Furia médiatique sur les séquestrations de patrons
Le matinaute
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Furia médiatique sur les séquestrations de patrons



Petites phrases, polémiques, sondage, commentaire du sondage

: dans la foulée des anglo-saxons (voir ci-dessus le Wall Street Journal, cité par Gilles Klein la semaine dernière) la furia médiatique française s'est emparée des séquestrations de patrons. Mais sur le mode français : celui de la virtuosité sémantique. Toute la journée de lundi, des micros ont été tendus à tous les opposants recensés à Sarkozy (Royal, Aubry, Bayrou, Villepin) pour les pousser à la faute, en les amenant à justifier, à excuser, à expliquer, ou au minimum à comprendre, les séquestrations de patrons. Et aussitôt, les porte-parole de l'UMP, Lefebvre ou Bertrand, leur tombaient dessus, les accusant d'inciter à la violence.

Si l'accusation est fondée, on se demande ce qu'attendent les parquets pour poursuivre et incarcérer. les boutefeux. Mais alors, peut-être faudrait-il poursuivre aussi pour incitation à l'incitation Sarkozy lui-même, qui ne cesse depuis six mois de cogner verbalement sur les patrons, d'autant plus fort que ces coups restent...verbaux. Mais voilà que Le Parisien publie un sondage indiquant qu'une large minorité de sondés (45%) trouve les séquestrations "acceptables". Les poursuites attendront, semble-t-il.

Il y a des sujets qui "prennent", et d'autres qui ne "prennent" pas. Qu'un manifestant collégien de 14 ans ait été plongé plusieurs jours dans un coma artificiel, à la suite d'un tir tendu de grenade lacrymogène (tir tendu nié par la ministre, mais attesté par des images de télévision), aurait sans doute fait la Une si cela avait pu être, d'une manière ou d'une autre, relié à la crise. Mais c'était à Bastia, au cours d'une manifestation de soutien à Colonna, ne recueillant sans doute pas la sympathie de la majorité des journalistes. Donc, pas un mot, comme le relève notre enquête. Et je vous livre un scoop : il est peu probable que Le Parisien commande ces prochains jours un sondage sur les tirs tendus de grenades lacrymogènes.

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