Laura Smet, ou l'accélération des rumeurs
Le matinaute
Le matinaute
chronique

Laura Smet, ou l'accélération des rumeurs

Ne bénéficiant pas de sources privilégiées au sein de la famille Smet, ne suivant pas le twitter du Docteur Delajoux

, de son frère ou de son cousin, n'ayant même pas un beau-frère exploitable au sein de la corporation des pompiers de Paris, je n'ai aucun moyen de savoir si "l'état sérieux", dans lequel les pompiers ont secouru Laura Smet, fille de Johnny, dans le petit choeur de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris, est dû à une tentative de suicide (version livrée off par les Pompiers à TF1) ou à un "simple malaise" (riposte rassurante de l'agent de la comédienne).

Il fut néanmoins proprement stupéfiant de voir, lundi en fin d'après-midi, la quasi-totalité des sites des médias les plus sérieux reprendre sans le moindre conditionnel la thèse de la tentative de suicide, propagée par TF1. Une fois de plus, l'exemple montre comment une rumeur peut prendre corps dans un groupe humain (et le groupe humain des journalistes desdits sites n'est pas différent, finalement, de celui des braves bourgeois d'Orléans, qui crurent fermement, dans les années soixante, que les cabines d'essayage de certains magasins de prêt-à-porter de la ville amenaient directement certaines clientes à des bordels du Maghreb). Il suffit d'un "terrain". Rumeurs de "crise familiale", sur fond d'opération de Johnny par le frère du compagnon de la comédienne ; rumeurs générales de 'fragilité" de l'intéressée (qu'en sait-on ? Qui la connaît personnellement ?) ; contexte général de volonté de contrôle de l'information par la famille Smet-Hallyday : il n'en fallait pas plus, pour que la rumeur prenne.

Ces phénomènes sont éternels. Qu'y change le Web ? A première vue, il en accélère la propagation, et...le dégonflement. Dans les années 80, la rumeur selon laquelle Isabelle Adjani aurait été atteinte du SIDA avait circulé souterrainement, des semaines durant, avant que Adjani ne vienne la tuer sur le plateau du 20 Heures. S'agissant de Laura Smet, il n'aura fallu que quelques heures pour que la version officielle ne vienne concurrencer, environ à égalité, la thèse de la tentative de suicide. Au total, on peut considérer qu'on a gagné du temps.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.