Iran : le grand jeu continue
chronique

Iran : le grand jeu continue

"Un coup de canif iranien dans l'accord sur le nucléaire", "la tension est montée d'un cran", d'ailleurs le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a annulé in extremis une rencontre avec Angela Merkel pour accourir à Bagdad, s'assurer de la fiabilité de l'allié irakien : l'auditeur qui se réveillait, hier 8 mai, avec le journal de 8 heures de France Inter, pouvait une fois de plus trembler pour la paix du monde. Que vont encore inventer ces imprévisibles "Gardiens de la Révolution" ? 24 heures plus tard, l'alarme se dégonfle, à en croire cette analyse du Monde, qui rappelle que le "coup de canif" est bien léger, et d'ailleurs assorti d'un confortable préavis de 60 jours, essentiellement à destination des Européens.

Des Européens ? Eh oui, car même si les médias français font, une fois de plus, semblant de ne pas s'en apercevoir, la "crise iranienne" ne se limite pas à un face à face belliqueux entre les Perses et Donald Trump. Quand le président américain, l'an dernier, avait dénoncé l'accord nucléaire, les dirigeants européens avaient mouliné de tous leurs petits bras (voir les chroniques du matinaute de l'an dernier). On ne laisserait pas faire Trump ! On allait inciter les banquiers et les industriels français à passer outre à ses injonctions. On allait voir ce qu'on allait voir. Un an plus tard, on a vu : tremblant d'encourir les sanctions américaines, toutes les entreprises françaises à Téhéran ont remballé leurs affaires (voir notre émission), dans l'indifférence pudique des médias français (et allemands, apparemment, comme le soulignait ce matin l'excellente revue de presse internationale de France Culture).

Crise après crise, la guerre de communication se poursuit, avec ses menaces tonitruantes aussitôt démenties par le paragraphe suivant, ses proclamations officielles qui proclament tout et son contraire (comme la réaction de la ministre française de la Défense Florence Parly, menaçant l'Iran de sanctions européennes, tout en estimant que "rien ne serait pire que de mettre à bas l'économie iranienne"). Sur l'aspect militaire proprement dit, je vous recommande cet excellent article du Figaro, qui explique comment les drones iraniens, et les vedettes rapides, sont la terreur des militaires américains. Quant aux images de la guerre des biscottos, puisqu'il faut bien des images, vous avez le choix entre ce reportage embedded de France 2 sur le porte-avions Lincoln, et ces belles images iraniennes d'un porte-avions US survolé par un drone facétieux. 

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