France Inter, nouveau bréviaire
Le matinaute
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France Inter, nouveau bréviaire

Il ne faut pas désespérer de la vieille presse.

On apprend les choses avec retard, mais on les apprend. Ainsi, comme nous le signalions dès hier, une excellente enquête du Nouvel Obs nous révèle que l'Elysée écoute la radio à la loupe. Et surtout France Inter : l'Obs racontait comment le président sortant Cluzel s'est vu interpeller par Guéant, lors d'une convocation à l'Elysée, à propos d'une chronique politique qui avait déplu. Combien d'autres engueulades similaires vont nous être ainsi progressivement révélées ?

Autre détail révélé par Le Nouvel Obs : Sarkozy déteste les moqueries sur le physique. On le comprend. Il est hors de question d'autoriser aux médias français les bassesses que se permet la presse étrangère (c'est avec dégoût que nous republions, ci-contre, une déplorable photo du Spiegel). @si est aujourd'hui en mesure de révéler le contenu du fameux rendez-vous secret Hees-Sarkozy. On y a parlé vocabulaire. A compter de la prise de fonctions de Hees, un certain nombre de termes seront bannis des antennes de Radio France, le nouveau commissaire Val étant chargé de faire respecter l'interdiction. D'abord, tous ceux qui désignent une mesure de longueur. Mètre, centimètre, millimètre, sont proscrits en toutes circonstances. En revanche, hectomètre, kilomètre et année-lumière, restent autorisés. Tous les termes se rattachant à la même racine que le mot "talonnette", ou présentant une proximité phonétique, sont à éviter par mesure de précaution. Outre talonnette bien entendu, talon, talonnade, talonner, étalonnage, étalonner, et étalon sont strictement interdits (à l'exception des reportages équestres diffusés dans les tranches adéquates). Le mot "chaussure", sur liste grise, devra faire l'objet d'une demande d'autorisation préalable. "Chaussette" reste pour l'instant sur la liste blanche, qui sera revue tous les mois.

On comprend que Hees soit arrivé épuisé d'avance devant le CSA, et qu'il n'ait pas eu le temps de réviser les chapitres techniques. A la lumière de ces nouvelles révélations, on admire même son courage. Ce n'est d'ailleurs pas le CSA, qui aurait dû l'auditionner. C'est la commission du dictionnaire de l'Académie française.

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