marie Le Pen, qui publie le second tome de ses Mémoires. L'occasion d'aborder les questions d'actualité (Chirac, Zemmour), mais aussi de revenir sur l'inusable saga politico-familiale.

On déroule. "Y a Marine, Marine est très présente dans votre livre, vous racontez son éclosion, vous la regardez admiratif lors de ses premières prestations télé...."  "Vous êtes dur avec elle, vous dites qu'elle a poussé comme une herbe folle..." "Qu'est-ce qui lui manque ?" "Quant à Marion, vous louez son talent au-dessus du lot..." 

Léa Salamé ne dit pas "Marine Le Pen", ou "Marion Maréchal-le Pen". Elle dit "Marine" et "Marion". Elle ne s'adresse pas à l'homme politique, mais au père et au grand père, au patriarche désormais protégé des répercussions de ses ignominies par l'immunité du grand âge. Elle entre dans la famille, et du coup nous y fait tous entrer sur ses pas, comme nous pénétrons depuis trois générations dans la famille Grimaldi, ou comme Match, tout récemment, nous inclut tous dans la peine de la famille Balkany (voir la dernière chronique de Laëlia Véron). La lepénie est désormais une principauté pleinement intégrée à l'affectif national, à la grande famille France, comme le zemmourisme, selon les dirigeants de LCI, mérite pleinement diffusion en direct. Comment appeler cela autrement que contamination ?

A propos de Zemmour, et de cette participation diffusée en direct à une manifestation organisée par les proches de Marion Maréchal, la société des journalistes du Figaro  s'est désolidarisée de son chroniqueur, et a sommé la direction du journal de "mettre un terme à la situation ambiguë" de ce "rentier de la polémique". A la suite de quoi le directeur de la rédaction du Figaro, Alexis Brézet, a affirmé avoir "fait savoir" à Zemmour que "la ligne qui sépare le journalisme professionnel de l'action politique partisane et/ou électorale ne saurait être franchie sans conséquence". Et puis ? Et puis rien. Il est vrai que  ce rappel à l'ordre aurait été plus efficace, si Brézet lui-même, en 1989, n'avait pas co-écrit un livre pour le député européen frontiste Jean-Marie Le Chevallier, comme le rappelaient les journalistes Ariane Chemin et Vanessa Schneider, dans leur livre sur Patrick Buisson, Le mauvais génie.

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