Coroninfo : light ou intensive ?
Le matinaute
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Coroninfo : light ou intensive ?

Des jeunes du quartier font les courses d'octogénaires confiné.e.s dans leurs appartements. Et ça se passe où ? En Seine-Saint-Denis. Comment donc ? Dans le neuf-trois, cette vaste zone de non-droit, cet essaim d'intégristes ? Ce doit être une erreur ! Eh non. Et c'est même TF1 qui nous le montrait, dans la nouvelle quotidienne de 7 à 8, (oui oui, je fais un lien vers TF1) diffusée depuis le début de la semaine. Vous ne l'avez pas encore regardée ? Si vous faites le détour, accrochez-vous. Elle est partout, chaloupant entre les lits de réanimation des hôpitaux qui prennent la vague, captant l'instant de l'annonce aux patients du résultat de leur test : "Bonne nouvelle Madame, vous êtes négative". Et puis, patient suivant : "Le résultat est positif". Instant d'incompréhension. Instant de fol espoir, aussitôt douché : "Cela veut dire que vous l'avez". On est au cœur de "la vague". Le reportage télé, au pic de l'adrénaline.

Si l'on ne se sent pas addict à la coroninfo intensive, on peut aussi se contenter du minimum : le journal d'Hélène Roussel, à 7 heures 30, sur France Inter. Les événements saillants de la veille en France et dans le monde, le chiffre du jour, les dernières incohérences du gouvernement, bref l'essentiel, mais sans y insister. Après quoi, on peut éteindre la radio, et passer à autre chose.

A propos de presse,  Le Parisien annonce le recours au chômage partiel pour ses services sport, hippisme, immobilier, culture, et édition. Ma première réaction : son actionnaire, LVMH, nouveau fournisseur de masques à l'Etat (pas d'ironie, vive les initiatives !) a-t-il donc les poches si peu profondes, qu'il soit incapable d'entretenir sa rédaction le temps du confinement ? C'est bien la peine d'être adossé à la première cordée de France ! Et ma deuxième réaction : les services culture et édition n'ont-ils donc aucun conseil à donner à leurs lecteurs pour lire et se cultiver en confinement ? Le service sports ne peut-il pas profiter de son désœuvrement temporaire pour enquêter, par exemple, sur le sport-business, les conséquences de l'annulation des JO, et tous autres sujets ? Je ne sais pas dans quel état la presse traditionnelle sortira du confinement. Mais si elle y laisse des plumes, elle y aura mis du sien.

Dans le groupe voisin et concurrent, le directeur du Figaro, Alexis Brézet, déplore que La Poste ait décidé, "sans concertation ni préavis, de réduire la distribution du courrier à trois jours par semaine, et renonce ainsi à la continuité de sa mission de service public". Ainsi Le Figaro des lundi et mardi sera distribué avec Le Figaro du mercredi. Ô affres des premiers de cordée privés de corde, et de sherpas ! Ô délices d'entendre cet éloge funèbre des missions de service public dans la bouche du directeur du Figaro ! Heureusement, "nos abonnés servis par portage continueront de recevoir Le Figaro chaque jour". Avec, on l'imagine, même si Alexis Brézet ne le précise pas, toutes garanties de sécurité pour les porteurs.

Du coup, je ne sais pas quand les abonnés recevront leur Figaro Magazine de la semaine, avec cette belle couverture toute en bleus, couleur de l'espérance.

Mais si le magazine devait être servi en retard, pourquoi ne pas retoucher la photo, pour y ajouter les postiers, et les porteurs du journal ? Suggestion gratuite à Alexis Brézet.

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