Hollande, non merci.
Le matinaute
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chronique

Hollande, non merci.

Ainsi donc, le livre de François Hollande aurait été relu et remanié par Laurent Joffrin, directeur de Libé. C'est une info matinale de France Inter. Comment le sait France Inter ? Parce qu'en renvoyant par mail un chapitre remanié, Joffrin s'est trompé d'adresse, et l'a renvoyé au secrétariat de... Emmanuel Macron. Le scoop fait l'ouverture du journal matinal de France Inter. Heureuse coïncidence : quelques minutes plus tard, la station reçoit Hollande en personne. Sans aucun doute, c'est la toute première question qui va lui être posée : avez-vous fait corriger votre manuscrit par un directeur de journal ? Ne pensez-vous toujours pas que cette trop grande familiarité avec la presse a contribué à votre perte ?

Il va donc falloir écouter Hollande. Jusqu'où pousser la conscience professionnelle ! Quelques jours plus tôt, François Hollande a fait plonger l'audience du 20 Heures de France 2, dont il était l'invité. C'est donc une confirmation statistique : Hollande est aussi inaudible en ex-président, qu'il le fut en président. 

Déboule le personnage. Pour l'occasion, les rubriques habituelles de la Matinale ont été supprimées. Syrie, déchéance de nationalité, frondeurs : 45 minutes durant, France Inter interroge Hollande comme s'il était encore le président. Comme s'il avait vraiment quelque chose à dire que quiconque ait envie d'écouter. A-t-il des remords, comme la déchéance de nationalité ? Regrette-t-il de ne pas avoir été candidat à sa réélection ? Ses intervieweurs vont-ils parvenir à lui faire tacler Macron ? Sous quelle forme ?

45 minutes d'inutilité complète. Questions et réponses pourraient avoir été pré-écrites. Hollande parle toujours cette même langue de la mondialisation résignée, inassumée, masquée par le vernis humaniste et social-démocrate, cette langue inhabitée, désertée, que plus personne n'est capable d'écouter.  Mais ce n'est plus une souffrance. C'est cicatrisé. La déception est avalée. C'est juste une immense lassitude sans colère, à la Bartleby : I would prefer not to. J'aimerais mieux pas. Hollande ? Non merci. Et le scoop Joffrin ? Pas un mot, bien entendu. Ce n'était qu'un teasing. 



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